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L'ex-président israélien Katzav libéré de prison


L'ancien président israélien Moshé Katsav entrant dans la salle d'audience de la Cour suprême à Jérusalem, le 10 novembre 2011.

L'ex-président israélien Moshé Katzav, qui purgeait depuis 2011 une peine de sept ans pour viols, est sorti de prison en vertu d'une remise de peine.

Président de 2000 à 2007, M. Katzav avait été reconnu coupable fin 2010 de viols à l'encontre de deux de ses collaboratrices à l'époque où il était ministre du Tourisme dans les années 1990, de harcèlements sexuels, de subornation de témoins et d'entraves à la justice.

Entouré par ses proches, M. Katzav, 71 ans, est monté dans une voiture, sans faire de déclarations à la presse, à la sortie de la prison de Maassiyahu, à Ramleh, près de Tel-Aviv.

Son avocat Me Tzion Amir avait annoncé dimanche qu’il avait obtenu une remise de peine de la commission de libération, cinq ans après avoir été incarcéré.

Le parquet israélien ayant renoncé mercredi à s'opposer à sa remise en liberté, selon un communiqué du ministère de la Justice, l'ex-président a pu sortir immédiatement.

"Le procureur de l'Etat a décidé de ne pas faire appel contre la décision de libération anticipée de M. Katzav", prise dimanche par une commission compétente, affirme le communiqué.

"Lorsque Moshé Katzav a appris la nouvelle de sa libération anticipée, il a éclaté en sanglots", avait affirmé dimanche son avocat.

Zeeva Galon, dirigeante du Meretz, un parti d'opposition de gauche, ainsi que deux autres députées de cette formation avaient en revanche dénoncé la décision de la commission de libération.

"Il s'agit d'un message dangereux selon lequel on peut s'attaquer aux femmes et s'en tirer au moindre coût, à condition d'avoir des relations haut placées", avaient proclamé ces trois parlementaires dans un communiqué.

Moshé Katzav est cependant soumis à un certain nombre de restrictions: il ne pourra pas voyager à l'étranger, il devra rester à son domicile de 22H00 à 06H00 et ne pas accorder d'interview pendant deux ans, soit la période qu'il aurait dû encore passer en prison, selon des sources judiciaires.

Une autre de ses avocats, Shani Illouz, qui l'accompagnait à sa sortie de prison, a affirmé aux journalistes que son client "respecterait les conditions de sa libération".

- 'Malentendus' -

Moshé Katzav est le plus haut dirigeant israélien à s'être retrouvé derrière les barreaux. Censé incarner un consensus national, le président a des fonctions surtout honorifiques et morales en Israël.

Poussé à la démission en juillet 2007 alors qu'il était président, il avait été incarcéré le 7 décembre 2011 à la prison de Maassiyahu.

Le refus de Moshé Katzav de reconnaître les faits avait conduit la commission à rejeter deux précédentes demandes de libération anticipée.

M. Katzav s'était dit prêt à présenter des excuses pour des "malentendus" de la part de femmes jeunes et dénuées d'expérience selon lui, mais non pas pour des viols.

Né en Iran en 1945, Moshé Katzav est arrivé en Israël peu après la création de l'Etat en 1948. D'origine modeste, il a réussi une spectaculaire ascension sociale.

Elu député en 1977 à l'âge de 32 ans sur la liste du Likoud, le parti de l'actuel Premier ministre Benjamin Netanyahu, il s'était imposé au sein du parti de droite, devenant ministre du Travail en 1984 puis ministre des Transports et ministre du Tourisme.

Candidat en 2000 à la présidence face à un candidat aussi prestigieux que Shimon Peres, il l'avait emporté à la surprise générale.

En 2006, il s'était plaint auprès du procureur général d'une tentative de chantage de la part d'une de ses anciennes secrétaires qui l'accusait de viol.

La machine judiciaire s'était alors mise en route et d'accusateur, Moshé Katzav était devenu vite suspect. Les témoignages s'étaient multipliés, des femmes l'accusant d'avoir abusé de ses fonctions pour se livrer à une série d'agressions sexuelles.

Avec AFP

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