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Tensions à la cathédrale de Kinshasa à la veille d'une marche anti-Kabila

Les partisans du PPRD du président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, réunis au stade Vélodrome du quartier populaire de Kitembo, à Kinshasa, le 4 juin 2016.

Cathédrale envahie, barrages policiers, message de fermeté : la tension montait samedi soir à Kinshasa à quelques heures d'une manifestation des catholiques contre le maintien au pouvoir de Joseph Kabila en République démocratique du Congo.

Les autorités de la ville de Kinshasa ont interdit samedi l'organisation de la marche prévue pour dimanche dans la capitale, comme ils avaient interdit les précédentes.

Faute d'"itinéraire à suivre, la ville ne saurait prendre acte de votre manifestation parce que ne pouvant en garantir un encadrement efficient", a écrit le gouverneur de Kinshasa André Kimbuta aux organisateurs, le Comité laïc de coordination (CLC).

Dans la matinée, M. Kimbuta avait invité les organisateurs de la marche à une séance de travail en vue d'examiner son itinéraire. Cette rencontre n'a finalement pas eu lieu.

Mobilisation des partisans du PPRD pour investir les églises catholiques en RDC (vidéo)
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Pour ajouter à la confusion, en fin de journée, plusieurs centaines de militants du parti présidentiel ont envahi l'enceinte de la cathédrale de Kinshasa, a constaté un journaliste de l'AFP.

"Nous sommes venus prendre possession de la cathédrale Notre-Dame du Congo pour participer à la messe de dimanche (...) et défendre la patrie", a déclaré à l'AFP Papy Pungu, le président des jeunes leaders du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD).

"Nous passerons la nuit ici", a-t-il précisé, alors que la présence des ces militants coiffés pour la plupart de bérets rouges a créé un climat de panique à Lingwala, un quartier du nord de Kinshasa.

"Ils sont venus à bord de plusieurs bus Transco (la compagnie publique de transport en commun), ils ont envahi la grotte de la Vierge, c'est de la provocation", a réagi sur place Félicité Mbula, une fidèle de la paroisse.

"L'église est fermée, nous n'avons pu avoir la messe ce soir", a-t-elle déploré.

Ces militants du PPRD "prétendent venir prier dimanche, mais on ne passe pas la nuit dans nos paroisses", a jugé Antoine Bokoka, responsable du service du protocole paroissial. Ils ont finalement quitté le lieu aux environs de 20h00 après une négociation avec la police.

'Objectif zéro mort'

Le CLC a le soutien de l'épiscopat, qui a demandé aux Congolais de "demeurer debout et vigilants".

Dans la capitale, le climat est tendu, avec des barrages, où les policiers fouillent les véhicules et contrôlent les identités des passagers.

Les précédentes marches du comité laïc de coordination, qui avaient été interdites par les autorités, les 31 décembre et 21 janvier, avaient été réprimées à balles réelles, faisant une quinzaine de morts d'après l'Église, deux selon les autorités.

Le gouverneur "n'a pas pris acte de la marche de demain (dimanche) et nous a instruit de prendre des dispositions pour sécuriser la population et faire échec à quiconque tentera de troubler l'ordre public", a déclaré à des journalistes le général Sylvano Kasongo, chef de la police de Kinshasa.

"L'objectif c'est (d'avoir) zéro mort", a ajouté cet officier, visé par une plainte pour "assassinat" à l'occasion de la répression de la marche du 21 janvier.

"J'ai dit aux policiers de ne pas tirer sur la population civile. Nous avons d'autres méthodes pour maintenir l'ordre public. On a le matériel non létal, on a pas droit de tirer sur la population à balles réelles. Nous serons stricts mais courtois", a assuré le général Kasongo.

Kinshasa a estimé samedi que l’Église se livrait à un "activisme politique partisan", selon un compte rendu publié à l'issue d'un conseil des ministres tenu par le président Kabila.

Des membres du clergé "coalisés avec une frange radicalisée de l’opposition et des groupes subversifs dits 'citoyens' (...) incitent depuis peu la population au soulèvement", estime le gouvernement.

