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La banque de Trump sommée de fournir des documents dans l'enquête russe

Tours jumelles de la Deutsche Bank, Francfort, Allemagne, le 15 février 2017.

Le procureur spécial chargé de l'enquête sur l'ingérence russe dans l'élection américaine de 2016 a réclamé des documents financiers à Deutsche Bank, la banque de Donald Trump, a appris l'AFP auprès de deux sources proches du dossier, mais la Maison Blanche a démenti que le président ait été l'objet d'une telle démarche.

Deutsche Bank a été sommée de fournir des documents sur ses relations d'affaires avec l'empire familial de Donald Trump par le procureur spécial Robert Mueller, chargé de l'enquête sur les soupçons de collusion entre la campagne du milliardaire américain et la Russie, a assuré à l'AFP une source proche du dossier.

Mais la Maison Blanche a vivement répliqué. "Les informations selon lesquelles le procureur spécial a réclamé des informations financières liées au président sont complètement fausses", a déclaré Sarah Sanders, porte-parole de l'exécutif américain. "Aucune demande n'a été formulée, nous avons vérifié cela avec la banque", a-t-elle ajouté.

La requête, annoncée en premier par Bloomberg News, le quotidien allemand Handelsblatt et le Wall Street Journal, a été formulée il y a plusieurs semaines et portait sur les liens entre l'établissement bancaire allemand et M. Trump, a précisé la source s'exprimant sous couvert d'anonymat.

- 300 millions de dollars -

"Deutsche Bank prend très au sérieux ses obligations légales et demeure disposée à coopérer avec les enquêtes autorisées sur cette affaire", a déclaré une porte-parole de l'établissement dans un courriel adressé à l'AFP.

Elle s'est refusée à donner davantage de détails.

Deutsche Bank a prêté plus de 300 millions de dollars à des entités affiliées à l'empire immobilier Trump --dirigé aujourd'hui par les deux fils ainés du président américain--, selon des documents publics. Elle était une des rares grandes banques de Wall Street à faire affaire avec M. Trump avant son élection à la Maison Blanche en novembre 2016.

Interrogée par l'AFP sur la nature des documents exigés par Robert Mueller, la source n'a pas voulu en dire davantage, indiquant simplement que le procureur américain voulait des informations liées aux relations d'affaires entre Deutsche Bank et Donald Trump.

Une seconde source proche du dossier a évoqué auprès de l'AFP la possibilité que la demande de documents concerne Paul Manafort, l'ancien directeur de campagne de Donald Trump. "Il y a eu une demande de documents auprès de Deutsche Bank concernant Manafort", a-t-elle dit.

Paul Manafort a été inculpé le 30 octobre dans le cadre de cette enquête du procureur Mueller sur l'ingérence russe.

Ce n'est pas la première fois que des autorités américaines sollicitent l'établissement allemand sur ses liens avec le magnat de l'immobilier.

Les élus démocrates au Congrès demandent depuis des mois à la banque de leur remettre des documents sur ses liens financiers avec la famille Trump, pour voir notamment s'il y a une connexion avec la Russie, mais l'établissement a jusque-là refusé affirmant qu'il serait illégal de partager ainsi ces informations.

Les soupçons de collusion avec la Russie ont empoisonné le début de mandat de Donald Trump. Jusqu'ici, quatre personnes ont été mises en cause, dont le 1er décembre Michael Flynn qui fut l'éphémère conseiller à la sécurité nationale du président républicain.

Avec AFP

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Le Pentagone débloque 1 milliard de dollars pour le mur de Trump

Des spécimens du mur à construire, présentés à San Diego, en Californie, le 5 février 2019.

Le chef du Pentagone Patrick Shanahan a annoncé lundi avoir débloqué un milliard de dollars pour la construction d'une section du mur frontalier voulu par le président Donald Trump à la frontière avec le Mexique.

Le ministère de la Sécurité intérieure (DHS) a demandé au Pentagone de construire un mur de 91 km de long dans la région de El Paso (Texas), et le corps du génie de l'armée de Terre "est autorisé à se coordonner directement avec le DHS et les gardes-frontières pour entreprendre la planification et la mise en oeuvre de ce projet à hauteur d'un milliard de dollars", a indiqué le ministre de la Défense par intérim dans un communiqué.

M. Shanahan justifie cette dépense par la loi fédérale. Un paragraphe de l'article 10 du Code des Etats-Unis "autorise le ministère de la Défense à construire des routes et des barrières et à installer des éclairages pour empêcher (...) le trafic de drogue transfrontalier".

"Par conséquent, j'ai décidé d'entreprendre (...) la construction d'un mur de 91 km de long et de 5,5 m de haut, de construire et de réparer les routes et d'installer des éclairages comme requis" par le DHS, précise M. Shanahan dans ce communiqué publié à une heure tardive, quelques heures seulement avant qu'il ne s'adresse au Congrès pour défendre le projet de budget du Pentagone.

Frustré par le refus du Congrès de lui accorder le budget qu'il réclamait pour construire le mur frontalier, Donald Trump a déclenché le 15 février une procédure d'"urgence nationale" qui lui permet de contourner les parlementaires afin de débloquer plus de huit milliards de dollars de financements.

