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L'ONU tente d'obtenir un accès humanitaire dans le Sud-ouest syrien


Frappes aériennes des forces du régime syrien à l'est de la ville de Daraa le 5 juillet 2018.

Plusieurs membres du Conseil de sécurité de l'ONU tentaient jeudi de faire pression sur la Russie pour obtenir un accès humanitaire dans le sud-ouest de la Syrie, soumise à d'intenses bombardements de l'armée syrienne appuyés par Moscou.

Dans un nouveau communiqué, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a affirmé que "750.000 vies étaient en danger" dans cette région et que le nombre de personnes déplacées atteignait 325.000.

Comme dans ses précédents communiqués publiés depuis le début de l'offensive du régime syrien le 19 juin, il demande "une suspension immédiate des hostilités et la reprise de négociations". Il réclame que "les Nations unies soient autorisées à mener sans délai supplémentaire des livraisons humanitaires à travers les frontières" pour les populations en Syrie.

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Lors d'une réunion d'urgence convoquée dans la matinée par le Koweït et la Suède, présidente en exercice en juillet du Conseil de sécurité, les partenaires de la Russie devaient "exhorter les parties à intensifier les efforts pour permettre à des convois humanitaires venant de Jordanie" d'accéder au sud-ouest syrien, a indiqué avant la rencontre l'ambassadeur suédois Olof Skoog.

La Suède et le Koweït demandent l'arrêt des bombardements, la protection des civils et l'acheminement d'aide humanitaire, avait expliqué auparavant en Suède Annika Söder, une responsable du ministère suédois des Affaires étrangères.

"Cette guerre honteuse doit finir et déboucher sur une solution politique qui dépend essentiellement de la volonté des grandes puissances. Les Etats-Unis et la Russie peuvent régler le problème et gérer une transition vers une solution non seulement pacifique, mais juste", a-t-elle souligné.

Selon un diplomate s'exprimant sous couvert d'anonymat, l'une des difficultés du moment pour faire baisser les violences est justement que "les Américains sont en retrait" sur le dossier syrien.

Peu de concret est attendu de la réunion de l'ONU.

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Interrogé pour savoir pourquoi les discussions étaient à huis clos, Olof Skoog a répondu que "le monde était bien au courant de la situation sur place". "On doit voir ce que le Conseil peut faire et parfois c'est mieux fait dans une réunion fermée", a-t-il ajouté.

"Il est important que l'assistance humanitaire à travers la frontière, en provenance de Jordanie, atteigne les réfugiés", a aussi fait valoir l'ambassadeur néerlandais Karel Van Oosterom, soulignant "la grave responsabilité de la Russie, garante d'une zone de désescalade" dans la région.

Les bombardements sur des objectifs civils "sont une claire violation de l'accord de désescalade", a renchéri l'ambassadeur français François Delattre.

"Toutes les parties doivent respecter leurs obligations", a-t-il insisté, en déplorant que l'évolution de la situation "ruine les efforts actuels pour un dialogue" politique vers une sortie de conflit.

Après avoir repris, depuis le 19 juin, de larges pans du territoire syrien grâce au soutien militaire de l'allié russe, le régime de Damas a désormais dans son viseur les provinces méridionales de Deraa et de Qouneitra.

Dans ses reconquêtes, le pouvoir a adopté une stratégie alliant bombardements meurtriers et négociations pour des accords dits de "réconciliation" qui s'apparentent à une capitulation.

Avec AFP

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