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Tchad

L'Etat doit renoncer à l'option militaire à Miski (ICG)

Des soldats tchadiens patrouillent dans la région du Tibesti, près de Bardai, au Tchad, le le 28 mars 1999.

N'Djamena doit renoncer à l'option militaire à Miski, dans la région frondeuse du Tibesti (Nord), qui risque de "pousser les jeunes dans les bras des groupes rebelles basés en Libye" et de déstabiliser la région, a jugé vendredi le centre d'analyses géopolitiques International Crisis Group (ICG).

La région de Miski, dans les montagnes du Tibesti, est le théâtre d'affrontements récurrents entre l'armée tchadienne et des orpailleurs.

Les habitants de Miski, qui dénoncent la récupération présumée de l'exploitation aurifère par des proches du régime, ont constitué en novembre 2018 un "comité d'autodéfense".

Ils sont depuis victimes d'une "forme de blocus" pour "rendre invivable" la zone, mis en place par l'armée tchadienne, selon le rapport d'ICG, qui rappelle que le Tibesti est une région frondeuse, berceau de plusieurs importantes rébellions, et qui est davantage liée au sud libyen, d'où vient la majorité des ravitaillements en nourriture, qu'au reste du Tchad.

"Les autorités tchadiennes craignent que les mines d'or deviennent des réservoirs pour les rébellions tchadiennes basées au Sud de la Libye, et que des militaires, dont certains hauts gradés qui tirent profit de l'orpaillage, ne tissent des liens avec des ennemis du pouvoir. Cette inquiétude est compréhensible", reconnaît le centre d'analyses géopolitiques.

"Mais les autorités vont plus loin et entretiennent volontairement la confusion entre migrants et futurs rebelles, orpailleurs et opposants armés, rebelles tchadiens ou membres du comité d'autodéfense et terroristes. Elles se mettent à dos les populations locales, majoritairement teda, en les accusant de complicité avec des bandits ou des ennemis du pouvoir", regrette-t-il.

Pour ICG, déjà confronté à un climat social tendu et à la menace grandissante des djihadistes de Boko Haram, "l'Etat tchadien ne peut se permettre d'ouvrir un nouveau front militaire au Nord".

"Au-delà de son coût humanitaire, une nouvelle intervention aurait pour conséquence directe de pousser les jeunes dans les bras des groupes rebelles basés en Libye et déstabiliserait la région", met-il en garde.

"Pour restaurer leur crédibilité et leur légitimité, les autorités devraient changer d'approche. Plutôt que de chercher la confrontation avec la population et le comité d'autodéfense, elles pourraient montrer leur capacité à apporter des solutions aux problèmes locaux, y compris en matière de sécurité", propose le centre d'analyses géopolitiques.

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L'ONU souhaite une approche combinant humanitaire, développement et sécurité du Sahel

Un groupe de filles du Niger attend l'arrivée d'un convoi des Nations Unies dans le village de Sabon Machi, dans la région de Maradi, au Niger, le 16 août 2018.

La région du Sahel, où l'opération française Barkhane va céder la place à une coalition internationale, requiert une approche coordonnée combinant humanitaire, développement et sécurité, a indiqué le chef de l'Agence de l'ONU pour les réfugiés.

Le président français Emmanuel Macron a annoncé le 10 juin une réduction de la présence militaire française au Sahel, marquée par la fermeture de bases et une réarticulation de la lutte antijihadiste autour d'une "alliance internationale" associant des Européens.

Selon le dernier rapport du Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) sur les déplacements dans le monde publié vendredi, environ 750.000 personnes ont été nouvellement déplacées au Sahel, "dans ce qui est peut-être la crise régionale la plus complexe au monde".

"La dynamique de la crise est donc négative", a déclaré le Haut Commissaire Filippo Grandi, dans un entretien à l'AFP.

"Regardez ce qui se passe au Nigeria par exemple; le Tchad traverse une transition politique difficile; le Mali continue d'être instable; le Burkina Faso et le Niger sont fragiles", a-t-il égrené.

Soulignant l'importance stratégique de cette région africaine pour l'Europe, M. Grandi a dit espérer qu'une "approche stratégique qui combine tout - l'humanitaire, le développement, l'investissement dans l'éducation et dans la prospérité économique, et le volet sécurité - pourra se faire de manière plus coordonnée."

"Ce qu'il faut au Sahel, c'est une combinaison de plusieurs interventions", a-t-il insisté.

Fin de l'opération Barkhane et exemple d'Afghanistan

Après huit ans de présence ininterrompue au Sahel, où sont aujourd'hui déployés 5.100 de ses militaires, la France veut désormais passer d'un statut de force en première ligne contre les jihadistes à celui de force d'accompagnement et d'appui (renseignement, drones, avions de chasse...).

La décroissance des effectifs militaires français s'opérera progressivement, avec un jalon à environ 3.500 hommes d'ici un an puis 2.500 personnes d'ici 2023, selon une source familière du dossier. Les commandos d'élite de la task force française "Sabre" devraient être maintenus pour poursuivre la traque des chefs jihadistes qui sévissent dans la région.

"Il est certain que les opérations militaires internationales visant à faire face à ces types de crises, comme l'opération française Barkhane ou les troupes américaines en Afghanistan, ne peuvent pas être maintenues éternellement. Je comprends cela", a affirmé Filippo Grandi.

"Le problème est que si, pendant que ces troupes sont présentes, les investissements appropriés ne sont pas faits pour répondre à tous les aspects de la crise, alors lorsque l'on retire les troupes, les causes de la crise sont toujours présentes et la crise peut repartir", a-t-il développé.

Et de conclure: "Ce qui signifie qu'après quelque années, d'autres troupes doivent être envoyées. C'est certainement ce qui nous préoccupe en Afghanistan", d'où les forces américaines vont se retirer.

