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La cyberdélinquance continue à se développer au Bénin


Malgré la sensibilisation, la cyberdélinquance connaît une ascension fulgurante au Bénin. Selon l'office central de répression de la cybercriminalité, le Bénin vient en troisième position après le Nigeria et la Côte d'Ivoire en Afrique.

De plus en de jeunes s'engouffrent dans cette "filière" qui consiste à user de chantages et de stratégies pour dépouiller leurs victimes en ligne.

On les reconnaît à leurs habits "tape à l'œil", à leur train de vie qui passe subitement à un standing bling-bling semblable à ceux des rentiers ou des hommes d'affaires. Ce sont les cyberdélinquants qui, sans être inquiétés, arpentent les rues des villes et campagnes du Bénin.

Ces brouteurs se plaisent dans les cybercafés à la recherche des "pigeons à déplumer".

>> Lire aussi : Brouteurs.com, les arnaques en série en Côte d'Ivoire

Noah Padonou, doctorant en systèmes d'information, parle de la forme de cyberdélinquance en vogue au Bénin.

Le système semble bien huilé, puisqu'à chaque répression, de nouvelles stratégies sont adoptées pour contourner l'office central de répression de la cybercriminalité.

Le chef de ce service, Nicaise Dangnibo, parle des stratégies mises en œuvre et derrière lesquelles se cachent de véritables cyberdélinquants.

En 2017, la lutte contre la cyberdélinquance a connu une réussite. Des cybercafés et autres boutiques connus pour servir d'excuses à ce genre d'activités ont été démantelés avec l'arrestation de dizaines de jeunes passés maîtres dans l'art d'arnaquer.

Au dernier trimestre 2017, on recense une centaine d'attaques subies par des individus aussi bien au Bénin qu'à l'étranger. 75 personnes ont été arrêtées pour un préjudice financier et moral inquiétant.

>> Lire aussi : Les cybercriminels ne sont pas surs que l’Afrique puisse payer une rançon

Les attaques subies par les institutions financières s'évaluent à plusieurs millions de francs CFA, selon le chef de l'office central de répression de la cybercriminalité.

Mathias, un administrateur de systèmes, estime que cette pratique fait du Bénin une destination à risque; tandis qu'Arnaud, qui gère une boutique de vente en ligne, affirme que ses chiffres sont en chute libre depuis quelques années à cause de la cyberdélinquance.

Pour contourner la répression en vigueur, la tradition est appelée à la rescousse. Le sociologue Jacques Aguiah explique cela par l'essence même des divinités qui animent les religions endogènes au Bénin.

Enrayer la cyberdélinquance est un projet louable, mais sans lutte contre le chômage des jeunes, cette "activité" risque d'avoir encore de beaux jours devant elle.

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