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L'Europe sur le qui-vive face à la menace terroriste

Des soldats patrouillent sur la Promenade des Anglais à Nice, sud de la France, 19 Juillet 2016.

En Espagne, une plaisanterie est prise pour un attentat par des vacanciers paniqués. Ailleurs en Europe, la crainte d'une attaque jihadiste surgit à la moindre agression d'ordinaire traitée comme un fait divers : face à la menace terroriste, le "vieux continent" est devenu fébrile.

Après l'accélération des attentats jihadistes ces derniers mois, dernière frayeur en date: l'attaque au couteau mercredi à Londres (un mort, cinq blessés) par un Norvégien d'origine somalienne. Après des heures d'incertitude, la police a fini par écarter la piste terroriste pour évoquer un meurtre commis par un déséquilibré mental.

Face à "cette époque d'inquiétude", le pire "est cette impression qu'il nous faut souffrir deux fois: non seulement de cette peur (...) mais aussi du désarroi de se trouver pris dans un cycle infernal que rien ne semble pouvoir arrêter", résumaient récemment dans une tribune publiée par le quotidien français Libération un écrivain et un philosophe, Edouard Louis et Geoffroy de Lagasnerie.

Les craintes d'attaque terroriste en Europe sont alimentées par les mises en garde des autorités à leurs citoyens depuis la proclamation d'un "califat" en Irak et en Syrie en juin 2014 par le groupe jihadiste Etat islamique (EI). Plusieurs pays membres de l'Union européenne participent à la coalition militaire internationale contre l'EI, qui a promis par tous les moyens de faire couler le sang des "mécréants" et des "croisés" occidentaux.

Londres a récemment mis en garde contre l'éventualité d'un attentat au Royaume-Uni tandis que l'Autriche annonçait jeudi avoir reçu par mail des "menaces terroristes" visant la police. En France, le Premier ministre Manuel Valls prédit à satiété "de nouvelles attaques et de nouveaux innocents tués" après une série d'attaques sanglantes depuis plus d'un an et demi.

Rumeurs et emballement

L'impression d'une épée de Damoclès planant au-dessus de l'Europe se nourrit aussi de l'annonce d'arrestations de suspects prêts à passer l'acte.

Fin juillet, la Belgique a ainsi inculpé un homme de tentative d'assassinat terroriste. Ce pays, frappé le 22 mars par deux attaques jihadistes contre l'aéroport et le métro (32 morts), maintient un niveau d'alerte au niveau 3 (menace "possible et vraisemblable") sur une échelle de 4.

Les autorités en France, où le régime exceptionnel d'état d'urgence est en vigueur depuis les attentats du 13 novembre (130 morts), annoncent régulièrement perquisitions et interpellations dans le cadre de dossiers antiterroristes.

Huit jours après l'attentat au camion sur la Promenade des Anglais à Nice (sud-est de la France), qui a fait 85 morts le 14 juillet, la fusillade dans un centre commercial de Munich (Allemagne) le 22 juillet (9 morts) a donné une saisissante illustration de la fébrilité ambiante.

Sans attendre de connaître la nature de la tuerie, l'ombre de l'Etat islamique a aussitôt surgi, en particulier sur les réseaux sociaux, poussant la police allemande à demander de ne pas propager de rumeurs.

Après enquête, l'auteur de la fusillade, un Germano-Iranien de 18 ans, était animé par des idées d'extrême droite racistes, obsédé par les jeux vidéo violents et les tueries de masse, en particulier celle commise il y a cinq ans par le Norvégien Anders Behring Breivik.

Psychose et médias

Dès la moindre agression à l'arme blanche connue, les chaînes d'information en continu bouleversent leurs programmes pour suivre en direct les interventions des forces de l'ordre et des secours comme s'il s'agissait d'un nouvel attentat.

En France, l'agression au couteau d'une femme et ses trois filles en vacances dans les Alpes, commise le 19 juillet par un Marocain, a ainsi été traitée par plusieurs médias comme un possible acte jihadiste. L'agresseur, qui a dit souffrir de troubles mentaux, reprochait en fait au père et mari des victimes de s'être gratté l'entrejambe devant sa femme...

Pour Christian Delporte, spécialiste français de l'histoire des médias, "ce ne sont pas les médias qui nourrissent la psychose, c'est au contraire cette psychose qui nourrit les médias. Les responsables politiques ont une plus grande responsabilité que les médias, car ils devraient appeler au calme".

Selon cet expert, les médias jouent un rôle de "canalisateur" des peurs: "On est chacun derrière son poste de télé, le fait d'en parler grâce aux médias, dans une forme de communion, apaise".

