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La France prépare l'hommage aux soldats tués en libérant les otages

L'ancien président Nicolas Sarkozy lors de la cérémonie du Lieutenant-Colonel Arnaud Beltrame, à Paris, le 28 mars 2018.

La France se prépare à rendre hommage aux deux commandos de marine tués en libérant des otages dans le nord du Burkina Faso, et dont les corps ont été rapatriés, un sacrifice qui suscite une intense émotion.

Un hommage national aux maîtres Cédric de Pierrepont, 33 ans, et Alain Bertoncello, 28 ans, sera rendu mardi à 11H00 (09H00 GMT) dans la cour d'honneur des Invalides à Paris, présidé par le président Emmanuel Macron.

"Les dépouilles des deux militaires sont arrivées hier (dimanche) sur le territoire national", a indiqué lundi le ministère français des Armées à l'AFP. "La ministre des Armées, Florence Parly, et les autorités militaires étaient présentes à leur arrivée".

Lundi après-midi, les honneurs militaires devaient leur être rendus aux Invalides, mais en présence uniquement de leurs familles et de quelques proches, par le chef d'état-major de la Marine, l'amiral Christophe Prazuck.

Les deux membres des Forces spéciales vont y être décorés de la médaille militaire et de la Croix de la valeur militaire, avant de recevoir mardi, des mains du président français, l'ordre de chevalier de la Légion d'honneur.

Mardi matin, avant de rejoindre la cour des Invalides, le convoi funéraire enjambera la Seine : "Tous ceux qui veulent saluer une dernière fois les militaires pourront se recueillir Pont Alexandre III à 10h00 (08h00 GMT)", a indiqué le ministère.

Les familles accueilleront les deux cercueils aux Invalides. L'allocution du président Macron sera suivie de la sonnerie aux morts avant que ne retentisse la Marseillaise.

- "Il a fait le job" -

Pour Florence Charton, compagne de Cédric de Pierrepont, "il est mort pour ce qu'il aimait faire, ce dont pour quoi il était fier. Il a fait son job. C'est ce qu'il m'aurait dit", a-t-elle dit à la chaîne de télévision TF1.

Même émotion et respect de son engagement chez la compagne d'Alain Bertoncello. Léa Latourte, militaire de 26 ans basée à Bordeaux, a déclaré à la radio RTL qu'il "était conscient des dangers encourus et il les affrontait avec réalisme. Si c'était à refaire, il le referait", a estimé la jeune femme qui reçoit "énormément de messages de soutien" de la part d'inconnus.

Le père d'Alain, Jean-Luc Bertoncello, a également rappelé l'engagement de son fils, qui l'avait conduit jusqu'au prestigieux commando Hubert, élite de l'élite au sein de la Marine.

"Ils ont fait ce qu'ils avaient à faire, pour lui ça s'est mal terminé mais pour, les autres, ils ont réussi la mission", a-t-il fait valoir.

La ministre des Armées a justifié la présence du président Macron à l'aéroport de Villacoublay au pied de l'avion qui a ramené samedi en France les deux otages français : Patrick Picque et Laurent Lassimouillas avaient été enlevés le 1er mai et leur chauffeur béninois abattu, lors d'un safari dans le nord du Bénin - une zone déconseillée par le ministère des Affaires étrangères.

"Il fallait y aller", a dit la ministre à la radio France Inter, "c'était très important pour les militaires mais c'est aussi important pour tous les Français".

- Enquête ouverte en France -

Lundi, le parquet de Paris a annoncé l'ouverture d'une enquête préliminaire après l'enlèvement et la séquestration des deux Français.

Cette enquête a été ouverte pour arrestation, enlèvement, séquestration et détention arbitraire d'otage commis en bande organisée et en relation avec une entreprise terroriste, a précisé le parquet.

