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maison du vice-président kényan attaquée à 10 jours des élections


Le président kenyan Uhuru Kenyatta, à gauche, et son vice-président William Ruto, lors d’un défilé à Nairobi, Kenya, 1er mai 2017.

La maison du vice-président kényan William Ruto a été attaquée par au moins un homme armé samedi dans la région d'Eldoret (nord-ouest), à dix jours d'élections générales qui s'annoncent serrées et tendues, ont annoncé la police et des sources sécuritaires.

Compliquée par l'obscurité, une opération de grande ampleur était encore en cours samedi soir dans l'immense propriété de M. Ruto, qui compte plusieurs bâtiments. Officiellement, la police évoque un assaillant, mais plusieurs sources sécuritaires interrogées par l'AFP ont fait état de plusieurs hommes armés.

M. Ruto et sa famille ne se trouvaient pas chez eux lorsqu'un inconnu a attaqué à la machette, vers 12H00 (09H00 GMT), un agent de police chargé de la sécurité, a assuré le chef de la police kényane, Joseph Boinnet, dans un communiqué.

"D'autres agents ont rapidement été mobilisés et l'intrus a été obligé de se réfugier dans un bâtiment en construction proche de l'entrée" de la propriété, a ajouté la même source, selon laquelle le policier blessé est dans un état "stable".

Mais plusieurs sources sécuritaires ont de leur côté indiqué à l'AFP que des inconnus armés avaient attaqué l'agent chargé de la sécurité, tirant sur lui et lui volant son arme. Après l'arrivée de renforts, plusieurs coups de feu ont été entendus par des témoins se trouvant à l'extérieur de la propriété.

Les motivations de l'attaque sont inconnues. "La sécurité a été renforcée et nous n'avons encore procédé à aucune arrestation", a indiqué une source policière.

William Ruto avait quitté sa maison peu de temps avant l'attaque afin de se rendre à des meetings politiques, selon des sources concordantes. Il y est apparu avec le président Uhuru Kenyatta, mais les deux hommes n'ont à aucun moment commenté l'attaque.

"En ce moment, les Kényans veulent élire leurs dirigeants pacifiquement et démocratiquement, et aucun groupe ou élément criminel ne devrait pouvoir compromettre la paix en ce moment crucial", a réagi dans un communiqué le sénateur Gideon Moi, fils de l'ancien président Daniel Arap Moi et personnalité politique importante de la vallée du Rift.

- Température électorale élevée -

William Ruto est le colistier de M. Kenyatta pour les élections générales du 8 août, organisées dix ans après les pires violences électorales de l'histoire du Kenya indépendant (1.100 morts), alimentées par des contestations du résultat.

La vallée du Rift, dans laquelle se trouve la région d'Eldoret, avait été les foyer des affrontements les plus violents entre les deux principales ethnies de la région, les Kikuyu, dont est issu le président Kenyatta, et les Kalenjin, dont est issu William Ruto.

Les deux hommes, un temps poursuivis par la Cour pénale internationale pour ces violences, s'étaient ensuite alliés et avaient été élus à la présidentielle de 2013. Ils briguent un second mandat face au candidat de l'opposition, Raila Odinga, et son colistier, Kalonzo Musyoka.

Les élections au Kenya se jouent rarement sur des programmes, beaucoup plus sur des sentiments d'appartenance ethnique et géographique. Le scrutin s'annonce serré et la température électorale dans le pays est montée d'un cran ces dernières semaines.

Raila Odinga, qui estime que la victoire lui a été volée en 2007 et 2013, accuse l'exécutif actuel de vouloir truquer les élections, alors que M. Kenyatta accuse son rival de vouloir les retarder.

Début juillet, Human Rights Watch a fait état de menaces et d'intimidations entre communautés dans la région de Naivasha (centre), également dans la vallée du Rift.

Les comtés de Laikipia et Baringo, dans une autre zone de la vallée du Rift, sont par ailleurs le théâtre depuis le début de l'année de raids violents menés par des éleveurs semi-nomades, qui envahissent des terres privées pour y faire paître leur troupeau, incendient des propriétés et tuent ceux qui se trouvent sur leur chemin.

Ces violences ont déjà fait des dizaines de morts et des centaines de déplacés. Selon certains observateurs et habitants, ces violences sont surtout nourries par la politique.

Avec AFP

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