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Les peuples autochtones du Cameroun défendent leur identité

Des représentants des peuples autochtones du Cameroun, à Yaoundé, le 7 août 2019. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

Les peuples autochtones du Cameroun veulent plus de considération et s’insurgent contre la disparition progressive de leurs langues.

Les recherches menées dans une vingtaine de villages du Cameroun sont sans équivoque: l’identité des peuples autochtones est en voie de disparition notamment dans les régions du Sud et de l’Est.

Les résultats d’une recherche réalisée sur la question par la société civile ont été présentés à Yaoundé, à la veille de la Journée internationale des peuples autochtones.

Les populations autochtones du Cameroun font part de leurs revendications
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Les plaintes des peuples autochtones

Les Baka, Bagyéli, Bakola et Bedzang des peuples autochtones des régions de l’Est et du Sud sont concernés par cette situation. Ils sont marginalisés et leurs droits ne sont pas respectés, selon les résultats de l’étude menée par le Réseau Recherche Actions Concertées Pygmées (Racopy) et la Community and Forest Platform (CFP).

"Lorsqu’il y a un litige opposant un autochtone à un bantou, le litige est géré à la chefferie bantou et ça pose un problème parce que le droit coutumier qui est appliqué à ce moment-là est selon la coutume bantou", relate Romuald Ngono, coordonnateur de la recherche.

Les peuples autochtones ont dénoncé cette situation aux chercheurs qui ont sillonné neufs villages dans la région de l’Est et quatorze dans celle du Sud, en vue de collecter les données sur "la langue autochtone et le développement au Cameroun".

"Et même lorsqu’il y’a un litige entre Baka, un seul et même peuple autochtone, c’est encore la coutume bantou qui est appliquée et le litige est tranché en langue bantou. Or du point de vue éthique, on ne peut pas juger quelqu’un avec la langue qu’il ne parle pas", renchérit Romuald Ngono.

L’accès à l’éducation est aussi l’un des griefs soulevés par les peuples autochtones du Cameroun. Ceux-ci veulent par exemple l’introduction de leurs langues dans le système éducatif des enseignements spécifiques.

Lors de la présentation des résultats de la recherche, le sexagénaire Jean Ndoutoumou issu du peuple autochtone Baka, et conseiller municipal dans la commune de Mintom dans la région du Sud, a suggéré la méthode ORA (observation, réflexion, action) pour relever le niveau d’éducation des enfants de peuples autochtones.

Avec cette méthode, explique-t-il, "on commence la leçon en langue maternelle. Je tiens la bouteille devant les élèves, je demande aux élèves comment s’appelle cet objet d’abord en langue baka. Quand ces élèves quitteront le centre préscolaire pour l’école primaire, ils seront brillants parce qu’ils auront appris en deux langues, le baka et le français".

Certes, de telles méthodes d’apprentissage existent au Cameroun, mais elles ne sont pas généralisées dans toutes les écoles que fréquentent les peuples autochtones.

Autochtones mais sans terre

Ces derniers se plaignent également des conséquences de leur délocalisation suite aux grands projets de développement.

"On a demandé que les populations autochtones sortent de la brousse pour venir rester en ville. Les terres de ces villages ne nous appartiennent pas. Pour obtenir la terre, on est obligé de s’adapter et de parler la langue des populations d’accueil", déplore Jeanne Biloa, présidente de l’association Bakola, l’un des peuples autochtones dans le sud du Cameroun.

Une dizaine de structures gouvernementales ont assisté à la séance de restitution de la recherche, parmi lesquelles, le ministère de la Promotion de la femme et de la famille, un département qui lutte contre les mariages forcés, phénomène dont sont victimes les jeunes filles des peuples autochtones.

"Il faut que les jeunes filles de ces localités accèdent à l’éducation, même informelle. A cet effet, des centres de promotion de la femme et de la famille existent dans les régions de l’Est et du Sud et doivent pouvoir accueillir les jeunes filles", confie à VOA Afrique Chantal Handjou, conseillère technique au ministère de la Promotion de la femme et de la famille

Les Nations Unies ont déclaré l’année 2019 "Année internationale des langues autochtones".

Selon les experts, 95% des langues autochtones pourraient disparaître ou être en péril d’ici 2050, notamment du fait de l’éviction des peuples autochtones de leurs terres d’origine.

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Début du procès du principal opposant à Paul Biya le 6 septembre

Maurice Kamto, chef du parti d'opposition camerounais Mouvement pour la renaissance du Cameroun lors d'un rassemblement de campagne pour la prochaine élection présidentielle, à Yaoundé, le 30 septembre 2018.

