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La Mauritanie aborde 2018 avec une monnaie allégée, mais des changes et prix gonflés

La Banque centrale de Mauritanie présente le nouveau ougiya, nouvelle monnaie du pays, 21 décembre 2017. (Twitter/ Banque centrale de Mauritanie)

La demande de devises explose en Mauritanie depuis l'annonce de la mise en circulation de nouveaux billets de la monnaie nationale, l'ouguiya.

Debout sur un trottoir du marché de Nouakchott, le cambiste Nejib Ould Sidi se frotte les mains. A partir de ce 1er janvier 2018, dix ouguiyas deviennent un ouguiya. Et à l'approche de la date fatidique, "l'activité a quintuplé", indique le cambiste.

> Lire aussi: L'ouguiya nouveau est arrivé en Mauritanie

Depuis l'annonce de cette mesure le 28 novembre, jour de la fête nationale, par le président Mohamed Ould Abdel Aziz, "les gens se ruent sur le dollar et l'euro, qu'ils achètent et gardent chez eux", ajoute-t-il.

Un chef de bureau de change au marché central confirme une "flambée" de l'euro et du dollar, qui ont augmenté "de 3,5% en une semaine".

"Les gens thésaurisaient l'ouguiya. Maintenant qu'ils sont obligés de s'en débarrasser, ils achètent et conservent les devises dans leur coffre-fort de domicile", explique un autre cambiste.

Avant même l'annonce de la mise en circulation des nouveaux billets, la monnaie mauritanienne s'était dépréciée ces derniers mois au marché noir face à l'euro et au dollar, mais la tendance s'est encore aggravée depuis.

Un commerçant du marché central de Nouakchott, Mohamed Heyin, estime cependant que "les prix vont baisser" progressivement grâce à l'introduction de ces nouveaux billets. "Auparavant, on te disait 10.000 ou 20.000 pour un produit. Désormais, on te dira 800 ou 700. C'est plus logique pour éviter l'inflation".

Début décembre, le gouverneur de la Banque centrale de Mauritanie (BCM), Abdel Aziz Ould Dahi, a démenti les rumeurs de "dévaluation" assurant que l'ouguiya "conserverait sa valeur et que le pouvoir d'achat des citoyens ne s'en ressentirait pas".

Les prix à la consommation sont en hausse depuis plusieurs mois.

Ainsi, le riz thaïlandais, très prisé par les ménages mauritaniens, est passé de 300 à 350 ouguiyas le kg (de 70 à 82 centimes d'euro), et la bouteille de lait d'un demi-litre, de 250 (0,58 centimes) à 300 ouguiyas. Le ciment et le fer à béton ont également connu des augmentations de 10 à 12%.

- Attrait de la nouveauté -

L'entrée en circulation du nouvel ouguiya a obligé de nombreuses banques à ouvrir exceptionnellement le 1er janvier.

De files d'attente de clients, chéquier en main, se sont formées devant plusieurs agences bancaires.

Les institutions bancaires sont contraintes de reprendre tous leurs logiciels, les chéquiers, et de reconfigurer leur guichets automatiques pour les mettre en conformité avec la nouvelle monnaie.

Dans les rues, les personnes déjà servies examinaient les nouveaux billets fabriqués en polymère, les tournant et les retournant, contemplant leurs couleurs vives et testant leur solidité tant vantée par la Banque centrale.

Les ouguiyas neufs étaient disponibles dès minuit dans certains distributeurs automatiques.

Ainsi, pour la Banque populaire de Mauritanie (BPM), "on avait par exemple au niveau de l'agence de Tevragh Zeina (un quartier de Nouakchott, NDLR) une vingtaine de clients qui étaient là à minuit", a indiqué à l'AFP la directrice marketing de la BPM, Mariem Khayar.

Au-delà du besoin d'espèces, "il y avait aussi beaucoup de curiosité pour toucher enfin cette nouvelle monnaie", a-t-elle estimé.

Selon des spécialistes, ce changement aura le mérite de réinjecter dans le système bancaire des liquidités thésaurisées par des gens travaillant au noir ou craignant de dévoiler leurs fonds d'origine frauduleuse.

"Aussi bien les devises que l'immobilier et autres valeurs refuges bénéficieront de cette vague de blanchiment d'argent qui accompagnera l'opération", estime l'économiste Isselmou Ould Mohamed.

Au moment de l'annonce le 28 novembre, le président Ould Abdel Aziz affirmait que cette réforme permettrait "à l'ouguiya de reprendre sa place dans les transactions financières, de protéger le pouvoir d'achat du citoyen et de réduire la quantité de la monnaie en circulation".

