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L'opposition accuse le gouvernement de violer le cessez-le-feu au Soudan du Sud


Le président du Soudan du Sud Salva Kiir, le président soudanais Omar Al-Bashir et le chef rebelle du Soudan du Sud Riek Machar après avoir signé un accord de paix visant à mettre fin à une guerre qui a fait des dizaines de milliers de morts à Khartoum, Soudan, le 27 juin 2018 .

Le groupe rebelle de l'ex-vice-président sud-soudanais Riek Machar a accusé samedi l'armée gouvernementale d'avoir violé un cessez-le-feu quelques heures après son entrée en vigueur.

Le porte-parole militaire adjoint de la rébellion Lam Paul Gabriel accuse dans un communiqué l'armée gouvernementale d'avoir lancé samedi matin une attaque contre une position rebelle à Mboro, près de la ville de Wau (nord-ouest).

"Ce matin vers 07H00 (04H00 GMT) les forces du régime en coordination avec les milices JEM (mouvement rebelle soudanais actif au Soudan du Sud) ont lancé conjointement une attaque violente contre une position de la SPLA-IO (rébellion) à Mboro", à environ 40 km au sud de Wau, a ajouté le porte-parole.

"Cela s'est passé quelques heures après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu", a-t-il ajouté.

Interrogé par l'AFP, le porte-parole de l'armée sud-soudanaise (SPLA), Lul Ruai Koang, a assuré ne pas avoir connaissance de tels accrochages.

>> Lire aussi : Accord sur un cessez-le-feu permanent sous 72 heures au Soudan du Sud

"Je ne suis au courant d'aucun affrontement dans les zones de Wau et Mboro", a-t-il déclaré. "Nous ne sommes pas à l'offensive".

Le président du Soudan du Sud Salva Kiir et son grand rival, Riek Machar, étaient convenus mercredi à Khartoum d'un cessez-le-feu "permanent" devant entrer en vigueur dans les 72 heures.

Depuis, les deux personnages clés de la guerre civile qui ravage le pays depuis 2013 avaient ordonné à leurs troupes respectives d'appliquer le cessez-le-feu à compter de samedi à minuit.

Cet accord avait été scellé à l'issue d'un nouveau round de discussions entre les deux principaux protagonistes dans la capitale soudanaise, Khartoum, alors que l'ONU leur avait donné jusqu'à fin juin pour parvenir à "un accord politique viable" sous peine de sanctions.

"Ce jour était attendu par notre peuple au Soudan du Sud et il est maintenant arrivé", avait alors déclaré M. Kiir tandis que pour M. Machar, le cessez-le-feu devait préluder à "la fin du conflit".

Mais la guerre dévastatrice au Soudan du Sud a été ponctuée de nombreux cessez-le-feu foulés au pied par les protagonistes.

Ainsi, le précédent, scellé à Addis Abeba sous l'égide de l'organisation régionale Igad, avait volé en éclats le 24 décembre 2017 quelques heures après son entrée en vigueur, un scénario qui semble se répéter ce samedi.

>> Lire aussi : Les rivaux sud-soudanais se sont entendus "sur certains points"

Le conflit, qui a éclaté en décembre 2013 en raison de rivalités entre Salva Kiir, un Dinka, et Riek Machar, issu de l'ethnie nuer, a fait des dizaines de milliers de morts, près de quatre millions de déplacés (sur une population de 12 millions d'habitants) et provoqué une crise humanitaire catastrophique.

Les récents efforts de paix de l'Igad avaient redonné un peu d'espoir, les chefs d'Etat de la région étant parvenus à organiser la première rencontre en deux ans entre MM. Kiir et Machar, le 20 juin à Addis Abeba.

Les deux hommes ne s'étaient plus rencontrés depuis juillet 2016 lorsque des violents affrontements dans la capitale, Juba, avaient opposé leurs troupes, signifiant l'échec d'un accord de paix conclu en août 2015 et qui avait permis à M. Machar d'être réinstallé au poste de vice-président.

M. Machar était depuis réfugié en Afrique du Sud après avoir fui son pays en passant par la République démocratique du Congo.

Avec AFP

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