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La Mecque attire une nouvelle génération de jeunes pèlerins

Des musulmans en pèlerinage sortent de la Grande Mosquée de La Mecque, en Arabie Saoudite, 9 septembre 2016.

"Dès qu'on en a eu les moyens et tant qu'on a la santé, on a décidé de le faire", explique Mohammed, 33 ans, venu avec son épouse au pèlerinage de La Mecque, qui s'est transformée sous l'impulsion de cette jeune génération, de plus en plus importante.

Durant des siècles, le pèlerin allait à La Mecque avec les économies d'une vie entière et au prix d'un long voyage, à pied ou sur une monture. Et le statut de hajj, nom donné à celui qui a fait le pèlerinage, garantissait une reconnaissance sociale.

Aujourd'hui, La Mecque accueille de plus en plus de jeunes pour lesquels le pèlerinage ne représente pas ainsi l'accomplissement de toute une vie ou l'octroi d'un statut social mais simplement un "must" spirituel.

Mohammed et sa femme Madiha, 28 ans, qui viennent de Paris racontent que nombre de leurs amis ont fait le pèlerinage avant eux. L'agence où ils ont réservé leur voyage leur a assuré convoyer de nombreux jeunes couples.

"Le pèlerinage est un des cinq piliers de l'islam, c'est une obligation", indique Mohammed, professeur d'éducation physique, en faisant la queue devant un fast-food.

"Plutôt que d'acheter des biens matériels, comme une voiture, mieux vaut dépenser notre argent dans quelque chose qui va nous rapporter sur le plan spirituel", renchérit Madiha, étudiante en sciences de l'éducation.

Aujourd'hui, note Omar Saghi, auteur de "Paris-La Mecque, sociologie du pèlerinage", "le hajj n'est plus l'horizon mystique de toute une vie mais un événement rationnel, presque banalisé qui tend à échapper à son statut d'exception pour passer dans un cadre programmable et donc reproductible".

'Nouvelle clientèle'

Une cannette de boisson gazeuse dans une main et un cornet de frites dans l'autre, Saniah, une musulmane britannique, se rend à La Mecque pour la deuxième fois de sa vie.

Tout juste sortie de la Grande mosquée de La Mecque où elle a fait la prière hebdomadaire, elle déjeune avec son mari dans un des nombreux centres commerciaux ultra-modernes qui entourent le lieu le plus sacré de l'islam.

"Il y a 12 ans, nous étions venus avec ma famille pour la omra" (petit pèlerinage), se rappelle la jeune femme élégamment voilée de vert et noir. Mais, cette fois, elle revient pour le hajj, le grand pèlerinage, parce que "un changement radical dans une vie".

Les longues marches et les prières sous un soleil de plomb "sont plus faciles à supporter quand on est jeune", ajoute-t-elle dans un sourire.

Mohamed Khazma, qui travaille comme agent de sécurité à Tripoli, dans le nord du Liban, cherche une table libre où manger son poulet frit. A 27 ans, il se dit comblé d'avoir réussi à réunir la somme pour se rendre à La Mecque, car "c'est une opportunité que tout le monde n'a pas".

La proportion de plus en plus importante de ces jeunes "plus éduqués et déjà habitués au tourisme et à la consommation de masse" a peu à peu participé au changement de visage de La Mecque, selon M. Saghi.

"Les nouvelles enseignes, les grands groupes captent cette nouvelle clientèle que le marché classique, fait d'hôtels et de restaurants familiaux, ne peut satisfaire", affirme le spécialiste à l'AFP.

'Loin de l'époque d'Abraham'

Saniah se rappelle que lors de son premier séjour à La Mecque il y a 12 ans, "on mangeait dans la rue". Mais maintenant, "c'est beaucoup mieux, on a l'option de pouvoir prendre un service cinq étoiles".

Chez certains néanmoins pointe un malaise de voir se côtoyer spiritualité et consommation de masse.

Mohammed Khazma assure n'avoir cure des centres commerciaux, de la climatisation, des restaurants et autres magasins.

"J'oublie tout ça, je prends mon Coran, quelques dattes et de l'eau et je reste dans la Grande mosquée de l'après-midi jusqu'au milieu de la nuit", indique le jeune homme, courte barbe taillée de près et longue djellaba grise.

