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Déluge de feu sur les zones rebelles de la province syrienne de Deraa

Les bâtiments endommagés dans la zone tenue par les rebelles, dans la ville de Deraa, en Syrie, le 15 juillet 2017.

Le régime syrien et son allié russe ont soumis à un déluge de feu les secteurs rebelles de la province de Deraa après l'échec des négociations avec les insurgés, une escalade inédite depuis le début de l'offensive sur cette région du sud du pays en guerre.

Toute la nuit de mercredi à jeudi, des "centaines" de missiles et de barils d'explosifs ont été lancés par les aviations syrienne et russe sur les zones rebelles notamment près de la ville de Deraa, chef-lieu de la province du même nom, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Et les frappes se poursuivent jeudi matin.

"Les avions syriens et russes tentent de transformer ces zones en enfer", a affirmé le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, en parlant d'un "bombardement hystérique sur la province de Deraa dans une tentative de faire plier les rebelles après leur refus de se soumettre aux conditions russes pour un arrêt des combats".

>> Lire aussi : Négociations autour d'accords de réconciliation au sud de la Syrie

Selon un correspondant de l'AFP à l'entrée de la ville de Deraa, le pilonnage, qui n'a pas cessé de la nuit, est le plus violent depuis le début le 19 juin de l'assaut lancé par le régime pour reprendre la totalité de la province, qui borde la frontière avec la Jordanie et le plateau du Golan en majeure partie occupé par Israël.

A la faveur des bombardements, les forces du régime ont réussi, pour la première fois depuis plus de trois ans, à prendre jeudi le contrôle d'un poste de sécurité à la frontière avec la Jordanie, selon l'OSDH.

D'après l'ONG, six civils dont une femme et quatre enfants ont été tués dans les violents bombardements sur la ville de Saida, dans l'ouest de la province.

- "La peur de tout" -

"Il s'agit de la nuit la plus dure et la plus violente depuis le début de l'offensive barbare du régime syrien et des forces d'occupation russes", a écrit sur Twitter le militant syrien Omar al-Hariri, présent dans la ville de Deraa.

"Depuis l'annonce de l'échec des négociations, les bombardements n'ont pas cessé un seul instant", a déclaré à l'AFP Samer Homsi, 47 ans, qui a fui la ville de Deraa avec sa femme et ses quatre enfants.

"Les gens ici vivent sous les arbres ou dans des tentes bondées, rien ne nous protège des frappes", déplore-t-il. "La situation est très difficile. Nous vivons au milieu des oliviers, dans la peur de tout, des bombardements, sans eau ou assistance médicale proche".

Les bombardements dans la province de Deraa avaient repris mercredi soir après l'annonce par les insurgés d'un échec des négociations avec la Russie qui cherche à convaincre les insurgés de rendre leurs armes.

Le régime a ouvert ce nouveau front dans le sud après avoir consolidé son pouvoir sur Damas et ses environs, en chassant rebelles et jihadistes, et avoir repris d'autres régions. Il contrôle actuellement plus de 60% du territoire syrien, selon l'OSDH.

Adoptant une stratégie alliant bombardements meurtriers et négociations parrainées par Moscou, le pouvoir du président Bachar al-Assad a reconquis une trentaine de localités rebelles dans la province de Deraa, notamment avec des accords dits de "réconciliation" qui s'apparentent à des capitulations.

- Réunion de l'ONU -

Mais les insurgés ont annoncé mercredi "l'échec" des négociations. Les Russes ont proposé que les rebelles remettent leurs artilleries lourde et moyenne et qu'ils rejoignent la vie civile ou s'enrôlent dans des forces progouvernementales antijihadistes.

Les Russes ont insisté pour que l'artillerie lourde (des rebelles) soit abandonnée en une seule fois, ce que les rebelles ont refusé.

Face à l'offensive du régime dans le sud, la communauté internationale se révèle, une nouvelle fois, impuissante.

Depuis 2011, toutes les initiatives internationales visant à trouver une solution au conflit en Syrie qui a fait plus de 350.000 morts ont échoué.