Avec les otages français ont été libérées une Américaine et une Sud-Coréenne, retenues "depuis 28 jours" selon l'armée, mais dont la présence était inconnue. Cette dernière est une "simple touriste" qui voyageait depuis "près d'un an" et s'était rendue au Sénégal et au Mali, a dit lundi à l'AFP un responsable de l'ambassade de Corée.

Le faire-part d'Alain Bertoncello publié dans la presse régionale précise que les obsèques du jeune soldat seront célébrées samedi chez lui en Haute-Savoie (centre-est) "dans l'intimité familiale". Il invite à partir de mercredi ceux qui le souhaitent à se recueillir devant sa dépouille, à la maison funéraire d'Annecy.

Les obsèques de Cédric de Pierrepont auront lieu mercredi après-midi en l'église de Larmor-Plage (ouest), selon un avis d'obsèques paru dans le journal Ouest-France, confirmé par la mairie.

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Obsèques à Paris de la féministe franco-tunisienne Gisèle Halimi

Gisèle Halimi, le 14 september 2008 à la Fête de l'Humanité à Paris. L'avocate féministe franco-tunisienne est décédée le 28 juillet 2020 à l'âge de 93 ans. (Wikipedia-Oliver Tetard)

Les obsèques de l'avocate féministe Gisèle Halimi, décédée le 28 juillet à 93 ans, ont été célébrées jeudi à Paris en présence de centaines de personnes, au son de "l'Hymne des femmes". Une place sera baptisée de son nom à Tunis et à la Goulette, son lieu de naissance.

Un grand portrait souriant de la défunte a été exposé devant son cercueil, lors de cette cérémonie laïque organisé au crématorium du Père-Lachaise, où ses cendres reposeront aux côtés de celles de son mari.

Gisèle Halimi "fait partie de ces personnes assez rares qui nous réveillent", lui a rendu hommage l'écrivain Régis Debray, confiant avoir "compris grâce à elle" que le combat pour l'émancipation des femmes et celui pour l'émancipation des peuples ne faisaient qu'un. "Elle mérite de rester parmi nous comme un défi à toutes les convenances, les défis et les paresses", a-t-il estimé.

Outre deux de ses trois fils, plusieurs personnalités se sont succédé pour évoquer la mémoire de cette inlassable combattante pour les droits des femmes, avocate engagée et figure de la cause anticoloniale, ancienne députée et autrice. Parmi elles, l'ambassadeur d'Algérie Salah Lebdioui et des militantes de l'association "Choisir la cause des femmes" qu'elle a fondée avec Simone de Beauvoir en 1971.

Née Gisèle Taïeb le 27 juillet 1927 dans une famille modeste à La Goulette, banlieue cosmopolite de la capitale tunisienne où elle a grandi, elle sera témoin, enfant, le 9 avril 1938, de la répression sanglante à Tunis d'une manifestation favorable à l'émancipation des Tunisiens, un épisode qui la marquera durablement. Elle deviendra ainsi plus tard une des avocates de la cause anticoloniale.

Gisèle Halimi est aussi connue pour avoir défendu en 1960 Djamila Boupacha, militante du Front algérien de libération nationale (FLN, indépendantiste) accusée d'avoir déposé une bombe à Alger, qui a été violée et torturée par des militaires français pour lui arracher des aveux.

La petite-fille de Djamila Boupacha a lu jeudi un message émouvant de sa grand-mère: "tu n'as pas seulement été mon avocate, mais une grande soeur".

Le président tunisien Kais Saied a transmis un message de sympathie, dans lequel il a évoqué notamment le lien "ombilical" de Gisèle Halimi avec son pays natal. Une place sera baptisée de son nom à Tunis ou à la Goulette, a précisé une diplomate tunisienne, présente à la cérémonie.

Le cercueil est sorti du crématorium sous les acclamations des proches et des anonymes, qui ont crié "merci" et même "Gisèle Halimi au Panthéon!".

