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L'opposition reconnaît son échec sur les marches interdites en RDC


Félix Tshisekedi, chef du Rassemblement de l'opposition, à sa résidence dans la municipalité de Limete, Kinshasa, 3 février 2017.

L'appel à des manifestations interdites mardi contre le président Joseph Kabila a été un échec, de l'aveu même du patron de l'opposition en République démocratique du Congo, qui a été dissuadé de sortir de chez lui par la police.

"On peut perdre la bataille mais la guerre continue", a reconnu le président du Rassemblement de l'opposition, Félix Tshisekedi, dans un entretien vidéo publié sur le compte Facebook d'un de ses assistants, Michee Mulumba Mimul.

Eddy Isango a joint Marcel Ngoyi, l’éditeur du journal indépendant La Prospérité, à Kinshasa
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>> Lire aussi : Mobilisation limitée pour l'appel de l'opposition en RDC

"Nous n'avons pas marché malheureusement", a avoué M. Tshisekedi, qui a mis cet échec sur le compte de la "pluie" et d'un "manque de coordination".

Il a lui-même été dissuadé par les forces de l'ordre de sortir de chez lui pour manifester, a indiqué le porte-parole de la police congolaise.

"Il ne pouvait pas engager une épreuve de force. Il a compris, il a obtempéré et il est rentré", a ajouté le porte-parole, Pierre Mwanamputu. Deux responsables de l'UDPS, le parti de M. Tshisekedi, ont été appréhendés au Kasaï (centre), selon cette même source. "Nous avons appréhendé 27 personnes au niveau de Kindu (centre-est)".

L'opposition a tenté de mobiliser une nouvelle fois contre le calendrier qui renvoie au 23 décembre 2018 les élections pour organiser le départ du président Joseph Kabila.

Le deuxième et dernier mandat du président a pris fin il y a un an, le 20 décembre 2016, aux termes de la Constitution.

Le gouverneur de la capitale, Kinshasa, avait prévenu qu'il "ne saurait prendre acte" d'une "marche pacifique" organisée par l'opposition, parce que "la commission électorale a déjà fixé l'opinion (nationale et internationale) sur la date de la tenue des élections".

L'appel de l'opposition s'est traduit par un ralentissement de l'activité et à Kinshasa où la circulation était plus fluide que d'habitude.

A Lubumbashi, deuxième ville du pays (sud-est), trois jeunes ont été arrêtés après avoir tenté d'incendier un tribunal dont les vitres ont été cassés, a indiqué un porte-parole de la police.

A Bukavu (est), une dizaine de personnes qui tentaient de se regrouper ont fui pour ne pas être arrêtées.

A Goma (est), la ville était quadrillée depuis lundi par les forces de l'ordre en raison d'une conférence des 26 gouverneurs provinciaux, en présence du président Kabila.

Cette journée a été moins violente que la précédente mobilisation du 30 novembre (un mort, des dizaines de blessés et d'arrestations).

Elle est sans commune mesure avec les violences de septembre 2016 et décembre 2016, où des dizaines de personnes avaient été tuées à Kinshasa lors de marches demandant au président Kabila de quitter le pouvoir à la date prévue du 19 décembre 2016.

Un accord majorité-opposition avait alors été trouvé sous l'égide de l'Eglise catholique le 31 décembre 2016 prévoyant des élections au plus tard en décembre 2017.

La communauté internationale a pris acte du nouveau calendrier renvoyant les élections au 23 décembre 2018, sous plusieurs conditions, dont le respect du droit d'expression et de réunion.

Avec AFP

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