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Coronavirus

L'UE appelle à limiter les voyages face à une situation "très grave"

La chancelière allemande Angela Merkel s'exprime lors d'un sommet de l'UE à Bruxelles, vendredi 2 octobre 2020 où les dirigeants de l'Union européenne évalueront l'état de leur économie et l'impact de la pandémie de coronavirus. (Photo AP/Johanna Geron)

L'Union européenne a appelé à éviter les voyages non essentiels entre les pays du bloc pour faire face à la menace des nouveaux variants du coronavirus, jugeant la situation sanitaire "très grave", à l'issue d'un sommet des Vingt-Sept par vidéoconférence jeudi.

La France a annoncé dans la foulée qu'elle imposerait à partir de dimanche aux voyageurs en provenance d'autres pays européens la présentation d'un test PCR réalisé 72H avant le départ. Une obligation qui ne concerne toutefois pas les voyages essentiels, les travailleurs frontaliers.

Faisant écho à l'agence européenne chargée des épidémies (ECDC), la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a estimé jeudi soir que "tous les voyages non essentiels" devaient "être fortement déconseillés". "Nous sommes de plus en plus inquiets au sujet des différents variants" du coronavirus, a reconnu Mme von der Leyen.

Elle a proposé une nouvelle définition plus précise des zones à risques du point de vue sanitaire, avec une nouvelle catégorie "rouge sombre". Au sein de l'UE, les voyageurs en provenance de ces régions pourraient être soumis à l'obligation de subir un test avant leur départ et de se mettre en quarantaine à leur arrivée.

Concernant les pays hors UE, "nous proposerons des mesures de sécurité supplémentaires pour les voyages essentiels vers l'Europe, par exemple en exigeant un test avant le départ", a-t-elle ajouté.

Le contrôle des frontières est une prérogative nationale, mais les Européens tentent de se coordonner pour préserver le fonctionnement du marché intérieur, le transport de marchandises et le quotidien des travailleurs transfrontaliers. Ils veulent éviter le chaos qui avait suivi les fermetures de frontières en ordre dispersé lors de l'arrivée de l'épidémie au printemps dernier.

Face aux variants du coronavirus (britannique, sud-africain), plus contagieux, plusieurs pays ont déjà durci les restrictions ces derniers jours, comme l'Allemagne mardi. Les Pays-Bas ont annoncé jeudi soir un couvre-feu à partir de 21h00, le Portugal une fermeture de ses écoles.

"Effort énorme"

A la veille du sommet, les Européens étaient finalement parvenus à s'entendre sur une reconnaissance mutuelle des résultats des tests, à la fois PCR et antigéniques rapides, une avancée validée jeudi soir.

Pour détecter les mutations du coronavirus, la Commission européenne a exhorté les Etats de l'UE à accroître le séquençage, jugeant le niveau actuel insuffisant. Elle les a aussi appelés à accélérer la vaccination, en protégeant 70% de la population adulte avant la fin de l'été et 80% des membres du personnel de santé et des plus de 80 ans d'ici à mars.

Des objectifs soutenus par les 27, selon Ursula von der Leyen. "C'est un effort énorme mais c'est faisable", a-t-elle martelé.

Le président du Conseil européen Charles Michel a assuré que "tous les moyens possibles" seraient "examinés pour assurer un approvisionnement rapide" en vaccins, alors que les retards de livraisons de Pfizer-BioNTech -l'un des deux autorisés dans l'UE- ont contraint plusieurs pays à ralentir leur calendrier initial.

Outre Pfizer-BioNTech, le vaccin Moderna est également autorisé dans l'UE et l'avis de l'Agence européenne des médicaments (EMA) sur celui d'AstraZeneca, déjà utilisé au Royaume-Uni, doit intervenir avant la fin du mois.

Impatience

L'UE a au total signé six contrats pour des vaccins avec des laboratoires pharmaceutiques et est en discussion avec deux autres (Novavax et Valneva), pour plus de 2,5 milliards de doses potentielles.

Signe d'une impatience croissante, quatre pays -Autriche, Grèce, République tchèque et Danemark- avaient écrit une lettre à Charles Michel pour réclamer que le processus d'approbation des vaccins par l'EMA soit plus rapide.

Athènes a aussi plaidé pour la mise en place d'un certificat "standardisé" de vaccination au sein de l'UE, une proposition discutée au sommet.

La Grèce souhaite sauver son industrie touristique, mais l'idée de se servir de ce certificat pour permettre aux personnes vaccinées de voyager est jugée prématurée par plusieurs Etats membres, en raison de la faible proportion de la population vaccinée et des incertitudes concernant l'effet du vaccin sur la transmission du virus.

"Nous devrions être en mesure de nous mettre d'accord" sur des normes communes pour ces certificats, a déclaré Charles Michel. "Dans un second temps nous pourrons voir si et dans quelles circonstances ce certificat peut être utilisé".

