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La Corée du Nord célèbre en grande pompe son dernier tir de missile

Célébrations sur la place Kim Il-sung, Corée du Nord, 1er décembre 2017.

La Corée du Nord a célébré vendredi en grande pompe son dernier tir de missile intercontinental, avec des feux d'artifice et des chorégraphies sur les places publiques, a rapporté samedi un média officiel nord-coréen.

Le quotidien du parti des Travailleurs, le Rodong Sinmun, a publié à la Une des photographies montrant la place Kim Il-Sung à Pyongyang décorée de portraits des anciens leaders du pays et pleine à craquer de soldats et de citoyens applaudissant à tout rompre.

​"Nous fêtons chaleureusement le tir réussi du Hwasong-15, qui a démontré le pouvoir et la puissance de Chosun (la Corée du Nord) au reste du monde", pouvait-on lire sur une banderole déroulée par la foule. "Vive le général Kim Jong-Un, qui a réalisé la grande cause en faisant de nous un état nucléaire !" était-il écrit sur une autre banderole.

Si Kim Jong-Un n'était pas présent en personne aux célébrations -- il n'assiste généralement pas à ce genre d'évènement --, le rassemblement de vendredi a réuni des cadres stratégiques de l'armée, du gouvernement et du parti.

La Corée du Nord a affirmé mercredi avoir réalisé son objectif, devenir un Etat nucléaire, après avoir testé avec succès un nouveau missile intercontinental qui met "la totalité du continent américain" à sa portée.

A la suite de ce tir, les Etats-Unis ont appelé tous les pays, notamment la Chine, à rompre leurs relations diplomatiques et commerciales avec la Corée du Nord.

Le vice-Président du comité central du parti Pak Kwang-Ho a annoncé à la foule qu'après le tir de mercredi "personne ne peut empiéter sur notre souveraineté et nos droits à la survie et au développement", selon le quotidien officiel.

Il a également déclaré que les Etats-Unis avaient été "secoués" par le renforcement de la puissance nucléaire nord-coréenne, et pourraient être tentés de commettre des provocations "de bandit".

La presse officielle a parlé de l'arme la plus sophistiquée à ce jour, un ICBM Hwasong-15. Selon l'agence KCNA, ce missile, équipé d'une ogive lourde extra-large, est capable de frapper la totalité du territoire continental américain.

Washington a menacé de "détruire complètement" le pays reclus en cas de guerre.

Samedi, la Russie, par la voix de son ministre des Affaire étrangères Sergueï Lavrov, a "condamné les derniers essais de missiles nucléaires par Pyongyang", tout en disant qu'il lui était "impossible de ne pas condamner les provocations menées par nos collègues américains".

"A notre grand regret, ils essaient d'attirer dans cette direction les Japonais et les Sud-Coréens, qui seront pourtant les premières victimes si une guerre est déclenchée dans la péninsule coréenne", a ajouté le ministre lors d'un entretien avec la chaîne de télévision bélarusse CTV.

Pyongyang doit encore démontrer qu'il maîtrise la technologie de rentrée des ogives dans l'atmosphère depuis l'espace. Mais les spécialistes estiment que la Corée du Nord est au moins sur le point de développer une capacité de frappe intercontinentale opérationnelle.

Les tensions devraient encore s'intensifier cette semaine, alors que la Corée du Sud et les Etats-Unis doivent lancer des manoeuvres aériennes mobilisant quelque 230 appareils, dont six avions de chasse américains Raptor F-22.

Un porte-parole du ministère nord-coréen des Affaires étrangère a souligné samedi dans un communiqué que ces manoeuvres seraient "les plus importantes" jamais organisées. "L'administration de Trump risque une guerre nucléaire en organisant un coup de poker nucléaire dans la péninsule coréenne", a mis en garde le porte-parole.

"Les faits démontrent de façon évidente qui est le véritable obsédé de la guerre nucléaire et le 'démon nucléaire' qui perturbe et détruit la paix dans la péninsule coréenne et le monde entier", selon le communiqué cité par l'agence officielle KCNA.

Avec AFP

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Annexion du Golan: Trump rompt de nouveau avec le consensus international

Le président Donald Trump lors d'un point de presse au jardin Rose de la Maison Blanche, Washington, 25 janvier 2019.

En se disant favorable à la reconnaissance de la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan, Donald Trump rompt de nouveau avec le consensus international, au risque de justifier l'expansionnisme d'autres pays, selon les experts.