>> Lire aussi : Un mouvement "musulman" proche du parti présidentiel appelle à une marche dimanche en RDC

"Ils ne sont ni affiliés, ni connus" du parti présidentiel, a pour sa part affirmé Me Tunda Ya Kasende, secrétaire général adjoint du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD, au pouvoir).

A la veille de la marche du 21 janvier, Cheick Ali Mwinyi avait exhorté les autorités à "éviter de réprimer la marche des laïcs catholiques [mais] d'encadrer les manifestants

Interdiction de la marche

Entre-temps, les autorités de la ville de Kinshasa ont, dans une lettre aux organisateurs, interdit samedi la tenue le lendemain à Kinshasa des "marches pacifiques" des catholiques contre le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila en République démocratique du Congo.

Faute d’"itinéraire à suivre, la ville ne saurait prendre acte de votre manifestation parce que ne pouvant en garantir un encadrement efficient", a écrit le gouverneur de Kinshasa André Kimbuta, dans une lettre aux responsable du Comité laïc de coordination (CLC).

Le numéro un de la police à Kinshasa a, pour sa part, indiqué avoir reçu des instructions afin de "prendre des dispositions pour sécuriser la population et empêcher quiconque qui tentera de marcher".

"J’ai dit aux policiers de ne pas tirer sur la population qui est une population civile, qui n’est pas armée. Nous avons d’autres méthodes pour maintenir l’ordre public. On a le matériel non létal", a promis le général Sylvano Kasongo, le commissaire provincial de la police de la ville de Kinshasa.

Un peu plus tôt, M. Kimbuta et les avocats des organisateurs de ladite marche n’etaient pas parvenus à un compromis.

>> Lire aussi : Pas de compromis autour de la marche anti-Kabila à Kinshasa

Le Comité laïc de coordination (CLC) a "demandé l'accompagnement juridique" de l'Association congolaise pour l'accès à la justice (ACAJ), a expliqué Georges Kapiamba, président de cette ONG de défense des droits de l'Homme.

"Les avocats sont partis avec les itinéraires des marches pour en discuter avec les autorités mais celles-ci ont exigé la présence physique des membres du CLC", a-t-il déclaré. Pour Me Kapiamba, "il y a anguille sous roche, on veut les pousser à sortir pour les arrêter".

Un membre du cabinet de M. Kimbuta a confirmé à l'AFP la venue d'une délégation d'avocats : "Ils n'ont pas été reçus. On veut voir les organisateurs" de la marche. "Nous savions qu'ils ne viendraient jamais", a-t-il ajouté: "ils ont peur" de se faire arrêter.

Interdites, les deux dernières marches du CLC, un collectif proche de l'Église catholique, ont été réprimées à balles réelles, faisant une quinzaine de morts d'après l'Église, deux selon les autorités. Le CLC a le soutien de l'épiscopat, qui a demandé aux Congolais de "demeurer debout et vigilants".

>> Lire aussi : Les autorités interdisent les marches anti-Kabila dimanche à Kinshasa

L'épiscopat a demandé aux autorités d'"annuler" les interdictions de marches ainsi que "les poursuites et les menaces à l'endroit des organisateurs" de ces manifestations.

Dans une déclaration conjointe, l'Union européenne, les États-Unis, la Suisse et le Canada ont appelé "tous les acteurs congolais à s'abstenir de toute violence, et à assurer un déroulement pacifique des manifestations".

Les catholiques demandent au président Kabila, dont le mandat s'est achevé en décembre 2016, de déclarer publiquement qu'il ne serait pas candidat au scrutin présidentiel prévu le 23 décembre 2018.

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Egypte: 17 blessés dans un attentat contre des touristes près des pyramides

L'explosion a brisé les vitres du bus qui transportait les touristes, près des pyramides de Gizeh au Caire, en Egypte, le 19 mai 2019. REUTERS / Ahmed Fahmy

Dix-sept personnes, dont des Sud-Africains et des Egyptiens, ont été blessées dimanche dans une attaque à la bombe contre un bus de touristes près des célèbres pyramides de Guizeh au sud-ouest du Caire.

