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La croissance américaine encore plus forte au 2ème trimestre


Le trader William Lawrence à la Bourse de New York, le 4 avril 2018.

L'économie américaine a confirmé son dynamisme au 2e trimestre avec une croissance de 4,2% en rythme annuel --un peu mieux qu'initialement estimé-- grâce à la relance budgétaire de Donald Trump et à l'anticipation de la guerre des tarifs douaniers.

Le département du Commerce a révisé mercredi en légère hausse de 0,1 point de pourcentage sa première estimation de la croissance économique des Etats-Unis d'avril à juin.

A 4,2%, c'est son rythme le plus fort en quatre ans, qui représente une nette accélération par rapport aux 2,2% du 1er trimestre.

Cette révision en hausse devrait conforter l'optimisme du président Trump qui pense que grâce aux réductions d'impôts, aux hausses des dépenses et aux efforts de dérèglementation, la croissance de la première économie mondiale pourrait même "bientôt atteindre, voire dépasser 5%".

Pour l'instant, les économistes tablent pour le 3e trimestre, qui s'achève en septembre, sur une expansion bien supérieure à 3%, ce qui était déjà la promesse de campagne électorale du candidat républicain.

Les économistes de HFE "prévoient une allure de 3% aux 3e et 4e trimestres avant que le rythme ne marque le pas en 2019".

Chez Oxford Economics aussi, on pense que "le rythme d'expansion va se calmer au 2e semestre alors que les effets du stimulus budgétaire vont s'estomper, que l'inflation va se raffermir, la croissance mondiale se modérer et les barrières protectionnistes commencer à peser sur l'activité".

Jusqu'à juin, la bataille commerciale qui se joue entre les Etats-Unis et ses partenaires a paradoxalement partiellement porté l'accélération de la croissance au 2e trimestre. En effet, elle a dopé les exportations avant que le couperet des représailles tarifaires ne s'abatte sur les marchandises américaines à partir de juillet, notamment de la part de la Chine.

Cela s'est vu notamment sur les exportations de soja américain. Elles ont affiché une hausse de 9,1%, la plus forte en cinq ans, mais un peu moins forte que dans la première estimation (+9,3%).

- Incertitudes commerciales -

La différence entre les deux estimations du 2e trimestre réside surtout dans une révision en hausse des investissements des entreprises (+8,5% au lieu de +7,3% précédemment estimé), avec notamment un bond des achats de logiciels.

Les réductions d'impôts accordées par l'administration Trump aux entreprises semblent avoir joué sur cette reprise des investissements.

A l'avenir, ce sont encore les incertitudes sur la bataille commerciale qui risquent de peser sur les investissements des entreprises.

S'il y a eu un progrès avec le Mexique avec la signature lundi d'un accord bilatéral dans le cadre de la renégociation du traité de libre-échange Aléna, les discussions avec le Canada se poursuivent. Quant à la Chine, la reprise d'un dialogue la semaine dernière entre Pékin et Washington n'a pas semblé faire avancer les choses.

Au 2e trimestre, les importations ont finalement reculé (-0,4%) au lieu d'avoir progressé, ce qui est bénéfique pour les chiffres de la croissance.

Les dépenses publiques ont également progressé davantage à 2,3%, le secteur de la défense affichant ainsi la plus forte progression des investissements depuis neuf ans à 6%.

Ces meilleures performances ont toutefois été contrebalancées par une consommation un peu moins forte qu'estimé, progressant de 3,8% au lieu des 4% annoncés précédemment.

La consommation, qui reste de loin le moteur de la croissance, a signé sa plus forte performance depuis le dernier trimestre 2017.

Elle devrait rester solide pour le reste de l'année, soutenue par un marché de l'emploi dynamique et des salaires progressivement en hausse mais la progression de l'inflation, des taux d'intérêt et le moindre stimulus budgétaire devraient modérer l'allant des consommateurs.

Les entreprises ont puisé dans leurs stocks plutôt que d'en cumuler de nouveaux, ce qui représente un frein pour la croissance dans l'immédiat mais un soutien potentiel dans les mois qui viennent si les entreprises manufacturières ont suffisamment confiance dans la croissance pour les reconstituer.

L'investissement immobilier a confirmé sa baisse qui passe de -1,1% pour la première estimation à -1,6% après -3,4% au 1er trimestre, dans un marché étouffé par le manque de stocks et les hausses de prix que les acheteurs potentiels ne peuvent pas s'offrir.

Avec AFP

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