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L'OIM ouvre un nouveau centre pour les enfants migrants à Niamey

Migrants à Agadez au Niger le 4 juin 2018.

L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a ouvert un nouveau centre à Niamey, où des enfants migrants non accompagnés et des familles seront hébergés en attendant d'être rapatriés dans leur pays d'origine, a appris lundi l'AFP.

"Ce nouveau centre renforcera davantage notre assistance en matière de protection des migrants vulnérables", a déclaré la chef de mission de l'OIM au Niger, Barbara Rijks, dans un communiqué.

Le nouveau centre, qui est fonctionnel depuis jeudi, accueillera, en plus des enfants non accompagnés (jusqu'ici placés seuls dans un petit centre), des familles avec enfants qui cohabitaient dans un autre lieu avec des migrants adultes, précise le communiqué.

En regroupant sous le même toit les enfants non accompagnés et les familles de migrants, l'OIM "expérimente une nouvelle approche axée sur la promotion d'un environnement familial qui devrait avoir un impact positif sur leur réintégration à leur retour dans leur pays d'origine", explique-t-elle.

Dans ce centre "sécurisé", les enfants migrants ont accès aux "services de base" et à "un soutien psychosocial", assure l'agence onusienne.

En 2018, 1.473 enfants migrants accompagnés et 346 enfants migrants non accompagnés ont été assistés dans ses six centres à Arlit, Dirkou, Agadez (nord) et Niamey, selon les chiffres de l'OIM.

Les migrants qui le désirent sont acheminés vers leur Etat d'origine dans le cadre du programme d'aide au retour et à la réintégration (AVRR) initié par l'Union européenne et l'OIM.

Les enfants migrants non accompagnés sont principalement originaires de la Guinée-Conakry (57%), du Mali (10%) et de la Côte d'Ivoire (8%), note l'agence onusienne. Au Niger, l'OIM collabore avec notamment un juge et l'UNICEF pour la recherche de la famille (des enfants) dans le pays d'origine, souligne l'OIM.

Fin juin, l'OIM a annoncé avoir secouru depuis 2016 dans le désert nigérien près de 20.000 migrants africains, en route pour l'Europe, principalement via la Libye.

Le durcissement des mesures sécuritaires et pénales lancées en 2015 par le Niger ne décourage pas les migrants et passeurs qui désormais empruntent des pistes plus dangereuses, avait confié à l'AFP un élu d'Agadez, la grande ville du Nord nigérien, plaque tournante de l'immigration clandestine.

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Attaque de Chinégodar: 7.000 personnes ont fui la zone (HCR)

Un employé de MSF (Médecins sans frontières) examine des enfants souffrant de malnutrition dans un camp de réfugiés maliens situé à Chinegodar, dans l'ouest du Niger, près de la frontière malienne, le 4 février 2012.

Près de 7.000 personnes ont fui la zone de Chinégodar (ouest du Niger) après l'attaque du 9 janvier qui a tué 89 soldats, une des plus meurtrières de l'histoire du pays, a annoncé samedi le Haut-commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) dans un communiqué.

"Près de 7,000 personnes, dont un millier de réfugiés, ont fui l'insécurité et la violence, après la récente attaque contre la ville de Chinégodar, à une vingtaine de kilomètres de la frontière avec le Mali", selon le texte.

"Les témoignages recueillis mentionnent des populations civiles craignant pour leur vie, après un ultimatum de la part des groupes armés", selon le HCR. "Elles sont cibles d'attaques, d'enlèvements ou d'assassinats, tandis que leurs biens sont appropriés par ces groupes."

"Dans leur fuite, réfugiés et déplacés n'ont pu prendre que ce qu'ils portaient sur eux, laissant derrière eux leurs maisons et leurs biens.", selon le texte.

"Au Niger, environ 5.000 personnes ont fui vers les villes de Banibangou et Oualam, où 7.326 Maliens sont déjà refugiés. Au Mali, près d'un millier de réfugiés nigériens, y compris des enfants non accompagnés, ont traversé la frontière et se trouvent désormais dans la ville d'Andéraboukane (...) dans la région de Ménaka qui accueille déjà 1.024 réfugiés nigériens depuis 2018", souligne le HCR.

Depuis 2018, l'ONU indique que l'insécurité persistante est un obstacle à l'acheminement de l'assistance d'urgence aux dizaines de milliers de déplacés de la région de Tillabéri. En octobre 2019, le HCR a compté 56.815 réfugiés maliens, 2.190 burkinabè et 78.044 déplacés internes dans les régions de Tillabéri et Tahoua (ouest), victimes d'attaques des groupes jihadistes sahéliens.

