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L'opposition "suspend" sa participation aux négociations au Mozambique

La Renamo en campagne électoral à Maputo, Mozambique, le 6 octobre 2018.

Le principal parti d'opposition au Mozambique, la Renamo, qui accuse le pouvoir de lui avoir "volé" la victoire dans cinq municipalités lors des élections du 10 octobre, a prévenu mercredi que "les négociations de paix étaient suspendues".

"Les négociations de paix sont suspendues. Notre priorité est de gérer le conflit électoral. Maintenant, nous nous battons pour obtenir les cinq villes qu'on nous a volées", a déclaré le porte-parole de la Renamo, Andre Magibire.

L'opposition a déposé un recours en annulation devant la justice. "La reprise des pourparlers de paix dépend de ce que va dire la Cour constitutionnelle", a ajouté M. Magibire à la presse à Maputo.

"On ne peut pas aller à la table des négociations maintenant. On est frustrés par la fraude", a-t-il encore dit.

Selon les résultats officiels annoncés mercredi par la commission électorale, le Front de libération du Mozambique (Frelimo), au pouvoir depuis l'indépendance en 1975, a décroché 44 des municipalités du pays. Il en détenait 49 avant les élections.

Le Renouveau démocratique du Mozambique (Renamo) en a remporté huit et le Mouvement démocratique du Mozambique (MDM), deuxième parti d'opposition, une seule.

Mais la Renamo revendique la victoire dans cinq autres villes: Matola, la ville la plus peuplée du pays qui jouxte la capitale Maputo ; la cité charbonnière de Moatize (centre) ; et les trois cités de moindre importance de Monapo (nord), Marromeu (centre) et Alto Molocue (nord).

Ancienne guérilla transformée en parti politique à la fin de la guerre civile (1976-1992), la Renamo a repris les armes de 2013 à 2016 pour dénoncer la mainmise du Frelimo sur le pays.

Deux accords ont été récemment trouvés entre les deux camps sur la décentralisation des pouvoirs dans les provinces et l'intégration des combattants de l'aile armée de la Renamo dans l'armée et la police du pays.

Mais les relations entre Frelimo et Renamo sont restées tendues, ainsi que l'attestent les incidents violents survenus entre leurs partisans tout au long de la campagne électorale.

"Il n'y a pas de confiance entre les partis. Avec l'appareil d'Etat qui a été utilisé pour la victoire du Frelimo, la Renamo ne va pas rendre les armes", a prévenu mercredi le professeur de sciences politiques Domingos do Rosário, interrogé par l'AFP.

Avec AFP

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La France nomme un "envoyé spécial" dédié à l'épidémie Ebola en RDC

Le personnel médical de l'Unité de traitement Ebola à l'Hôpital général de Bwera, à la frontière avec la RDC.

La France, critiquée pour son absence de réaction, a annoncé mardi la nomination d'un envoyé spécial sur Ebola, le Pr Yves Lévy, chargé "d'orienter" sa réponse face à l'épidémie en République démocratique du Congo qui vient de gagner l'est du pays.

Selon le ministère des Affaires étrangères, le Pr Lévy est un spécialiste reconnu en immunologie, ancien PDG de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), qui "exercera cette mission à titre bénévole".

"L'épidémie de maladie à virus Ebola qui sévit actuellement dans l'est de la RDC est la plus grave jamais enregistrée dans le monde, après celle de 2014 en Afrique de l'Ouest" (qui avait fait 11.000 morts), a relevé un porte-parole lors d'un point de presse, s'inquiètant que "la réponse à l'épidémie (soit) aujourd'hui entravée par plusieurs facteurs dont la situation sécuritaire difficile".

"Face à cette situation très préoccupante, la France est déterminée à apporter une contribution renforcée aux efforts internationaux" a poursuivi le porte-parole rappelant que lors de sa visite à Kinshasa le 20 mai dernier, le ministre, Jean-Yves Le Drian, avait annoncé "la relance d'un partenariat bilatéral (...) dans lequel le secteur de la santé, et notamment la lutte contre l'épidémie Ebola, serait une priorité".

La France promet son soutien aux ONG déployées sur le terrain et son appui scientifique et de recherche, sans annoncer de budget dédié.

La confirmation mardi d'un cas d'Ebola à Goma, la grande ville de l'est de la RDC, constitue "un avertissement" a estimé l'Organisation mondiale de la santé (OMS) réunie lundi à Genève. Le patient, un pasteur, est décédé mardi.

Selon le responsable des situations d'urgence de l'OMS Mike Ryan "c'est un avertissement parce que chaque fois que la maladie se déplace, elle peut s'établir ailleurs", a-t-il déclaré à l'AFP.

L'épidémie, qui a fait 1.668 morts depuis qu'elle a été déclarée le 1er août, était circonscrite jusqu'à présent à la région de Beni-Butembo (environ 250 km à vol d'oiseau au nord de Goma) et très marginalement dans la province voisine de l'Ituri.

M. Ryan a regretté l'absence de contribution financière française notant que "l'OMS n'a reçu aucune contribution financière de la part du gouvernement".

Le ministre britannique du Développement international, Rory Stewart, dont le gouvernement a pris la tête de la mobilisation, a également appelé les pays francophones à redoubler d'efforts lors de cette réunion : "Ce serait bien que nous ayions davantage de personnels issus des pays francophones sur le terrain. Nous avons besoin d'expertise en français mais surtout nous allons avoir besoin de beaucoup d'argent, de centaines de millions de dollars pour apporter une vraie réponse et retomber à zéro (cas) cette année", a-t-il martelé.

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