Les anciens billets et pièces seront retirés selon un calendrier établi par la BCM en commençant par les plus gros, comme le billet de 5.000 (11,76 euros) d'ici le 31 janvier, ceux de 2.000 et 1.000 respectivement un et deux mois plus tard, les plus petites coupures d'ici juin.

En 2004, la Mauritanie avait remplacé tous les billets en circulation depuis 1974.

AVec AFP

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Au moins 15 soldats tués dans l'attaque d'une base militaire par Boko Haram

Soldats nigérians à Damasak, Nigeria le 18 mars 2015.

Au moins 15 soldats ont été tués dans l'attaque d'une base militaire par des combattants du groupe jihadiste Boko Haram dans le nord-est du Nigeria, en proie à une sanglante insurrection armée depuis 10 ans, a-t-on appris mardi auprès de sources sécuritaires concordantes.

Des hommes soupçonnés d'appartenir à la faction de l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap) ont pris d'assaut lundi soir une base militaire à la périphérie de la ville de Gajiram, à 80 km de la capitale régionale, Maiduguri.

"Les corps de 15 soldats ont déjà été retrouvés dans le cadre des opérations de recherche et de secours", a déclaré à l'AFP un officier de l'armée nigériane sous couvert d'anonymat. "Ce chiffre pourrait changer étant donné que les opérations (de recherches) sont toujours en cours et que de nombreux soldats manquent toujours à l'appel".

Une autre source militaire jointe au téléphone a confirmé ce bilan.

"Quinze soldats ont payé le prix suprême, leurs corps ont été retrouvés et la recherche d'autres soldats portés disparus continue", a précisé cette source.

Les jihadistes ont emporté des armes et des véhicules après avoir mis en déroute l'armée et incendié la base, causant d'importants dégâts, selon les deux sources militaires.

Arrivés à bord de neuf pick-up, "ils ont délogé les soldats de la base après des combats", avait confié plus tôt à l'AFP une autre source sécuritaire sous couvert d'anonymat.

Selon des témoignages d'habitants, les jihadistes sont ensuite entrés dans la ville de Gajiram, où ils ont pillé des magasins et tiré des coups de feu en l'air, obligeant les habitants à se réfugier dans leurs maisons ou à fuir en brousse.

"Les hommes armés ont pénétré dans la ville vers 18h00 (17h00 GMT) après avoir vaincu les soldats de la base", a déclaré Mele Butari, un habitant de Gajiram.

"Ils sont restés près de cinq heures. Ils sont entrés par effraction dans les magasins et ont pillé les stocks de nourriture", a ajouté M. Butari. "Ils n'ont blessé personne et n'ont fait aucune tentative pour attaquer les gens qui s'étaient réfugiés dans la brousse ou chez eux".

Des habitants ont vu mardi matin des soldats revenir vers la ville depuis la brousse environnante, probablement après avoir fui durant l'attaque.

- Trois bases en un mois -

L'insurrection lancée par Boko Haram en 2009 dans le nord-est du Nigeria et sa répression par l'armée ont fait plus de 27.000 morts et 1,8 million de personnes ne peuvent toujours pas regagner leur foyer.

Elle a aujourd’hui gagné le Niger, le Tchad et le Cameroun voisins.

Gajiram et la base militaire attenante ont été attaquées à plusieurs reprises par les jihadistes.

Des dizaines de bases militaires ont été attaquées depuis un an par la faction affiliée au groupe Etat islamique, qui cible principalement l'armée et les symboles de l'Etat.

Depuis début juin, c'est au moins la troisième attaque contre une base recensée par l'AFP dans le nord-est du pays.

La semaine dernière, l'Iswap a revendiqué l'attaque de la base militaire de Kareto, également située dans l'Etat du Borno, affirmant avoir tué 20 soldats. Des sources sécuritaires avaient fait état de "plusieurs morts" à l'AFP, sans donner de bilan précis.

Et le 4 juin, la même faction avait revendiqué une série d'attaques contre cinq bases militaires de la région, parlant de 14 soldats tués. Ces allégations n'ont pu être vérifiées de manière indépendante, mais une source militaire a cependant confirmé que cinq soldats avaient été tués dans la base de la ville de Marte (Etat du Borno).

Par ailleurs, au moins 30 personnes ont été tuées et 40 blessées à Konduga (nord-est) dimanche dans un triple attentat-suicide attribué cette fois à la faction loyale au leader historique de Boko Haram, Abubakar Shekau.