Un engin explosif a détoné au passage de l'autocar de tourisme, qui circulait près du chantier du nouveau musée des Antiquités égyptiennes, au pied des pyramides, selon une source de sécurité.

Des images de l'AFPTV tournées peu après l'explosion montrent une voiture bleue aux vitres soufflées et un bus blanc aux vitres brisées et à l'arrière endommagé, le long d'une route où la circulation a repris.

"L'explosion d'un objet a brisé les vitres d'un bus qui transportait 25 personnes d'Afrique du Sud et d'une voiture qui transportait quatre Egyptiens. Certains passagers des deux véhicules ont été légèrement blessés à cause des vitres brisés et ils ont reçu des soins médicaux", a indiqué la source de sécurité à l'AFP.

En Afrique du sud, le ministère des Affaires étrangères a affirmé que trois touristes sud-africains avaient été blessés et hospitalisés. Au total 28 Sud-Africains faisaient partie du groupe de touristes et 25 doivent regagner le pays lundi.

Lors d'une attaque similaire en décembre, trois touristes vietnamiens et leur guide égyptien avaient été tués. Une bombe artisanale avait explosé au passage de leur bus près du site des pyramides de Guizeh.

- Atttaques sporadiques -

L'attaque de dimanche intervient à un peu plus d'un mois du coup d'envoi de la Coupe d'Afrique des Nations organisée en Egypte du 21 juin au 20 juillet.

L'industrie du tourisme, cruciale pour l'économie égyptienne, a été fortement affectée par l'instabilité politique et les attentats ayant suivi la révolte de 2011 qui avait abouti à la chute du président Hosni Moubarak après 30 ans au pouvoir.

De 14,7 millions en 2010, le nombre de visiteurs était tombé à 5,3 millions en 2016. Mais l'industrie touristique s'est redressée lentement à partir de 2017 avec 8,3 millions de visiteurs.

Depuis la destitution par l'armée du président islamiste Mohamed Morsi en 2013, les forces de sécurité affrontent des groupes extrémistes très actifs, dont l'organisation Etat islamique (EI), principalement dans la péninsule du Sinaï (nord-est).

Malgré des centaines d'arrestations et de condamnations de personnes accusées de terrorisme, des attaques continuent d'avoir lieu de manière sporadique en Egypte. Elles ont notamment visé les forces de sécurité mais aussi les Coptes, importante minorité chrétienne égyptienne.

Les ONG de défense des droits humains accusent régulièrement le régime du président Abdel Fattah al-Sissi de recourir à la torture et de ne pas assurer des procès équitables aux personnes poursuivies.

Le nouveau musée ou Grand Egyptian museum (GEM) devrait ouvrir ses portes en 2020, après de multiples retards.

Avec AFP

Le Conseil de sécurité menace de sanctions les auteurs d'attaques

Le conseil de sécurité de l'ONU, lors de sa visite au Mali, le 21 octobre 2017.(Archives)

Le Conseil de sécurité de l'ONU menace de sanctions les auteurs d'attaques au Mali contre la force de maintien de la paix des Nations unies (Minusma), dans une déclaration publiée au lendemain de la mort d'un Casque bleu nigérian.

En condamnant "dans les termes les plus forts" les attaques samedi contre des véhicules de la Minusma à Tombouctou et à Tessalit, à la suite desquelles le militaire nigérian a été tué et plusieurs Casques bleus blessés, le Conseil de sécurité "demande au gouvernement malien d'enquêter rapidement" sur ces évènements et de "traduire leurs auteurs en justice".

"L'implication dans la préparation, la direction, le soutien et la mise en oeuvre de ces attaques contre des membres de la Minusma représente une base pour établir des sanctions en application des résolutions de l'ONU", précise la déclaration adoptée par les 15 membres du Conseil de sécurité.

