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Togo

L'opposant en grève de la faim hospitalisé au Togo

L'opposant Habia en grève de la faim au Togo (vidéo)
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Nicodème Habia, opposant togolais en grève de la faim depuis deux semaines, a été admis dans une clinique de Lomé, sa santé s'étant dégradée.

L’opposant est en grève de la faim pour exiger la libération des détenus politiques. Il devait être évacué par ambulance vers le Ghana.

L’opposant togolais Nicodème Habia en grève de la faim depuis deux semaines est évacué par ambulance vers le Ghana, à Lomé, 2 octobre 2018. (VOA/Kayi Lawson)
L’opposant togolais Nicodème Habia en grève de la faim depuis deux semaines est évacué par ambulance vers le Ghana, à Lomé, 2 octobre 2018. (VOA/Kayi Lawson)

"M. Habia devrait suivre des soins à Accra (Ghana), mais l'ambulance qui le transportait n'a pu traverser la frontière", a expliqué à l'AFP Achille Mensah, son conseiller en communication.

"Les agents du service d'immigration togolais ont estimé qu'ils n'étaient pas au courant de son évacuation, alors qu'on avait toutes les autorisations", a-t-il précisé, soulignant que les tractations pour son évacuation au Ghana étaient toujours en cours.

L'opposant avait commencé devant l’ambassade des Etats-Unis avant de s'installer devant l’ambassade du Ghana au Togo.

Le Ghana avait envoyé un avion médicalisé pour évacuer l’opposant mal en point, mais les autorités togolaises y ont opposé un refus.

Interrogé sur la question sur une radio locale, le ministre de la Sécurité Yark Damehane a estimé que l’opposant Habia faisait de la comédie.

La coordinatrice de la Coalition de 14 partis, la C14, rencontrée sur les lieux a dénoncé une tentative d’assassinat. Pour elle, la manière de procéder du gouvernement ne va pas dissuader les opposants à continuer la lutte.

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Campagne électorale pour le scrutin du 30 juin

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Bilan de la contractualisation des hôpitaux publics togolais

Entrée de l'hôpital secondaire de Be, à Lomé, le 19 octobre 2017.

Les hôpitaux publics n’ont pas bonne réputation au Togo. L'accueil dans ces établissements laisse à désirer et la population manque de confiance dans le personnel soignant.

Pour redorer le blason des centres sanitaires publics, le ministère de la Santé a opté pour la contractualisation de ces hôpitaux, lancée en 2017. Deux ans après, l’heure est au bilan.

Le Togo s’est inscrit, depuis deux années, dans une approche contractuelle pour ses services de santé. L’objectif est d’améliorer le système de santé en assainissant la gestion des finances des hôpitaux.

Après la phase pilote qui a concerné une dizaine de centres hospitaliers, le bilan est satisfaisant explique le ministre togolais de la santé, le professeur Moustapha Mijiyawa : "cette contractualisation a beaucoup assaini la gestion des finances des hôpitaux".

"Cela a beaucoup impacté les taux de consultation et de fréquentation, les maternités et l’aspect prise en charge chirurgicale. Maintenant, il s'agit d’équiper et de réhabiliter les différentes formations sanitaires. Cet ensemble de mesures va nous permettre de mettre en place un système de santé de base robuste et correct pour nos populations", soutient-il.

Reconnaissant que la contractualisation a contribué à une certaine amélioration des services dans les hôpitaux publics, certains Togolais appellent à plus d’humanisme dans les centres sanitaires.

"On a senti qu’il y a une nette amélioration de la vie sanitaire. Si il fallait améliorer quelque chose, c’est l’accueil. Il faut que tout le monde soit traiter de la même manière", ont expliqué des Togolais à VOA Afrique.

En visite au Togo à la fin du mois d’avril, la directrice région Afrique de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a estimé que grâce à la contractualisation, le Togo peut augmenter le budget alloué au secteur de la santé.

"Nous constatons dans beaucoup de pays -y compris ici au Togo- qu’il y a lieu d’augmenter l’allocation de budget public dans le système de santé", a déclaré la docteur Matshidiso Moeti.​

"Je suis très satisfaite, le pays est en bonne voie. Nous, en tant qu'Organisation Mondiale de la Santé, nous allons appuyer ce processus avec les hôpitaux".

Selon les résultats rendus publics par le ministère de la santé, la disponibilité des médicaments dans les centres contractualisés est supérieure à 95%. En ce qui concerne les chiffres d’affaires, ils ont connu une progression entre 22 et 69% selon les centres de santé.

Le gouvernement togolais veut redorer le blason des hôpitaux publics

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Me Célestin Agbogan explique les cas de violences au Togo

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"Recrudescence alarmante" des violations des droits de l'Homme (ONG)

"Togo mort" dans les rues de Lomé, le 4 décembre 2018.

Les violations des droits de l'Homme ont connu une "recrudescence alarmante" au Togo ces derniers mois, selon la Ligue Togolaise des Droits de l'Homme (LTDH) dans son dernier rapport consacré à ce pays.

Les faits collectés et présentés dans le document couvrent une période de huit mois, d'août 2018 au 13 avril 2019, date des dernières manifestations contre le pouvoir.

Selon la LTDH, cinq personnes ont été tuées dont trois par balle pendant des manifestations de l'opposition au cours de cette période.

Parmi les victimes, figure un enfant de 12 ans, Moufidou Idrissou, "froidement abattus à Togblékopé (banlieue-nord de Lomé) par une arme à feu par des éléments des forces armées" le 8 décembre, à la veille des élections législatives, souligne le rapport intitulé "Togo : La Terreur contre le Peuple".

La LTDH dénonce pêle-mêle "des atteintes à l'intégrité physique, des maltraitances psychologiques, des destructions, extorsions de biens, pillages et vols, des entraves aux libertés publiques et les mauvaises conditions de vie des personnes" détenues dans le cadre des manifestations de l'opposition.

Selon l'ONG, respectée au sein de la société civile togolaise, les manifestants arrêtés sur les lieux de manifestations par les forces de sécurité "subissent de sérieuses et graves atteintes à leur intégrité physique".

"Des coups de matraques, des bastonnades et autres traitements inhumains et cruels, en l'occurrence de coups de pieds, sur des endroits sensibles de leur corps sont monnaie courante", selon les termes du document.

Quelque 78 personnes arrêtées dans le cadre des manifestations de l'opposition, sont toujours incarcérées, n'ayant pas bénéficié de deux vagues de grâces présidentielles.

Par ailleurs, la LTDH a formulé une série de recommandations notamment à l'endroit de l'Etat togolais, des organisations onusiennes et la communauté internationale et des organisations de défense des droits de l'Homme.

Elle demande l'ouverture d'une "enquête indépendante sur les multiples cas de tortures" et la libération tous les détenus arrêtés dans le cadre des manifestations ainsi que les leaders du Parti National Panafricain (PNP, opposition).

La Ligue invite la communauté internationale à "s'impliquer réellement dans la résolution définitive de la crise togolaise tout en évitant le parti-pris".

Le Togo a été secoué par une importante crise politique entre 2017 et 2018, et des dizaines de milliers de personnes sont régulièrement descendues dans les rues pour demander la démission du président Faure Gnassingbé, et la limitation rétroactive du nombre de mandats présidentiels.

Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005, a succédé à son père, le général Eyadema Gnassingbé, qui a dirigé le pays d'une main de fer pendant 38 ans. Début mai, les députés togolais ont voté une révision constitutionnelle permettant au chef de l'Etat de se représenter en 2020 et 2025 et lui garantissant une immunité à vie “pour les actes posés pendant les mandats présidentiels".

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