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Tchad

L’opposition tchadienne boude le nombre de sièges des députés

Vue des participants au forum national mars 2018. (VOA/André Kodmadjingar).

Le nombre de sièges de députés à la future Assemblée nationale du Tchad divise les acteurs politiques. Le conseil des ministres de la semaine dernière fixe le nombre de siège à 161 députés à partir de la 4e législature. Les membres de l’opposition au sein du Cadre national de dialogue politique rejettent ce changement jugé non consensuel.

Réduire le nombre de députés à l’Assemblée nationale, et des unités administratives jugées budgétivores, c’est l’une des résolutions du forum national de 2018.

La taille de la future assemblée nationale divise les acteurs politiques
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Tenant compte du nouveau découpage administratif envisagé, une sous- commission a été mise sur place par le Cadre national de dialogue politique (CNDP) qui examine le projet de loi organique.

La semaine dernière, avant la fin de ses travaux, le gouvernement a adopté le projet de loi sur la composition de l’Assemblée nationale en Conseil des ministres.

Oumar Yaya Hissein, ministre de la communication, novembre 2019. (VOA /André Kodmadjingar).
Oumar Yaya Hissein, ministre de la communication, novembre 2019. (VOA /André Kodmadjingar).


Oumar Yaya Hissein, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, informe qu’après un long débat autour de la question, "le conseil a fixé le nombre de sièges à 161 dont 5 sièges réservés aux nomades".

Selon lui, ce nombre a été revu en baisse en commun accord avec les membres du CNDP et de la CENI. Mais dans un document conjoint, la composante opposition du CNDP dit ne pas se reconnaître dans la réduction du nombre de sièges de la future législature à 161 députés.

Docteur Nasra Djimasngar secrétaire national du parti Nouveau Jour, novembre 2019 (VOA/André Kodmadjingar).
Docteur Nasra Djimasngar secrétaire national du parti Nouveau Jour, novembre 2019 (VOA/André Kodmadjingar).


Pour Narsra Djimasngar, secrétaire national du parti "Nouveau Jour", l’un des signataires du document, "le nombre des provinces qui devait être réduit à 17 a été maintenu à 23. Le nombre de départements qui était de 71 est passé du simple au double".

"On a 112 départements, donc les résolutions du forum ont été foulées au pied. Il n’y a pas de raison qu’on maintienne le nombre de sièges que le forum avait fixé", explique Narsra Djimasngar.

Il estime que si le chef de l’Etat avait trouvé bon d’attribuer une partie de son pouvoir au cadre national de dialogue politique de lui faire des propositions qu’il s’en tient à ça. Mais fixer un nombre et l’attribuer au CNDP n’est pas logique, déplore-t-il.

L’opposition dénonce aussi l’attribution des sièges à certains départements qsans tenir compte de la densité de la population. Avec ce nombre, il y aura des départements surpeuplés qui ne seront pas représentés à la future assemblée nationale au détriment de départements moins peuplés.

Docteur Evariste Ngarlem Toldé, politologue, novembre 2019 (VOA/André Kodmadjingar).
Docteur Evariste Ngarlem Toldé, politologue, novembre 2019 (VOA/André Kodmadjingar).


Le politologue Evariste Ngarlem Toldé estime pour sa part que cette opposition qui est entrée au CNDP pour prendre la relève savait ce qui l'attendait parce que le gouvernement va pousser cette composante jusqu’à son dernier retranchement et ceci n’est que le début de commencement, selon lui.

Ce qui est sûr, le gouvernement ne reviendra pas sur sa décision et en ce moment le processus est en train d’avancer avec une épine au pied.

Pour la présidente du parti Rassemblement pour le progrès et la justice sociale, Bourkou Louise Ngaradoumri, membre de la majorité présidentielle, la question de la parité ne peut pas être oubliée dans ce débat.

"Les anciens députés sont à 188. Mais on dit que les députés seront à 161. Mais sur quelle base, il faut que je comprenne que je suis de la majorité pourquoi, on a fait ça. Est-ce que c’est la crise économique ou bien c’est pour réduire le Tchad en miniature. Mais qu’on donne la possibilité à tout le monde de participer y compris les femmes".

Bourkou Louise Ngaradoumri soutient que le code précise même que s’il y a deux sièges il faudrait la mandature féminine et masculine pour permettre aux femmes de siéger à l’Assemblée nationale.

L’opposition exige que cette question soit débattue d’urgence à la plénière du CNDP pour tenir compte des territoires vastes mais peu peuplés, et ceux à forte densité humaine pour préserver la cohésion nationale.

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Deux départements déclarés "zone de guerre" par N'Djamena après l'attaque au lac Tchad

Des soldats tchadiens sur des chars lors de leur retour du Niger voisin où ils combattaient le mouvement islamiste Boko Haram, à N’Djamena, 11 décembre 2015.

Deux des cinq départements de la province du Lac, au Tchad, ont été déclarés "zone de guerre" par les autorités qui promettent une "riposte foudroyante" après la mort de 98 soldats tchadiens dans une attaque du groupe jihadiste Boko Haram lundi.

"Les départements de Fouli et de Kaya, dans la province du Lac sont déclarés +Zone de guerre+", selon un décret signé jeudi par le président Idriss Déby Itno, consulté par l'AFP.

Le Conseil des ministres a adopté vendredi l'état d'urgence dans ces deux départements, situés à la frontière avec le Niger et le Nigeria. Cette disposition accorde notamment aux autorités militaires et administratives le droit d'interdire la circulation ou d'ordonner des perquisitions à domicile de jour comme de nuit.

L'armée tchadienne, considérée comme l'une des plus efficaces en Afrique, a subi un rude coup avec la perte en une journée de 98 soldats, lors d'une attaque de Boko Haram à Bohoma, dans le département de Fouli.

Le président Déby s'est immédiatement rendu sur les lieux, où il a promis à la télévision nationale une "riposte foudroyante".

L'insurrection de Boko Haram est née en 2009 au Nigeria, avant de se propager au Cameroun, au Niger et plus tard, en 2015, au Tchad.

Depuis cette date, ces pays luttent contre ces jihadistes au sein de la Force multinationale mixte (FMM), une coalition régionale engagée autour du lac Tchad avec l'aide de comités de vigilance composés d'habitants.

Après un affaiblissement du groupe jihadiste, aujourd'hui divisé en plusieurs factions, les attaques se sont intensifiées en 2019.

Cette détérioration a conduit le Tchad, en janvier 2020, à redéployer 1.200 de ses soldats au sein de la FMM, du Nigeria au côté tchadien du Lac, où plusieurs attaques meurtrières avaient été rapportées.

Pour expliquer la défaite de Bohoma, un officier supérieur a affirmé à l'AFP sous le couvert de l'anonymat que la garnison avait été affaiblie par l'envoi d'un bataillon sur un terrain extérieur.

Le Tchad a promis ces derniers mois d'envoyer 480 soldats dans la "zone des trois frontières", aux confins du Mali, du Burkina Faso et du Niger, pour y lutter contre les groupes jihadistes.

L'envoi par le Tchad de troupes hors de ses frontières, en échange de financements, commence à agacer une partie de la société civile qui s'inquiète de la multiplication des attaques dans le Lac.

Les autorités tchadiennes ferment les marchés pour éviter la propagation du coronavirus

Ecoles et universités hermétiquement fermés, au Tchad, le 26 mars 2020. (VOA/André Kodmadjingar)

Au Tchad, après la fermeture des établissements d’enseignements, des bars et alimentations, les lieux de culte, le regroupement de plus de 50 personnes, les marchés sont fermés. Certains commerçants profitent pour faire la spéculation des prix des produits de première nécessité.

Le président Idriss Deby a mis en garde les commerçants qui augmentent de façon vertigineuse les prix des denrées alimentaires. "Cette pratique est inadmissible", dit-il.

"J’instruis fermement les services compétents à l’effet de traquer et traduire en justice tous les commerçants qui s’adonnent à ce jeu. Les opération de surveillance de prix doivent s’intensifier sur toute l’étendue du territoire national pour mettre fin à cette pratique qui n’honore pas le secteur privé", avertit le président Déby.

Face à la gravité de la situation, certains consommateurs affirment à VOA Afrique que "ça va être trop compliqué mais on est obligé d’admettre ces mesures de précaution pour notre santé". Ils lancent un appel à toute la population de respecter ces mesures usuelles d’hygiène.

"C’est pour notre santé donc moi j’accepte, et quand ça va passer on va toujours ouvrir nos salons, les bars, les marchés et consorts", a indiqué une tenancière de salon de coiffure.

Dr Sitack Yombatina Béni, enseignant chercheur à l'ENA, au Tchad, le 26 mars 2020. (VOA/André Kodmadjingar)
Dr Sitack Yombatina Béni, enseignant chercheur à l'ENA, au Tchad, le 26 mars 2020. (VOA/André Kodmadjingar)

Pour l’universitaire Sitack Yombatinan Béni, le gouvernement doit penser aux mesures d’accompagnement avant de s’en prendre aux commerçants qui font de la spéculation.

"Le gouvernement devrait plutôt mettre en place un plan de sauvetage", déclare-t-il.

La lutte contre le covid-19 pénalise également les détenus préventifs qui attendent d’être jugés. Toutes les audiences publiques sont suspendues jusqu’à nouvel ordre, sauf les audiences des flagrants délits.

Selon les dernières données de l'Organisation mondiale de la santé, le Tchad comptabilise trois cas de coronavirus. Aucun décès n'a été enregistré dans le pays à ce jour.

Deuil national de trois jours pour les 92 soldats tchadiens tués par Boko Haram

L'armée tchadienne lors d'un défilé, au Tchad, le 12 août 2019. (VOA/André Kodmadjingar)

Au Tchad, l'attaque de Bohoma, une localité située dans le département de Fouli, province du Lac, lundi par les éléments de Boko Haram a fait une centaine de morts et plusieurs blessés. Selon les autorités, les forces tchadiennes ont tué plus de 100 éléments de Boko Haram.

Pour la première fois, Boko Haram a infligé une lourde perte à l’armée tchadienne. Au moins 92 soldats ont péri dans l’attaque de lundi et 47 sont blessés.

Du côté de Boko Haram, on parle d’une centaine de morts, alors que sur cette île, une unité de force de défense et de sécurité a été installée pour sécuriser les populations. Le président Idriss Déby Itno en personne s’est rendu sur le terrain pour mobiliser les troupes.

Pour le chef de l’Etat tchadien, cette unité a été dégarnie un peu pour des besoins opérationnels ailleurs. Et c’est sur cette île que 92 soldats ont perdu la vie aux rangs desquels, les sous-officiers et officiers.

"Je suis venu m’incliner devant leur mémoire ici. Et je dirais que c’est pour la première fois, j’ai mené beaucoup d’opérations mais en un seul coup perdre autant d’hommes, c’est dans l’histoire et je suis écoeuré. Nous allons revoir tous nos dispositifs pour éviter ce qu’on a connu", a insisté le président tchadien.

Le Tchad face à Boko Haram

Pour le politologue Evariste Ngarlem Toldé, cette attaque coïncide malheureusement avec l’annonce d’entrée en guerre du Tchad dans la zone de trois frontières.

"Ce sont des gens qui ont fait allégeance à l’État islamique donc ils vivent en réseau et pour peu que vous touchez le cheveu d’un, vous touchez à tous les combattants", a-t-il déclaré.

Pour le politologue, "dans toute guerre il faut savoir négocier, et non toujours privilégier le combat, surtout que nos chefs d’Etat du Niger, du Nigéria et du Tchad ont promis la fin de Boko Haram depuis des années".

Laldjim Narcisse Mbainadji, journaliste et analyste politique, demande au gouvernement de diligenter une enquête "pour situer les responsabilité et informer le peuple de ce qui s’est passé".

"Cette défaite est due également par le fait que certaines garnisons du Lac sont dégarnies: le Tchad vient d’envoyer les contingents au niveau des trois frontières dans le cadre du G5 Sahel", analyse-t-il.

Le bilan est toujours provisoire car le décompte se poursuit sur le terrain. Un deuil national de trois jours est décrété à partir de ce mercredi.

Boko Haram inflige une lourde perte à l'armée tchadienne

Boko Haram inflige une lourde perte à l'armée tchadienne
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Les Tchadiens perdent 92 militaires tués par Boko Haram dans la province du Lac

Le village de Ngouboua, sur le lac Tchad, attaqué par Boko Haram en février 2015. (REUTERS/Madjiasra Nako)

Une attaque du groupe jihadiste Boko Haram a tué 92 militaires, a affirmé mardi le président tchadien Idriss Déby Itno, qui s'est rendu sur les lieux de l'attaque, à Boma, dans la province du Lac.

Une attaque du groupe jihadiste Boko Haram a tué 92 militaires, a affirmé mardi le président tchadien Idriss Déby Itno, qui s'est rendu sur les lieux de l'attaque, à Boma, dans la province du Lac.

"Nous avons perdu 92 de nos soldats, sous-officiers et officiers" dans l'attaque qui a eu lieu dans la nuit de dimanche à lundi, "c'est la première fois que nous perdons autant d'hommes", a déclaré le président dans une intervention retransmise sur une chaîne d'Etat.

"L'ennemi a porté un coup dur à notre système de défense dans cette zone", a reconnu un officier supérieur qui a réclamé l'anonymat.

L'attaque qui visait les militaires de la presqu'île de Boma a duré au moins sept heures et les renforts envoyés ont eux-mêmes été pris pour cible, a affirmé un autre militaire à l'AFP.

Selon lui, 24 véhicules de l'armée ont été détruits dont des blindés, tandis que du matériel militaire a été récupéré et emporté sur cinq hors-bords par des éléments de Boko Haram.

Boko Haram multiplie ces derniers mois les attaques dans les îles marécageuses du bassin du lac Tchad, à la frontière du Nigeria, du Tchad, du Niger et du Cameroun.

L'insurrection de Boko Haram a fait 36.000 morts et près de 2 millions de déplacés dans le Nord-Est du Nigeria depuis son début en 2009, selon l'ONU. Le groupe jihadiste a étendu son action au Niger, au Tchad et au Cameroun voisins.

Depuis 2015, les pays de la région luttent contre ces jihadistes au sein de la Force multinationale mixte (FMM), une coalition régionale engagée autour du lac Tchad avec l'aide de comités de vigilance composés d'habitants.

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