Mohammed et Madiha aussi se disent parfois mal à l'aise avec tout ce confort, "bien loin de la dureté du désert et de l'époque d'Abraham" dont le sacrifice est rappelé lors de l'Aïd al-Adha, la grande fête qui clôt le hajj.

"On a été obligés de passer par une agence de voyage et donc de prendre la formule avec l'hôtel qu'elle proposait. Mais on se demande souvent si tout cela est en adéquation avec notre quête spirituelle", affirme Mohammed.

"Les magasins, le luxe, les centres commerciaux, ça brouille l'aspect spirituel".

Avec AFP

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Soudan: Manifestation contre la normalisation avec Israël

Des manifestants soudanais brûlent un drapeau israélien à Khartoum, le 17 janvier 2021.

Des dizaines de manifestants soudanais ont brûlé le drapeau israélien dimanche à Khartoum pour protester contre la décision des autorités de normaliser les relations avec Israël.

Ils se sont rassemblés devant le siège du gouvernement, scandant des slogans anti-Israël et brandissant des pancartes avec les mentions "la normalisation est une trahison" ou "la normalisation est un crime". Une autre bannière dénonce l'accord de normalisation comme "un chantage américain".

Le 6 janvier, à l'occasion de la visite du secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin, le Soudan a signé un accord de normalisation avec Israël et obtenu simultanément une aide financière des Etats-Unis, quelques semaines après le retrait de Khartoum de la liste américaine des Etats accusés de financer le terrorisme.

L'accord de normalisation doit encore être ratifié par le pouvoir législatif avant d'entrer en application. Or le Soudan ne dispose toujours pas d'un Parlement de transition.

Les autorités soudanaises de transition sont en place depuis la révolte populaire qui a chassé du pouvoir le président Omar el-Béchir en avril 2019.

Tant attendu par Khartoum, le retrait de la liste noire américaine devrait offrir une bouffée d'oxygène à l'économie du Soudan décimée par les sanctions américaines, la mauvaise gestion et les conflits armés sous Omar el-Béchir, aujourd'hui en prison.

La Suisse invente le service militaire à domicile

Des réservistes de l'armée suisse déployés pour soutenir les hôpitaux publics dans la lutte contre le COVID-19 à Biere, en Suisse, le 27 mai 2020.

Pour diminuer le risque de propagation du Covid-19 dans ses casernes, l'armée suisse a décidé que plusieurs milliers de ses recrues commenceraient leur service militaire à la maison.

"C'est assez nouveau", concède Daniel Reist, le porte-parole de l'armée suisse, interrogé par l'AFP, mais en ces temps de pandémie, "c'est la solution idéale qui s'est imposée".

Considérée comme un pilier de la nation, l'armée suisse est organisée comme une milice: encadrés par quelques milliers de professionnels, les conscrits doivent effectuer un service militaire de quatre mois minimum avant d'être appelés tous les ans à participer à des sessions de trois semaines d'entraînement.

Cette année, quelque 15.000 jeunes Suisses et Suissesses devaient effectuer leur service militaire, appelé aussi "école de recrue".

Mais en cas d'arrivée massive parmi ces jeunes de contaminés du Covid, l'armée craignait de ne pas avoir la capacité de les prendre en charge.

L’entrée physique dans l'école de recrues est donc "échelonnée afin de s'assurer que toute recrue dont le test est positif au Covid-19 soit prise en charge de manière optimale et que des mesures d'isolement et de quarantaine appropriées puissent être mises en œuvre", explique le département fédéral de la Défense dans un communiqué.

Un premier groupe, comprenant notamment des "recrues sanitaires" dont la mobilisation est considérée comme plus urgente pour éventuellement épauler les troupes déjà mobilisées auprès des personnels civils dans les hôpitaux suisses, va bien entrer en caserne dès lundi.

"Téléservice militaire"

Mais pour quelque 5.000 des 15.000 recrues de cette année, le réveil au son du clairon ou les séances de garde-à-vous sur la place d'armes attendront.