Le Conseil de sécurité de l'ONU doit tenir jeudi une réunion d'urgence à huis clos pour discuter de la situation dans le sud, selon des sources diplomatiques.

Les violences dans cette région ont fait entre 270.000 et 330.000 déplacés depuis le 19 juin, selon l'ONU, certains trouvant refuge près des frontières jordanienne et israélienne, où ils vivent dans un dénuement total.

Mais ni la Jordanie ni Israël ne veut les accueillir et, face au risque d'une crise humanitaire, l'organisation Human Rights Watch a appelé les deux pays à ouvrir leurs frontières.

Avec AFP

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Plan de relance européen: Lisbonne et Madrid veulent un accord en juillet

La chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez assistent à un sommet d'urgence des dirigeants de l'Union européenne sur l'immigration au siège de la Commission européenne à Bruxelles, en Belgique, le 24 juin 2018.

Les chefs des gouvernements portugais et espagnol ont appelé lundi leurs partenaires européens à adopter en juillet le plan de relance de l'UE destiné à surmonter la crise provoquée par la pandémie de coronavirus.

"Si nous voulons surmonter cette crise rapidement (...), nous devons trouver cet accord avec urgence", a déclaré le Premier ministre portugais Antonio Costa, à l'issue d'un entretien avec son homologue espagnol Pedro Sanchez.

"Je sais que ça va être une négociation difficile mais nous devons parvenir à un accord en juillet, lors du conseil des 17 et 18 juillet, portant sur le plan de relance et sur le budget pluriannuel", a insisté M. Sanchez lors d'une conférence de presse commune à Lisbonne.

Le prochain conseil européen, le premier sommet en face à face des 27 dirigeants de l'Union après le confinement, portera sur l'adoption à l'unanimité du plan de relance de 750 milliards d'euros proposé par la Commission européenne.

Cette proposition, jugé "intelligente et équilibrée" aussi bien par M. Costa que M. Sanchez, est adossée au budget à long terme de l'Union européenne (2021-2027) d'un montant de 1.100 milliards d'euros.

Le plan de relance, qui bénéficiera avant tout aux pays du Sud, les plus touchés par la crise du Covid-19, suscite de nombreuses réserves chez quatre pays surnommés "les frugaux": Pays-Bas, Autriche, Suède et Danemark.

Après avoir reçu son homologue espagnol, Antonio Costa doit rencontrer mardi à Lisbonne le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte, et prévoit ensuite de se rendre lundi prochain à La Haye pour s'entretenir avec le Premier ministre néerlandais Mark Rutte.

En parallèle, M. Sanchez s'est dit "raisonnablement optimiste" au sujet de la candidature de sa ministre de l'Economie Nadia Calviño à la présidence de l'Eurogroupe.

L'Espagnole, qui cherche à succéder au Portugais Mario Centeno, a le soutien de Lisbonne, a confirmé lundi M. Costa.

Tuberculose: Johnson & Johnson va baisser le prix d'un médicament

Un médecin examine un patient atteint de tuberculose dans un hôpital gouvernemental pour la tuberculose à Allahabad, en Inde, le 24 mars 2014. (AP Photo / Rajesh Kumar Singh)

Le groupe pharmaceutique américain Johnson & Johnson a annoncé qu'il baisserait à compter de lundi le prix de la bédaquiline, un médicament contre la tuberculose, une revendication de longue date des ONG.

Fin 2012, la bédaquiline (commercialisée sous le nom de Sirturo) est venue renforcer l'arsenal thérapeutique dont disposent les médecins face à la tuberculose, après son autorisation par l'agence américaine des médicaments (FDA).

Ce traitement est devenu en outre le premier médicament contre la tuberculose à être homologué en 40 ans.

Le groupe Johnson & Johnson va mettre la bédaquiline à la disposition du partenariat international Halte à la tuberculose au prix de 340 dollars américains (300 euros) par traitement de six mois dans 135 pays, contre 400 dollars précédemment.

