Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Côte d'Ivoire

Arrestation d'un responsable de la société civile

Membre de la CEI à Abidjan le 30 octobre 2016.

Un responsable de la société civile en Côte d'Ivoire, Samba David, qui avait appelé à une manifestation devant la Commission électorale indépendante (CEI), chargée de la présidentielle de 2020 ayant fait l'objet d'une réforme controversée, a été arrêté mardi à Abidjan, a annoncé son entourage.

Samba David, responsable de la Coalition nationale pour le changement (CNC), qui s'oppose au président Allassane Ouattara, "a été invité pour une séance de travail avec les responsables de la CEI, après avoir reporté sa manifestation", a expliqué à l'AFP Pulcherie Gbalet, militante de la société civile et proche de M. David.

"+On vient de nous arrêter+! C'est le message (SMS) que nous a envoyé un membre de la délégation de cinq personnes que conduisait M. David à la CEI, avant qu'on ne confisque leurs portables", a ajouté Mme Gbalé.

Samba David avait été condamné en 2015, à six mois de prison ferme pour avoir appelé à des marches de protestation contre la candidature de M. Ouattara à la présidentielle. Il avait été libéré au bout de trois ans d'emprisonnement.

Vendredi, le Parlement ivoirien a voté en commission la loi sur la recomposition de la CEI, dernière étape avant son adoption en plénière qui ne fait presque aucun doute le pouvoir ayant la majorité absolue.

La nouvelle CEI doit comprendre 15 membres, contre 17 auparavant: un représentant du président de la République, un du ministre de l'Intérieur, six de la société civile, six des partis politiques - équitablement répartis entre le pouvoir et l'opposition - et un représentant du Conseil supérieur de la magistrature.

L'opposition estime que la nomination des membres de la société civile par l'administration ne présente pas de garanties d'indépendance et estime que la commission sera "inféodée" au pouvoir.

La Cour africaine des droits de l'homme avait rendu en 2016 un arrêt enjoignant au gouvernement ivoirien de réformer la commission.

La crédibilité de la CEI est jugée cruciale en vue de la présidentielle de 2020 qui s'annonce tendue, dix ans après la crise post-électorale ivoirienne. Celle-ci avait fait plus de 3.000 morts après le refus du président Laurent Gbagbo d'admettre sa défaite face à l'actuel chef de l'Etat, M. Ouattara.

Toutes les actualités

Le Premier ministre ivoirien Amadou Gon Coulibaly est mort

Amadou Gon Coulibaly, premier ministre de Côte d'Ivoire, le 5 août 2019 au palais présidentiel d'Abidjan. (Photo by ISSOUF SANOGO / AFP)

Le Premier ministre ivoirien Amadou Gon Coulibaly est mort mercredi à Abidjan, a-t-on appris de source officielle.

La nouvelle a été confirmée par Patrick Achi, secrétaire général de la présidence de Côte d’Ivoire, à travers un communiqué du président Alassane Ouattara qu’il a lu.

M. Coulibaly, 61 ans, n'était rentré chez lui que jeudi dernier après une absence de deux mois pour des soins médicaux en France.

Bien qu'il ait reçu une transplantation cardiaque en 2012, la cause de son décès n'a pas été immédiatement connue.

"Il a été victime d'un malaise en plein conseil des ministres", selon le magazine Jeune Afrique.

Au début de l'année, il avait été désigné comme candidat du parti au pouvoir, le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), pour la prochaine élection présidentielle.

Difficile de savoir à ce stade comment le parti va procéder, étant donné la tournure sans précédent des événements.

