Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Rwanda

L'opposante rwandaise Diane Rwigara acquittée d'incitation à l'insurrection

Diane Rwigara, critique du président rwandais Paul Kagame, avec son avocat, Pierre Buhuru, devant la Haute Cour de Kigali, au Rwanda, le 7 novembre 2018.

L'opposante rwandaise Diane Rwigara, critique du président Paul Kagame, a été acquittée jeudi par un tribunal de Kigali d'incitation à l'insurrection et falsification de documents, des charges qui lui ont valu d'être emprisonnée pendant plus d'un an et dénoncées comme politiques par l'intéressée.

Selon le jugement, rendu par un panel de trois juges, "les charges retenues par l'accusation sont sans fondement". La salle d'audience, remplie et dans laquelle avaient notamment pris place des membres de la famille Rwigara, a explosé de joie une fois la lecture de la décision achevée.

Les cinq coaccusés de Mme Rwigara dans cette affaire, dont sa mère Adeline, ont également été acquittés.

"C'est la preuve que toutes ces charges retenues contre moi, ma mère et des membres de ma famille étaient montées de toute pièce", a réagi Diane Rwigara. "J'ai l'énergie et le zèle pour continuer à me battre pour la liberté d'expression et les droits de l'Homme au Rwanda."

Le tribunal a estimé que les critiques de Diane Rwigara contre le gouvernement, notamment lors de conférences de presse, ne constituait pas une "incitation à l'insurrection" car elles s'inscrivent dans le cadre de son droit à la liberté d'expression garantie par la Constitution rwandaise et les lois internationales.

Les juges ont également estimé que l'accusation n'avait pas prouvé que Mme Rwigara avait falsifié des signatures dans le dossier présenté à la commission électorale en vue de sa participation à l'élection présidentielle de 2017. Le rejet de cette candidature avait été critiqué par des gouvernements occidentaux et des groupes de défense des droits de l'Homme.

Le 7 novembre, l'accusation avait requis 22 ans de prison contre Diane Rwigara et sa mère Adeline.

Adeline Rwigara était elle accusée d'"incitation à l'insurrection et promotion du sectarisme", dans un pays encore hanté par le génocide de 1994 qui fit plus de 800.000 morts essentiellement parmi la minorité tutsi.

Diane Rwigara, sa mère et sa sœur Anne avaient été arrêtées et emprisonnées en septembre 2017. Diane et sa mère ont été remises en liberté sous caution début octobre. La sœur avait recouvré la liberté un an auparavant, les charges pesant contre elle ayant été abandonnées.

Depuis son arrestation, Diane Rwigara dénonce des poursuites montées selon elle de toutes pièces par le régime pour la réduire au silence.

Le président rwandais Paul Kagame, crédité de l'important développement d'un pays exsangue au sortir du génocide de 1994, est régulièrement accusé de bafouer la liberté d'expression et de museler toute opposition.

Il a été réélu le 4 août 2017 pour un nouveau mandat de sept ans avec près de 99% des voix. Une réforme de la Constitution adoptée par référendum fin 2015 lui permet de potentiellement diriger le pays jusqu'en 2034.

Toutes les actualités

La NBA étend ses programmes au Rwanda et au Maroc

La NBA étend ses programmes au Rwanda et au Maroc
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:03:24 0:00

La NBA étend ses programmes au Rwanda et au Maroc

La NBA étend ses programmes au Rwanda et au Maroc
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:35 0:00

Les réfugiés africains bloqués en Libye accueillis par le Rwanda

Le président Paul Kagame.

Le Rwanda a signé mardi un accord avec l'Union africaine (UA) et le Haut Commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR) en vue d'accueillir temporairement des réfugiés et demandeurs d'asile africains bloqués en Libye, un accord que l'UA espère répliquer avec d'autres nations du continent.

"Nous recevrons un nombre initial de 500 (personnes) dans quelques semaines", a déclaré Hope Tumukunde Gasatura, représentante permanente du Rwanda à l'UA, lors d'une conférence de presse à Addis Abeba, aux côtés de représentants de l'organisation panafricaine et du HCR.

Ce premier groupe est "composé principalement de personnes originaires de la Corne de l'Afrique", ont précisé l'UA et l'ONU dans un communiqué. Elles seront accueillies dans un centre de transit au Rwanda avant d'être relocalisées dans d'autres pays ou, si elles le veulent, retourner dans leur propre pays.

Germaine Kamayirese, la ministre rwandaise chargée des mesures d'Urgence, a déclaré à la presse à Kigali que certains réfugiés "pourraient recevoir l'autorisation de rester au Rwanda".

En raison du chaos qui a suivi la chute de l'ancien dictateur Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est devenue un point de passage important pour les migrants originaires d'Afrique subsaharienne cherchant à rejoindre l'Europe.

L'ONU estime que 42.000 réfugiés africains se trouvent actuellement en Libye, a affirmé Cosmas Chanda, représentant du HCR auprès de l'UA. "Nous avons désespérément cherché des solutions pour ces gens (...), de moins en moins de pays à travers le monde sont prêts à accueillir des réfugiés", a-t-il dit.

- Centre de détention -

Le président rwandais, Paul Kagame, avait proposé dès novembre 2017 d'accueillir des Africains bloqués en Libye, dans la foulée d'un reportage de CNN montrant ce qui ressemblait à un marché d'esclaves.

