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L'ONU dénonce un nombre "extrêmement élevé d'exécutions extrajudiciaires présumées" au Venezuela

La Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Michelle Bachelet avec le président vénézuélien, Nicolas Maduro.

La Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme a dénoncé le nombre "extrêmement élevé" d'exécutions extrajudiciaires présumées au Venezuela dans un rapport aussitôt dénoncé par le gouvernement de Nicolas Maduro comme étant truffé d'"erreurs" et d'"imprécisions".

Le gouvernement vénézuélien, qui se réclame de l'héritage du défunt président Hugo Chavez, a mis en oeuvre une stratégie "visant à neutraliser, réprimer et incriminer les opposants politiques et les personnes critiquant le gouvernement" au cours des dix dernières années, et surtout depuis 2016, accuse Michelle Bachelet dans un rapport qui fait suite à sa visite à Caracas le mois dernier.

"Selon le rapport, le nombre d'exécutions extrajudiciaires présumées par les forces de sécurité, en particulier les forces spéciales (FAES), dans le cadre d'opérations de sécurité est extrêmement élevé", déclare également le Haut-Commissariat dans un communiqué.

Les FAES sont un corps d'"élite" de la police nationale créé en 2017 "pour combattre la criminalité". De noir vêtus, surentraînés et surarmés, ses agents sont redoutés par les Vénézuéliens. L'organisation de défense des droits de l'homme PROVEA dénonce leurs descentes "violentes", notamment dans les quartiers les plus pauvres.

Dans son rapport, Michelle Bachelet, ancienne présidente du Chili, appelle à leur "dissolution".

Le rapport indique qu'en 2018, 5.287 personnes ont été tuées pour "résistance à l'autorité" au cours de ces opérations de sécurité, selon des chiffres "fournis par le gouvernement" vénézuélien. Entre le 1er janvier et le 19 mai de cette année, 1.569 autres personnes ont été tuées, toujours selon Caracas.

"Le nombre de ces décès est anormalement élevé", note le rapport, qui souligne que d'après ses informations, "nombre de ces exécutions pourraient constituer des exécutions extrajudiciaires".

Le Venezuela traverse depuis des mois une profonde crise politique, avec la lutte entre le président Nicolas Maduro et l'opposant Juan Guaido, qui s'est proclamé président par intérim et a été reconnu comme tel par une cinquantaine de pays, dont les Etats-Unis.

Le pays est aussi en proie à une grave crise économique, aggravée par un embargo pétrolier et des sanctions financières imposés par Washington pour tenter de chasser M. Maduro du pouvoir, et souffre de pénuries de nourriture et de médicaments.

- "Violations graves" -

Le Haut-Commissariat appelle par ailleurs Caracas à prendre des "mesures immédiates et concrètes pour mettre fin aux graves violations des droits économiques, sociaux, civils, politiques et culturels".

Il souligne qu'"une série de lois, de politiques et de pratiques ont restreint l'espace démocratique, démantelé les contre-pouvoirs institutionnels et donné libre cours à des schémas de violations graves".

"Des groupes civils armés progouvernementaux, appelés +colectivos+, ont contribué à la détérioration de la situation en exerçant un contrôle social et en aidant à réprimer les manifestations", explique l'organe onusien, qui a recensé 66 morts lors de manifestations entre janvier et mai 2019, dont 52 attribuables aux forces de sécurité gouvernementales ou aux "colectivos".

Le rapport note également qu'au 31 mai, 793 personnes étaient privées arbitrairement de leur liberté et que, jusqu'à présent cette année, 22 députés de l'Assemblée nationale ont été privés de leur immunité parlementaire, dont son président Juan Guaido qui tente de déloger Nicolas Maduro du pouvoir depuis janvier.

Face à ce cinglant rapport, le gouvernement vénézuélien a aussitôt réagi en épinglant ses "innombrables imprécisions, erreurs, décontextualisations et fausses affirmations".

Le texte, affirme-t-il dans un long argumentaire en 70 points, n'offre qu'une "vision sélective et ouvertement partiale" de la situation des droits humains au Venezuela.

Sans revenir sur le nombre de personnes tuées "pour résistance à l'autorité", le gouvernement chaviste explique que le parquet général est "au courant de 292 affaires survenues entre 2017 et 2019 dans lesquels 388 agents des FAES ont été impliqués pour homicide, traitement cruel et violation de domicile".