Minute Eco: l'Angola réduit sa production pétrolière

Minute Eco: l'Angola réduit sa production pétrolière
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:11 0:00

Nord ivoirien: la ville de Ferké croit encore à l'étoile présidentielle de Guillaume Soro

Guillaume Soro, ancien chef rebelle et candidat potentiel à la présidentielle ivoirienne pose lors d'une séance photo à Paris le 29 janvier 2020. (Photo de Lionel BONAVENTURE / AFP)

"Je ne fais pas de politique, mais on n'abandonne pas son enfant", assure Kiali Ouattara, chef traditionnel de Ferkessédougou. La grande ville du Nord est le fief de l'ex-rebelle Guillaume Soro, qui reste candidat à la présidentielle d'octobre malgré un exil en France et des ennuis judiciaires.

Longtemps allié du président Alassane Ouattara, qu'il a aidé, en tant que leader de l'ex-rébellion du Nord, à accéder au pouvoir pendant la crise post-électorale de 2010-2011, il est devenu Premier ministre, puis président de l'Assemblée nationale, avant de rompre début 2019 avec le chef de l'Etat et son parti, le RHDP (Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix). Depuis, son avenir s'est assombri.

Condamné fin avril par la justice ivoirienne à 20 ans de prison et à la déchéance de ses droits civiques notamment pour "recel de détournement de deniers publics", M. Soro, qui fait aussi face à des accusations de "tentative d'insurrection", avait renoncé à rentrer au pays en décembre dernier pour éviter une incarcération. Nombre de ses partisans sont en prison.

Il est également visé par une plainte déposée à Paris pour "torture", "assassinat" et "crimes de guerre" en 2004 et 2011.

- "Jugements farfelus" -

Pas de quoi décourager ses supporters à "Ferké", dont il est toujours député. Ici, on croit encore au destin présidentiel de l'enfant du pays, né dans le village voisin de Diawala.

"Le RHDP met ses partisans en prison, le condamne avec des jugements farfelus", comme les ex-présidents Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo l'ont fait à Alassane Ouattara dans le passé, assure Ouattara Laragton, 55 ans, coiffeur au quartier Lanviara. "Je sais que si le petit se présente, il va gagner". "Le petit", c'est évidemment Guillaume Soro, 48 ans.

Carrefour commercial sur les routes menant au Mali et au Burkina, Ferké (160.000 habitants) a supplanté la ville historique voisine de Kong (capitale de l'empire Kong à l'époque de Samory Touré) au XXe siècle grâce au passage du chemin de fer. Kong étant le fief de la famille Ouattara, certains veulent y voir le symbole que Guillaume Soro, le "moderne" supplantera Alassane Ouattara, "l'ancien". Détail amusant: la capitale du Nord située à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest, est la ville du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, le candidat du RHDP choisi par le chef de l'Etat pour lui succéder.

M. Soro a longtemps espéré que M. Ouattara le désignerait comme son successeur, avant de claquer la porte.

Pour Sougari Soro, 45 ans, mécanicien à Ferkessédougou, les "gens du RHDP" sont "des ingrats": "Ils l'ont trahi devant nos yeux alors qu'il a vendu sa vie pour les mettre au pouvoir", quand il était chef des ex-rebelles. "Nous sommes beaucoup en Côte d'Ivoire à le soutenir dans le silence".

Le RHDP est toutefois loin d'avoir perdu la main ici. Dès son arrivée au pouvoir en 2011, Alassane Ouattara a fait investir dans le nord du pays, longtemps délaissé. Ferké, comme Korhogo, ont largement bénéficié de cette volonté de rattraper le retard du Nord (écoles, électrification, axes routiers).

"Il est trop pressé de prendre le pouvoir. Il doit continuer à se faire former, à apprendre à côté de son père Alassane Ouattara", tranche Ismael Ouattara, vendeur d'appareils électro-ménagers.

- Maison et chambres -

Tilkouete Sansan Dah, député de Bouna, à l'est de Ferké, à la frontière avec le Ghana et le Burkina, estime même que Guillaume Soro ne "peut affirmer que c'est son fief": "M. Soro ne pourrait pas être élu député à Ferké aujourd'hui".