Elles commenceront leur formation depuis chez elles pendant trois semaines avant de pouvoir à leur tour rejoindre la caserne. Une sorte de "téléservice militaire", comme l'a appelé le quotidien lausannois Le Temps dans un article ironiquement titré "L'avènement du militaire de canapé".

"Ils ont tous reçu cette semaine le programme d'enseignement, ce sont des modules (...) qu'ils doivent faire à la maison, c'est un travail théorique, à l'écran", explique M. Reist.

Fonctionnement de leur arme de service, enseignement sur les armes bactériologiques et chimiques, règlements militaires, protection sanitaire: les recrues devront potasser avant d'enfiler l'uniforme pour de vrai.

"Nous leur laissons le choix de quand ils veulent faire leurs leçons", souligne M. Reist. "Nous partons du principe que quelqu'un qui fait les leçons sérieusement a besoin de six heures de télétravail par jour".

Via une application spécifique, "quatre heures d'entraînement sportif par semaine" sont également prévues.

A noter que ces trois semaines seront considérées comme "entièrement imputées en tant que jours de service" et donc rémunérées dans le cadre de la solde que reçoit chaque recrue pendant son école.

"Jouer aux policiers"

L'innovation en amuse certains - "à quand la guerre depuis son canapé", plaisante un internaute réagissant à un article sur le sujet sur le site du Matin.fr.

D'autres trouvent l'idée un peu légère, comme Stefan Holenstein, président de la Société suisse des officiers, cité dans Le Temps: "Je conçois qu’il faille actuellement faire des concessions non conventionnelles mais je suis quand même sceptique. Le service militaire a un caractère pratique et social qui ne peut être remplacé par de l’e-learning".

Le militaire s'inquiète également du manque de contrôle exercé sur les activités de "téléservice militaire".

"Nous ne pouvons pas jouer aux policiers chez 5.000 jeunes personnes", admet M. Reist "mais c'est clair qu'il y a certaines règles" et le "système remarque si quelqu'un n'est jamais dessus".

Les futurs cadres de ces recrues, chefs de section et de compagnie vont prendre contact avec elles et une "hotline" est là pour les aider si nécessaire, assure encore le porte-parole de l'armée.

Enfin, à leur arrivée en caserne après trois semaines d'armée à la maison, elles seront soumises à des tests de connaissances.

"Ceux qui ne réussissent pas n'auront plus tellement de permissions de sorties", prévient M. Reist.

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Foot: Netflix annonce la sortie en février d'un nouveau documentaire sur Pelé

L'attaquant brésilien Pelé, vêtu de son maillot Santos, sourit avant de disputer un match de football amical avec son club contre le club français du "Racing", le 13 juin 1961 à Colombes en France.

Pelé et Netflix ont annoncé jeudi la diffusion en février d'un nouveau documentaire évoquant le parcours du joueur brésilien, de révélation du Mondial-1958 à "héros national pendant une période radicale et turbulente de l'histoire du Brésil".

Ce film sera disponible sur la célèbre plate-forme de contenus vidéo à partir du 23 février prochain. "Je vais bientôt avoir l'opportunité de revivre mes souvenirs. J'ai hâte de regarder ce film", a indiqué Pelé sur les réseaux sociaux, en portugais et en anglais.

Ce film est constitué notamment "de certaines images d'archives rares et de témoignages d'anciens coéquipiers de Pelé au FC Santos et au sein de la Seleçao, en plus de déclarations inédites de proches, de journalistes, d'artistes et d'autres personnalités de cette époque", selon un communiqué de Netflix.

Ses réalisateurs David Tryhorn et Ben Nicholas avaient produit récemment un autre documentaire intitulé "Tout ou rien: la sélection brésilienne" relatant la conquête de la Copa América par la Seleçao en 2019.

Pelé reste à ce jour le seul footballeur à avoir soulevé trois Coupes du monde (Suède-1958, Chili-1962, Mexique-1970). Cette dernière avait été conquise pendant la longue période de dictature militaire au Brésil (1964-1985).

En 2000, il a été nommé joueur du 20e siècle par des experts de la Fifa alors que le public, dans un autre vote, a choisi l'Argentin Diego Maradona.

"J'espère qu'un jour on pourra jouer ensemble au football au ciel", avait réagi le Roi Pelé après le décès du Pibe de Oro en novembre dernier.

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