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Le président sud-soudanais et son rival expriment leur espoir de paix à Khartoum


Le président sud-soudanais Salva Kiir et son rival Riek Machar avec le président ougandais Yoweri Museveni et le président soudanais Omar al-Bashir à Khartoum, le 25 juin 2018.

Le président sud-soudanais Salva Kiir et son rival Riek Machar se sont rencontrés lundi à Khartoum afin de relancer un processus de paix au point mort dans leur pays, ravagé par une guerre civile depuis 2013.

Il s'agit de la première rencontre entre les deux hommes dans la capitale soudanaise depuis le déclenchement du conflit.

MM. Kiir et Machar se sont rencontrés au centre de conférences de Khartoum, en présence des présidents soudanais Omar el-Béchir et ougandais Yoweri Museveni, a rapporté un correspondant de l'AFP.

Les pourparlers suivent un sommet régional des Etats d'Afrique de l'est parrainé par l'Ethiopie qui s'est achevé sans aucune percée, alors que l'ONU a donné jusqu'à fin juin aux belligérants pour arriver à "un accord politique viable", en brandissant la menace de sanctions.

>> Lire aussi : Nouvelle rencontre de deux ennemis sud-soudanais lundi à Khartoum

"Je suis venu pour mettre immédiatement un terme à cette guerre inutile (qui ravage) notre pays et j'espère que (...) Riek Machar est prêt à entendre mon point de vue", a déclaré M. Kiir à l'ouverture de la réunion en présence de MM. Béchir et Museveni.

M. Machar a également exprimé son espoir de voir une paix aboutir.

"Il y a une chance pour la paix et il y a un moyen d'y parvenir", a-t-il indiqué, dans son premier commentaire à la presse depuis plus de deux ans.

Le Soudan du Sud a obtenu son indépendance du Soudan en 2011. Le pays s'est enfoncé dans une guerre civile fin 2013 quand M. Kiir a accusé son ancien vice-président, Riek Machar, de fomenter un coup d'Etat.

Le conflit a fait des dizaines de milliers de morts et des millions de déplacés. Des centaines de milliers ont trouvé refuge au Soudan, selon l'ONU.

De gauche à droite, le président ougandais Yoweri Museveni, le président soudanais Omar al-Bashir et le président sud-soudanais Salva Kiir participent à une réunion de paix à Khartoum le 25 juin 2018.
De gauche à droite, le président ougandais Yoweri Museveni, le président soudanais Omar al-Bashir et le président sud-soudanais Salva Kiir participent à une réunion de paix à Khartoum le 25 juin 2018.

Deux semaines de discussions

Un accord de paix a volé en éclats en 2016, poussant M. Machar à fuir son pays. Leur rencontre mercredi à Addis Abeba était la première en deux ans entre les deux personnalités, mais ces pourparlers ont pris une mauvaise tournure, le gouvernement sud-soudanais affirmant que Riek Machar, chef du SPLM-IO (Mouvement populaire de libération du Soudan - Opposition), n'avait pas sa place dans un gouvernement d'union nationale.

Pour cette nouvelle série de pourparlers, le chef de la diplomatie soudanaise Al-Dirdiri Mohamed Ahmed a également exprimé devant la presse son souhait de voir "une percée pour régler cet épineux conflit".

>> Lire aussi : Le gouvernement sud-soudanais dit en "avoir assez" de Riek Machar

Il n'est pas clair combien de temps les deux dirigeants vont rester à Khartoum mais les discussions entre leurs délégations respectives sont prévues pour durer deux semaines. Elles doivent notamment aborder des questions épineuses comme le partage du pouvoir et les modalités de sécurité au Soudan du Sud, selon les autorités.

Les deux délégations se rendront ensuite à Nairobi au Kenya pour d'autres discussions.

Début juin, le Conseil de sécurité de l'ONU a menacé les factions belligérantes de sanctions si elles ne parvenaient pas à mettre fin à la guerre civile.

"La crise au Soudan du Sud a un impact sur la stabilité de toute la région, c'est pourquoi la communauté internationale pense à imposer des sanctions. Mais le Soudan rejette l'application de sanctions (...) car cela ne fera qu'augmenter la souffrance du peuple sud-soudanais", a affirmé M. Béchir.

La résolution, présentée par les Etats-Unis, demande au secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres de l'informer d'ici le 30 juin si le cessez-le-feu entré en vigueur en décembre tient toujours et si les deux parties "sont parvenues à un accord politique viable".

Avec AFP

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