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Un moderé élu aux commandes du parti islamiste Tewassoul en Mauritanie


Des militants de Tewassoul à Nouakchott, le 18 novembre 2013.

Le 3è congrès du parti islamiste mauritanien d'opposition Tewassoul a élu dimanche à sa présidence un modéré, Mohamed Mahmoud Oud Seyidi, en remplacement de son leader charismatique Jemil Ould Mansour arrivé en fin de mandat.

Le Tewassoul est actuellement le plus grand parti d'opposition avec 16 députés à l'Assemblée nationale élus en 2014 au cours d'un scrutin boycotté par l'opposition radicale et il contrôle plusieurs communes dont la plus importante de Nouakchott, Arafatt.

Revendiquant quelque 100.000 militants, il est présent dans toute la Mauritanie où sa référence à l'islam et sa revendication de la charia, la loi islamique, lui assurent une popularité dans ce pays à 100% musulman et très pratiquant.

Mohamed Mahmoud Oud Seyidi, la soixantaine, docteur en théologie et membre fondateur du parti créé en 2009, est connu pour sa "piété, son ouverture et son sens de conciliation", selon un de ses proches.

Il a été élu haut la main par près de 80% des délégués face à trois autres candidats issus de la direction du parti dont le congrès s'était ouvert vendredi.

Son prédécesseur, M. Ould Mansour, réalise de son côté une première en quittant la présidence de la formation en faveur d'une "alternance politique" inédite à la tête d'un parti politique mauritanien.

Le nouveau président du Tewassoul ne devrait pas s'éloigner de la ligne politique suivie jusqu'alors, estiment les analystes. Il a été ami de classe et compagnon de la première heure de M. Ould Mansour au sein de la mouvance islamiste, subissant avec lui la prison et l'exil sous le régime de Maaouiya Ould Sid'Ahmed Taya (1984-2005).

Le nouveau dirigeant est député du Tewassoul, ancien ministre dans un gouvernement d'union nationale sous le président Sidi Ould Cheikh Abdallahi (2007-2009). Il vient d'une famille de marabouts, à la tête de la confrérie El'Qodhf, fortement implantée dans le centre et dont est issu l'actuel chef des armées, le général Mohamed Ould Mohamed Ahmed.

La mouvance islamiste avait été interdite sous les régimes précédents mais, avec l'arrivée au pouvoir du président Mohamed Ould Abdel Aziz, son parti a été légalisée en 2009. Il a frolé la crise avec le pouvoir à plusieurs reprises en dépit de ses positions souvent modérées et conciliantes. Cette ligne devrait être maintenue sous la nouvelle direction, estiment les observateurs.

Avec AFP

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