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Côte d'Ivoire

La loi sur la commission électorale approuvée par les députés

Membres de la CEI à Abidjan le 30 octobre 2016.

La loi sur la recomposition de la Commission électorale indépendante (CEI), chargée de la présidentielle de 2020, a été adoptée par l'Assemblée nationale ivoirienne mardi malgré les protestations de l'opposition.

Avec 124 voix pour sur un total de 203 votants, 78 contre, 1 abstention, le texte a, sans surprise, été adopté en séance plénière par le parlement dominé par le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), la coalition du président Alassane Ouattara.

La nouvelle CEI doit comprendre 15 membres, contre 17 auparavant: un représentant du président de la République, un du ministre de l'Intérieur, six de la société civile, six des partis politiques - équitablement répartis entre le pouvoir et l'opposition - et un représentant du Conseil supérieur de la magistrature.

La Cour africaine des droits de l'homme avait rendu en 2016 un arrêt enjoignant au gouvernement ivoirien de réformer la commission.

Le ministre ivoirien de l'Intérieur et de la Sécurité, Sidiki Diakité, assure que le texte "apporte un meilleur équilibre dans la composition des organes de la commission centrale, du bureau et des commissions locales".

"C'est une remise en cause des acquis démocratiques, de tous les bonds qualitatifs obtenus dans le passé", s'est insurgé le député Alain Lobognon, membre du groupe parlementaire "Rassemblement" de Guillaume Soro, dénonçant une "mainmise du parti au pouvoir sur la CEI".

L'opposition juge que la composition de la nouvelle commission ne présente pas de garanties d'indépendance, estimant que trop de ses membres seront nommés par le pouvoir ou des organismes liés au pouvoir en place.

Le Parlement ivoirien compte 255 députés, dont 166 sont issus du parti au pouvoir du RHDP.

La crédibilité de la CEI est jugée cruciale en vue de la présidentielle de 2020 qui s'annonce tendue, dix ans après la crise post-électorale ivoirienne. Celle-ci avait fait plus de 3.000 morts après le refus du président Laurent Gbagbo d'admettre sa défaite face à l'actuel chef de l'Etat, Alassane Ouattara.

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Une Cour africaine juge les commissions électorales ivoiriennes "déséquilibrées"

Élections locales le 16 juin décember 2018 à Abidjan, en Côte d'Ivoire.

La CADH a estimé mercredi que la mise en place des commissions électorales locales ivoiriennes était déséquilibrée en faveur du parti au pouvoir.

La Cour africaine des droits de l'Homme (CADH) avait été saisie par l'opposition ivoirienne,.

A trois mois de la présidentielle, a Cour note "un déséquilibre manifeste du nombre de présidences des Commissions électorales locales proposé par le parti au pouvoir".

La grande majorité des 558 commissions locales sont présidées par le parti au pouvoir, selon les statistiques officielles.

L'arrêt demande au gouvernement "de prendre les mesures nécessaires pour garantir que de nouvelles élections (...) soient organisées aux niveaux locaux".

La Cour relève aussi "l'absence d'un mécanisme approprié pour nommer des membres de l’organe électoral issus de la société civile et des partis politiques, en particulier les partis d'opposition".

Toutefois, la Cour souligne que "les requérants n’ont pas établi que l'organe électoral créé par l'État défendeur est composé de membres qui ne sont ni indépendants ni impartiaux (...)et qu’il n'inspire manifestement pas confiance aux acteurs politiques. L’examen du processus de réforme n’a révélé rien de tel".

L'opposition ivoirienne dirigée par le PDCI-RDA, avait saisi en aout la Cour africaine après avoir été déboutée par le Conseil constitutionnel ivoirien sur la réforme de la Commission électorale indépendante (CEI) qui selon elle, ne garantissait pas l'indépendance et l'impartialité de cet organe chargé d'organiser les élections.

La CADH avait jugé en 2016 que la CEI n'était pas indépendante, enjoignant au gouvernement ivoirien de la réformer.

La Côte d'Ivoire a retiré fin avril sa déclaration de compétence de la CADH, dénonçant des "agissements intolérables" de cette juridiction.

Le gouvernement s'était insurgé contre les récentes décisions de la Cour qui, selon lui, "non seulement portent atteinte à la souveraineté de l'Etat de Côte d'Ivoire, à l'autorité et au fonctionnement de la justice, mais sont également de nature à entraîner une grave perturbation de l'ordre juridique (...) et à saper les bases de l'Etat de droit par l'instauration d'une véritable insécurité juridique".

Cette prise de distance était survenue alors que la Cour africaine, saisie par des partisans de l'ancien chef rebelle Guillaume Soro, avait ordonné à la Côte d'Ivoire de suspendre les procédures à son encontre.

La crédibilité de la CEI est jugée cruciale en vue de la présidentielle de 2020 qui s'annonce tendue, dix ans après la crise post-électorale ivoirienne. Celle-ci avait fait plus de 3.000 morts après le refus du président Laurent Gbagbo d'admettre sa défaite face à l'actuel chef de l'Etat.

10.000 militants rendent un dernier hommage au Premier ministre ivoirien

Service commémoratif et hommages au Premier ministre ivoirien Amadou Gon Coulibaly à Abidjan

Environ 10.000 militants de son parti, se sont rassemblés mercredi au Palais des Sports à Abidjan pour rendre hommage au Premier ministre Amadou Gon Coulibaly.

