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Le groupe Etat islamique revendique l'attentat de Berlin


Des policiers allemand enquête sur le lieu de l'attentat à Berlin, Allemagne, le 20 décembre 2016.

Le groupe djihadiste a revendiqué l'attentat au camion-bélier qui a fait 12 morts dans un marché de Noël la veille à Berlin, a indiqué Amaq, l'agence de propagande de l'organisation jihadiste.

"Un soldat de l'EI a commis l'opération de Berlin en réponse aux appels à cibler les ressortissants des pays de la coalition internationale" anti-EI, a précisé l'agence.

La police de Berlin a indiqué mardi que le conducteur du camion responsable de l'attentat sanglant sur un marché de Noël était "probablement" en fuite après avoir dans un premier temps affirmé avoir arrêté l'auteur présumé, un migrant pakistanais.

La police de Berlin a indiqué que le conducteur du camion était "probablement" en fuite, après avoir dans un premier temps affirmé avoir arrêté l'auteur présumé de l'attaque qui a tué 12 personnes et fait 48 blessés selon le dernier bilan.

Le ressortissant pakistanais un temps suspecté remis en liberté.

"Nous avons probablement un dangereux criminel dans la nature et bien sûr cela inquiète la population", a déclaré le chef de la police berlinoise, Klaus Kandt, lors d'une conférence de presse.

Des analyses sont en cours pour déterminer si l'ADN d'un demandeur d'asile pakistanais de 23 ans, interpellé dès lundi soir et présenté d'abord comme le suspect, correspond à des "traces" retrouvées dans le camion.

Mais le chef du parquet fédéral anti-terroriste, chargé de superviser l'enquête, Peter Frank, a laissé peu de doute mardi sur l'issue de celles-ci: "Nous devons nous préparer à l'idée que la personne interpellée n'est pas l'auteur" de l'attentat.

Ce coup de théâtre est intervenu peu après que le ministre de l'Intérieur Thomas de Maizière eut annoncé l'arrestation dès lundi soir d'un suspect, "a priori" un Pakistanais arrivé en Allemagne le 31 décembre 2015 par la route des Balkans et enregistré comme demandeur d'asile.

"Il nie le crime", a poursuivi M. De Maizière, précisant par ailleurs qu'il n'existait "pour l'instant" aucune revendication de l'organisation Etat islamique.

La confusion et les craintes de la population berlinoise, restent donc grandes au lendemain de l'attentat et les mesures de sécurité ont été renforcées dans la ville.

La personne présentée comme un suspect avait été arrêtée peu après les faits, survenus lundi vers 19H00 GMT sur une place très touristique de Berlin. Il avait été poursuivi à pied sur deux kilomètres par un témoin qui guidait la police par téléphone, indique le quotidien Die Welt.

Angela Merkel a qualifié "d'acte terroriste" la course folle d'un camion dans la foule d'un marché de Noël, qui a fait la veille 12 morts et 48 blessés, traumatisant le pays et ravivant la controverse autour de sa politique d'immigration.

"Je sais que cela serait pour nous particulièrement difficile à supporter s'il se confirme que cet acte a été commis par une personne qui a demandé à l'Allemagne protection et asile", a déclaré la chancelière.

Angela Merkel a vu immédiatement les critiques au sujet de sa politique d'immigration généreuse redoubler.

"L'Allemagne n'est plus sûre" face "au terrorisme de l'islamisme radical", a renchéri la figure de proue de l'AfD, Frauke Petry, en mettant en cause la décision de la chancelière d'ouvrir les portes du pays à l'été 2015 à près de 900.000 réfugiés fuyant la guerre et la misère, originaires pour l'essentiel du monde musulman. Environ 300.000 supplémentaires sont arrivés en 2016.

Tué par balle

Un bilan provisoire du drame de lundi soir fait état d'au moins "12 morts" et 48 personnes hospitalisées, dont certaines dans un état grave.

Aucune indication n'a été donnée sur l'identité des victimes. L'une d'elles, retrouvée dans la cabine du camion, est un ressortissant polonais "tué par balle", peut-être le chauffeur en titre du véhicule à qui il a été volé, selon un porte-parole du ministère régional de l'Intérieur.

