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La crise politique au Togo "inquiète" le président nigérian


Le président nigérian Muhammadu Buhari, à droite, échange une accolade avec son homologue ivoirien, Alassane Ouattara, à son arrivée à l'aéroport Félix Houphouët-Boigny, à Abidjan, Côte d’Ivoire, 28 novembre 2017.

Le président nigérian Muhammadu Buhari s'est dit "inquiet" de "l'instabilité politique" qui règne au Togo, alors que des milliers de manifestants sont encore descendus dans les rues de Lomé jeudi, pour demander la démission du président Faure Gnassingbé.

"L'instabilité au Togo aura des conséquences régionales et nous devrons payer le prix du développement", a indiqué le président Buhari lors d'une rencontre bilatérale avec son homologue ivoirien, Alassane Ouattara, lors du sommet Europe/Afrique d'Abidjan.

"Il doit y avoir une solution (à la crise). Les amis de l'opposition et des autorités doivent les encourager à prendre des mesures conjointes (...)". Ils doivent regagner une confiance mutuelle", a ajouté le chef d'Etat âgé de 74 ans, qui avait remporté l'élection de 2015 face au président en place.

A Lomé, les marches se déroulaient dans le calme jeudi, pour la seconde journée consécutive et la population était toujours aussi déterminée, après trois mois de forte contestation populaire, pour demander une limitation rétroactive du mandat présidentiel et la démission du président Faure Gnassingbé.

Le chef de l'Etat est à la tête du Togo depuis 2005, succédant à son père, le général Gnassingbé Eyadéma, qui a dirigé sans partage le pays pendant 38 ans.

Resté silencieux pendant des mois, M. Gnassingbé a fait savoir la semaine dernière qu'un dialogue avec l'opposition devrait avoir lieu "d'ici à quelques semaines".

La coalition de 14 partis d'opposition réclame toutefois des "mesures d'apaisement" en amont des négociations: libération des personnes détenues, levée de "l'Etat de siège" et de l'interdiction de manifester dans les villes du nord (Sokodé, Bafilo et Mango) et retour des militaires dans les casernes.

Le nord du pays, où l'essentiel des 16 morts dans les violences ayant opposé les manifestants aux forces de l'ordre ont été recensés ces derniers mois, reste sous la pression des forces de sécurité.

"La mobilisation va se poursuivre, même en plein dialogue", a prévenu mercredi Jean-Pierre Fabre, leader de l'Alliance nationale pour le changement (ANC) et opposant historique, en tête du cortège.

Au cours du sommet Europe/Afrique d'Abidjan qui apris fin jeudi, la question du Togo a été abordée.

Interrogé par France 24 et Radio France Internationale (RFI) sur la crise au Togo, Emmanuel Macron a dit mercredi soir souhaiter que "le peuple puisse s'exprimer librement".

"Je souhaite qu'il puisse y avoir un processus électoral (...) qui permette une confirmation démocratique ou une alternance du pouvoir", a-t-il déclaré, saluant les efforts du président guinéen Alpha Condé pour engager le dialogue entre les différentes parties.

Des tractations sont en cours également avec le président ghanéen Nana Akufo-Addo, que M. Macron rencontrait jeudi, lors de la dernière étape de sa tournée africaine à Accra.

Avec AFP

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