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L'opposition appelle à la mobilisation contre un 3e mandat du président Condé

Alpha Condé, le président de la Guinée, le 25 septembre 2019.

Le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), qui regroupe des partis d'opposition, des syndicats et des membres de la société civile en Guinée, a appelé lundi à manifester à partir du 14 octobre contre l'ambition prêtée au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat.

L’opposition appelle à la mobilisation contre un troisième mandat d’Alpha Condé
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Alpha Condé, dont le deuxième mandat s'achève en octobre 2020, a souvent contesté la pertinence de la limitation du nombre de mandats en Afrique - deux maximum en Guinée.

Début septembre, il a chargé son Premier ministre, Ibrahima Kassory Fofana, de conduire des consultations sur une possible révision de la Constitution, qui ont été boycottées par les principaux partis d'opposition.

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Le président Condé a accrédité encore plus l'idée d'une candidature à sa propre succession en appelant fin septembre les Guinéens à se "préparer" à un référendum et à des élections législatives.

Dans une déclaration publiée lundi à l'issue d'une réunion extraordinaire de ses membres, le FNDC s'est "réjoui de n'avoir pas pris part à la mascarade déguisée sous le label de consultations, qui n'était qu'une nouvelle manoeuvre dilatoire destinée à servir d'alibi pour légitimer le processus de coup d'Etat constitutionnel entrepris par le pouvoir guinéen".

Dans ce texte, il "lance un appel à la mobilisation de tous les Guinéens", à partir du 14 octobre, à travers des "manifestations républicaines".

L'opposition met en garde contre de nouvelles violences, alors qu'une centaine de manifestants ont été, selon elle, tués par les forces de l'ordre depuis l'arrivée au pouvoir d'Alpha Condé en décembre 2010. Les autorités font pour leur part état d'une douzaine de policiers ou militaires tués lors de manifestations au cours de cette période.

Le Front recommande aux compagnies minières, banques, usines, stations-service et aux autres entreprises publiques et privées de "suspendre toute activité durant les manifestations, en vue d'éviter tout incident dommageable".

"Dans un contexte de débat politique acharné en Guinée, il est plus important que jamais de protéger le droit de manifester pacifiquement", a déclaré la directrice pour l'Afrique de l'Ouest de Human Rights Watch, Corinne Dufka, citée dans un communiqué du 3 octobre.

Selon l'ONG, les autorités guinéennes ont interdit "de fait" une vingtaine de manifestations depuis plus d'un an, utilisant "des gaz lacrymogènes contre les personnes qui défiaient l'interdiction" et arrêtant "des dizaines de manifestants".

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Conakry va juger une soixantaine d'opposants au 3e mandat du président Condé

Les manifestations des Guinéens contre le 3ème mandat du président Alpha Condé, le 7 novembre 2019.

Le gouvernement guinéen a annoncé qu'une soixantaine de personnes seraient jugées en lien avec la contestation et les troubles qui ont accompagné la présidentielle et le référendum constitutionnel ayant débouché en 2020 sur un troisième mandat d'Alpha Condé à la tête de l'Etat.

Toutes ces personnes, parmi lesquelles des figures de l'opposition, passent pour être détenues depuis plusieurs mois.

La Guinée a été le théâtre entre octobre 2019 et octobre 2020 d'une intense agitation autour de la candidature de M. Condé, 83 ans aujourd'hui, à un troisième mandat controversé. La contestation, menée par l'opposition et une partie de la société civile et plusieurs fois brutalement réprimée, a fait des dizaines de morts civils et quelques morts dans les rangs des forces de sécurité.

M. Condé a soumis en mars 2020 un projet de nouvelle Constitution à un référendum couplé à des législatives et émaillé de violences. L'adoption lui a permis d'invoquer cette nouvelle Constitution pour s'affranchir de la limite de deux mandats et se présenter à la présidentielle d'octobre 2020, à nouveau entourée de violences.

Il a été proclamé vainqueur par la Cour constitutionnelle. L'opposition a dénoncé un "coup d'Etat électoral". Les Etats-Unis, la France et l'Union européenne ont émis des doutes sur la crédibilité de ces scrutins.

Des centaines de personnes ont été arrêtées au cours de la mobilisation et après la présidentielle, selon les défenseurs des droits humains.

Le porte-parole du gouvernement Tibou Kamara a indiqué vendredi soir dans un communiqué que 57 d'entre elles étaient renvoyées devant un tribunal. Huit d'entre elles seront jugées pour l'attaque d'un train minéralier dans laquelle trois gendarmes et un soldat avaient été tués dans un quartier périphérique de Conakry en proie aux heurts quelques jours après la présidentielle, a-t-il dit.

Le porte-parole évoque aussi le dossier d'Ibrahima Chérif Bah et Ousmane Gaoual Diallo, des responsables de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), le parti dirigé par le principal challenger de M. Condé à la présidentielle, Cellou Dalein Diallo. Avec d'autres opposants, ils ont été arrêtés après la présidentielle et inculpés, selon leurs avocats, pour fabrication, détention et usage d'armes de guerre et légères, et atteintes aux intérêts fondamentaux de la nation.

Quarante-neuf mis en cause seront jugés dans cette affaire, selon le porte-parole du gouvernement. Dans les deux dossiers, 40 personnes ont bénéficié d'un non-lieu et ont été relâchées, a-t-il ajouté.

Les défenseurs des droits humains dénoncent le durcissement autoritaire du régime de M. Condé. M. Condé "rassure l'opinion nationale et internationale" quant à son attachement "au respect des Droits de l'Homme et de la dignité humaine", assure le porte-parole.

L'adversaire de M. Condé à la présidentielle et le collectif qui a mené la mobilisation contre le troisième mandat, le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), ont dénoncé les efforts du pouvoir pour faire croire à l'indépendance de la justice.

Cellou Dalein Diallo a parlé sur Twitter "d'opération de communication", et a prédit que les jugements à venir seraient "dictés" par M. Condé.

"Dans cette affaire, la justice n'a jamais été et ne sera jamais indépendante. Elle agira suivant les instructions du dictateur Alpha Condé", a renchéri le FNDC sur Facebook.

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