Cette mesure exceptionnelle a indigné les démocrates, mais aussi des élus de son camp, qui estiment que le républicain outrepasse les pouvoirs présidentiels et crée un dangereux précédent.

Avec AFP

Le rapport Mueller n'a pas trouvé de preuve de collusion

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Le président américain se dit "totalement disculpé"

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Rapport Mueller : les médias américains priés de faire leur examen de conscience

Le dôme du Capitole des États-Unis à Washington, le 26 août 2018.

Les grands médias américains, accusés par Donald Trump et ses proches de partialité dans leur couverture de l'enquête russe, étaient appelés à faire leur introspection après la publication d'extraits du rapport Mueller disculpant le président des accusations de collusion avec la Russie en 2016.

Pour certains observateurs, il est temps que les médias "admettent" avoir fait depuis deux ans une couverture inéquitable de l'affaire. Pour d'autres au contraire, les journalistes doivent continuer à creuser car le rapport n'exonère pas complètement M. Trump sur une possible "entrave à la justice".

"Désormais, une grande partie de la population ne croira plus aucune des accusations portées contre M. Trump par la presse", a estimé le rédacteur en chef du magazine Rolling Stone, Matt Taibbi.

Pour Glenn Greenwald, journaliste d'investigation au site d'information The Intercept, ce sont surtout les chaînes d'information câblées qui doivent admettre leurs erreurs de jugement.

"Faites des recherches sur chaque personnalité de MSNBC, chaque +expert+ en droit de CNN, les médias libéraux-centristes (...) et voyez si vous trouvez même un iota d'introspection, d'humilité ou d'admission d'une énorme erreur", a-t-il dit sur Twitter.

"Si les médias ne rendent pas de comptes pour ce qu'ils ont fait, ne vous plaignez plus jamais du fait que les gens les qualifient de +Fake News+" a-t-il ajouté, en utilisant l'insulte préférée du président Trump quand il parle des grands médias.

- "Des excuses" -

Depuis que les premières informations ont circulé samedi sur le contenu du rapport, le camp Trump, qui hurle depuis le début de l'affaire à la "chasse aux sorcières", crie victoire et réclame des excuses.

"Les démocrates et les médias libéraux doivent des excuses au président et au peuple américain", a lancé la porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Sanders.

Le fils aîné du président, Donald Jr, avait auparavant dénoncé les "théories du complot (propagées) sans arrêt" par "CNN, MSNBC, BuzzFeed et le reste des médias grand public".

Son frère, Eric, a également invité sur Twitter les grands médias à s'excuser "pour l'enfer que tout le monde a vécu depuis deux ans et plus".

Mais pour certains experts des médias, il est bien trop tôt pour juger le travail du procureur spécial Robert Mueller sur la base des quatre pages de résumé publiées par le ministre de la Justice Bill Barr.

"Je ne pense pas qu'on puisse accuser les médias d'avoir été injustes avec Donald Trump," dit Stephen Ward, ancien directeur du Centre pour l'éthique journalistique à l'Université du Wisconsin.

"Les médias se devaient de couvrir ce président agressif et défiant la Constitution", souligne-t-il, estimant que les journalistes devaient désormais tout faire pour mettre la main sur l'intégralité du rapport Mueller.

"C'est une question d'intérêt public et tous les citoyens devraient le lire", ajoute-t-il.

- "Vendre du temps d'antenne" -

Dan Kennedy, professeur de journalisme à l'Université Northeastern, estime qu'il est prématuré pour le président de se dire "exonéré" par "une enquête énorme, qui a entraîné de nombreuses mises en accusation et plaider-coupable".

Il est toutefois légitime, selon lui, qu'on s'interroge sur les nombreuses spéculations véhiculées sur les antennes de CNN ou MSNBC, deux médias régulièrement accusés de partialité par le camp Trump.

Il cite notamment l'abondante couverture d'éventuelles poursuites visant Donald Trump Jr et le gendre du président, Jared Kushner, qui n'ont pas eu lieu.

Le gros problème, selon lui, ce sont "les chaînes d'info qui doivent vendre du temps d'antenne avec des discussions et des spéculations", explique-t-il.

Mais pour Deborah Potter, ancienne journaliste de CBS, les spéculations sont normales "car il n'y a eu aucune fuite" de la part des enquêteurs. Malgré cela, "beaucoup d'organes de presse responsables ont donné la bonne impression (sur les résultats de l'enquête) ces dernières semaines", juge-t-elle.

Plus largement, c'est la confiance dans l'indépendance des médias qui doit être rétablie dans l'opinion américaine, dit Mme Potter.

"On a vu une remontée de la confiance générale dans les médias mais les divisions partisanes n'ont jamais été aussi fortes", explique-t-elle.

Le fait qu'une large majorité des électeurs républicains n'aient pas confiance dans les médias "est un problème pour la démocratie", conclut-elle.

Trump dit n’avoir «aucun problème» avec la publication complète du rapport Mueller

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