Avec AFP

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Viols dans le football : le patron de la Fédération haïtienne banni à vie

Yves Jean Bart rejette les accusations d'abus sexuels sur mineurs

La Fifa a banni à vie Yves Jean-Bart, président de la Fédération haïtienne de football accusé d'avoir violé des joueuses et notamment des mineures, dans l'une des affaires emblématiques des abus sexuels dans le sport.

Annoncée vendredi, la décision est identique à celle prise en juin 2019 contre le président de la fédération afghane pour des faits comparables : le dirigeant haïtien de 73 ans ne pourra plus exercer de fonctions dans le football, "au niveau national et international", et doit s'acquitter d'une amende d'un million de francs suisses (925.000 euros).

Alertée par une enquête du quotidien britannique The Guardian publiée en avril, la justice interne de l'instance l'a reconnu coupable d'avoir "abusé de sa position" pour "harceler sexuellement et agresser plusieurs joueuses, y compris mineures".

Témoignant de pressions subies pour garder le silence, des victimes présumées avaient évoqué auprès du journal de multiples agressions commises sur plusieurs années. Sous couvert d'anonymat, elles avaient affirmé qu'au moins deux joueuses mineures avaient avorté suite à des viols commis par Yves Jean-Bart dans le centre national d'entraînement.

La Fifa poursuit par ailleurs son enquête contre "d'autres responsables de la Fédération haïtienne de football (FHF)", impliqués "dans des actes d'abus sexuel systématiques contre des joueuses entre 2014 et 2020", en tant "qu'auteurs, complices ou instigateurs".

- Blanchi au pénal -

La chambre d'instruction de sa commission d'éthique avait suspendu fin août Nella Joseph, superviseuse auprès des jeunes filles au centre technique national de Croix-des-Bouquets, et Wilner Etienne, directeur technique national de la FHF. Mi-octobre, elle avait "élargi le périmètre de l'instruction" à Yvette Félix, ex-capitaine de la sélection haïtienne et entraîneure adjointe à Croix-des-Bouquets.

M. Jean-Bart, indéboulonnable patron de la FHF pendant deux décennies et reconduit en février pour un sixième mandat, a aussitôt dénoncé "une parodie de justice et une mesure purement politique".

"La Fifa n'a pas examiné les preuves réelles", a assuré le dirigeant haïtien, invoquant l'ordonnance de non-lieu venue boucler l'enquête pénale ouverte dans le même dossier en Haïti.

Dans ce document de cinq pages rendu public vendredi, il est notamment précisé qu'"en dépit des moyens mis à la disposition de la BPM (brigade de protection des mineurs, NDLR) pour mener cette enquête, aucun indice et aucun nom (de victime) n'ont été retrouvés".

Niant depuis le départ les accusations portées contre lui, il avait déjà porté plainte à Paris contre le journaliste français co-auteur de l'enquête du Guardian, et peut désormais contester la décision de la Fifa auprès du Tribunal arbitral du sport.

- 'Un début' -

"Nous avons reçu de multiples allégations au sujet de hauts responsables de la FHF, qui auraient délibérément et de façon répétée utilisé leur position pour attirer de jeunes enfants, souvent issus de milieux défavorisés, les manipuler et les abuser sexuellement et émotionnellement", a dénoncé dans un communiqué le syndicat mondial des joueurs FIFPro.

Rendant hommage à la "force et la bravoure" des joueuses concernées, qui ont "pris tant de risques pour protéger les générations futures", son secrétaire général Jonas Baer-Hoffmann a estimé que l'exclusion à vie d'Yves Jean-Bart ne devrait "être qu'un début".

"Le monde du football ne peut plus feindre le choc et la surprise quand ces affaires surviennent : nous devons désormais nous rassembler, analyser les raisons structurelles et les lacunes de la gouvernance qui permettent de tels abus".

Outre les accusations d'agressions sexuelles portées par au moins cinq joueuses afghanes contre le président de leur fédération, le football a été secoué par un gigantesque scandale de pédophilie en Angleterre - deux affaires révélées par le Guardian en 2016 et 2019.

Mais du patinage artistique au tennis en passant par la natation et très récemment le judo français, les affaires d'abus sexuels n'épargnent guère de discipline, posant à chaque fois la question de la vulnérabilité des athlètes face à leurs entraîneurs ou dirigeants, et de l'inaction des instances.

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