Emmanuel Macron est arrivé à Beyrouth

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Un collectif d'opposant guinéens a porté plainte en France contre le président Alpha Conde

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Les pays membres de l'OIT ratifient une convention sur le travail des enfants

Un membre du personnel de l'OIT debout à côté d'un panneau montrant le logo de l'OIT, avant l'ouverture de la 95e Assemblée de l'Organisation internationale du travail (OIT) au siège européen des Nations Unies à Genève , Suisse, mercredi 30 mai 2007. (KEYSTONE / Salvatore Di Nolf

Vingt-et-un ans après son élaboration, une convention visant à éradiquer les pires formes de travail des enfants a été adoptée par l'ensemble des 187 États membres de l'Organisation internationale du travail, avec la ratification mardi de Tonga.

"Pour la première fois dans l'histoire de l'OIT, une convention internationale du travail a été ratifiée par tous les États membres, la convention 182 sur les pires formes de travail des enfants, après sa ratification par le royaume de Tonga", un État polynésien (Pacifique Sud), a annoncé Guy Ryder, le directeur général de l'OIT lors d'une conférence de presse en ligne.

Pour Guy Ryder, cela "reflète un engagement mondial selon lequel les pires formes de travail des enfants, telles que l'esclavage, l'exploitation sexuelle, l'utilisation des enfants dans les conflits armés ou d'autres travaux dangereux ou illicites qui compromettent la santé, la moralité et le bien-être psychologique des enfants, n'ont pas leur place dans notre société".

Si théoriquement, désormais "tous les enfants du monde entier bénéficient d'une protection juridique essentielle contre les pires formes de travail des enfants", le directeur général de l'OIT a reconnu qu'il restait "d'énormes défis" à surmonter.

Selon une étude conjointe de l'Organisation des Nations unies pour l'enfance (Unicef) et de l'OIT, institution spécialisée de l'ONU, le nombre d'enfants qui travaillent dans le monde a diminué de 94 millions depuis 2000.

Cependant, 152 millions d'enfants restaient contraints au labeur, dont 73 millions accomplissaient des travaux dangereux, selon les dernières estimations de l'OIT portant sur la période 2012-2016.

Et les progrès dans la réduction de ce nombre "ralentissent" aujourd'hui, voire pourraient être anéantis par la pandémie de Covid-19.

La crise découlant de la pandémie risque de conduire pour la première fois en vingt ans à une hausse globale du travail des enfants, avec des millions supplémentaires forcés de travailler quand leurs familles plongent dans la pauvreté, a déjà averti l'ONU.

Soixante-dix pour cent de l’ensemble du travail des enfants concernent l’agriculture et sont essentiellement liés à la pauvreté et aux difficultés de leurs parents à trouver un travail décent.

Selon le texte de la convention, "tout pays qui (la) ratifie doit prendre des mesures immédiates et efficaces pour assurer l'interdiction et l'élimination des pires formes de travail des enfants et ce, de toute urgence".

Parmi ces pires formes, sont compris notamment, l'esclavage, la servitude pour dettes, le travail forcé ou obligatoire, y compris en vue de leur utilisation dans des conflits armés, toute activité illicite (prostitution, pornographie, production et trafic de stupéfiants) ou nuisible à la santé, la sécurité ou la moralité de l'enfant.

"Lorsqu'un pays s'engage légalement à agir d'une certaine manière, cela nous donne un véritable levier pour progresser", a estimé M. Ryder.

"Cela fait une différence mais ce n'est pas une solution miracle", a-t-il reconnu.

Soupçonné de corruption, l'ancien roi d'Espagne Juan Carlos s'exile

L'ancien roi d'Espagne Juan Carlos dans une voiture après qu'il a quitté l'hôpital Quiron une semaine après une chirurgie cardiaque à Madrid, en Espagne, le 31 août 2019. Forta / ReutersTV via REUTERS

L'ancien roi d'Espagne Juan Carlos, longtemps révéré pour avoir mené la transition de la dictature de Franco à la démocratie, s'est résolu lundi à l'exil après que la justice de son pays a ouvert contre lui une enquête pour corruption.