Les drapeaux des bâtiments publics ont été mis en berne et une cérémonie du souvenir doit se tenir à 11H00 GMT à la cathédrale Saint-Hedwige, dans le centre de la ville.

"J'ai juste vu ce gigantesque camion noir qui a foncé à travers le marché et renversé tellement de gens, puis toutes les lumières se sont éteintes et tout était détruit", a raconté une touriste australienne, Trisha O'Neill.

Il y avait "du sang et des corps partout", y compris d'enfants et de personnes âgées, a-t-elle ajouté.

"On voyait des gens transportés dans des ambulances, encore et encore, et ça semblait ne jamais devoir finir", a confié de son côté une autre touriste, Sabrina Glinz, à la chaîne britannique Sky News.

Le drame s'est déroulé au pied de l'église du Souvenir, monument phare de l'ouest de la capitale allemande au clocher éventré par les bombardements de la Seconde guerre mondiale. Le camion a été évacué mardi matin.

'Utiliser un gros véhicule'

Les réactions de solidarité se sont multipliées, de la France aux Etats-Unis, alors que l'Europe est régulièrement la cible d'attentats revendiqués par des groupes jihadistes. Le président russe Vladimir Poutine s'est dit "choqué" par la "brutalité et le cynisme" de l'attaque.

Le drame de Berlin rappelle l'attentat de Nice en France en juillet, lorsqu'un Tunisien avait foncé avec son poids lourd sur la Promenade des Anglais sur près de deux kilomètres. Il avait tué 86 personnes et fait plus de 400 blessés, avant d'être abattu par la police. Cet attentat avait été revendiqué par l'organisation Etat islamique (EI).

L'utilisation de véhicules, notamment de camions, pour foncer dans des foules de "mécréants" et faire le plus de victimes possible est préconisée de longue date par les groupes jihadistes.

Dans son web-magazine Inspire, en septembre 2014, le groupe Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa) écrivait: "L'idée est d'utiliser un gros véhicule. Vous pouvez prendre un pick-up, le plus gros est le mieux. Pour faire des dégâts maximum, vous devrez rouler le plus vite possible en gardant le contrôle du véhicule pour avoir le maximum d'inertie et pouvoir renverser autant de gens que possible".

L'Allemagne avait été jusqu'ici épargnée par des attaques jihadistes d'ampleur, mais plusieurs attentats islamistes ont été récemment commis par des personnes isolées.

L'EI a revendiqué en juillet deux attentats séparés qui ont fait plusieurs blessés, l'un à la bombe et l'autre à l'arme blanche, commis par un Syrien de 27 ans et par un demandeur d'asile de 17 ans, probablement afghan.

Ban Ki-moon condamne

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a condamné l'"attentat terroriste".

"Le secrétaire général condamne l'attentat terroriste à Berlin hier soir" et présente ses condoléances aux familles des victimes, affirme un communiqué de son porte-parole.

Le patron des Nations unies, ajoute-t-il, "espère que toute personne impliquée dans la perpétration de ce crime épouvantable sera rapidement traduite en justice".

Obama et Hollande ont appelé Merkel

Le président Barack Obama a appelé lundi soir la chancelière allemande Angela Merkel pour lui présenter ses condoléances et offrir l'aide des Etats-Unis à la suite de l'attentat au camion-bélier commis à Berlin.

Le président, qui est actuellement en vacances à Hawaï, a souligné "qu'aucune attaque n'affaiblirait la détermination" des Etats-Unis comme de l'Allemagne à "vaincre le terrorisme sous toutes ses formes", a précisé l'exécutif américain.

"Le combat sans merci contre le terrorisme ne doit entamer ni les valeurs, ni le mode de vie" des démocraties, ont déclaré mardi lors d'un entretien téléphonique le président français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel, selon un communiqué publié par la présidence française.

"Le président de la République et la chancelière ont confirmé la pleine mobilisation des services de sécurité français et allemands pour lutter contre le fléau du terrorisme, et la mise en oeuvre des mesures décidées au niveau européen", selon ce communiqué.

Avec AFP

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