Cette "initiative vise à toucher en 2020 au moins 125.000 patients et pourrait permettre aux programmes nationaux de lutte contre la tuberculose dans les pays à faible et moyen revenu d'économiser jusqu'à 16 millions de dollars", a indiqué dans un communiqué le partenariat Halte à la tuberculose.

Cette baisse, réclamée par les organisations non gouvernementales, "devrait permettre à davantage de personnes atteintes de formes multirésistantes de tuberculose d'accéder à ce médicament salvateur", a souligné Médecins Sans Frontières dans un communiqué.

L'ONG a précisé que l'accord allait faire baisser le prix de la bédaquiline à 1,50 dollar par jour, un montant qu'elle juge encore trop élevé. L'an dernier, elle avait lancé une campagne internationale pour exhorter le laboratoire américain à amener le prix à 1 dollar par jour dans les pays à faible revenu et certains pays à revenu intermédiaire.

La tuberculose se transmet par voie aérienne et est l'une des 10 premières causes de mortalité dans le monde, selon l'OMS. En 2018, 10 millions de personnes l'ont contractée dans le monde et 1,5 million en sont mortes (dont 251.000 porteuses du VIH).

Droits humains: Londres sanctionne 25 entités russes et 20 saoudiennes

Un espace de la sainte mosquée réservée aux femmes à la Mecque, Arabie saoudite, 8 septembre 2017. (VOA/Siriki Barro)

Le Royaume-Uni a annoncé lundi des sanctions contre 49 personnes et organisations, notamment russes et saoudiennes, dans le cadre d'un nouveau mécanisme mis en place par Londres pour punir les violations des droits humains.

Une liste noire a été publiée par le ministère des Affaires étrangères. Elle comprend notamment 25 Russes accusés d'être impliqués dans la mort en détention en 2009 de Sergueï Magnitski, juriste du fonds d'investissement Hermitage Capital. Parmi eux figure Alexandre Bastrykine, patron du puissant Comité d'enquête, organisme dépendant directement du Kremlin chargé des principales enquêtes.

La liste inclut aussi 20 Saoudiens soupçonnés d'avoir joué un rôle dans l'assassinat de l'éditorialiste Jamal Khashoggi en 2018 à Istanbul.

Y figurent aussi deux généraux birmans soupçonnés d'exactions envers la minorité musulmane des Rohingyas et deux organisations impliquées dans "du travail forcé, de la torture et des meurtres dans les camps de Corée du Nord".

Devant les députés, le ministre des Affaires étrangères Dominic Raab a décrit ces sanctions comme "un outil permettant de viser les auteurs (de violations des droits humains, ndlr) sans punir plus largement la population d'un pays".

Elles "envoient un message clair du peuple britannique à ceux qui ont du sang sur leurs mains, aux hommes de main des despotes, aux sbires des dictateurs: ils ne peuvent pas venir dans ce pays acheter des propriétés sur King's Road, venir faire leurs achats de Noël à Knightsbridge ou siphonner leur argent sale via les banques britanniques", a-t-il averti en référence à des quartiers chic de Londres, prisés des riches visiteurs étrangers.

Ce mécanisme permet au Royaume-Uni, centre financier où transitent ou sont placés des actifs appartenant à de nombreuses grandes fortunes de la planète, d'adopter de manière autonome des sanctions spécifiques aux droits humains, indépendant de l'ONU ou de l'Union européenne. Cela constitue une première pour le Royaume-Uni depuis sa sortie de l'UE en janvier dernier.

"Cela va permettre au Royaume-Uni de travailler de manière indépendante avec des alliés comme les Etats-Unis, le Canada, l'Australie et l'Union européenne", a précisé la diplomatie britannique.

Hausse des malades du coronavirus en Inde et aux Etats-Unis

Hausse des malades du coronavirus en Inde et aux Etats-Unis
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Sida: des progrès compromis par l'épidémie de Covid-19

Des professionnelles du sexe dans le quartier rouge de Harare au Zimbabwe, le 12 juin 2020. À mesure que le coronavirus se propage en Afrique, il menace de plus en plus ceux qui gagnent leur vie dans la rue, y compris les professionnel (le) s du sexe.

