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La FIDH dénonce la "planification" de massacres en RDC

Des femmes et des enfants congolais arrivent au poste-frontière de Chissanda, dans la province angolaise de Lunda Norte, après avoir échappé aux attaques des milices dans la Province du Kasaï, en RDC, mai 2017. © HCR / Pumla Rulashe

La Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH) a accusé mercredi des forces de sécurité congolaises et une milice soutenue par l'armée d'avoir "planifié" des massacres relevant de "crimes contre l'humanité" contre une ethnie du Kasaï (centre de la RDC).

"Ce qu'ils (les rescapés) nous ont raconté, c'est clairement l'horreur. Les populations ont été victimes de massacres à grande échelle, d'exécutions sommaires, de mutilations...", a déclaré mercredi à l'AFP Tchérina Jerolon, responsable à la FIDH, lors de la publication à Paris d'un rapport réalisé avec ses organisations partenaires en RDC.

Des violences d'une "ampleur et d'une gravité sans précédent" ont été perpétrées dans cette région entre mars et juillet, ont rapporté dans un rapport de 100 pages publié mercredi la FIDH, basée à Paris, et ses organisations partenaires en RDC.

Les provinces du Kasaï se sont embrasées en septembre 2016 après la mort d'un chef coutumier, Kamuina Nsapu, dans un assaut des forces de sécurité, déclenchant des affrontements avec la milice du même nom, qui ont fait plus de 3.300 morts, selon l'Eglise catholique. L'ONU a recensé 87 fosses communes et 1,4 million de déplacés.

"Entre au moins fin mars et juin 2017, les populations de l'ethnie luba ont été massacrées dans plusieurs dizaines de villages du territoire de Kamonia (sud de la province du Kasaï) en raison de leur ethnie, de leur supposée affiliation politique à l'opposition et de leur appartenance ou soutien supposé" à Kamuina Nsapu, dénonce le rapport.

Ces crimes "ont été planifiés, dirigés et menés par des agents de l'Etat congolais" (armée et police) et "la milice Bana Mura", soutenue par l'armée, selon l'organisation, qui ajoute : Ils "ont été perpétrés principalement à des fins politiques et relèvent de crimes contre l'humanité".

Calvaire

Ces témoignages ont été recueillis en juillet dans le nord de l'Angola voisin auprès de 64 réfugiés, en majorité des Luba, rescapés de massacres dans le territoire de Kamonia. Des photographies de réfugiés, victimes d'amputations des bras ou de graves brûlures, ont été insérées dans ce rapport.

>> Lire aussi: 400.000 enfants risquent la mort dans le Kasaï selon l'Unicef

Selon la FIDH, des éléments de Kamuina Nsapu ont perpétré de graves exactions, notamment des "exécutions sommaires, souvent sous la forme de décapitations".

Puis, "après des semaines d'affrontements intermittents (...), les forces de défense et de sécurité congolaises ont déclenché des actes de représailles disproportionnés, et ne visant pas uniquement cette milice", dénonce la FIDH.

Des militaires ou policiers "auraient par ailleurs procédé à des dizaines d'exécutions sommaires de civils".

Dès mars, "des réunions auraient été organisées à l'instigation des autorités locales (...) et/ou représentants des forces de sécurité" pour "préparer les civils à commettre des massacres contre les Luba". Selon des témoins, ils ont souvent été commis "par des voisins" issus d'autres ethnies (Tchokwe, Pende, Tetela).

>> Lire aussi: Kabila au Kasaï pour un forum pour la paix

Le même mode opératoire caractérise ces massacres, selon la FIDH: les familles non Luba quittent le village, puis Bana Mura et des membres des forces de sécurité les encerclent et y massacrent les civils, à l'aide de fusils, machettes, couteaux.

Selon des témoins, la localité de Cinq a vécu un "calvaire": encerclement, exécutions de civils dans leurs maisons, malades brûlés vifs dans l'hôpital, femmes violées et victimes de sévices sexuels. De nombreux enfants ont aussi été tués à coup de machette.

Ces massacres ont été perpétrés alors que la RDC est plongée dans une crise politique: les autorités ont repoussé les élections à fin 2018, braquant l'opposition radicale qui demande le départ du président Joseph Kabila dès la fin 2017.

Or, "les provinces du Grand Kasaï sont réputées pour être des bastions de l'opposition", relève le rapport. Paul Nsapu (sans lien avec la milice du même nom), originaire du Kasaï et représentant de la FIDH en RDC, a dénoncé mercredi la "manipulation venue du pouvoir de Kinshasa". Les ethnies du Kasaï "vivaient pacifiquement, mais la récupération politicienne a fait qu'il y a eu cette stigmatisation d'une ethnie", a-t-il fustigé.