Le procès du principal opposant camerounais, Maurice Kamto, écroué depuis janvier, débutera le 6 septembre devant un tribunal militaire de Yaoundé, a annoncé mercredi à l'AFP son avocat et responsable de son parti.

Arrivé en deuxième position lors de l'élection présidentielle du 7 octobre 2018, M. Kamto avait été arrêté, ainsi qu'environ 150 personnes, à la suite d'une manifestation le 26 janvier 2019 à l'appel de son parti, le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), qui considérait la victoire de M. Biya, au pouvoir depuis 1982, comme un "hold-up électoral".

Le tribunal militaire de Yaoundé, devant lequel M. Kamto est poursuivi notamment pour "insurrection et hostilité contre la patrie", a fixé l'ouverture de son procès au 6 septembre, a annoncé à l'AFP Emmanuel Simh, son avocat et troisième vice-président du MRC.

M. Kamto avait été convoqué mardi devant cette juridiction militaire qui lui a notifié cette date, a précisé Me Simh.

Plusieurs dizaines de soutiens et partisans de l'opposant seront jugés en même temps que lui, selon l'avocat. Le 11 juillet, un juge d'instruction du tribunal militaire avait décidé du renvoi pour un procès devant cette juridiction de 104 personnes, dont M. Kamto.

Les avocats de l'opposant avaient alors fait appel, contestant la compétence du tribunal militaire au motif que cette juridiction ne peut pas juger des civils. La Cour d'appel ne s'est pas encore prononcée.

Prison à vie pour un dissident anglophone

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Prison à vie contre les 10 leaders séparatistes anglophones

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Prison à vie pour un leader des séparatistes anglophones

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Human Rights Watch dénonce la torture de détenus au Cameroun

Des prisonniers font la queue à l'intérieur de la prison centrale de Douala, le 8 mars 2006.

Des dizaines de détenus séparatistes anglophones ou membres de l'opposition ont été torturés par les forces de sécurité après avoir été extraits d'une prison de Yaoundé à l'issue d'une mutinerie en juillet, a affirmé mardi Human Rights Watch (HRW).

Le 22 juillet, des détenus de la prison centrale de Yaoundé s'étaient mutinés pour protester contre leurs conditions de détention, épouvantables selon eux, la surpopulation carcérale et les longues détentions sans procès pour les anglophones, provoquant des dégâts et des incendies dans certains locaux ainsi que des violences entre prisonniers.

Le gouvernement camerounais avait annoncé le 3 août que 244 détenus avaient été interpellés, leurs avocats assurant qu'une partie d'entre eux avaient été emmenés au Secrétariat d'Etat à la Défense (SED), le siège de la gendarmerie dans la capitale camerounaise. Ils affirmaient également que les prisonniers transférés au SED y étaient torturés.

"Les autorités camerounaises ont détenu plus d'une centaine de personnes au secret et torturé nombre d'entre elles" entre le 23 juillet et le 4 août, assure HRW. "Les détenus ont été transférés vers (...) le SED" au lendemain de l'"émeute à la prison centrale de Yaoundé le 22 juillet pour protester contre la surpopulation, les conditions de vie désastreuses et les retards dans le traitement des dossiers devant les tribunaux", poursuit l'ONG dans un communiqué.

HRW se base sur les témoignages de 14 détenus et plusieurs avocats. "On nous battait deux fois par jour avec des matraques en bois et des machettes", précise un prisonnier de 29 ans.

Selon l'organisation, nombre de ces détenus étaient soupçonnés par les autorités "de faire partie de groupes séparatistes armés opérant dans les régions anglophones du Cameroun ou de les soutenir". "Parmi les autres détenus figuraient des membres et des partisans du Mouvement pour le Renaissance du Cameroun (MRC)", l'un des principaux partis de l'opposition.

Les deux provinces anglophones du Nord-ouest et du Sud-ouest sont le théâtre depuis fin 2016 d'une contestation qui a dégénéré en affrontements armés entre séparatistes et forces de sécurité, qui ont fait, selon HRW, plus de 2.000 morts à ce jour.

Le SED a été dénoncé à plusieurs reprises par des ONG de défense des droits humain pour la pratique de la torture envers des détenus.

Réagissant aux accusations de mauvais traitement et torture formulées par les avocats, le ministre camerounais de la Communication, Emmanuel Sadi, avait déclaré le 3 août que les détenus faisaient l'objet de "procédures légales dans le strict respect des lois de la République", assurant que plusieurs d'entre eux avaient été retrouvés en possession d'armes blanches.

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