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La cathédrale Notre-Dame de Paris, défigurée par un incendie, sera rebâtie

Le président français Emmanuel Macron et son épouse Brigitte en visite sur le site de la cathédrale Notre-Dame, ravagée par un incendie, le 16 avril 2019. REUTERS / Philippe Wojazer / Pool

L'incendie, apparemment accidentel, de la cathédrale Notre-Dame de Paris a été maîtrisé tôt mardi matin par les pompiers qui ont réussi à sauver la structure de l'édifice, qu'Emmanuel Macron a promis de "rebâtir".

"Le feu est complètement maîtrisé. Il est partiellement éteint, il reste des foyers résiduels à éteindre", a expliqué à l'AFP le lieutenant-colonel Gabriel Plus, porte-parole des pompiers de Paris. Il aura fallu plusieurs heures à 400 pompiers pour venir à bout des flammes qui leur ont fait craindre à un moment de "voir la structure s'effondrer".

Malgré tout, le "bilan matériel est dramatique", a affirmé le porte-parole avant de détailler: "l'ensemble de la toiture est sinistrée, l'ensemble de la charpente est détruite, une partie de la voute s'est effondrée, la flèche n'existe plus".

La flèche qui surplombait ce joyau gothique, monument le plus visité d'Europe, n'existe plus, ni les vitraux centenaires.

Un blessé grave a été signalé dans les rangs des combattants du feu.

"Le pire a été évité", avait déclaré lundi soir le président français sur le parvis de l'édifice sinistré. Mais "cette cathédrale, nous la rebâtirons", a-t-il promis.

L'incendie s'est déclaré peu avant 19H00 (17H00 GMT) et s'est propagé à grande vitesse, emportant la toiture de la cathédrale construite entre le XIIe et le XIVe siècle au coeur de la capitale. Il a pris dans les combles de l'édifice, ont indiqué les pompiers, évoquant "un feu difficile". Il semble être parti au niveau d'échafaudages installés sur son toit.

Monument historique le plus visité d'Europe, la cathédrale gothique est inscrite au patrimoine mondial de l'humanité depuis 1991. Entre 12 à 14 millions de touristes visitent chaque année ce chef-d'oeuvre de l'architecture gothique situé sur l'île de la Cité et des milliers de personnes ont assisté au désastre.

- Enquête ouverte -

Une course contre la montre s'était engagée en début de soirée à Paris pour tenter de maîtriser ce violent incendie.

L'effroi et une immense tristesse s'étaient emparés des Parisiens et touristes rassemblées à proximité de cette cathédrale, véritable ADN de la capitale française, sidérés par les flammes intenses et jaunes ravageant le monument et l'odeur de brûlé envahissant les rues.

"La physionomie de Paris va changer, c'est terrible", a dit Marie, retraitée parisienne qui vit à quelques rues de la Seine.

"Un haut-lieu de la foi catholique est en train de brûler", a déploré auprès de l'AFP le porte-parole des évêques de France. Reliques conservées au sein de l'édifice, la couronne d'épines et la tunique de saint Louis ont toutefois pu être sauvées, selon le recteur de la cathédrale, Patrick Chauvet.

Une enquête a été ouverte du chef de "destruction involontaire par incendie", a précisé dans la soirée le parquet de Paris. La piste d'un départ de feu accidentel depuis le chantier de rénovation en cours sur le toit de la cathédrale "retient l'attention des enquêteurs en l'état des investigations", a précisé une source proche du dossier. Les ouvriers du chantier étaient entendus dans la nuit par les enquêteurs, selon le parquet de Paris.

Les images très impressionnantes de l'incendie, et en particulier de l'effondrement de la célèbre flèche - dressée sur les quatre piliers du transept avec ses 93 mètres de haut - et d'une partie de la toiture, diffusées en direct par télévisions et réseaux sociaux dans le monde, ont provoqué une émotion internationale.

Le bâtiment est mondialement connu pour son architecture mais aussi grâce au chef-d'oeuvre de Victor Hugo, "Notre-Dame de Paris", roman maintes fois adapté au cinéma, notamment par les studios Disney, ou en comédie musicale.

- Collecte nationale -

"Symbole de la France", une catastrophe "terrible à voir", des "scènes déchirantes": de Berlin, Londres, Washington et d'autres capitales, du Vatican ou de Jérusalem, du Brésil, de Grèce ou de Turquie, les réactions se sont multipliées lundi soir.