En dépit des informations dont elles disposent, "les autorités congolaises n'ont enclenché aucune enquête effective" sur ces crimes, dénonce la FIDH.

L'organisation a annoncé qu'elle allait transmettre à plusieurs institutions une liste de "50 noms de présumés responsables" (éléments de l'armée, de la police, des Bana Mura, autorités locales...) des crimes commis, et exhorté la Cour pénale internationale à ouvrir une enquête.

Deux experts de l'ONU ont été tués en mars au Kasaï alors qu'ils enquêtaient sur ces violences.

>> Lire aussi: Meurtres d'experts en RDC: des enquêteurs de l'ONU veulent plus d'investigations

Mercredi, une enquête de l'agence Reuters et de Radio France internationale accuse des "agents de l'Etat (congolais) et affiliés" d'avoir pris part à l'organisation de la mission à l'issue de laquelle les experts ont trouvé la mort.

Avec AFP

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Une cinquantaine de migrants entrent à Melilla depuis le Maroc

Un Marocain gravit les barrières de l'enclave espagnole à Melilla, le 21 octobre 2018.

Une cinquantaine de migrants sont parvenus vendredi à entrer à Melilla en franchissant la clôture de cette enclave espagnole en Afrique du nord, a annoncé la préfecture locale.

"Environ 200 personnes ont tenté d'entrer de façon irrégulière et une cinquantaine y sont parvenus", a indiqué à l'AFP un porte-parole des services gouvernementaux.

Ce passage en force, dans la matinée, a fait six blessés légers du côté des forces de l'ordre et deux du côté des migrants, l'un d'entre eux ayant dû être hospitalisé après une fracture à la jambe.

Une centaine de personnes avaient franchi la clôture en mai lors d'une précédente tentative.

"Il n'y a pas tant de pression sur la frontière" que d'autres années, a signalé à l'AFP le porte-parole de la préfecture.

Les villes espagnoles de Ceuta et Melilla, au nord du Maroc, sont les seules frontières terrestres de l'Union européenne avec l'Afrique, hautement sécurisées.

Les migrants essayant de gagner l'Europe les prennent régulièrement d'assaut pour parvenir à déposer, une fois en Espagne, une demande d'asile. D'autres tentent de gagner l'Andalousie par voie maritime.

Depuis le début de l'année, plus de 15.000 migrants ont gagné l'Espagne, dont environ 12.000 par voie maritime selon l'Organisation internationale pour les Migrations. Plus de 200 sont morts ou portés disparus.

CAN-2019 - Sénégal-Algérie: la fête a déjà commencé au pays des Lions

L'équipe du Sénégal lors d'un match de qualifications pour la CAN 2019, le 13 octobre 2018. (VOA/Amedine Sy)

Sûrs de la victoire face à l'Algérie en finale de la CAN-2019, les Sénégalais ont déjà commencé à faire la fête à Dakar et dans les villes de province, pavoisées aux couleurs du Sénégal, à quelques heures du coup d'envoi dans la chaleur du Caire vendredi (19H00 GMT).

Fort de son statut de mondialiste, de première nation africaine au classement Fifa, et de l'apport de son champion d'Europe Sadio Mané (Liverpool), le Sénégal rêve de vaincre le signe indien à l'occasion de la deuxième finale continentale de son histoire, après celle perdue en 2002 face au Cameroun.

Depuis le début de la matinée, les rues de Dakar sont rythmées par le son des coups de klaxon, des vuvuzelas et de la musique de son autre star internationale, le chanteur Youssou N'Dour.

Malgré la défaite (1-0) contre ces mêmes Algériens en phase de poules, "on va gagner, Inch Allah (si Dieu le veut). La coupe, ce sera au Sénégal cette année", affirme le vendeur ambulant Ibrahima Diallo, qui a rallié la place de la Nation, dans le quartier populaire de Colobane, plusieurs heures avant le début du match.

"La fête a déjà commencé et l'intensité va monter jusqu'à la fin du match", promet-il, alors que plusieurs centaines de supporters ont commencé à affluer vers ce lieu traditionnel de rassemblement. La place a été transformée en "fan zone" dotée de trois écrans géants et d'un large podium, où des groupes doivent animer une soirée que tous espèrent festive.

- Trottoirs repeints dans la nuit -

Dakar s'est mise sur son 31 pour soutenir ses Lions. "Nous avons nettoyé le quartier", sourit une collégienne, Adama Samb. Autour d'elle, dans les rues populaires du quartier de Bopp, les banderoles, poteaux électriques, troncs des arbres bordant les rues, et même les chaussées et trottoirs, repeints pendant la nuit, arborent les couleurs vert-jaune-rouge du Sénégal.

