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Mali

L'ONU réclame des élections maliennes "libres et justes"

Le président malien par intérim, le colonel Assimi Goita, au centre, en compagnie de membres de la Cour suprême lors de sa prestation de serment à Bamako, le 7 juin 2021.

Une grande majorité des membres du Conseil de sécurité de l'ONU a réclamé lundi la tenue d'élections "libres et justes" au Mali en février 2022, sans la participation de ses dirigeants actuels. Les 15 veulent également une reconduction de la force de paix de la Minusma à effectifs constants.

Les 15 s'affirment également en faveur d'une reconduction de la force de paix de la Minusma à effectifs constants.

"Il est essentiel que les élections de février 2022 soient libres et justes et soient gérées par des autorités électorales compétentes et impartiales, en utilisant des processus transparents", a affirmé l'ambassadeur américain adjoint à l'ONU, Jeffrey DeLaurentis.

Un point de vue soutenu par le Mexique, la Norvège, l'Irlande ou le Niger. Plusieurs membres ont affirmé leur soutien à une prolongation pour un an, de la Minusma, la force des nations unies, dont le mandat arrive à expiration le 30 juin.

La Chine et le Vietnam ont précisé être en faveur d'un "maintien du plafond" du nombre des effectifs militaires et policiers actuellement autorisés, soit environ 15.000.

Après l'annonce de la fin de Barkhane et la suspension décidée début juin par Paris des opérations militaires conjointes entre la France et le Mali, la Russie a jugé "irresponsable à l'heure actuelle d'abandonner le pays à son sort, en envisageant de réduire l'aide militaire et financière qui lui est apportée".

Toutefois, les Etats-Unis ont, à nouveau,rejeté la demande de Paris et des pays africains de créer un bureau de soutien de l'ONU à la force antijihadiste G5 Sahel qui serait financé sur des contributions obligatoires des Nations Unies.

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Les Maliens rendent hommage à l'ancien président IBK

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Décès de l'ancien président malien Ibrahim Boubacar Keïta

Le président IBK parle à la population à Bamako, le 14 décembre 2019.

L'ancien président malien Ibrahim Boubacar Keïta est décédé dimanche à Bamako à l'âge de 76 ans, un an et demi après avoir été renversé par les militaires qui défient aujourd'hui une partie de la communauté internationale.

Entamée en 2013, la présidence d'IBK - comme il était couramment appelé - a largement coïncidé avec la tourmente dans laquelle le Mali est pris depuis l'année précédente.

M. Keïta avait été renversé en août 2020 par des militaires qui, après un deuxième coup d'Etat en mai 2021, invoquent les maux accumulés pendant l'ère IBK pour projeter de continuer à diriger le pays encore plusieurs années.

"Le président IBK est décédé ce matin à 09H00 (GMT et locales) à son domicile" dans la capitale, où il vivait retiré, à l'écart de la vie publique, a indiqué à l'AFP un membre de sa famille.

Cette information a été confirmée par plusieurs membres de sa famille et de son entourage. La cause du décès n'a pas été précisée.

Le décès est survenu "à la suite d'une longue maladie", a simplement indiqué dans un communiqué le gouvernement de transition malien, dirigé par le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga qui fut ministre d'IBK avant de devenir son opposant.

Le gouvernement de transition a, dans ce texte signé du ministre de l'Administration territoriale, le colonel Abdoulaye Maïga, salué "la mémoire de l'illustre disparu" et annoncé que les informations sur la cérémonie funéraire "feront l'objet d'un communiqué ultérieur".

Le chef de la diplomatie malienne Abdoulaye Diop s'est dit "attristé d'apprendre la disparition de l'ancien président Ibrahim Boubacar Keïta" et s'est incliné, dans un message sur Twitter, "avec une grande émotion devant sa mémoire".

Le président du Sénégal voisin, Macky Sall, a indiqué sur Twitter être "peiné d'apprendre le décès" de M. Keïta. L'ex-président du Niger Mahamadou Issoufou, camarade du défunt au sein de l'Internationale socialiste, a salué "un homme cultivé, un grand patriote et un panafricaniste".

Sanctions

La résidence de l'ancien président, située dans le sud-ouest de la capitale, était le théâtre dimanche après-midi d'un intense ballet de voitures de personnalités venues présenter leurs condoléances. Des policiers gardaient les entrées, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Ibrahim Boubacar Keïta avait été chassé du pouvoir après des mois de mobilisation au sein d'une population exaspérée par les violences en tous genres - jihadistes, communautaires ou crapuleuses -, par la faillite des services de l'Etat et par une corruption réputée galopante.

Il disparaît alors que les colonels qui l'ont renversé font voeu de remédier aux maux du pays et assurent avoir besoin de plusieurs années pour y parvenir et pouvoir tenir leur promesse initiale de rendre le pouvoir aux civils.

"Libysation" du Mali? L'avis de Mohamed Ali Lemrabott
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La junte étant revenue sur son engagement d'organiser le 27 février les scrutins présidentiels et législatifs devant ramener les civils à la tête du pays, la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) et l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) ont pris le 16 janvier une batterie de mesures économiques et diplomatiques vigoureuses à l'encontre du Mali.

Le pays est déjà plongé dans une grave crise sécuritaire et politique depuis le déclenchement d'insurrections indépendantiste et jihadiste en 2012.

M. Keïta, qui se réclamait de la gauche, a connu une ascension fulgurante sous Alpha Oumar Konaré, premier président (1992-2002) de l'ère démocratique du Mali. Il a notamment a été son Premier ministre de 1994 à 2000.