Samedi, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, avait déjà condamné les dernières attaques contre la Minusma, jugeant qu'elles pouvaient s'apparenter à des "crimes de guerre". La mort du Casque bleu nigérian est dû à "des assaillants armés non identifiés", avait-il dit.

La Minusma est la mission la plus coûteuse en vies humaines de la quinzaine d'opérations actuelles de maintien de la paix de l'ONU, avec plus de 190 morts depuis son déploiement en 2013, dont plus de 120 dans des actes hostiles.

Des zones entières du pays échappent encore à tout contrôle au Mali, malgré la signature en 2015 d'un accord de paix censé isoler les jihadistes mais dont l'application accuse des retards.

Dans sa déclaration, le Conseil de sécurité "exhorte les parties maliennes à appliquer pleinement" l'accord de paix "sans retard supplémentaire". "Une pleine application de l'accord et l'intensification des efforts pour surmonter les menaces asymétriques peuvent contribuer à améliorer la situation sécuritaire au Mali", estime-t-il.

Avec AFP

Soudan: reprise du dialogue sur la composition de l'instance de transition

Le général Mohamed Hamdan Dagalo, NUMERO 2 du Conseil militaire de transition, à Khartoum, le 18 mai 2019.

Les militaires et les chefs de la contestation au Soudan poursuivaient tôt lundi matin les négociations sur la composition d'un futur Conseil souverain de transition, plus d'un mois après le renversement par l'armée du président Omar el-Béchir.

Les discussions, qui ont démarré vers 21H00 (19H00 GMT), étaient encore en cours tôt lundi matin, selon un correspondant de l'AFP au palais présidentiel où se tient la réunion.

"Les négociations se tiennent actuellement (...) au sujet de l'autorité de transition", a annoncé lundi matin sur Twitter l'Association des professionnels soudanais (SPA), pilier du mouvement de protestation.

"Nous ne sommes pas pressés pour une victoire cruciale", a-t-elle ajouté assurant que "quelle que soit l'issue des négociations, il s'agit d'un pas en avant".

Les leaders de la contestation veulent à tout prix qu'un civil dirige cette future institution clé, après un appel pressant de la communauté internationale à ce que les négociations débouchent sur une transition "vraiment dirigée par les civils".

"La nouvelle session de négociations entre le Conseil militaire de transition et l'Alliance pour la liberté et le changement (ALC), ont commencé", avait indiqué en soirée le Conseil militaire dans un communiqué.

Fer de lance de la contestation, l'ALC avait plus tôt indiqué que les négociations se focaliseraient sur la répartition, entre armée et contestation, des sièges du Conseil souverain ainsi que sur son futur chef.

Les négociations avaient été suspendues mercredi par le Conseil militaire dirigé par le général Abdel Fattah al-Burhane, qui a pris le pouvoir après la destitution et l'arrestation le 11 avril du président Omar el-Béchir. Les militaires réclamaient la levée des barricades installées par des manifestants à Khartoum.

Depuis le 6 avril, des milliers de Soudanais campent devant le QG de l'armée dans la capitale soudanaise pour demander le transfert du pouvoir à une administration civile. Vendredi, des manifestants ont démantelé plusieurs de ces barricades.

- Accords et désaccords -

Les négociations entre généraux et chefs de la contestation butent depuis une semaine sur la composition du futur Conseil souverain.

Les généraux insistent pour y obtenir une majorité de sièges tandis que les leaders de la contestation veulent limiter la présence des militaires et placer un des leurs à sa tête.

Militaires et protestataires s'étaient entendus sur plusieurs points avant la suspension des négociations: la durée de la période de transition -- trois ans -- et la création d'un Parlement composé de 300 personnes, dont les deux tiers seraient issus de l'ALC.

Les progrès dans les discussions ont toutefois été précédés par une première poussée de violence au cours de laquelle six personnes -cinq manifestants et un militaire- ont été tuées lundi dernier.

- La charia -

Avant la reprise des négociations et pour la première fois depuis la destitution de M. Béchir, des centaines d'islamistes ont manifesté samedi devant le palais présidentiel.

Ils ont rejeté toute future administration civile qui n'utiliserait pas la charia comme source de la législation.