L'attaque de Chinégodar revendiquée par le groupe Etat islamique (EI), a coûté la vie à 89 soldats. C'est une de spires attaques de l'histoire du pays. En 2015, un raid Boko Haram sur l'île de Karamga, située sur le lac Tchad, avait coûté la vie à 46 soldats et 28 civils avec 32 disparus, selon le ministère nigérien de l'Intérieur)

L'attaque de Chinégodar est survenue un mois après celle d'Inates, dans la même région de Tillabéri, frontalière du Mali, qui avait coûté la vie à 71 soldats et traumatisé le pays. Le 25 décembre, une attaque à Sanam, également dans la même région de Tillaberi, a coûté la vie à 14 soldats nigériens.

Les trois attaques ont été revendiquées par l'EI. Le modus operandi des trois attaques est le même avec l'utilisation de motos et véhicules transportant des combattants armés puis une fuite vers le Mali.

Le président nigérien Mahamadou Issoufou a limogé le chef d'état-major des armées et le chef d'état-major de l'armée de terre après ces attaques.

Tout le Sahel - en particulier le Mali, le Niger et le Burkina - est visé par les assauts de plus en plus audacieux de groupes islamistes, en dépit du renforcement des armées locales et de la présence de 4.500 militaires français de la force antiterroriste Barkhane.

Selon l'ONU, les attaques jihadistes au Mali, au Niger et au Burkina ont fait 4.000 morts en 2019.

Heurts après l'interdiction d'une manifestation de soutien à l'armée et contre les bases étrangères

Le président nigérien Issoufou Mahamadou devant des militaires a la place d'armes de la zone de défense n°5 de Diffa, le 9 novembre 2019. (Crédit : Présidence de la république du Niger)

Des heurts sporadiques ont opposé vendredi après-midi à Niamey des petits groupes de manifestants aux forces de l'ordre après l'interdiction d'une rassemblement de soutien à l'armée et contre la présence des bases étrangères dans le pays, a constaté un journaliste de l'AFP.

Jeudi la mairie de Niamey avait décidé "d'interdire" notamment pour des raisons de "risques de trouble à l'ordre public", une manifestation d'organisations de la société civile pour "soutenir les Forces de défense et de sécurité nigériennes qui subissent de lourdes pertes dans la lutte anti-jihadiste et pour protester contre "la présence des bases étrangères" également engagées dans cette lutte.

Tôt ce matin, un important dispositif des forces de l'ordre a été déployé à plusieurs endroits de la capitale, dont la Place de la Concertation (en face du Parlement) où le meeting devait avoir lieu.

Des heurts ont éclaté en début d'après-midi entre des jeunes manifestants et les forces de l'ordre qui tentaient d'empêcher leur regroupement à coups de grenades lacrymogènes.

Organisés en petits groupes, les manifestants retranchés dans les ruelles des quartiers, ont riposté par des jets de pierres et en brûlant de pneus à certains carrefours.

"Notre manifestation est essentielle pour remonter d'avantage le moral de nos troupes, les galvaniser", avait expliqué la veille à la presse, Moussa Tchangari, un des organisateurs de la manifestation et figure de la société civile.

La manifestation visait également "à demander le départ des forces extérieures" notamment "la force Barkhane dont la présence constitue une menace sérieuse pour la souveraineté de tous les pays du Sahel", selon les organisateurs.

Mardi, le groupe Etat islamique a revendiqué l'attaque de Chinégodar, dans l'ouest du Niger (frontière malienne) qui a fait 89 morts, la plus meurtrière depuis le regain des attaques en 2015. "Au vu de l'hécatombe de Chinégodar, la CNDH s'interroge sur la sincérité de la collaboration militaire des pays alliés, lorsque des terroristes à pieds ou à motos circulent allègrement au vu et au su des drones", dit un communiqué la Commission nationale des droits humains.

Cette commission, composée de représentant du gouvernement et de la société civile, a réclamé "une commission d'enquête indépendante pour faire la lumière sur les massacres d'Inates et de Chinégodar".

71 soldats nigériens avaient été tués le 10 décembre 2017 à Inates, autre localité proche du Mali.

Niamey, qui combat aussi le groupe djihadiste nigérian Boko Haram dans le Sud, a toujours justifié la présence des forces américaines et françaises sur son sol par la nécessité de "sécuriser les frontières" contre des infiltrations de groupes djihadistes venant du Mali voisin.

Au Niger, la France possède une base sur l'aéroport de Niamey à partir de laquelle des avions de chasse et des drones armés depuis peu, opèrent. Les Etats Unis ont une importante base de drones armés à Agadez (nord).

En 2019, les attaques djihadistes ont fait 4.000 morts au Burkina, au Mali et au Niger,

La société civile appelle à manifester contre la présence des forces étrangères

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Revendication de l'attaque de Chinégodar par le groupe Etat islamique

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Limogeage du chef d’état-major des armées

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