Prétendant malheureux à l'élection présidentielle de 2002, il avait tenu sa revanche en septembre 2013 en accédant au palais de Koulouba, siège de la présidence malienne à Bamako.

Il sera réélu en 2018 face à Soumaïla Cissé, alors leader de l'opposition et décédé en décembre 2020 du Covid-19.

Pluie de sanctions et d'amendes à la CAN

L'arbitre algérien Lahlou Benbraham fait des gestes pendant le match de football du groupe C de la Coupe d'Afrique des Nations (CAN) 2021 entre le Gabon et le Ghana au Stade Ahmadou Ahidjo à Yaoundé, le 14 janvier 2022.

Le Ghanéen Benjamin Tetteh a été suspendu trois matches pour avoir "agressé un joueur gabonais" à l'issue de leur match à la CAN (1-1), a annoncé samedi la Confédération africaine de football (CAF).

Le jury disciplinaire de la CAF "a décidé de suspendre Tetteh pour un match supplémentaire en plus de sa suspension automatique de deux matches", il est donc suspendu trois matches, est-il précisé dans un communiqué.

CAN 2021: résumé de la 5e journée
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Tetteh, entré en jeu en toute fin de match, a donné un coup de poing à un joueur gabonais dans une bagarre d'après-match. Il s'était éclipsé après son geste, mais la VAR l'a signalé à l'arbitre, l'Algérien Lahlou Benbraham, qui n'avait donc pas pu brandir le carton rouge sous le nez du joueur.

Le jury disciplinaire a par ailleurs rejeté une demande du Mali pour l'annulation du carton rouge d'El Bilal Touré, qui est donc bien suspendu deux matches.

Enfin le Gabon a été sanctionné d'une amende de 20.000 dollars pour avoir changé d'hôtel, enfreignant le règlement de la CAF.

Les Maliens dans la rue pour protester contre les sanctions

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Des milliers de Maliens dans la rue pour défendre leur patrie

Un homme avec le drapeau national malien se joint à une manifestation de masse à Bamako, le 14 janvier 2022, pour protester contre les sanctions imposées au Mali et à la junte par la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO). - (Pho

Les Maliens sont sortis massivement ce vendredi à Bamako et dans d’autres villes du pays, répondant à l'appel de la junte à manifester contre les sanctions ouest-africaines et les pressions internationales qui ne faiblissent pas.

À Bamako, des milliers de Maliens parés se sont massés sur la place de l'Indépendance.

Grosse affluence aussi sur la place Sankoré et devant la mosquée à Tombouctou, dans les rues de Kadiolo, frontalière de la Côte d’Ivoire et à Bougouni dans le sud du pays.

Les manifestants ont confié à l’AFP qu’ils sont descendus dans la rue pour défendre leur patrie.

Au même moment, le chef de la junte et président de transition, le colonel Assimi Goïta, a validé un "plan de riposte" gouvernemental aux sanctions ouest-africaines, ont indiqué ses services sur Facebook.

Ils soulignent que ”l’objectif dudit plan n’est pas d’être dans une posture de bras de fer" avec les organisations ouest-africaines, et le Mali reste "ouvert au dialogue”.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a dit jeudi travailler avec la Cédéao et l'Union africaine pour créer les conditions d'un retour de la junte à une position "raisonnable et acceptable”, tout en réclamant du gouvernement malien un calendrier électoral “acceptable”.

Il rappelle que la Cédéao pourrait alors lever graduellement les sanctions. La junte a demandé jusqu'à cinq années supplémentaires pour organiser des élections incontestables.

Elle s'est dite incapable actuellement d'appeler les Maliens aux urnes en invoquant l'insécurité persistante sur un territoire dont les deux tiers échappent au contrôle des autorités. Elle réclame le temps de mener à bien des réformes essentielles selon elle et d'organiser des élections incontestables.

Le Mali, déjà plongé dans une grave crise sécuritaire et politique depuis le déclenchement d'insurrections indépendantiste et jihadiste en 2012, fait face depuis dimanche à de lourdes sanctions de la Cédéao. Celles-ci punissent le projet des militaires de continuer à gouverner pendant plusieurs années, et l'engagement révoqué d'organiser en février 2022 des élections qui auraient ramené les civils à la tête du pays.

Des partenaires du Mali aussi importants que la France et les Etats-Unis ont apporté leur soutien aux sanctions ouest-africaines. Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a indiqué jeudi que l'UE allait prendre des dispositions "dans la même ligne" que la Cédéao.

La fermeture des frontières de la Cédéao, l'embargo sur les échanges commerciaux (hors produits de première nécessité) et sur les transactions financières ainsi que le gel des avoirs maliens dans les banques ouest-africaines menacent dangereusement l'économie d'un pays parmi les plus pauvres du monde, éprouvé par les violences et la pandémie, enclavé et fortement tributaire des ports ouest-africains du Sénégal et de Côte d'Ivoire.

Des compagnies ouest-africaines ainsi qu'Air France ont suspendu leurs vols vers Bamako. Le pays risque l'asphyxie faute de liquidités. Le Mali n'a pas pu réaliser une opération sur le marché financier régional mercredi. Il est "coupé du reste du monde", dit Kako Nubukpo, commissaire pour l'Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa).

Les sanctions ont suscité un concert de réprobations au Mali. La Cédéao est accusée d'être l'instrument de puissances étrangères et un club dépassé de dirigeants coupés des populations.

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