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Covid: de nombreux enfants n'ont pas rattrapé leurs retards d'apprentissage

Une élève d'une école primaire du Texas interagit virtuellement avec ses camarades de classe, lundi 8 février 2021, à San Antonio: de nombreux enfants ont subi des retards conséquents dans leur processus d'apprentissage sans les rattraper par la suite.

A cause des mesures drastiques prises au début de la pandémie de Covid, de nombreux enfants ont subi des retards conséquents dans leurs processus d'apprentissage sans les rattraper par la suite, montre une importante étude publiée lundi.

Ces conclusions "confirment la crainte que la pandémie ait donné lieu à d'importants déficits d'apprentissage", résume l'étude, publiée dans la revue Nature Human Behaviour.

Les chercheurs, qui se sont basés sur une quarantaine d'études réalisées dans une quinzaine de pays entre autres en Europe, aux Etats-Unis et en Afrique du Sud, estiment que les enfants ont perdu en moyenne l'équivalent du tiers d'une année scolaire.

Ce chiffre ne donne toutefois qu'une idée très simplifiée de la situation, car il existe d'importantes disparités, en particulier en fonction du milieu des enfants. Les plus défavorisés tendent ainsi à avoir accumulé le plus de retard. "Cette crise de l'apprentissage est une crise des inégalités", a résumé, lors d'une conférence de presse, le chercheur Bastian Betthauser, principal auteur de l'étude.

Ces retards sont dus aux mesures prises au début de la pandémie, en 2020, pour lutter contre la propagation du virus. Dans de nombreux pays, elles ont inclus des confinements et des fermetures d'écoles. Même si les retards se limitent à quelques mois, ils peuvent avoir des conséquences majeures par la suite, au point où M. Betthauser évoque un "véritable problème générationnel".

"L'éducation, c'est l'un des facteurs peut-être le principal qui détermine ce que sera l'entrée dans la vie active, la réussite sur le marché de l'emploi, la capacité à assurer sa subsistance", a-t-il énuméré. L'étude constitue le plus complet des travaux en date sur le sujet, même si elle comprend de gros manques sur la situation des pays pauvres.

Certains de ces résultats donnent une idée de la manière dont les retards se sont installés. Ainsi, ils tendent à être bien plus importants pour les mathématiques que pour la lecture. "Les parents parviennent peut-être mieux à aider leurs enfants à lire qu'à faire des exercices de maths", avance M. Betthauser.

Un Comité de l'OMS doit statuer sur la gravité de la pandémie de Covid-19

Pour le patron de l'Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

La pandémie de Covid-19 est-elle encore assez grave pour mériter le niveau d'alerte maximal de l'OMS ? Le comité d'urgence sur le Covid-19 de l'organisation se réunissait vendredi pour trancher.

Pour le patron de l'Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, la réponse ne semble guère faire de doute.

"Bien que je ne veuille pas devancer l'avis du comité d'urgence, je reste très préoccupé par la situation dans de nombreux pays et le nombre croissant de décès", avait-il dit mardi, lors d'un point de presse régulier à Genève.

"Mon message est clair : "Ne sous-estimez pas ce virus, il nous a surpris et continuera de nous surprendre et il continuera de tuer, à moins que nous ne fassions plus pour fournir les moyens sanitaires aux personnes qui en ont besoin et pour lutter contre la désinformation à l'échelle mondiale", avait insisté le directeur général, qui peut choisir de suivre ou non l'avis du Comité d'urgence.

La 14e réunion de ce Comité a lieu près de trois ans jour pour jour depuis qu'il a recommandé pour la première fois de déclarer le Covid-19, une urgence de santé publique de portée internationale, le plus haut niveau d'alerte de l'OMS.

Depuis, ce panel d'experts se réunit tous les trois mois pour discuter de la pandémie et rend ensuite compte au docteur Tedros, sous forme de recommandations.

Vendredi, dans son propos liminaire à l'ouverture de la réunion, il a souligné que "depuis le début du mois de décembre, le nombre de décès hebdomadaires signalés dans le monde est en augmentation".

"De plus, la levée des restrictions en Chine a entraîné une augmentation du nombre de décès dans le pays le plus peuplé du monde" et la semaine dernière, sur près de 40.000 décès dûs au Covid signalés à l'OMS, "plus de la moitié ont été signalés en provenance de Chine".

- Dans les jours qui viennent -

La maladie a fait 170.000 morts ces deux derniers mois. Le docteur Tedros a regretté que trop peu de personnes soient correctement vaccinées et que la surveillance et le séquençage génétique, qui permettent de suivre l'évolution du virus et ses déplacements, aient fortement chuté.

Cela rend les épidémiologistes et les responsables de la lutte contre l'épidémie plus ou moins aveugles. La réunion du comité d'urgence se tient en format hybride, certains participants à Genève et d'autres se joignant en ligne.

