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La Guinée a légalisé la polygamie

Le président de la Cour constitutionnelle de Guinée Kelefa Sall, le 31 octobre 2015.

Les députés ont adopté, le 29 décembre, un texte de loi sur le statut ou les relations des personnes. Le Code civil comporte plusieurs changements, mais celui qui a le plus retenu l'attention est l'article concernant la polygamie, désormais autorisée.

Les députés guinéens étaient en négociation depuis trois mois avant de voter samedi, un texte de loi devant régir les relations entre personnes.

Ce Code civil comporte de nombreux changements, mais les articles concernant la polygamie font débat surtout dans les milieux des femmes et des organisations des droits humains. Les réactions des mouvements et associations féminines ne se sont pas fait attendre.

Légalisation de la polygamie
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Elles étaient nombreuses lundis devant l'Assemblée nationale, les femmes partageant leurs mécontentements contre un code civil qu’elles jugent sexiste. En effet, les articles 281 et 282 portant sur la polygamie, et qui ne donnent le choix qu'à l’homme, ne laissent pas indifférents les activistes et défenseurs des droits des femmes.

Le Code civil révisé donne à présent le choix à l'homme entre le régime matrimonial de la monogamie et celui de la polygamie, avec un maximum de quatre épouses.

La députée de la majorité, Nanfadima Magassouba a estimé que la légalisation de la polygamie est un «recul». Comme toutes les femmes parlementaires, quelle que soit leur appartenance politique, elle a refusé de voter le 29 décembre.

Mais loin de ces femmes intellectuelles, on ignorait tout de l’interdiction de la polygamie, largement pratiquée en Guinée. Mabinty, vendeuse de produits cosmétiques, vit sous le régime de la monogamie, mais ne semble pas aller contre l’amendement du code civil.

"Ce n’est pas bien d’être seule, on tombe malade, on peut voyager; si vous êtes deux, le vide peut être comblé par une autre", confie Mabinty​.

Jusqu’à présent, la polygamie était interdite en Guinée, mais aucun homme n’a été inquiété ou sanctionné. La pratique doit son succès aux pesanteurs sociales et à l’islam qui l'autorise. Catherine, étudiante, est célibataire. Elle ne recommande pas cette pratique.

"Quand tu as une femme, tu vis paisiblement, et si Dieu vous donne des enfants, vous allez vivre dans l’harmonie", explique Catherine​. "Mais avec la polygamie, tu as plusieurs enfants avec des mères différentes. Ces enfants ne seront jamais d’accord entre eux", témoigne-t-elle.

Une autre femme interrogée semble accepter la polygamie, non sans la peur au ventre. "Certains hommes changent après un deuxième mariage. Tu cesses d’être une femme aimée dès qu’il épouse une autre", confie Saran​.

Tout n’est pas critiqué par les femmes dans ce Code civil révisé. L’autorité parentale par exemple est reconnue aux deux parents, et la femme est libre de choisir sa profession sans aucun accord préalable de son époux.

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Le gouvernement guinéen favorable à une nouvelle Constitution

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Le gouvernement guinéen favorable à une nouvelle Constitution

Alpha Condé lors d'une réunion à Bruxelles, le 7 octobre 2017

L'ensemble des membres du gouvernement guinéen est favorable à l'élaboration d'une nouvelle Constitution, a déclaré mercredi le Premier ministre, Kassory Fofana, au moment où un débat sur l'opportunité d'une nouvelle loi fondamentale agite le pays.

Ancien opposant historique et premier président démocratiquement élu de ce pays d'Afrique de l'Ouest, Alpha Condé, dont le deuxième mandat s'achève en 2020, a souvent contesté la pertinence de la limitation du nombre de mandats sur le continent. En Guinée, ils sont au nombre de deux au maximum.

"En tant que citoyen, j'ai posé la question au gouvernement, en invitant chaque ministre à se prononcer sur le principe d'une nouvelle Constitution. La réponse était unanime. C'est oui, il nous faut une nouvelle Constitution", a déclaré mercredi M. Fofana lors d'une conférence de presse marquant le premier anniversaire de sa nomination. "Donc en tant que citoyen, je dis oui à une nouvelle Constitution, et en tant que gouvernant, je dis oui", a-t-il conclu.

M. Condé, 81 ans, n'a jusqu'à présent pas officiellement annoncé de révision de la Constitution afin de pouvoir se représenter en 2020, mais plusieurs de ses déclarations récentes ont été interprétées en ce sens. Le 18 mai, la direction de son parti lui a demandé "avant la fin de son second mandat, de doter le pays d'une loi fondamentale votée par référendum par le peuple souverain".

Une révision de la loi fondamentale est en revanche combattue par le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), créé en avril par les principaux partis d'opposition, des associations de la société civile et des syndicats pour s'opposer à un troisième mandat.

"Nous avons une Constitution qui consacre une douzaine d'institutions républicaines dont le fonctionnement est d'un coût très lourd", a déclaré le chef du gouvernement, sans citer l'hypothèse d'une levée de l'interdiction d'exercer plus de deux mandats présidentiels.

M. Fofana a aussi dit avoir "pris acte" de la démission récente, "pour des raisons personnelles", de son ministre de la Justice, Cheick Sako.

Dans une lettre au chef de l'Etat, M. Sako expliquait n'avoir "pas été associé à la rédaction de la nouvelle Constitution en (sa) qualité de garde des sceaux". "Compte tenu de ma position personnelle contre toute modification ou changement de la Constitution en vigueur, vous comprendrez que je ne puisse plus continuer à exercer la fonction de ministre de la Justice", ajoutait-il.

Avec AFP

Les guinéens réagissent à la démission du ministre de la Justice

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