Ces dizaines de milliers de militants u Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (HDP), dont le président Alassane Ouattara, se sont rassemblés pour rendre un dernier hommage au Premier ministre Amadou Gon Coulibaly et candidat désigné à la présidentielle d'octobre, décédé le 8 juillet d'une crise cardiaque.

La plupart des militants du HDP étaient vêtus en blanc, portant es T-shirts à l'effigie du "Lion", son surnom ou de "AC".

Le président Ouattara, qui s'est exprimé publiquement pour la première fois depuis le décès de son "fis", n'est pas entré sur le champ politique: "Après la douleur, je ne pouvais pas ne pas prendre la parole (...) Amadou je t'aime moi aussi", a-t-il dit, répondant ainsi au "Je vous aime" public du Premier ministre à son retour de France le 2 juillet.

"On a perdu un grand homme, Je suis là pour lui rendre hommage pour la dernière fois, lui dire merci pour tout ce qu'il fait pour nous. Cela aurait été un grand président", a affirmé Safiyatou Sanan, étudiante de 25 ans.

Amadou Gon Coulibaly est décédé quelques heures après avoir dirigé le Conseil des ministres du 8 juillet, moins d'une semaine après son retour d'un séjour de deux mois en France pour tenter de soigner ses problèmes cardiaques. Il avait été greffé du coeur en 2012.

Désigné en mars comme son dauphin par M. Ouattara qui avait renoncé à un troisième mandat, il partait comme un des grands favoris de la présidentielle du 31 octobre.

Fatoumata Fofana, étudiante, se disait "triste" mais évoquait déjà un troisième mandat du président Ouattara: "Nous allons conserver l’héritage (de Gon Coulibaly). Ce n'était pas le moment (de mourir), il pouvait maintenir le cap. Il n'y pas de remplaçant... Peut être Alassane (Ouattara), c'est un homme de parole. On ne sait pas s'il va accepter de se présenter à nouveau, si on insiste peut être.. On préfère que ce soit lui, quand on regarde, on ne voit pas (qui d'autre)".

Le corps de M. Gon Coulibaly, qui avait reçu un hommage à la présidence mardi, devait être transporté dans l'après-midi à Korhogo, son fief, où il sera inhumé vendredi, concluant une semaine de deuil national.

Cérémonie au palais présidentiel en l'honneur du défunt PM Amadou Gon Coulibaly

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La Côte d'Ivoire a rendu un hommage à Amadou Gon Coulibaly

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Les Ivoiriens rendent hommage à leur Premier ministre décédé

Amadou Gon Coulibaly, le Premier ministre ivoirien et candidat du parti au pouvoir à la présidentielle, à son arrivée à l'aéroport Félix Houphouët Boigny à Abdijan, le 2 juillet 2020 après avoir "récupéré" en France suite à des problèmes cardiaques. (Photo SIA KAMBOU/AFP)

La Côte d'Ivoire a rendu mardi un hommage national au Premier ministre et candidat à la présidentielle Amadou Gon Coulibaly, décédé le 8 juillet d'une crise cardiaque à 61 ans, lors d'une cérémonie au palais présidentiel d'Abidjan.

Son cercueil recouvert du drapeau ivoirien placé sur le parvis du palais présidentiel a reçu les honneurs civils et militaires en présence de nombreuses personnalités dont le président ivoirien Alassane Ouattara, son homologue sénégalais Macky Sall ou le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian.

Dauphin désigné du président Ouattara qui l'avait adoubé en mars, Amadou Gon Coulibaly a été fait grand-croix de l'Ordre national, la plus haute distinction du pays, à titre posthume lors de la cérémonie.

Le secrétaire général de la présidence Patrick Achi a souligné que c'est sur ce même "parvis" que le défunt avait été "l'image visible de toutes les décisions qui ont conduit à la renaissance prodigieuse du pays" après une décennie de crise ponctuée par des violences ayant fait 3.000 morts en 2010 et 2011.

M. Achi a aussi évoqué "l'hommage unanime de la Nation que tu as servie avec tant de noblesse et de dévouement".

Auparavant, la ministre de l'Education, Kandia Camara, en pleurs, avait salué le "grand président qu'il aurait été".

Quelques jours après avoir annoncé qu'il ne briguerait pas un troisième mandat, Alassane Ouattara avait désigné en mars son "plus proche collaborateur depuis 30 ans" comme son successeur et candidat du parti au pouvoir à la présidentielle.

Greffé du coeur en 2012, Amadou Gon Coulibaly, dit "AGC", était revenu en Côte d'Ivoire le 2 juillet après deux mois d'hospitalisation pour des problèmes cardiaques.

Officiellement, le Premier ministre était parti le 2 mai pour un "contrôle" en France, malgré la fermeture des frontières en raison de la pandémie de coronavirus. Il avait finalement dû se faire poser un stent.

"Je suis de retour pour prendre ma place aux côtés du président, pour continuer l'oeuvre de développement et de construction de notre pays", avait-il dit, très souriant.

Le 8 juillet, il avait été accueilli par une haie d'honneur et des applaudissements des membres du gouvernement avant le Conseil des ministres. Il était décédé quelques heures plus tard.

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