Le président des Etats-Unis Joe Biden a décidé de retirer tous les soldats américains au plus tard le 11 septembre 2001, pour le vingtième anniversaire des attentats à New York et Washington, qui avaient provoqué l'intervention en Afghanistan.

Pour M. Grandi, le retrait américain risque de provoquer une augmentation de la violence dans le pays: "Nous nous y préparons".

Selon le HCR, 2,6 millions d'Afghans ayant fui leur pays vivaient fin 2020 à l'étranger.

La Roumanie va déployer 45 soldats dans l'opération Takuba au Sahel

Des combattants d'un groupe armé local Gatia et du groupe armé pro-gouvernemental Mouvement de Salut de l'Azawad, se rassemblent devant leur siège dans la ville de Menaka le 21 novembre 2020.

Le Parlement roumain a approuvé la décision de déployer 45 soldats au sein de l'opération européenne Takuba destinée à accompagner les forces maliennes au Sahel, une annonce saluée jeudi par la France qui compte sur ce groupement pour réduire ses effectifs dans la région.

L'arrivée des forces roumaines est prévue au quatrième trimestre 2021. "Cela renforcera la visibilité internationale de notre pays", souligne un rapport officiel, évoquant également "d'importants bénéfices dans la relation avec la France".

"Merci à nos amis roumains pour leur engagement", a réagi dans un tweet la ministre française des Armées Florence Parly.

"La mobilisation des Européens au Sahel continue: la Roumanie déploiera 45 militaires dans Takuba, la taskforce qui rassemble des forces spéciales européennes pour mener des opérations de contre-terrorisme avec les armées maliennes", a-t-elle écrit.

Après plus de huit ans d'engagement massif, le président Emmanuel Macron a annoncé la semaine dernière une réduction de la présence militaire française au Sahel, au profit d'un dispositif recentré sur la lutte ciblée contre les jihadistes et l'accompagnement au combat des armées locales.

Ce dispositif s'appuiera sur "des forces spéciales structurées autour de Takuba avec évidemment une forte composante française - encore plusieurs centaines de soldats - et des forces africaines, européennes, internationales", avait alors précisé le président français.

Des allocations covid aident près de 400.000 ménages camerounais

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Conférence sur la crise tchadienne à Brazzaville

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Incidents meurtriers entre le Tchad et la RCA: une enquête internationale diligentée

Soldats tchadiens attaqués par les forces centrafricaines sur leur territoire, le 2 juin 2021.

"Cette guerre n’est pas la guerre des Africains".

Au Tchad, deux jours après l’attaque d’un poste frontalier de l’armée par les forces centrafricaines tuant 6 soldats tchadiens dont 5 ont été enlevés et exécutés, les autorités centrafricaines ont réussi à faire baisser la tension de N’Djamena.

Le Tchad a qualifié l’attaque de son poste frontalier dimanche dernier par l’armée centrafricaine de "crime de guerre d’une gravité extrême et d’une attaque meurtrière préméditée et planifiée qui ne saurait rester impunis" avant d'accepter les excuses de Bangui.

Des excuses qui ont été portées par une délégation centrafricaine le 1er juin aux autorités tchadiennes de transition, conduite par la ministre des Affaires étrangères, Sylvie Baïpo Temon.

Les deux pays voisins ont non seulement souligné l’urgence d’élucider les circonstances dans lesquelles l’attaque a été perpétrée mais sont également convenus de la mise en place d’une commission d’enquête internationale indépendante et impartiale qui va se déployer sur le terrain pour établir les faits afin de situer les responsabilités.

Mahamat Dingadimbaye coordonnateur de la CASIDHO, le 2 juin 2021. (VOA/André Kodmadjingar)
Mahamat Dingadimbaye coordonnateur de la CASIDHO, le 2 juin 2021. (VOA/André Kodmadjingar)

"Pour nous, c’est une décision salutaire qui permettra aux deux parties de privilégier la voie du dialogue", a déclaré Mahamat Dingambaye, coordonnateur national d’une plateforme de la société civile tchadienne.​

Sur le terrain le calme précaire est observé mais le Tchad continue à renforcer sa base militaire à la frontière.

Une situation qui inquiète la population frontalière, comme en témoigne à VOA Afrique Gamahoul Jonas, maire de la ville de Mbaïbokoum, située à 34 kilomètres de la frontière.

"Le calme est revenu mais les forces tchadiennes continuent à être déployées. Le plus souvent quand il y a des conflits de ce genre, c’est la population civile qui souffre. Les réfugiés centrafricains qui attendent à ce que la paix revienne en Centrafrique pour favoriser leur retour sont également inquiets", a indiqué le maire de la ville de Mbaïbokom.

Le représentant de la Fédération internationale des droits de l'Homme auprès de la CEMAC, Dobian Assingar, accuse la France et la Russie.

"Ces puissances sont en train d’applaudir et j’en appelle à la conscience des dirigeants de ces deux pays. Cette guerre n’est pas la guerre des Africains".

Pour Mahamat Dingadimbaye, coordonnateur national d’une plateforme de la société civile tchadienne, le Tchad et la République centrafricaine ne devraient pas être un champ de combat pour des intérêts stratégiques internationaux.

"Si l’on ne prend pas garde, des puissances pour des questions stratégiques vont utiliser nos deux pays à se faire la guerre qui ne sera pas dans l’intérêt de nos deux Etats. Donc que les gouvernements centrafricain et tchadien puissent se ressaisir et privilégier d’abord les intérêts de nos deux Etats et le lien historique entre nos deux peuples", conseille Mahamat Dingadimbaye.

"Il ne faudrait pas qu’on tombe dans un conflit latent entre les puissances internationales en Afrique", conclut-il.

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