La loi islamique est appliquée au Soudan depuis le coup d'Etat de M. Béchir, soutenu par les islamistes, en 1989, ce qui a entraîné, selon les défenseurs des droits humains, des abus comme la flagellation de femmes pour "comportement indécent".

Selon Al-Tayeb Moustafa, à la tête d'une coalition de vingt mouvements islamistes, "la principale raison de cette mobilisation réside dans le fait que l'ALC ignore l'application de la charia dans le cadre de l'accord" négocié avec les militaires.

L'ALC n'a pour le moment pas exprimé sa position sur la charia, affirmant que la priorité était d'instaurer une administration civile.

Au cours du rassemblement de samedi, l'islamiste radical Mohamed al-Jazuli a averti l'armée: "si vous envisagez de transférer le pouvoir à une certaine faction (civile), alors nous considérerons cela comme un coup d'Etat".

Sur la question de la place de la religion dans les nouvelles institutions, un des principaux leaders de l'opposition, Sadek al-Mahdi, avait également fait entendre sa voix.

"L'islam fait partie de l'identité de la majorité des Soudanais. Ca a été une grande erreur, au sein des forces d'opposition, de parler de laïcité", avait déclaré à l'AFP cet ex-Premier ministre, chassé du pouvoir en 1989 et dont le parti Oumma fait partie de l'ALC.

A la tête du Soudan pendant près de 30 ans, M. Béchir a été destitué par l'armée à l'issue d'un mouvement de contestation inédit déclenché le 19 décembre par la décision du gouvernement de tripler le prix du pain dans un pays miné par une grave crise économique. Les manifestations se sont vite transformées en contestation du pouvoir.

Avec AFP

Fin de la grève des enseignants du public

Un accord a été trouvé pour stopper la grève des syndicats de la santé, à Bamako, Mali, le 16 avril 2017. (VOA/Kassim Traoré)

Le gouvernement malien et les syndicats de l'Education nationale, dont la grève faisait planer le spectre d'une "année blanche", ont signé un accord prévoyant la reprise des cours dès lundi matin, ont annoncé les deux parties.

Depuis plusieurs mois, les enseignants déclenchent des mots d'ordre de grève très suivis, qui ont notamment entraîné des manifestations de professeurs et d'étudiants.

L'accord en dix points a été conclu au cours d'une rencontre sur la crise scolaire samedi avec le Premier ministre Boubou Cissé.

"Nous avons décidé de mettre fin à la grève. Les cours reprendront lundi 20 mai sur tout le territoire national", a déclaré à l'AFP Adama Fomba, responsable d'un des huit syndicats d'enseignants signataires du procès verbal de conciliation avec le gouvernement.

Cet accord, consulté par l'AFP, prévoit notamment l'octroi aux enseignants d'une prime de logement et d'une prime de documentation, ainsi que "l'adoption immédiate du projet de décret portant plan de carrière du personnel enseignant" en Conseil des ministres.

Selon un communiqué du gouvernement, les parties sont notamment convenues de "20.000 FCFA (environ 30 euros) de majoration de l'indemnité de résidence".

"Il n'y a ni perdant, ni gagnant, c'est le Mali qui gagne. La fin de cette grève permettra à nos enfants de reprendre le chemin de l'école, et aux enseignants de jouer leur rôle", a déclaré à l'AFP le ministre du Dialogue social, du Travail et de la Fonction publique, Oumar Hamadoun Dicko.

Auparavant, les cheminots maliens de la voie ferrée Dakar-Bamako, avaient repris le travail le 13 mai après presque cinq mois d'arrêt, dont un mouvement de grève de la faim, pour le paiement de nombreux mois d'arriérés de salaires.

La RDC au seuil d'une semaine politique intense avec le retour de Katumbi

L'opposant congolais en exil Moïse Katumbi, candidat déclaré à la présidentielle en République démocratique du Congo, à Kigali, Rwanda, le 27 avril 2018.