Le Vatican a exprimé son "incrédulité" et sa "tristesse", évoquant un "symbole de la chrétienté, en France et dans le monde".

L'organisation des Nations unies pour la culture, l'Unesco, se tient aux "côtés de la France pour sauvegarder et réhabiliter ce patrimoine inestimable" qu'est la cathédrale Notre-Dame, a tweeté sa directrice générale Audrey Azoulay.

La Fondation du patrimoine, organisation privée qui oeuvre à la sauvegarde du patrimoine français, va lancer mardi une "collecte nationale" pour la reconstruction de la cathédrale, a-t-elle annoncé dans un communiqué à l'AFP.

"On va être partis pour des années de travaux", a déclaré sur Twitter le président de la Conférence des évêques de France (CEF), Eric de Moulins-Beaufort.

Dans la nuit, la famille Pinault, l'une des plus riches de France, a annoncé débloquer 100 millions d'euros pour Notre-Dame.

Plusieurs journaux français ont préparé des Une poignantes pour mardi. "NOTRE DRAME", titre Libération sur une photo de la flèche en train de s'effondrer. "Le coeur en cendres", titre de son côté le quotidien catholique La Croix.

Cet incendie s'est produit au premier jour des célébrations de la Semaine sainte qui mène à Pâques, principale fête chrétienne.

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Coronavirus: les Européens doutent du vaccin russe

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La Russie dit avoir développé le premier vaccin contre le coronavirus

Le président russe Vladimir Poutine sur la Place Rouge à Moscou, en Russie, le 24 juin 2020. REUTERS/Maxim Shemetov

Le président russe Vladimir Poutine a annoncé mardi que le Centre de recherches en épidémiologie et microbiologie Nikolaï Gamaleïa avait développé le "premier" vaccin contre le nouveau coronavirus dans le monde.

Le ministère russe de la Santé a précisé qu'une double inoculation "permettait de former une immunité longue", estimant qu'elle pouvait durer "deux ans".

Le vaccin contre le coronavirus développé en Russie a été baptisé "Spoutnik V", en référence au satellite soviétique, premier engin spatial mis en orbite, a déclaré le fonds souverain impliqué dans son développement.

"Plus d'un milliard de doses" ont été pré-commandées par 20 pays étrangers, a affirmé le patron de ce fonds Kirill Dmitriev, précisant que la phase 3 des essais commençait mercredi.

Le fonds souverain a précisé que la production industrielle débutera en septembre.

Cependant des experts émettent des doutes sur l'efficacité d'un vaccin produit, semble-t-il, à la hâte, rapporte le quotidien britannique Financial Times.

Des critiques balayées d'un revers de main par M. Dmitriev, qui dénonce une "politisation" de la recherche scientifique.

"Au lieu d'attaquer constamment la Russie, qui sera le premier pays au monde à enregistrer un vaccin contre le coronavirus, il serait préférable de s'engager dans un dialogue constructif avec nous", a-t-il déclaré.

D'après le magazine Time, le président Vladimir Poutine a déclaré qu'une de ses filles a déjà été inoculée du vaccin, gage de sa fiabilité.

Selon les autorités russes, les enseignants et le personnel médical devraient commencer à être vaccinés dès le mois d'août avant que le vaccin ne soit mis en circulation le 1er janvier 2021 dans la population.

Le nom du vaccin, Spoutnik V, renvoie à la victoire politico-scientifique qu'était la mise en orbite du satellite Spoutnik 1 par l'URSS en pleine Guerre Froide.

Tedros Adhanom Ghebreyesus garde l'espoir face au coronavirus
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Bélarus: l'opposante Tikhanovskaya demande que Loukachenko "cède le pouvoir"

Svetlana Tikhanovskaya, candidate aux élections présidentielles, au premier plan, salue les gens lors d'une réunion de soutien, à Brest, à 326 km au sud-ouest de Minsk, en Biélorussie, le dimanche 2 août 2020. (AP Photo)

La candidate de l'opposition bélarusse Svetlana Tikhanovskaïa a rejeté lundi les résultats officiels de la présidentielle de la veille et demandé que le président Alexandre Loukachenko, donné vainqueur par les autorités, cède les commandes du pays.

"Le pouvoir doit réfléchir à comment nous céder le pouvoir. Je me considère vainqueur de ces élections", a-t-elle dit devant la presse en fin de matinée, peu après que la Commission électorale a affirmé que le chef de l'Etat avait été réélu avec plus de 80% des voix, tandis que l'opposante obtenait moins de 10% des suffrages.

