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L'ONU "préoccupée" par la suspension de chaînes TV au Kenya


Le juge de la Cour suprême kényane, David Maraga à la à Nairobi, le 11 décembre 2017.

Les Nations unies se sont dites "préoccupées" par la décision du gouvernement kényan d'ignorer un jugement autorisant les trois principales chaînes de télévision privées du pays, suspendues pour avoir voulu retransmettre l'investiture symbolique de l'opposant Raila Odinga comme "président du peuple", à reprendre leurs diffusions.

Après cette prestation de serment symbolique de l'opposant Raila Odinga, qui refuse de reconnaître la réélection en 2017 du président Uhuru Kenyatta, les autorités ont également arrêté deux figures de l'opposition ayant participé à l'événement, dont une vendredi lors d'un raid spectaculaire contre son domicile.

Citizen TV, NTV et KTN News, les trois principales chaînes privées du Kenya, sont inaccessibles sur le petit écran depuis mardi - même si elles continuent de diffuser sur internet. Les autorités les accusent de "complicité" dans une "tentative parfaitement orchestrée de renverser le gouvernement", la diffusion de la prestation de serment symbolique ayant préalablement été interdite par les autorités.

>> Lire aussi :La Haute Cour suspend l'interdiction de diffusion de trois médias au Kenya

"Nous sommes préoccupés par le fait que trois chaînes de télévision restent suspendues (...) malgré une décision en référé" rendue jeudi par la Haute Cour de Nairobi, saisie par la société civile, a déclaré à Genève Rupert Colville, porte-parole du Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme.

Selon l'activiste kényan ayant saisi la justice dans cette affaire, Okiya Omtatah, des policiers bloquent l'accès au bâtiment de l'autorité des communications à toute personne souhaitant y déposer la décision de justice, processus officiel nécessaire à son application.

Jeudi, la porte-parole de la diplomatie américaine Heather Nauert avait exprimé sa "profonde inquiétude" face aux "mesures du gouvernement pour fermer" et "intimider" les médias, mais avait aussi critiqué "l'auto-investiture" de M. Odinga. "Les contestations doivent être résolues à travers les mécanismes légaux appropriés".

Le président de la Commission de l'Union africaine Moussa Faki a lui critiqué vendredi l'investiture de M. Odinga, assurant "rejeter toute action qui mine l'ordre constitutionnel et l'état de droit", sans pour autant s'exprimer sur la suspension des chaînes de télévision, vue par de nombreuses ONG comme une atteinte à la liberté de la presse.

Après l'arrestation mercredi du député d'opposition TJ Kajwang, qui devrait être inculpé de trahison et rassemblement illégal pour sa participation dans la prestation de serment symbolique de M. Odinga, la police a interpellé vendredi Miguna Miguna, une figure d'opposition connue pour ses déclarations provocatrices.

A l'aube, c'est à l'aide d'explosifs que la police a débusqué chez lui M. Miguna, dans un quartier huppé de Nairobi. Un tribunal de Nairobi a ensuite ordonné sa libération, dans l'attente d'une nouvelle comparution lundi.

>> Lire aussi : Le bloquage de chaînes de TV au Kenya a "violé" le droit à l'information selon le HRW

Miguna Miguna et TJ Kajwang ont joué un rôle important dans l'investiture symbolique de M. Odinga. Les deux hommes se trouvaient à ses côtés alors que les principaux responsables de la coalition d'opposition Nasa - dont le colistier de M. Odinga à la présidentielle 2017, Kalonzo Musyoka - avaient décidé de ne pas participer à cette bravade.

La présidentielle kényane de 2017, marquée notamment par l'annulation en justice d'un premier vote en août, a été accompagnée de mois de troubles qui ont fait 92 morts, selon des défenseurs des droits de l'Homme, principalement dans la répression de manifestations de l'opposition.

Avec AFP

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