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RDC

L'ex-chef de guerre congolais Ntaganda reconnu coupable de crimes de guerre

L'ancien chef de guerre congolais Bosco Ntaganda salue son avocat Stéphane Bourgon, dans la salle d'audience de la Cour pénale internationale lors des déclarations finales de son procès à La Haye, le 28 août 2018.

La Cour pénale internationale a reconnu coupable lundi l'ex-chef de guerre congolais Bosco Ntaganda de crimes de guerre et crimes contre l'humanité pour des massacres de civils et des viols de jeunes filles enrôlées comme enfants soldats en République démocratique du Congo.

Surnommé "Terminator", Ntaganda, aujourd'hui âgé de 45 ans, a joué un rôle déterminant dans les atrocités commises en 2002 et 2003 en Ituri, dans le nord-est du pays, région instable et riche en minéraux, ont estimé les juges de la Cour.

Viols et esclavage sexuel de mineurs, enrôlement d'enfants soldats âgés de moins de 15 ans, meurtre d'un prêtre : l'effroi se dessinait sur les visages des personnes présentes dans la salle d'audience du tribunal au fil de l'énumération de la longue liste de violences commises par le Congolais.

Ntaganda a donné des "ordres directs pour tuer des civils". Il "remplissait une fonction militaire très importante et avait un rôle déterminant pour mettre sur pied un groupe armé puissant à même de chasser la population locale", a déclaré le juge Robert Fremr.

- Femmes enceintes éventrées -

Les juges de la CPI, dont le siège est à La Haye, ont déclaré le Congolais coupable de 18 chefs de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, dont des crimes sexuels, massacres, persécutions et transfert forcé de la population civile.

Ntaganda, qui est apparu devant les juges le visage fermé, entendra sa peine lors d'une prochaine audience. L'ex-chef de guerre, qui risque la prison à perpétuité, peut encore faire appel du jugement.

Féru de chapeaux de cowboy et amateur de bonne cuisine, il a toujours assuré être un "révolutionnaire" et non un criminel, rejetant son surnom de "Terminator". Les juges l'ont pourtant reconnu coupable d'avoir exécuté un prêtre de ses propres mains.

Selon des ONG, plus de 60.000 personnes ont perdu la vie depuis l'éclatement en 1999 de violences sanglantes en Ituri. Ntaganda a joué un rôle central dans la planification des opérations de l'Union des patriotes congolais et de son bras armé, les Forces patriotiques pour la libération du Congo (FPLC).

Au cours d'une attaque menée sous son commandement, ses soldats ont tué à coups de bâtons, couteaux et machettes au moins 49 personnes dans une bananeraie près d'un village.

"Des hommes, des femmes et des enfants, dont des bébés, ont été retrouvés dans la plantation. Certains des cadavres étaient nus, certains avaient les mains liées, d'autres avaient le crâne écrasé", a déclaré le juge Fremr.

Des corps de femmes enceintes éventrées jonchaient les lieux.

La condamnation de Ntaganda est une "grande victoire pour les survivants", a déclaré dans un communiqué le directeur de Human Rights Watch, Kenneth Roth. La Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) s'est réjouie d'un "jour de joie pour les victimes de l'Ituri".

- Réfugié à l'ambassade des Etats-Unis -

Né au Rwanda, où il a fait ses armes avec le Front patriotique rwandais (FPR), M. Ntaganda, issu d'une famille tutsie, avait la réputation d'être un leader charismatique.

Général de l'armée congolaise de 2007 à 2012, il est ensuite devenu l'un des membres fondateurs du groupe rebelle M23, qui a finalement été vaincu par les forces du gouvernement congolais en 2013.

A la suite de dissensions accompagnées de combats au sein du mouvement, Ntaganda est contraint de fuir au Rwanda et de se réfugier à l'ambassade des États-Unis à Kigali, d'où il demandera son transfert à la CPI, une initiative inédite dans l'histoire de la juridiction.

Il est l'un des cinq chefs de guerre congolais à avoir été traduits devant la Cour, fondée en 2002 pour juger des pires atrocités commises dans le monde. En mars 2012, la CPI a condamné à 14 ans de prison Thomas Lubanga, ancien chef de Ntaganda dans les FPLC.

La condamnation de Ntaganda est unique dans l'histoire de la CPI: les charges dont il a été déclaré coupable comprennent des crimes commis par ses subordonnés dont il était responsable en tant que commandant militaire. En outre, il s'agit de la première affaire jugée sur la situation en RDC à inclure des accusations de crimes sexuels et basés sur le genre.

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Modeste Bahati Lukwebo élu président du Sénat de la RDC

Modeste Bahati Lukwebo, leader de l'AFDC-A (Alliance des forces démocratiques du Congo et alliés), Kinshasa, 5 décembre 2018. (Facebook/Bahati Lukwebo).

Modeste Bahati Lukwebo, leader de la deuxième plateforme majoritaire au parlement, l’Alliance des forces démocratiques du Congo (AFDC) a été élu mardi président de la chambre haute de la RDC. C'est lui qui a fait basculer la majorité en faveur du président Félix Tshisekedi.

Une victoire sans surprise car M. Bahati, 65 ans, était le candidat unique au poste du chef du Sénat congolais.

Sur les 98 sénateurs présents, 89 ont voté en sa faveur.

Nommé "informateur" après les consultations au terme desquelles le président Félix Tshisekedi a proclamé la rupture de l’alliance de gouvernement conclue avec le Front commun pour le Congo (FCC) de l’ancien président Joseph Kabila, M. Bahati est parvenu à se positionner comme un incontournable dans la classe politique congolaise.

Comme informateur, sa tâche était d’identifier la nouvelle majorité. Ce qu’il a fait en permettant à l’Union sacrée, chère au chef de l'État, d'asseoir son emprise sur l'échiquier politique national.

Ancien du FCC, M. Bahati était en fait l’un de tous premiers transfuges à changer de bord.

Son départ avait déclenché l’avalanche d’autres traversées des Kabilistes qui jusque là avaient fait voeu de fidélité à l'ex-président.

Des indiscrétions du FCC affirment que M. Bahati avait demandé à M. Kabila le fauteuil du Premier ministre et s'était aussi proposé comme candidat à M. Kabila à la succession de M. Kabilia lors de la présidentielle de décembre 2018. En vain.

Frustré, M. Bahati, ancien syndicaliste et membre de la société civile, a bataillé dur et s’est fait allié au président Tshisekedi.

Cette alliance a même donné des ailes au président Tshisekedi qui, n’ayant pas la majorité, y a vu une opportunité de faire basculer le poids au parlement en sa faveur.

M. Bahati, pour sa part, confirmait ses appétits et ses ambitions.

Comme président du Sénat, M. Bahati devient la deuxième personnalité du pays et à ce titre, la Constitution lui accorde de remplacer le chef de l’Etat en cas d’empêchement.

L’élection de M. Bahati est le tout dernier mouvement dans le cadre de la vague de l’Union sacrée qui a fait tomber le bureau définitif de deux chambres, jusqu'ici dominées par des Kabilisites.

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