Svetlana Tikhanovskaïa a aussi dénoncé le répression violente dans la nuit de dimanche à lundi de manifestations contre la réélection de l'homme fort du Bélarus. La police a déployé en masse ses forces et équipements anti-émeutes, faisant notamment usage de grenades assourdissantes.

"Nous avons été témoins du fait que le pouvoir cherche à se maintenir par la force. Malgré nos appels aux autorités à ne pas s'en prendre à ses citoyens, nous n'avons pas été entendus, et hier la police a eu recours à des moyens disproportionnées", a-t-elle dit, faisant état dans l'immédiat "d'informations contradictoires" quant à des décès.

Le ministère de l'Intérieur a lui annoncé quelque 3.000 arrestations à travers le pays, dont un millier à Minsk, théâtre de la répression la plus violente, ainsi que de dizaines de blessés.

Il a cependant démenti tout décès, contredisant l'ONG de défense des droits de l'homme Viasna qui a indiqué qu'un manifestant avait été tué après avoir été renversé dans la nuit par un véhicule de police sur l'avenue des Vainqueurs, en centre-ville de Minsk.

"Au total, à travers le pays environ 3.000 personnes ont été arrêtées (...) au cours de heurts, plus de 50 citoyens et 39 policiers ont été blessés, certains sont hospitalisés", a déclaré le ministère dans un communiqué, faisant état de manifestations nocturnes "non-autorisées" dans 33 villes et localités du pays.

Obsèques à Paris de la féministe franco-tunisienne Gisèle Halimi

Gisèle Halimi, le 14 september 2008 à la Fête de l'Humanité à Paris. L'avocate féministe franco-tunisienne est décédée le 28 juillet 2020 à l'âge de 93 ans. (Wikipedia-Oliver Tetard)

Les obsèques de l'avocate féministe Gisèle Halimi, décédée le 28 juillet à 93 ans, ont été célébrées jeudi à Paris en présence de centaines de personnes, au son de "l'Hymne des femmes". Une place sera baptisée de son nom à Tunis et à la Goulette, son lieu de naissance.

Un grand portrait souriant de la défunte a été exposé devant son cercueil, lors de cette cérémonie laïque organisé au crématorium du Père-Lachaise, où ses cendres reposeront aux côtés de celles de son mari.

Gisèle Halimi "fait partie de ces personnes assez rares qui nous réveillent", lui a rendu hommage l'écrivain Régis Debray, confiant avoir "compris grâce à elle" que le combat pour l'émancipation des femmes et celui pour l'émancipation des peuples ne faisaient qu'un. "Elle mérite de rester parmi nous comme un défi à toutes les convenances, les défis et les paresses", a-t-il estimé.

Outre deux de ses trois fils, plusieurs personnalités se sont succédé pour évoquer la mémoire de cette inlassable combattante pour les droits des femmes, avocate engagée et figure de la cause anticoloniale, ancienne députée et autrice. Parmi elles, l'ambassadeur d'Algérie Salah Lebdioui et des militantes de l'association "Choisir la cause des femmes" qu'elle a fondée avec Simone de Beauvoir en 1971.

Née Gisèle Taïeb le 27 juillet 1927 dans une famille modeste à La Goulette, banlieue cosmopolite de la capitale tunisienne où elle a grandi, elle sera témoin, enfant, le 9 avril 1938, de la répression sanglante à Tunis d'une manifestation favorable à l'émancipation des Tunisiens, un épisode qui la marquera durablement. Elle deviendra ainsi plus tard une des avocates de la cause anticoloniale.

Gisèle Halimi est aussi connue pour avoir défendu en 1960 Djamila Boupacha, militante du Front algérien de libération nationale (FLN, indépendantiste) accusée d'avoir déposé une bombe à Alger, qui a été violée et torturée par des militaires français pour lui arracher des aveux.

La petite-fille de Djamila Boupacha a lu jeudi un message émouvant de sa grand-mère: "tu n'as pas seulement été mon avocate, mais une grande soeur".

Le président tunisien Kais Saied a transmis un message de sympathie, dans lequel il a évoqué notamment le lien "ombilical" de Gisèle Halimi avec son pays natal. Une place sera baptisée de son nom à Tunis ou à la Goulette, a précisé une diplomate tunisienne, présente à la cérémonie.

Le cercueil est sorti du crématorium sous les acclamations des proches et des anonymes, qui ont crié "merci" et même "Gisèle Halimi au Panthéon!".

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