Le nombre de morts liées au sida a continué de baisser l'an dernier et l'accès aux traitements s'améliore, mais l'épidémie de Covid-19 risque de mettre ces progrès à mal dans les mois à venir, avertit lundi l'Onusida dans son rapport annuel.

En 2019, 690.000 personnes dans le monde sont mortes de maladies liées au sida, contre 770.000 personnes en 2018. C'est entre deux et trois fois moins qu'au pic de l'épidémie en 2004 (1,7 million de morts).

De même, la proportion de séropositifs qui ont accès aux traitements antirétroviraux ne cesse d'augmenter année après année.

Deux-tiers des séropositifs dans le monde (25,4 millions sur 38) suivent désormais ces traitements, qui permettent de ne plus transmettre le virus du sida s'ils sont pris correctement. C'est la plus haute proportion jamais atteinte, et c'est environ dix fois plus qu'au milieu des années 2000.

Mais l'épidémie de Covid-19 risque de provoquer un retour en arrière, craint l'agence de l'ONU dédiée à la lutte contre le sida.

"Selon les estimations d'une récente modélisation, une interruption totale de thérapie antirétrovirale pendant six mois pourrait entraîner plus de 500.000 morts supplémentaires de maladies opportunistes liées au sida (comme la tuberculose) en Afrique subsaharienne en 2020-2021", selon l'Onusida, qui avait déjà attiré l'attention sur ces estimations en mai, avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

"À l'heure où la propagation du nouveau coronavirus menace de submerger les capacités du système de santé, alors que le confinement réduit les déplacements et place l'économie sous tension, les personnes vivant avec le VIH et les plus exposées au risque de le contracter subissent l'interruption des services de santé et de lutte contre le VIH", poursuit le texte.

- Inégalités -

"Cette interruption pourrait empêcher la riposte mondiale au VIH d'atteindre ses engagements pour 2020", met en garde l'Onusida.

Cet objectif est résumé par la formule 90-90-90: que 90% des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut, que 90% de ces dernières soient sous traitement, et que parmi celles-ci, 90% aient une charge virale indétectable.

En 2019, ces proportions se montaient respectivement à 81%, 82% et 88%, avec des disparités régionales.

En outre, l'Onusida s'alarme des potentielles conséquences du confinement et des fermetures de frontières sur "la production et la distribution des médicaments".

"On estime que le coût final des traitements antirétroviraux produits en Inde (où est fabriquée la majeure partie des médicaments génériques, ndlr) pourrait être de 10% à 25% plus élevé que leur prix normal", selon le rapport.

"Comme l'épidémie de VIH avant elle, la pandémie de Covid-19 met en évidence les fragilités de notre monde, parmi lesquelles des inégalités économiques et sociales persistantes et des investissements de santé publique tristement inadaptés", écrit dans l'introduction le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres.

En 2019, quelque 1,7 million de nouvelles infections au virus du sida ont eu lieu dans le monde, soit une baisse de 23% depuis 2010.

"Cela s'explique en grande partie par une diminution conséquente de 38% dans l'est et le sud de l'Afrique, mais dans le même temps, les infections au VIH ont augmenté de 72% en Europe de l'est et en Asie centrale, de 22% au Moyen-Orient et dans le nord de l'Afrique et de 21% en Amérique latine", souligne la directrice exécutive de l'Onusida, l'Ougandaise Winnie Byanyima.

"Nous n'arriverons pas à atteindre nos objectifs pour 2020, réduire à moins de 500.000 le nombre de morts liés au sida et le nombre de nouvelles infections", déplore-t-elle.

Le rapport de l'Onusida est publié alors que s'est ouverte lundi la Conférence internationale sur le sida, organisée cette année à distance et via vidéo à cause de l'épidémie de Covid-19.

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