La machine électorale du RHDP s'est d'ailleurs mise en marche, attirant de nombreux militants de l'ex-Premier ministre.

"Le RHDP était comme une maison avec des chambres. Il y avait la chambre pro-Soro, les pro-Gon Coulibaly, les pro-Hamed Bakayoko (ministre de la Défense)", parmi d'autres, explique M. Sansan Dah. "Les militants n'ont pas changé de maison. C'est Soro qui a quitté la maison".

"Certains de nos frères sont tentés. On leur offre du travail, des positions. On exerce des pressions... Mais, dans les urnes on est les plus forts", réplique un proche de Guillaume Soro.

Le maire de Ferké, Kiweli Ouattara, est un des irréductibles pro-Soro. "S'il n'en reste qu'un ce sera moi mais, je vous assure", promet-il, un brin exalté, "Guillaume Soro reviendra, il fera campagne et il sera élu président de la Côte d'Ivoire le 31 octobre au soir".

Le Premier ministre ivoirien de retour après deux mois de congé médical à l'étranger

Le Premier ministre ivoirien Amadou Gon Coulibaly accueilli par le Président Alassane Ouattara à l'aéroport Félix Houphouët-Boigny d'Abdijan le 2 juillet 2020. (Photo by SIA KAMBOU / AFP)

Le Premier ministre ivoirien Amadou Gon Coulibaly, candidat du parti au pouvoir à la présidentielle d'octobre, est rentré jeudi en fin d'après-midi à Abidjan après deux mois en France pour des problèmes cardiaques.

"Je suis de retour pour prendre ma place aux côtés du président, pour continuer l'oeuvre de développement et de construction de notre pays la Côte d'Ivoire", a affirmé le Premier ministre lors d'un discours à son arrivée à l'aéroport international Félix Houphouët Boigny d’Abidjan.

Il a souligné qu'il avait été tenu au courant de tous les dossiers par le président Alassane Ouattara qui l'appelait "matin et soir" mais il n'a pas dit un mot sur la présidentielle du 31 octobre ni sur sa candidature.

Malgré la fermeture des frontières en raison de la pandémie de coronavirus, le Premier ministre, qui a subi une greffe du coeur en 2012, s'était rendu en France le 2 mai officiellement pour "un contrôle médical", comme il l'a répété jeudi.

"Le contrôle a été approfondi (...) avec repos. Me voici de retour en forme", a-t-il dit.

Le 10 mai, le porte-parole du gouvernement Sidi Tiémoko Touré avait annoncé qu'un stent lui avait été posé après un examen de coronarographie.

Agé de 61 ans, M. Gon Coulibaly a été désigné candidat du parti du président Alassane Ouattara qui a annoncé en sa décision de ne pas briguer un troisième mandat.

Pendant l'absence d'Amadou Gon Coulibaly, l'ancien président Henri Konan Bédié, 86 ans, a été investi candidat du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), principale formation de l'opposition, pour l'élection présidentielle.

L'autre grande formation d'opposition, le Front populaire ivoirien (FPI), n'a pas encore fait connaître sa position. Son fondateur, l'ex-président Laurent Gbagbo, 75 ans (au pouvoir de 2000 à 2010) est en liberté conditionnelle depuis son acquittement par la Cour pénale internationale (CPI), et son retour en Côte d'Ivoire est incertain.

Un autre candidat s'est déjà déclaré, l'ancien chef rebelle Guillaume Soro, 47 ans, ex-allié du président Ouattara devenu opposant. Mais il fait face à plusieurs procédures judiciaires, dont une condamnation à 20 ans de prison avec déchéance des droits civiques et vit en exil en France.

Le chef du gouvernement a été accueilli par le président Ouattara, son épouse, des membres du gouvernement et d’autres personnalités, selon le site Abidjan.net.

La peur grandit dans une ville ivoirienne attaquée par les djihadistes

La peur grandit dans une ville ivoirienne attaquée par les djihadistes
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:13 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG