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L'opposition syrienne en ordre dispersé avant les négociations de paix de Genève

Un attentat dans la province de Homs, Syrie, 26 janvier 2016.

Une importante frange de l'opposition syrienne doit se prononcer ce mercredi sur sa participation aux pourparlers de paix en Syrie, dont la tenue le 29 janvier à Genève pourrait être compromise par la présence d'autres opposants, dont les Kurdes.

Le bureau de l'émissaire de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, a indiqué à Genève que les invitations avaient été envoyées, tout en refusant de préciser l'identité des personnes invitées à représenter le régime de Bachar al-Assad et l'opposition syrienne.

La date d'ouverture des discussions était prévue pour le 25 janvier mais a dû être reportée au 29 en raison d'un "blocage", selon M. de Mistura, sur la composition des délégations.

Le Haut comité des négociations (HCN), une instance mise en place en décembre à Ryad par des formations clé de l'opposition syrienne, avait récemment insisté pour être la seule représentante de l'opposition.

Cependant, des figures de l'opposition n'appartenant pas au HCN ont affirmé mardi avoir reçu l'invitation de l'ONU.

Réuni depuis mardi à Ryad, le HCN doit décider si ses membres vont ou non participer à ces négociations qui visent à trouver une solution politique au conflit qui a fait en près de cinq ans plus de 260.000 morts et implique de nombreuses puissances étrangères.

Un membre de la délégation du HCN, Fouad Aliko, a indiqué à l'AFP que cette instance avait été invitée.

Une source proche de la réunion a indiqué qu'avant de se prononcer les membres du HCN comptaient demander à M. de Mistura des précisions "sur la nature des invitations" adressées aux autres parties.

Le HCN "poursuivra ses discusions demain" à partir de 10H00 (07H00 GMT), a indiqué mardi soir à l'AFP un des membres, Salem al-Meslet, joint à Ryad.

Outre les membres du HCN, Qadri Jamil, un ancien vice-Premier ministre qui avait été limogé en 2013 et entretient de bonnes relations avec la Russie, a confirmé à l'AFP avoir reçu une invitation.

Haytham Manna, une figure de l'opposition qui est co-président du Conseil démocratique syrien (CDS, une alliance d'opposants kurdes et arabes), a également dit à l'AFP avoir été invité "en tant que négociateur".

Le CDS est le bras politique des Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance rebelle soutenue par les Etats-Unis et composées principalement des YPG (Unités de protection du peuple), une milice kurde qui contrôle d'importants territoires en Syrie.

Or la participation des Kurdes, en pointe dans la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI) qui occupe de vastes territoires en Syrie, est un des points de discorde entre les puissances étrangères.

Ils sont ainsi soutenus par Moscou, mais Ankara est fermement opposée à leur participation aux négociations.

Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu a prévenu mardi que la Turquie ne participerait pas aux pourparlers si les Kurdes syriens du Parti de l'union démocratique (PYD, la branche politique des YPG) y étaient.

Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu avait refusé auparavant "catégoriquement" la présence du PYD et des YPG aux discussions.

Un conseiller de la direction du PYD, Sihanuk Dibo, a cependant indiqué mardi soir à l'AFP que sa formation n'avait pas reçu "jusqu'à présent" d'invitation.

La Russie a elle estimé que, sans les Kurdes, les négociations ne sauraient "donner de résultats".

Moscou est en revanche profondément opposé à la nomination par le HCN comme négociateur en chef de Mohamed Allouche, un chef du groupe armé rebelle pro-saoudien Jaich al-Islam.

Comme les autres puissances étrangères, la Turquie et la Russie ne doivent pas participer directement aux discussions de Genève, mais y jouer un rôle d'observateur.

Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a indiqué mardi qu'il y avait encore "des questions très difficiles à régler" sur la composition des délégations.

Appelées à durer six mois, les négociations doivent porter sur une feuille de route votée en décembre par le Conseil de sécurité de l'ONU qui prévoit un cessez-le-feu, un gouvernement de transition dans les six mois et des élections dans les 18 mois.

L'opposition exige en outre le départ de M. Assad au début de la période de transition.

Avec AFP

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Le projet de Facebook Libra est essentiel à la "prédominance du système financier américain" selon Zuckerberg

Illustration dela monnaie virtuelle de Facebook "Libra" - 21 juin 2019.

Le projet de monnaie numérique de Facebook, Libra, permettrait de "perpétuer la prédominance du système financier américain" dans le monde, a argumenté Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, dans un discours qu'il doit prononcer mercredi devant une commission parlementaire américaine.

Dans ses remarques préliminaires publiées mardi, il décrit la Libra comme une innovation financière majeure, nécessaire notamment pour prémunir le pays contre la montée en puissance de la Chine dans le secteur des cryptomonnaies.

Prévue pour être lancée en 2020, la Libra fait face à une levée de boucliers de la part de nombreux gouvernements dans le monde, qui y voient une menace pour la souveraineté économique des Etats.

"Pendant que nous débattons, le reste du monde n'attend pas. La Chine se prépare activement à lancer des idées similaires dans les mois qui viennent", considère Mark Zuckerberg.

"La Libra sera essentiellement adossée aux dollars, et je pense qu'elle va perpétuer la prédominance du système financier américain ainsi que nos valeurs démocratiques dans le monde. Si l'Amérique n'innove pas, notre prédominance financière n'est pas garantie", insiste-t-il.

Le jeune milliardaire a reconnu que les bévues de Facebook sur le respect de la vie privée et la protection des données personnelles peuvent donner l'impression que le réseau social "n'est pas le messager idéal en ce moment".

Mais il a rappelé l'objectif affiché du projet - soutenir les personnes exclues du système bancaire actuel, notamment les migrants -et la structure de la gouvernance prévue, à savoir un conseil indépendant composé d'entreprises et d'organisations à but non lucratif.

"Les gens payent un prix trop élevé, et doivent attendre beaucoup trop longtemps, pour envoyer de l'argent à leur famille à l'étranger", détaille-t-il.

"Le projet Libra doit permettre une meilleure inclusion financière, à bas prix (...). La recherche montre que l'accès aux services financiers peut aider à sortir les gens de la pauvreté. Nous pensons que ce problème peut être résolu, et nous voulons faire partie de la solution", continue-t-il.

Le ministre des Finances américain Steven Mnuchin a réitéré mardi son opposition pour l'heure à ce projet, estimant que de nombreux sujets d'inquiétude n'étaient pas réglés, comme "la question du blanchiment d'argent".

Les saoudiennes autorisées à intégrer les forces armées

Soldats saoudiens à Marib au Yémen, 26 janvier 2018.

Dans le cadre d’un vaste programme de réformes économiques et sociales, les saoudiennes ont été autorisées le 9 octobre à intégrer les forces armées du royaume.

Ryad a récemment multiplié les décisions en faveur des femmes dans ce pays qui applique une version rigoriste de l'islam, mais les organisations de défense des droits humains l'accusent de réprimer parallèlement les militantes.

"C'est un nouveau pas vers l'émancipation", a écrit le ministère des Affaires étrangères sur Twitter, précisant que les femmes pourront seulement accéder aux rangs de soldat de première classe, caporal, sergent et sergent-chef.

L'Arabie Saoudite a autorisé l'année dernière les femmes à intégrer des postes au sein des forces de sécurité.

Sous la houlette du prince héritier Mohammed ben Salmane, plusieurs réformes visant à octroyer des droits aux femmes ont été engagées ces dernières années, comme l'autorisation de conduire ou de voyager à l'étranger sans l'accord préalable de leur "gardien".

Au cours de la même période, une vague de répression a visé plusieurs militantes des droits humains. Certaines d'entre elles restent détenues, comme Loujain al-Hathloul.

Depuis la chute des cours du pétrole ces cinq dernières années, l'Arabie Saoudite, premier exportateur de brut, tente d'améliorer son image à l'étranger pour attirer les investisseurs et les touristes.

Une jihadiste fait appel de sa condamnation à 30 ans de réclusion en France

Esquisse d'Inès Madani devant le tribunal correctionnel de Paris lors de son procès pour préparation d'actes de terrorisme le 11 avril 2019.

Inès Madani a fait appel de sa condamnation à 30 ans de réclusion pour avoir tenté de faire exploser une voiture près de la cathédrale Notre-Dame à Paris en 2016.

Cette jeune femme de 22 ans, déjà condamnée en avril par la justice à huit ans de prison pour des faits plus anciens, encourait la perpétuité. La cour d'assises spéciale, composée uniquement de magistrats professionnels et non de jurés, a suivi les réquisitions du parquet en la condamnant le 14 octobre à 30 ans de réclusion criminelle. Les magistrats n'ont cependant pas mentionné de période de sûreté.

"C'est une décision qui s'adresse à l'opinion et qui ne tient compte ni de la réalité des faits, ni de la jeunesse de l'accusée", a déclaré son avocat Laurent Pasquet-Marinacce.

Les parties ont dix jours pour interjeter appel mais bénéficient d'un délai supplémentaire de cinq jours si l'une d'elles fait appel. Les autres accusées ont donc jusqu'à mardi prochain pour se décider.

Les accusées étaient devenues, selon l'expression du parquet, le "visage du jihad au féminin".

Elles ont été condamnées pour avoir voulu lancer des attaques terroristes, en suivant les consignes de Rachid Kassim, propagandiste du groupe État Islamique et inspirateur en 2016 de l'assassinat d'un policier et de son épouse à Magnanville, en région parisienne.

Inès Madani et Ornella Gilligmann (condamnée à 25 ans de réclusion) ont tenté de faire exploser une voiture remplie de bonbonnes de gaz dans la nuit du 3 au 4 septembre 2016, devant des restaurants situés près de Notre-Dame de Paris, en essayant de l'incendier avec du gasoil. Seul le choix de ce carburant, difficile à enflammer, avait permis d'éviter l'explosion.

Après l'échec de cet attentat, Inès Madani s'était retranchée dans l'appartement d'Amel Sakaou (condamnée à 20 ans de réclusion), en région parisienne. Toutes deux avaient été rejointes par Sarah Hervouët (condamnée à 20 ans de réclusion), originaire du sud de la France.

Se sachant traquées, les trois jeunes femmes avaient quitté précipitamment leur appartement le 8 septembre, armées de couteaux de cuisine. Sur le parking, Sarah Hervouët avait porté un coup de couteau à un policier en civil de la DGSI (sécurité intérieure). Inès Madani avait pour sa part couru vers un policier, qui l'avait blessée par balles aux jambes.

Présidentielle 2020 : débat démocrate en Ohio

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