Il s'agissait de l'une des attaques les plus meurtrières de ce groupe jihadiste contre des civils depuis des mois dans cette région.

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38 morts et de nombreux blessés" dans une attaque contre deux villages

Quelques personnes regardent au loin le lieu d’une attaque-kamikaze dans la région de Gao, dans le centre-nord du Mali, 1er juillet 2018. (VOA/ Sidi Elhabib Maiga)

Une nouvelle tuerie dans le centre du Mali a fait "38 morts et de nombreux blessés", a indiqué mardi soir le gouvernement malien, selon un bilan encore provisoire.

Dans le même temps, une embuscade contre une patrouille de l'armée plus au nord a occasionné des "pertes humaines et matérielles", selon les Forces armées maliennes.

Des bilans antérieurs avaient évoqué entre une vingtaine et une quarantaine de morts lors de cette attaque survenue lundi dans deux villages dogons de cette région du centre du pays, où un massacre commis dans village dogon proche de Bandiagara le 9 juin avait fait 35 morts, dont 24 enfants.

"Des attaques terroristes ont visé hier lundi 17 juin 2019, dans la soirée, les localités de Gangafani et Yoro dans le cercle de Koro, non loin de la frontière avec le Burkina Faso. Le bilan provisoire officiel est de 38 morts et de nombreux blessés", précise le gouvernement dans un communiqué publié dans la soirée.

"Des forces de défense et de sécurité a été dépêché sur les lieux pour sécuriser les populations et leurs biens et traquer les auteurs de ces attaques", selon le texte.

"Une patrouille des FAMa (Forces armées maliennes) est tombée dans une embuscade des terroristes à Banguimalam, au sud-ouest de Gossi (nord). Des renforts ont été dépêchés pour secourir les éléments victimes d'attaque terroriste et sécuriser la zone", ajoute le communiqué du gouvernement.

"Les #FAMa sont tombées dans une embuscade dans la journée du mardi 18 juin 2019. C'était dans la localité de #Gossi. Au cours de cet accrochage, les FAMa ont enregistré des pertes humaines et matérielles", ont confirmé sur Twitter les Forces armées maliennes.

La RDC et la BAD s'engagent à créer des zones agricoles spéciales

Le président Félix Tshisekedi à la Cité de l'Union africaine, Kinshasa, le 18 mars 2019. (Twitter/Présidence RDC)

Le président congolais Félix Tshisekedi et le patron de la Banque africaine de développement (BAD), Akinwimi Adesina, ont annoncé mardi la création des zones spéciales d'agro-industrialisation impliquant des investisseurs privés pour le développement des milieux ruraux en RDC.

"L'agriculture est un secteur qui va régler plusieurs problèmes. Nous allons travailler pour booster le secteur en créant des zones spéciales agricoles dont le but est de favoriser l'agro-industrie pour atteindre l'autosuffisance alimentaire en très peu de temps", a déclaré le président Tshisekedi.

"Je ne compte pas toujours sur nos minerais (...), même si je ne peux pas cracher sur ce secteur. Les mines nous ont créé beaucoup de problèmes. Il faut diversifier notre économie. Le secteur agricole va régler beaucoup de problèmes comme la malnutrition grâce à ces zones spéciales agricoles", a ajouté M. Tshisekedi.

Le projet vise à disséminer les zones spéciales d'agro-industrialisation près des lieux de production agricole. Ces zones seront dotées d'infrastructures énergétiques, de transport et de communications pouvant favoriser la transformation locale des produits agricoles, a expliqué Akinwimi Adesina, président de la BAD.

"Les pays qui font l'exportation des matières premières sont toujours pauvres, par contre ceux qui développent les chaînes de valeurs par la transformation de leur production deviennent riches", a expliqué M. Adesina.

Les deux personnalités n'ont pas donné la date du lancement effectif de ce projet ni la hauteur des financements qui seront mobilisés.

S'adressant aux investisseurs privés présents dans la salle d'une conférence, M. Adesina les a invités à s'impliquer dans ce projet soutenu par la BAD et qui a comme objectif prioritaire de financer la création locale de la valeur ajoutée en développant les chaînes de production desdites valeurs.

"L'agro-business représentera 1.000 milliards de dollars d'ici à 2030. Si vous ne vous engagez pas dans l'agro-industrie, les autres viendront tout prendre", a-t-il averti.

Quant aux réformes, le président Tshisekedi a considéré que "pour rassurer des investisseurs sérieux et non les véreux, il faut gagner le combat acharné contre la corruption" et "simplifier la fiscalité" en vue d'influer sur le climat des affaires.

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