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La justice française réclame au Burkina des "éléments matériels précis" pour l'extradition de Compaoré


François Compaoré, frère de l'ancien président déchu Blaise Compaoré, le 20 décembre 2012.

La justice française a réclamé mercredi des "éléments matériels précis" au Burkina Faso avant de se prononcer sur la demande d'extradition de François Compaoré, frère de l'ex-président déchu et mis en cause dans son pays dans l'enquête sur l'assassinat du journaliste Norbert Zongo en 1998.

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris a renvoyé sa décision au 3 octobre, estimant ne pas disposer "d'éléments suffisants" concernant une éventuelle implication de M. Compaoré dans ce dossier.

Âgé de 64 ans, François Compaoré, qui reste placé sous contrôle judiciaire, avait été arrêté à l'aéroport parisien de Roissy Charles-de-Gaulle fin octobre, en raison d'un mandat d'arrêt émis le 5 mai 2017.

Alors qu'il enquêtait sur la mort de David Ouédraogo, le chauffeur de François Compaoré, Norbert Zongo et trois personnes qui l'accompagnaient avaient été retrouvés morts calcinés dans leur véhicule le 13 décembre 1998 à Sapouy (sud du Burkina Faso).

"Le Burkina Faso, depuis bientôt un an que cette procédure a commencé, n'a pas été en mesure de nous adresser les pièces matérielles qui peuvent corroborer les accusations portées contre François Compaoré. Pourquoi ? Parce que ces pièces n'existent pas", a fait valoir son avocat, Me Pierre-Olivier Sur.

"C'est avec une confiance absolue que nous abordons cette dernière phase", a-t-il ajouté, disant tout de même craindre "la tentation du faux en écriture" de la part de l'État requérant.

>> Lire aussi : La justice française se prononce le 13 juin sur la demande d'extradition de François Compaoré

L'avocate de ce dernier, Anta Guissé, a assuré que les informations complémentaires réclamées par la cour d'appel seraient fournies. "Que la chambre de l'instruction souhaite être parfaitement informée pour prendre sa décision, ça ne me paraît pas surprenant et ça me paraît, au contraire, bien pour une bonne administration de la justice", a-t-elle poursuivi.

Classé en 2003, après un "non-lieu" en faveur du seul inculpé, le dossier Zongo a été rouvert à la faveur de la chute du président Compaoré fin octobre 2014, chassé par la rue après 27 ans au pouvoir.

Le 15 décembre 2015, trois ex-soldats du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), l'ancienne garde prétorienne de M. Compaoré, ont été inculpés.

Son frère François Compaoré s'est enfui du Burkina lors de l'insurrection populaire de 2014. Il s'était alors réfugié en Côte d'Ivoire, pays dont il a obtenu la nationalité.

Avec AFP

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