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L'inquiétante dérive du président Lungu en Zambie

Le président de la Zambie Edgar Lungu, 13 septembre 2016.

Souvent louée pour son calme et sa stabilité politiques, la Zambie est secouée depuis plusieurs semaines par de vives tensions entre le président Edgar Lungu et le principal parti d'opposition, qui dénonce une dérive dictatoriale du régime.

A l'origine de ce climat délétère, il y a l'incarcération de l'adversaire numéro 1 du chef de l'Etat, Hakainde Hichilema, qui refuse toujours de concéder sa courte défaite face à M. Lungu lors de la présidentielle d'août dernier.

Ancien homme d'affaires reconverti dans la politique, M. Hichilema a été arrêté manu militari à son domicile en avril, initialement pour avoir tenté de bloquer le convoi présidentiel.

L'accusation a d'abord fait sourire, jusqu'à ce que le patron du Parti uni pour le développement national (UNPD) soit finalement inculpé de trahison, un crime qui exclut sa remise en détention et peut lui valoir jusqu'à la peine de mort.

Les critiques d'Edgar Lungu crient depuis au scandale et dénoncent un règlement de comptes politique.

"La Zambie peut désormais être qualifiée de dictature", ont déploré vendredi les chefs religieux du pays dans une déclaration aussi musclée qu'inhabituelle.

Avant eux, Amnesty International a dénoncé par la voix de son responsable régional Deprose Muchena une "persécution" destinée à "harceler, intimider et dissuader" M. Hichilema.

"L'arrestation d'Hakainde a d'abord été considérée comme une mesure d'intimidation du président Lungu mais la colère causée par sa détention monte", insiste auprès de l'AFP l'archevêque de Lusaka, Mgr Telesphore Mpundu.

- 'Comme un rat' -

Dès la campagne électorale de l'an dernier, le pays avait été le théâtre de violences inédites entre les partisans du Front patriotique (PF) de M. Lungu et ceux de l'UPND.

Edgar Lungu avait alors menacé de prendre des "mesures draconiennes" et à "sacrifier la démocratie" pour assurer la paix.

Très agacés par le refus de M. Hichilema de reconnaître leur légitimité, le chef de l'Etat et ses proches l'ont mis à plusieurs reprises publiquement en garde.

"Il doit savoir que nous le traiterons comme un rat que l'on veut attraper", avait menacé avant son arrestation le secrétaire général adjoint du PF, Mumbi Phiri.

Quelques jours plus tard, le régime est passé à l'action. Et mardi dernier, il a franchi un nouveau pas en faisant suspendre pour un mois une cinquantaine de députés de l'UPND qui avaient osé bouder un discours présidentiel devant le Parlement.

"L'opposition ne veut pas travailler avec ce gouvernement. Ce n'est pas de la critique constructive", justifie Alex N'goma, analyste politique à l'université de Zambie.

"Il faut voir ça (...) dans un contexte bien plus large", s'inquiète toutefois un de ses collègues, l'analyste politique Sishuwa Sishuwa.

"C'est un contexte où la presse indépendante a été muselée, où les acteurs non-étatiques comme les syndicats ou les organisations religieuses ont été réduits au silence et la liberté de parole de fait supprimée", poursuit-il sans détour.

- 'Pays souverain' -

Les tensions qui agitent la Zambie ont débordé sur la scène internationale le mois dernier, lorsque les autorités de Lusaka n'ont pas hésité à interdire d'entrée sur leur territoire le chef de l'opposition sud-africaine Mmusi Maimane.

Cette décision "montre le mépris du gouvernement zambien pour l'Etat de droit", tranche M. Sishuwa.

Le pouvoir a immédiatement réagi pour justifier sa mesure et dément catégoriquement toute dérive.

"Qui dit que le pays est en train de basculer vers la dictature ? Nous sommes un pays démocratique dont les institutions fonctionnent sans la moindre interférence", assure la porte-parole de la présidence, Mulenga Kampamda.

"Il voulait venir pour faire pression sur notre justice", clame-t-elle à propos de M. Maimane. "Nous avons parfaitement le droit de l'en empêcher (...) nous sommes un pays souverain".

Invité vendredi à l'investiture du Premier ministre du Lesotho Thomas Thabane, le président Lungu a balayé les critiques. "Quelle crise ? Il n'y a pas de crise. Elle n'existe que dans leurs têtes", a-t-il raillé.

Pour l'heure, le numéro 1 zambien ne semble pas près de relâcher la pression sur M. Hichilema.

La semaine dernière, le chef de l'opposition a été transféré dans la prison de haute sécurité de Kabwe, à 150 km au nord de Lusaka. Sûrement pour de longues semaines, car la date de son procès n'a toujours pas été fixée.

Avec AFP

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Macron ne se rendra pas aux commémorations du génocide rwandais

Le président français, Emmanuel Macron, à gauche, reçoit le président rwandais, Paul Kagame, au palais présidentiel de l'Elysée à Paris, le 23 mai 2018..

Emmanuel Macron, qui avait été invité par Kigali à participer à la 25e commémoration du génocide rwandais le 7 avril, ne s’y rendra pas et a chargé le député de la République en Marche (Larem) Hervé Berville, orphelin tutsi, de le représenter, a annoncé jeudi l’Elysée.

“Le président de la République a été sensible à l’invitation mais il ne pourra pas s’y rendre, il a donc désigné le député des Côtes-d’Armor, Hervé Berville, pour le représenter”, a-t-on indiqué. “La France sera aux côtés du Rwanda dans ce moment de deuil et de recueillement”.