Le retour de l'opposant Moïse Katumbi, annoncé lundi à Lubumbashi, marque le coup d'envoi d'une semaine politique intense en RDC, avec la nomination attendue d'un Premier ministre de consensus entre l'actuel président Félix Tshisekedi et son prédécesseur, le "président honoraire" Joseph Kabila.


Allié puis adversaire de l'ancien président Kabila, Moïse Katumbi est attendu dans la capitale du Katanga minier trois ans jour pour jour après son départ, en pleine tourmente judiciaire.

"Aujourd'hui déjà en Afrique...et demain, de retour sur ma terre natale, auprès de mon peuple, avec les miens", a déclaré sur Twitter Moïse Katumbi qui pourrait rejoindre Lubumbashi depuis l'Afrique du Sud en jet privé.

Aucune autorité n'a indiqué qu'il pourrait être empêché d'arriver. Début août dernier, sous le régime Kabila, l'opposant avait tenté en vain de rentrer au Congo par voie terrestre pour déposer sa canditure à l'élection présidentielle.

L'ex-gouverneur du Katanga, riche homme d'affaires et président du club de foot TP Mazembe, avait été qualifié de "Judas" par M. Kabila. Son retour au pays, après l'annulation d'une condamnation à trois ans de prison, marque un signe de détente, quatre mois après l'investiture du nouveau président Félix Tshisekedi.

"Je suis dans l'opposition", a précisé M. Katumbi qui a soutenu l'autre opposant Martin Fayulu à l'élection présidentielle du 30 décembre 2018. Leur plate-forme électorale "Ensemble pour le changement" doit devenir un parti politique, avec une inconnue de taille: le rôle de l'un et l'autre.

A Lubumbashi, ses partisans ont sillonné dès dimanche les artères de la ville à bord d'un camion remorque bondé, sous une importante présence policière.

"Le retour de Moïse est comparable au retour de Jésus pour les chrétiens. Il vient mettre un terme aux souffrances imposées par Kabila", a osé l'un de ses partisans, Robot Muteba.

Des dizaines de députés ont effectué le déplacement de Lubumbashi. "Rappelez vous que nous étions venus ici lorsqu'il subissait la persécution de l'ancien régime (de Kabila)", a déclaré à l'AFP l'opposant Franck Diongo, lui-même fraichement gracié par le nouveau président Tshisekedi.

Hasard du calendrier, le retour de M. Katumbi correspond avec la visite lundi à Kinshasa du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. "Je ne crois pas au hasard", glisse un conseiller du président Tshisekedi.

La France est l'un des pays européens les plus impliqués dans le dossier de la stabilisation de la RDC, le plus grand pays d'Afrique sub-saharienne. C'est Paris qui prend l'initiative des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies sur la RDC.

M. Le Drian doit rencontrer le président Tshisekedi dans la matinée et doit visiter l'Institut national de recherche biomédicale (INRB), en pointe dans la lutte contre l'épidémie d'Ebola dans l'est du pays.

Samedi devant les ambassadeurs de l'Union européenne et du Canada, M. Tshisekedi a annoncé qu'il connaissait le nom de son Premier ministre, et que sa nomination interviendrait dans la semaine.

Le candidat doit pouvoir travailler à la fois avec M. Tshisekedi, proclamé vainqueur de l'élection du 30 décembre, et M. Kabila, dont le Front commun pour le Congo (FCC) a gardé tous les autres leviers du pouvoir.

Les deux hommes sont liés par une "alliance" ou une "coalition". Les partisans de M. Kabila devraient conserver la majorité des postes au gouvernement, avec des négociations sensibles sur les ministères stratégiques comme les Mines.

A la veille de cette semaine peut-être la plus importante depuis les élections, Kinshasa s'est emballée l'espace d'un après-midi au son d'une étrange information: l'arrestation de l'ancien porte-parole du régime Kabila Lambert Mende, finalement très vite relâché.

Interrogé par la presse congolaise, M. Mende affirme avoir été brutalisé et accuse le ministre intérimaire de l'Intérieur Basile Olongo de vouloir lui "faire la peau" pour une "affaire diamants".

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