Israël a conquis une grande partie du Golan lors de la guerre des Six Jours en 1967 et l'a annexée en 1981, mais la communauté internationale n'a jamais reconnu cette annexion. Jeudi, le président américain a tweeté que "52 ans après", il était "temps" pour les Etats-Unis de la reconnaître.

Le droit international "interdit d'accroître son territoire par la guerre", a rappelé vendredi l'ancien diplomate Richard Haas, président du centre de réflexion Council on foreign relations (CFR).

"C'est un des principes les plus fondamentaux de l'ordre international et c'est ce qui a servi de base à l'opposition américaine à la conquête du Koweït par Saddam Hussein et de la Crimée par Poutine", a-t-il ajouté.

Il faisait référence à la guerre du Golfe qui a permis de bouter l'ex-dictateur irakien hors du Koweït en 1991 et le rattachement de la région ukrainienne de la Crimée par le président russe Vladimir Poutine en 2014.

Les Etats-Unis, qui ont imposé des sanctions à la Russie après son annexion de la Crimée, mènent-ils une politique internationale à deux vitesses? "Pas du tout", a répondu le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo dans un entretien à Sky News.

"Ce que le président Trump a fait avec le plateau du Golan est de reconnaître la réalité du terrain et la situation sécuritaire nécessaire à la protection de l'Etat israélien. C'est aussi que simple que cela", a-t-il expliqué.

- "Loi de la jungle" -

Ce n'est pas la première fois que M. Trump balaie de la main les conventions internationales pour apporter son soutien au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, aujourd'hui confronté à une réélection incertaine: en décembre 2017, il avait reconnu unilatéralement Jérusalem comme la capitale d'Israël.

Mais cette fois-ci, Washington va plus loin, a estimé l'ancien chef de la diplomatie suédoise Carl Bildt. "C'est de nouveau la loi de la jungle", a-t-il tweeté. "Le Kremlin va applaudir et appliquer le même principe à la Crimée, Pékin va applaudir et appliquer le même principe à la mer de Chine méridionale".

Les Européens et les pays arabes se sont de fait inquiétés de l'intention affichée par M. Trump, qui n'a pas encore été formalisée.

La France a immédiatement estimé que la reconnaissance de cette annexion serait "contraire au droit international", rappelant que "cette situation a été reconnue comme nulle et non avenue par plusieurs résolutions du Conseil de sécurité" des Nations unies.

La Syrie l'a rejetée vendredi comme "une violation flagrante du droit international", jurant que "le Golan est et restera arabe et syrien".

A New York, l'ambassadeur de Syrie à l'ONU, Bashar Ja'afari, a affirmé que le régime de Damas n'hésiterait pas à faire usage de la force pour récupérer le plateau du Golan. "C'est notre territoire, et nous le récupèrerons tôt ou tard", a-t-il dit.

Le président turc a jugé que la région était au bord d'une "nouvelle crise". "Nous n'autoriserons jamais la légitimation de l'occupation du plateau du Golan", a ajouté Recep Tayyip Erdogan qui, bien qu'hostile au président syrien Bachar al-Assad, ne cesse de dire son attachement à l'intégrité territoriale de la Syrie, craignant l'émergence d'une entité kurde dans les zones frontalières de la Turquie.

Pour Ilan Goldenberg, du Center for a new american security, la décision de M. Trump sur le Golan "aura un goût amer: elle affaiblit la sécurité d'Israël et affecte les intérêts des Etats-Unis au Moyen-Orient et au-delà, tout en donnant un coup de pied dans une fourmilière qui n'en avait vraiment pas besoin".

"Si Washington cesse de respecter les principes internationaux, il faut s'attendre à ce que d'autres Etats annexent des territoires de leurs voisins", a ajouté cet expert, évoquant la possibilité que l'Arabie saoudite envahisse le Qatar.

Pour Steven Cook, un expert du Proche-Orient au CFR, Donald Trump aurait mieux fait de s'abstenir: le statu quo satisfaisait tout le monde, y compris la Syrie, alors que reconnaître officiellement l'annexion du Golan "va créer de l'opposition, là où il y avait jusque là de l'acceptation".

"Israël est sur le Golan pour ses propres raisons, et rien de ce que l'administration Trump décidera n'y changera quoi que ce soit", conclut-il.

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