Le Comité est présidé par le médecin français Didier Houssin et compte 17 autres membres ainsi que 11 conseillers. La réunion doit durer l'après-midi de vendredi et le résultat des délibérations devrait être publié dans les jours qui viennent.

Le Comité avait déclaré l'épidémie de Covid 19 une USPPI (Urgence de santé publique de portée internationale) le 30 janvier 2020, alors qu'en dehors de la Chine, moins de 100 cas et aucun décès n'avaient encore été enregistrés.

L'alerte et son nom quelque peu alambiqué n'avaient pas réussi à convaincre les autorités et le grand public de l'urgence de la situation. Il avait fallu attendre le 11 mars et l'utilisation du mot "pandémie" par le chef de l'OMS pour faire bouger les choses.

Covid et désinformation: ruée sur le sang et le lait maternel des non vaccinés

Dans des groupes privés sur les réseaux sociaux, les défenseurs du "sang pur" appellent à la violence contre les soignants qui vaccinent.

Un couple anti-vaccin refusant une transfusion pour une opération vitale par crainte d'une contamination, une organisation mettant en contact des donneurs non-vaccinés: la désinformation sur le Covid-19 a donné naissance à un mouvement dit "du sang pur".

Le mouvement diffuse des théories du complot selon lesquelles recevoir des transfusions de personnes vaccinées contre le Covid "contamine" le sang.

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Ces théories ne reposent pourtant sur "aucune preuve scientifique", déclare à l'AFP Katrine Wallace, épidémiologiste de l'université de l'Illinois à Chicago. "Si vous donnez le sang d'une personne vaccinée à quelqu'un qui ne l'est pas, la personne recevant la transfusion ne devient pas vaccinée."

Cela n'empêche pas des internautes de se prononcer pour la création de banques du sang dédiées aux personnes n'ayant pas reçu d'injection, une demande aussi reçue par des médecins en Amérique du Nord.

Récemment, un couple néo-zélandais s'est opposé à une opération chirurgicale destinée à sauver la vie de leur bébé, de peur qu'il ne reçoive du sang provenant d'un donneur vacciné. Un tribunal leur a retiré temporairement la garde de l'enfant pour permettre la procédure, mais l'affaire est devenue emblématique pour les militants anti-vaccins.

Ces cas "se répandent comme une traînée de poudre" sur internet, "attirant l'attention sur les théories du complot anti-vaccins", explique Katrine Wallace.

Dans des groupes privés sur les réseaux sociaux, les défenseurs de ce "sang pur" appellent à la violence contre les soignants qui vaccinent – tout en affirmant, à tort, que les personnes immunisées meurent en masse.

Des images publiées sur l'un de ces groupes montrent par exemple une infirmière tenant une seringue au milieu d'un champ parsemé de crânes, a constaté un journaliste de l'AFP l'ayant infiltré.

"Rentable"

Une organisation basée à Zurich (Suisse), Safe Blood Donation, cherche même à mettre en relation donneurs et receveurs non-vaccinés. L'association, fondée par un naturopathe suisse, George Della Pietra, promet sur son site d'obtenir du sang pour ses clients. Elle dit être présente en Europe de l'Ouest, en Amérique du Nord, en Afrique et en Asie.

"Beaucoup de scientifiques et de médecins ont de nombreuses inquiétudes concernant les vaccins anti-Covid, et sont aussi convaincus qu'ils entrent dans le corps par le sang, de façon détournée, pourrait-on dire, et y restent", assure à l'AFP un responsable de Safe Blood Donation, Clinton Ohlers. Une affirmation diamétralement opposée aux connaissances scientifiques.

"Les dons de sang de personnes vaccinées contre le Covid-19 sont sûrs pour les transfusions", rappelle Jessa Merrill, de la Croix-Rouge américaine. Les composants du vaccin "ne se retrouvent pas dans le système sanguin", ajoute-t-elle.

Les membres de Safe Blood Donation doivent payer des frais d'entrée de 50 euros, puis un abonnement annuel de 20 euros, selon son site."Le mouvement du 'sang sûr' est basé à 100% sur la désinformation sur les vaccins", juge l'épidémiologiste Katrine Wallace. "Et en appeler aux peurs des gens est malheureusement rentable."

"Prochain Bitcoin"

La recherche d'une soi-disant "pureté" ne se limite pas au sang. Sur les réseaux sociaux, des publications visent à trouver du lait maternel de personnes non-vaccinées, ou même du sperme – le "prochain Bitcoin", prédisent des complotistes. Il est difficile d'estimer le nombre de personnes cherchant du sang "non-vacciné", mais, selon des experts, en trouver constituerait de toute façon un défi dans les pays où le taux de vaccination est haut.

Aux Etats-Unis, où plus de 80% de la population a reçu au moins une dose, les autorités sanitaires expliquent ne pas demander aux donneurs de voir leur statut vaccinal testé. Les hôpitaux ne peuvent pas communiquer cette information aux patients, s'agissant de don du sang.

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