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L'opposition comorienne estime illégal le référendum prévu par le pouvoir


Des partisans et des membres de l'opposition comorienne manifestent dans les rues de Moroni contre le référendum constitutionnel à Moroni, Comores, le 13 juillet 2018.

L'opposition comorienne a dénoncé l'"illégalité" du référendum constitutionnel du 30 juillet qui permettrait au président Azali Assoumani de briguer un deuxième mandat à la tête de l'archipel de l'océan Indien, assurant qu'il n'aurait pas lieu.

"La loi a été piétinée, et quand la loi est piétinée, on ne peut pas organiser un scrutin crédible. Dans cette situation d'illégalité, nous ne pouvons pas aller à une élection ou un quelconque référendum marqué du sceau de l'illégalité", a déclaré vendredi le secrétaire général du parti Juwa Ahmed el-Barwane à l'occasion d'un rassemblement de l'opposition à Moroni.

L'opposition dénonce la décision du président Azali d'organiser un référendum qui lui permettrait de briguer un deuxième mandat consécutif, contrairement à l'actuelle loi fondamentale. Elle la juge "dangereuse" et "contraire à la Constitution".

Le président Azali a été élu en 2016 pour un mandat de cinq ans non renouvelable, selon la règle de la présidence tournante entre les trois îles de l'archipel.

"Le président Azali veut se tailler une Constitution sur mesure qui lui permette de faire ce que bon lui semble... L'opposition est unie contre la dictature", a ajouté Ahmed el-Barwane.

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Ces dernières semaines, le chef de l'Etat a suspendu la Cour constitutionnelle, la plus haute juridiction du pays, placé en résidence surveillée son prédécesseur et rival, Ahmed Abdallah Sambi, et interdit des manifestations.

"Le message est clair: il n'y aura pas de référendum... Ni non, ni abstention, ni boycott, il n'y aura pas de référendum du tout", a précisé à l'AFP le porte-parole du Juwa, le Dr Ahmed Abdou Chakour.

Près d'un millier de personnes ont pris part au rassemblement place Badjanani dans la capitale, pavoisée de banderoles où on pouvait lire: "Azali dégage!", "Pas de référendum sans Cour Constitutionnelle", ou "Libérez l'ancien président Sambi!"

Le vice-président comorien Ahmed Saïd Jaffar, qui avait critiqué "la dérive dangereuse" du président Azali Assoumani, a lui perdu l'essentiel de ses attributions dans le cadre d'un mini-remaniement ministériel le mois dernier.

>> Lire aussi : Le vice-président appelle le chef de l'Etat à "renoncer" au référendum constitutionnel aux Comores

"Pas de référendum sans le rétablissement de la Cour Constitutionnelle, le respect de l'ordre constitutionnel et de la loi est le meilleur garant de la stabilité", a déclaré pour sa part le député Ali Mhadji, leader d'une aile dissidente de la Convention pour le Renouveau des Comores, le pari présidentiel.

A deux semaines du référendum, la question sur laquelle la population sera appelée à se prononcer n'est toujours pas connue.

Des meetings similaires sont programmés dans les îles de Mohéli et d'Anjouan contre le projet de nouvelle Constitution qui renforce considérablement les pouvoirs du président de l'Union et chef du gouvernement.

Avec AFP

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