La question a une nouvelle fois pris de l'importance dernièrement après la mort en juillet de 40 personnes, tuées par une frappe aérienne sur un centre de détention de migrants à Tajoura, dans la banlieue-est de Tripoli.

Le gouvernement rwandais se dit prêt à accueillir dans son centre de transit jusqu'à 30.000 Africains bloqués en Libye, mais uniquement par groupes de 500, afin d'éviter que le pays ne soit débordé.

"C'est un moment historique, parce que des Africains tendent la main à d'autres Africains", s'est réjouie Amira Elfadil, commissaire de l'UA aux Affaires sociales. "Je suis convaincue que cela fait partie des solutions durables".

L'UA espère que d'autres pays africains accepteront de fournir une aide similaire.

Depuis 2017, le HCR a "évacué" plus de 4.400 réfugiés et demandeurs d'asile depuis la Libye, dont 2.900 via un centre de transit au Niger et 425 via un centre de transit en Roumanie.

Mais l'agence onusienne a été critiquée pour sa gestion des mécanismes de transit. Le centre de transit au Niger a rapidement été surpeuplé, tandis que les demandes d'asile ont été traitées avec lenteur.

Le Rwanda et le HCR ont "appris de l'expérience au Niger, et nous avons amélioré la procédure", a soutenu M. Chanda, reconnaissant toutefois que "le processus sera très long".

Selon Hope Tumukunde Gasatura, les réfugiés et demandeurs d'asile seront accueillis dans des installations qui ont déjà été utilisées par des réfugiés burundais fuyant la crise dont leur pays est le théâtre depuis 2015.

Accueil temporaire des migrants africains bloqués en Libye

Accueil temporaire des migrants africains bloqués en Libye
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:59 0:00

Le Rwanda va accueillir des réfugiés africains bloqués en Libye

Un passport pour réfugier au Rwanda.

Le Rwanda a signé mardi un accord avec l'Union africaine (UA) et le Haut Commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR) en vue d'accueillir temporairement des réfugiés et demandeurs d'asile africains bloqués en Libye, un accord que l'UA espère répliquer avec d'autres nations du continent.

"Nous recevrons un nombre initial de 500 (personnes) dans quelques semaines", a déclaré Hope Tumukunde Gasatura, représentante permanente du Rwanda à l'UA, lors d'une conférence de presse à Addis Abeba, aux côtés de représentants de l'organisation panafricaine et du HCR.

Ce premier groupe est "composé principalement de personnes originaires de la Corne de l'Afrique", ont précisé l'UA et l'ONU dans un communiqué. Elles seront accueillies dans un centre de transit au Rwanda avant d'être relocalisées dans d'autres pays ou, si elles le veulent, retourner dans leur propre pays.

Germaine Kamayirese, la ministre rwandaise chargée des mesures d'Urgence, a déclaré à la presse à Kigali que certains réfugiés "pourraient recevoir l'autorisation de rester au Rwanda".

En raison du chaos qui a suivi la chute de l'ancien dictateur Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est devenue un point de passage important pour les migrants originaires d'Afrique subsaharienne cherchant à rejoindre l'Europe.

L'ONU estime que 42.000 réfugiés africains se trouvent actuellement en Libye, a affirmé Cosmas Chanda, représentant du HCR auprès de l'UA. "Nous avons désespérément cherché des solutions pour ces gens (...), de moins en moins de pays à travers le monde sont prêts à accueillir des réfugiés", a-t-il dit.

Centre de détention

Le président rwandais, Paul Kagame, avait proposé dès novembre 2017 d'accueillir des Africains bloqués en Libye, dans la foulée d'un reportage de CNN montrant ce qui ressemblait à un marché d'esclaves.

La question a une nouvelle fois pris de l'importance dernièrement après la mort en juillet de 40 personnes, tuées par une frappe aérienne sur un centre de détention de migrants à Tajoura, dans la banlieue-est de Tripoli.

Le gouvernement rwandais se dit prêt à accueillir dans son centre de transit jusqu'à 30.000 Africains bloqués en Libye, mais uniquement par groupes de 500, afin d'éviter que le pays ne soit débordé.

"C'est un moment historique, parce que des Africains tendent la main à d'autres Africains", s'est réjouie Amira Elfadil, commissaire de l'UA aux Affaires sociales. "Je suis convaincue que cela fait partie des solutions durables".

L'UA espère que d'autres pays africains accepteront de fournir une aide similaire.

Depuis 2017, le HCR a "évacué" plus de 4.400 réfugiés et demandeurs d'asile depuis la Libye, dont 2.900 via un centre de transit au Niger et 425 via un centre de transit en Roumanie.

Mais l'agence onusienne a été critiquée pour sa gestion des mécanismes de transit. Le centre de transit au Niger a rapidement été surpeuplé, tandis que les demandes d'asile ont été traitées avec lenteur.

Le Rwanda et le HCR ont "appris de l'expérience au Niger, et nous avons amélioré la procédure", a soutenu M. Chanda, reconnaissant toutefois que "le processus sera très long".

Selon Hope Tumukunde Gasatura, les réfugiés et demandeurs d'asile seront accueillis dans des installations qui ont déjà été utilisées par des réfugiés burundais fuyant la crise dont leur pays est le théâtre depuis 2015.

Voir plus

XS
SM
MD
LG