Nicolas Sarkozy est le seul président français à s’être rendu au Rwanda, en février 2010.

Les relations entre la France et le Rwanda ont traversé plusieurs zones de turbulences ces dernières décennies, empoisonnées par la question du rôle joué par Paris lors du génocide des Tutsis en 1994.

L’actuel président rwandais Paul Kagamé a notamment accusé en 2014 Paris d’avoir “participé” à ces massacres qui ont fait selon l’Onu 800.000 morts, des accusations rejetées par les autorités françaises.

En mai 2018, à l’occasion de la visite de Paul Kagamé à Paris, Emmanuel Macron avait exprimé le souhait de nouer une relation “pragmatique” avec Kigali mais avait écarté dans l’immédiat un retour d’un ambassadeur français au Rwanda, reconnaissant que la normalisation prendrait du temps.

Avec Reuters

Les Algériens restent mobilisés un mois après le début de la contestation

Manifestation dans les rues d'Alger, contre le gouvernement, le 19 mars 2019.

Un mois après le début de la contestation, les Algériens entendent rester mobilisés, avec de nouvelles manifestations vendredi pour réclamer le départ du président Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 20 ans et dont le camp se fissure.

Les deux précédents vendredis ont vu une mobilisation record. Le 15 mars, des manifestations ont été enregistrés dans 40 des 48 préfectures du pays, selon des sources sécuritaires, et des diplomates ont évoqué "des millions" d'Algériens dans les rues.

Sur les réseaux sociaux, les appels à la mobilisation se sont poursuivis cette semaine autour des mots-dièses "Mouvement_du_22_mars", "Partez tous!", ou du slogan "Nous sommes unis, ils sont finis".

La météo annonce de la pluie, pour la première fois depuis le début de la contestation le 22 février, mais il en faut plus pour décourager les manifestants, qui appellent à se munir d'un parapluie et de l'orner du drapeau national -vert et blanc frappé de l'étoile et du croissant rouges-, accessoire désormais indispensable du manifestant algérien.

​"La rue va gronder sous la pluie", assure un twitto.

"Le peuple algérien exige le départ immédiat et sans conditions du président Bouteflika", indique une affichette circulant sur les réseaux sociaux, qui invite également "les responsables des pays qui soutiennent le pouvoir illégitime algérien à cesser (...) leur ingérence".

Les manifestations, sans précédent depuis l'élection de M. Bouteflika en 1999, sont restées jusque-là globalement pacifiques.

Lors d'une tournée à Rome, Moscou -allié historique d'Alger- et Berlin, le nouveau vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères algérien Ramtane Lamamra a répété et confirmé que M. Bouteflika remettrait ses fonctions à un successeur élu lors d'une présidentielle dont la date n'a pas encore été fixée.

- Fissures -

En reportant le 11 mars l'élection présidentielle prévue le 18 avril jusqu'à l'issue d'une conférence nationale chargée -à une date non précisée- de réformer le pays et de le doter d'une nouvelle Constitution, le chef de l'Etat a prolongé d'autorité son mandat actuel au-delà de son expiration constitutionnelle le 28 avril.

Agé de 82 ans, M. Bouteflika est affaibli par les séquelles d'un AVC qui, depuis 2013, l'empêchent de s'adresser de vive voix aux Algériens et rendent rares ses apparitions publiques.

Aucune sortie de crise ne semble émerger, chaque camp campant sur ses positions. Le président refuse de céder le pouvoir et le "prolongement" du mandat a continué d'être largement rejeté.

Etudiants, professeurs, professionnels de santé, avocats, magistrats ont tour à tour manifesté cette semaine, montrant que la mobilisation ne faiblissait pas.

Côté pouvoir, les efforts du nouveau Premier ministre Noureddine Bedoui pour former un gouvernement rajeuni de "technocrates" semblent toujours stériles, dix jours après sa nomination.

Et le camp présidentiel apparaît plus divisé que jamais face à l'attitude à adopter.

Les fissures apparues depuis le début de la contestation ont semblé s'élargir parmi ceux qui il y a à peine plus d'un mois étaient les plus fervents partisans d'un cinquième mandat du chef de l'Etat, dont la candidature a finalement jeté les Algériens dans la rue.

- Qui décide -

Mercredi, le patron de la propre formation du président Bouteflika, le Front de libération nationale (FLN), s'est livré à un exercice de grand écart, en assurant que l'ancien parti unique, au pouvoir depuis 1962, "soutient le mouvement" de contestation, tout en prônant le "dialogue" proposé par le chef de l'Etat.

Du côté du principal allié, le porte-parole du Rassemblement national démocratique (RND), Seddik Chihab, a affirmé que le parti s'était "trompé" en soutenant la candidature de M. Bouteflika à un cinquième mandat.

Plus grave, il a accusé des "forces non constitutionnelles" de diriger le pays, disant ne pas savoir qui décide "réellement" à la présidence.

Un discours tenu habituellement par les plus féroces opposants à M. Bouteflika.

Le RND, parti de l'ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia, récemment sacrifié à la colère populaire, a eu beau se démarquer des déclarations de son porte-parole, les protestataires voient dans l'apparent délitement du "système" un encouragement à poursuivre de la mobilisation.

La contestation en Algérie, pays membre de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), a été déclenchée le 22 février après la décision du chef de l'Etat de briguer un cinquième mandat. Et sa promesse ensuite de ne pas se porter candidat à une présidentielle à la date inconnue n'a pas apaisé les Algériens.

Avec AFP

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