L'ancien monarque, âgé de 82 ans, a annoncé sa décision de quitter l'Espagne à son fils, le roi Felipe VI, qui l'a acceptée et l'en a remercié dans un communiqué publié par la Maison Royale.

"Guidé (...) par la conviction de rendre le meilleur service aux Espagnols, à leurs institutions, et à toi en tant que Roi, je t'informe de ma décision réfléchie de m'exiler, en cette période, en dehors de l'Espagne", a écrit l'ancien souverain cité dans le communiqué, qui n'a pas précisé sa destination.

Juan Carlos explique à son fils sa décision par la volonté de "faciliter l'exercice de (ses) fonctions", devant "les conséquences publiques de certains évènements passés de (sa) vie privée", une allusion transparente à l'enquête ouverte contre lui en juin par le parquet de la Cour suprême.

Celle-ci cherche à établir si Juan Carlos s'est rendu coupable de corruption en recevant de l'Arabie saoudite une énorme commission lors de l'attribution de la construction d'un TGV entre la Mecque et Médine à un consortium d'entreprises espagnoles.

En juillet, le chef du gouvernement Pedro Sanchez s'était dit "troublé" par ces "informations inquiétantes".

L'avocat de Juan Carlos, Javier Sanchez-Junco, a précisé dans un communiqué que l'ancien monarque ne cherchait pas à échapper à la justice en s'exilant mais restait à la disposition du parquet.

- "Il devra payer" -

"Où qu'il aille, il devra payer pour ce qu'il a fait. C'est dommage parce qu'il a fait beaucoup pour l'Espagne, mais il est clair qu'à un moment de sa carrière il s'est corrompu", a déclaré à l'AFP Iñigo Inchaurraga, un publicitaire de 33 ans, qui promenait son chien à Madrid.

Mais Maria Nogueira, une fonctionnaire de 30 ans, s'est dit "un peu fâchée" par cette affaire en pleine pandémie. "C'est une façon de laver l'institution qui ne me plaît pas, c'est seulement un lavage de façade".

Sur son site où a été publiée la lettre officielle, la Maison Royale précise que le Roi a souligné "l'importance historique" du règne de son père "au service de l'Espagne et la démocratie".

De fait, Juan Carlos, choisi par Francisco Franco pour lui succéder, avait surpris après la mort du dictateur en 1975 ménageant une transition en douceur vers la démocratie avec son Premier ministre Adolphe Saurez. Il avait ensuite neutralisé une tentative de coup d’État en février 1981.

Cela avait valu au souverain sportif aux nombreuses conquêtes féminines une immense popularité dans un pays où la monarchie est pourtant contestée.

Mais son image avait été progressivement ternie par des rumeurs de corruption du monarque très proche des monarchies du Golfe.

- Dénoncé par sa maîtresse -

En 2012, alors que les Espagnols souffraient de la grande récession, ils apprenaient que leur roi s'était cassé la hanche lors d'un safari de luxe au Botswana payé par un homme d'affaires saoudien en compagnie de sa maîtresse, une femme d'affaires allemande. Le scandale était devenu intenable et le roi avait fini par abdiquer en faveur de son fils.

Cette ancienne maîtresse, Corinne U Sayn-Wittgenstein, a affirmé dans des enregistrements publiés en 2018, que Juan Carlos avait touché une commission lors de l'adjudication de la construction du TGV à un consortium espagnol. Les justices suisse et espagnole enquêtent sur cette affaire.

A la suite de nouvelles révélations cette année du quotidien suisse Tribune de Genève et du journal britannique Daily Telegraph, Felipe VI a retiré à son père une dotation annuelle du Palais royal évaluée à plus de 194.000 euros par an. Puis il a annoncé qu'il renonçait à l'héritage de son père "afin de préserver l'exemplarité de la Couronne".

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