Parfois, des plaisanteries virent à l'aigre. Dans une station balnéaire espagnole, à Platja d'Aro (nord-est), une "flashmob" (performance éphémère) prévue par cinq jeunes Allemandes, avec cris et course en bord de mer, a récemment été prise pour un attentat par les vacanciers paniqués. Bilan: onze personnes soignées pour contusions et tachycardie.

Avec AFP

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OMC: l'UE va soutenir la Nigériane Okonjo-Iweala

La candidate pour la présidence de l'OMC Okonjo-Iweala, ancienne ministre des finances du Nigeria et ancienne No.2 à la Banque mondiale. REUTERS/Lucas Jackson/archives

L'Union européenne va soutenir la Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala pour le poste de directrice générale de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), ses Etats membres étant finalement arrivés lundi à un consensus sur cette candidature.

Ce soutien, qui donne un élan appréciable à la candidate africaine face à sa rivale sud-coréenne Yoo Myung-hee, sera annoncé à l'OMC mardi matin par l'ambassadeur de l'UE à Genève, a précisé l'une de ces sources.

Ancienne ministre des Affaires étrangères et des Finances du Nigeria, mais aussi ex-numéro deux de la Banque mondiale, Mme Okonjo-Iweala, 66 ans, pourrait devenir la première femme et la première Africaine à diriger l'organisation chargée de libéraliser le commerce mondial.

Les Etats membres ont cependant mis du temps à s'entendre sur son nom, malgré un échange sur le sujet entre les dirigeants de l'UE lors du dernier sommet européen mi-octobre à Bruxelles.

Lundi matin, la Hongrie et la Lettonie refusaient encore de soutenir la Nigériane, avant de se rallier à la majorité dans la soirée, selon les sources européennes.

Tout en acceptant le consensus européen, "sept délégations" ont par ailleurs "demandé que soit enregistrée leur préférence pour l'autre candidate", a précisé une de ces sources.

Ce soutien est "un signal clair à l'égard de l'Afrique et un signe de confiance mutuelle" avec l'UE, a souligné une autre source.

Le troisième cycle de discussions, qui devra départager les deux prétendantes, a débuté le 19 octobre et s'achèvera mardi. Un consensus devra être trouvé pour la date butoir du 7 novembre.

La candidate qui l'emportera succédera au Brésilien Roberto Azevedo, qui a quitté l'OMC fin août, un an plus que tôt que prévu. Ce départ, expliqué par des raisons familiales, est survenu en plein marasme économique mondial, laissant l'institution en crise.

Le prochain chef de l'institution devra affronter la crise économique mais aussi la crise de confiance dans le multilatéralisme et dans le bien-fondé de la libéralisation du commerce mondial, le tout sur fond de guerre commerciale entre les deux premières puissances économiques mondiales, la Chine et les Etats-Unis.

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Washington fait appel de la décision de l'OMC face à la Chine

Le vice-Premier ministre chinois Liu He et le président américain Donald Trump se serrent la main après avoir signé la "phase 1" de l'accord commercial américano-chinois à Washington, États-Unis, le 15 janvier 2020. REUTERS / Kevin Lamarque

Washington a fait appel auprès de l'Organisation mondiale du commerce de sa condamnation sur les taxes douanières punitives imposées à la Chine au début de la guerre commerciale entre les deux grandes puissances.

Les Etats-Unis en ont fait l'annonce lors d'une réunion de l'Organe de règlement des différends (ORD) de l'organisation basée à Genève, a indiqué un porte-parole de l'OMC.

Washington avait été condamné le 15 septembre par l'ORD. Ce cas, porté par Pékin devant l'OMC en 2018, concerne une première tranche de droits de douane imposés par l'administration Trump sur quelque 250 milliards de dollars de biens chinois.

Ces tarifs punitifs ont marqué le début d'une guerre commerciale entre les deux géants économiques et constitué l'une des marques de fabrique de la présidence Trump.

Washington et Pékin ont ensuite conclu un accord commercial, en grande partie au point mort.

Dans son jugement rendu à la mi-septembre, l'ORD stipulait que "les mesures en cause sont incompatibles" avec divers articles du GATT (ancêtre de l'OMC), et recommandé "que les Etats-Unis rendent leurs mesures conformes à leurs obligations".

Réagissant au verdict de l'Organe de règlement des différends de l'OMC, l'administration Trump avait jugé l'organisation "totalement inadéquate" pour mettre fin aux pratiques commerciales de la Chine, jugées déloyales.

Ce jugement était très attendu dans la mesure où il s'agit d'un des premiers verdicts de l'OMC portant sur la guerre commerciale.

En règle générale, l'organe d'appel de l'OMC dispose de trois mois pour rendre son rapport. Toutefois, l'organe d'appel, dont la nomination des juges est bloquée par Washington, n'est plus opérationnel depuis décembre 2019 faute de magistrats en nombre suffisant.

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