Un chauffeur de taxi rouspète. Il est "obligé de faire un détour" pour se rendre sur la corniche-ouest, où une autre "fan zone" était en cours d'installation à quelques mètres de l'océan.

Les cafés, restaurants et les centres commerciaux se préparent également à diffuser le match, même si de nombreux Sénégalais comptent le regarder en famille, à la maison.

A Kolda (sud), en Haute-Casamance d'où est originaire la star Sadio Mané, comme à Saint-Louis (nord), fief de l'ailier Ismaïla Sarr, la même fièvre et les mêmes couleurs ont envahi les rues, selon des correspondants de l'AFP.

Réaction des tchadiens sur la mission Apollo 11

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Afrique du Sud : Ramaphosa a trompé le Parlement (médiatrice de la République)

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa s'adresse au Parlement sud-africain le 22 mai 2019 à Cape Town.

La médiatrice de la République sud-africaine a affirmé vendredi que le président Cyril Ramaphosa avait trompé le Parlement sur une donation à sa campagne de 500.000 rands (environ 32.000 euros) faite par un groupe industriel sulfureux.

Busisiwe Mkhwebane, une juriste indépendante chargée de contrôler notamment les agissements de l'exécutif, estime que l'enquête qu'elle a menée prouve que le président, qui a promis à maintes reprises d'éradiquer la corruption dans son pays, a trompé le Parlement de façon "délibérée", quand il a répondu à une question de l'opposition.

M. Ramaphosa avait d'abord affirmé que l'argent versé en 2017 était un paiement à son fils Andile pour un travail de consultant pour l'entreprise de services Bosasa, impliquée dans de nombreux contrats publics suspects.

Il a depuis reconnu qu'il s'agissait d'une donation à sa campagne pour la présidence de son parti, le Congrès national africain (ANC), une bataille intense qui lui a permis de vaincre le candidat choisi par l'ancien président Jacob Zuma.

M. Ramaphosa a vivement réagi au rapport de la médiatrice, jugeant "malheureux", dans un communiqué, que Mme Mkhwebane n'ait pas accordé à ses explications "l'attention qu'elles méritaient".

Il "réaffirme sa détermination et son engagement à lutter contre toutes les formes de corruption" et que "personne, quel que soit le poste qu'il occupe, n'est au-dessus des lois". Ses services ont indiqué qu'il allait étudier le rapport avant toute action.

Il a promis de rembourser les fonds de campagne.

Dans son rapport, publié vendredi, Mme Mkhwebane souligne que "même si le président Ramaphosa a justifié son erreur en affirmant avoir reçu des informations incomplètes ou erronées, il a bien trompé le Parlement".

Selon elle, le président "aurait dû se donner le temps nécessaire pour pouvoir s'informer et donner une réponse exacte" avant de répondre à la question posée par Mmusi Maimane, chef du principal parti d'opposition, l'Alliance démocratique (DA).

"Je juge donc que la conduite du président Ramaphosa (...) même si elle était de bonne foi, n'est pas à la hauteur de ses fonctions".

Mme Mkhwebane ajoute que la façon dont les fonds ont été déplacés d'un compte à l'autre avant de finir sur celui de la campagne de M. Ramaphosa exacerbe les soupçons de blanchiment d'argent.

Elle demande donc aux procureurs sud-africains d'ouvrir une enquête pour savoir si ces soupçons sont avérés. Elle donne par ailleurs 30 jours au speaker du Parlement pour demander au président Ramaphosa de rendre publics tous les dons qu'il a reçus pour sa campagne.

Réélu en mai, M. Ramaphosa avait fait de la lutte contre la corruption son principal cheval de bataille dans un pays marqué par les scandales de la présidence de son prédécesseur, Jacob Zuma.

Les conclusions du rapport sont "plus préjudiciables que prévu", estime Darias Jonker, du cabinet d'analyse Eurasia, basé à Londres.

"Ce rapport va renforcer les plans de la faction (pro-Zuma de l'ANC) pour neutraliser et destituer Ramaphosa, vu qu'ils sont menacés par sa campagne anticorruption", a-t-il expliqué.

L'ANC est profondément divisé entre partisans de l'ex-président Zuma et soutiens de son successeur Ramaphosa.

M. Jonker a cependant exclu que M. Ramaphosa risque des poursuites pénales ou une destitution par le Parlement "à court terme".

L'AD a demandé que le président Ramaphosa comparaisse devant une commission parlementaire spéciale. "Ce qui est clair, c'est que cette affaire va beaucoup plus loin qu'on ne le pensait initialement", a déclaré M. Maimane.

Pourparlers reportés au Soudan sans fixer une nouvelle échéance

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