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Le sport sénégalais en suspens à Dakar après la fermeture de Demba Diop


L’entrée du stade Demba Diop, Dakar, Sénégal, 29 octobre 2017. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Trois mois après le plus grand drame du sport sénégalais, le stade Demba Diop n’est toujours pas apte à accueillir des manifestations sportives. Les grandes affiches de la lutte avec frappe sont bloquées en attendant la mise à disposition du Stade Léopold Sédar Senghor, jusque-là réservé à l’équipe nationale de football.

Le 15 juillet dernier, lors de la finale de la Coupe de la ligue de football, 8 personnes perdaient la vie suite à de violents échauffourées ayant entrainé l’affaissement d’un pan du mur du stade Demba Diop de Dakar.

Le stade Demba Diop, Dakar, samedi 29 octobre 2017. (VOA/Seydina Aba Gueye)
Le stade Demba Diop, Dakar, samedi 29 octobre 2017. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Face à ce drame sans précédent dans l’histoire du sport sénégalais, les autorités judiciaires et sportives avaient mis l’enceinte sous scellés pour les besoins de l’enquête et la réfection des espaces défectueux. Si des disciplines comme le football ont pu trouver d’autres aires de jeu, la lutte avec frappe, qui est l’une des principales attractions sportives du pays, peine à tenir les affiches qui doivent opposer ses plus grandes stars.

Abdoulaye Diaw, chroniqueur sportif, Dakar, samedi 29 octobre 2017. (VOA/Seydina Aba Gueye)
Abdoulaye Diaw, chroniqueur sportif, Dakar, samedi 29 octobre 2017. (VOA/Seydina Aba Gueye)

"Demba Diop est fonctionnel depuis 1963. A l’époque, il s’appelait Stade de l’amitié. Nous sommes en 1963, en 2017 il y a eu ce drame," rappelle à VOA Afrique le chroniqueur sportif Abdoulaye Diaw, considérant le stade comme une enceinte mythique. Pour lui, sa fermeture est tout de même un mal nécessaire.

"Demba Diop fait partie des pions essentiels de notre sport. Demba Diop, c’est le berceau de l’organisation moderne de nos compétitions. Tous les Sénégalais se seraient retrouvés orphelins si le stade était fermé mais il faut être réaliste car c’est fermé pour cause de réhabilitation. Oui, il faudra retaper Demba Diop pour faire disparaitre les images du 15 juillet dernier," soutient M. Diaw.

Assane Ndiaye, promoteur de lutte avec frappe, estime pour sa part que cette longue indisponibilité du stade paralyse les activités de cette discipline sportive.

Assane Ndiaye, promoteur de lutte, Dakar, samedi 29 octobre 2017. (VOA/Seydina Aba Gueye)
Assane Ndiaye, promoteur de lutte, Dakar, samedi 29 octobre 2017. (VOA/Seydina Aba Gueye)

"C’est vrai que la fermeture était nécessaire vu la gravité des faits mais ça commence à durer et ça devient très difficile pour nous. Ce stade est utilisé par beaucoup de disciplines sportives dont la plus attractive est la lutte. Donc quand c’est fermé, les grands événements sportifs ne peuvent plus se tenir. Nous, les promoteurs, y perdons beaucoup car on a investi des dizaines de millions de francs CFA et au finish on se retrouve dans une position très inconfortable. D’un côté, les amateurs s’impatientent et, de l’autre, les lutteurs nous donnent des ultimatums alors que nous n’y sommes pour rien. La fermeture du stade n’est pas de notre faute," se plaint le promoteur sur VOA Afrique

L’inquiétude des promoteurs est légitime et la tenue de ces grandes affiches nécessaire, selon Ngagne Ndiaye, chroniqueur de lutte qui estime cependant que c’est un problème structurel.

Ngagne Diagne, chroniqueur de lutte, Dakar, samedi 29 octobre 2017. (VOA/Seydina Aba Gueye)
Ngagne Diagne, chroniqueur de lutte, Dakar, samedi 29 octobre 2017. (VOA/Seydina Aba Gueye)

"Les promoteurs peuvent rencontrer des difficultés à cause de nombreux reports de combats. Cependant, la lutte n’est pas bloquée même si les combats en suspens peuvent empêcher la tenue d’autres affiches. Il faut que ces combats aient lieu rapidement afin d’offrir des perspectives aux autres lutteurs. Il est important de souligner que les lutteurs qui doivent se faire face sont à des positions stratégiques dans l’arène. Nous avons un problème d’infrastructures et pour ces deux combats, je pense qu’ils peuvent se tenir au stade Léopold Sédar Senghor," suggère Ngagne Ndiaye.

Mbaye Jacques Diop, conseiller technique au Ministère des sports, rassure les acteurs sportifs et annonce une solution pour la tenue des grandes affiches de la lutte avec frappe.

Mbaye Jacques Diop, Conseiller technique au ministère des sports, centre, à côté du ministre des Sports Matar Ba, à gauche, en visite d'inspection au Stade Demba Diop, Dakar, samedi 14 octobre 2017. (VOA/Seydina Aba Gueye)
Mbaye Jacques Diop, Conseiller technique au ministère des sports, centre, à côté du ministre des Sports Matar Ba, à gauche, en visite d'inspection au Stade Demba Diop, Dakar, samedi 14 octobre 2017. (VOA/Seydina Aba Gueye)

"Nous avons déjà anticipé parce que dans le cadre de l’arbitrage budgétaire nous avons inscrits, dans la ligne 2018, la réfection du stade. Normalement d’ici mi-janvier au plus tard, je pense que le stade pourrait accueillir d’autres activités sportives. Je pense que pour le football il n’y a pas de problèmes. Maintenant, pour la lutte peut-être il y a deux ou trois grandes affiches. Ce sont des combats qui peuvent être abrités par le Stade Léopold Sédar Senghor dans la mesure où le Ministre des sports a offert la gratuité du stade aux promoteurs. Maintenant à eux de respecter le cahier de charges," explique le conseiller technique au Ministère des sports.

Trois mois après le plus grand drame du sport sénégalais, le stade Demba Diop n’est toujours pas apte à accueillir des manifestations sportives.

La tenue grandes affiches de la lutte avec frappe est ainsi bloquée en attendant la mise à disposition du Stade Léopold Sédar Senghor jusque-là réservé à l’équipe nationale de football.

Reportage de Seydina Aba Gueye à Dakar pour la VOA Afrique

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