Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Tchad

Disparition d'un hélicoptère de l'armée

Des soldats tchadiens à la cérémonie de clôture de l'opération Flintlock, N'Djamena, Tchad, le 9 mars 2015.

Des recherches étaient en cours jeudi pour retrouver un hélicoptère de l'armée tchadienne parti mercredi de la capitale, N'Djamena, vers Faya-Largeau, dans le nord du pays, mais qui n'est pas arrivé à destination, a-t-on appris de sources concordantes.

"Les recherches continuent et on n'a pas de nouvelles", a déclaré à l'AFP une source sécuritaire à N'Djamena, indiquant ne pas savoir si l'appareil "a connu une panne et atterri quelque part" ou s'il s'est écrasé.

La disparition de l'aéronef a été confirmée à l'AFP par une source proche de l'opération militaire française Barkhane, dont le siège est à N'Djamena.

Aucune précision sur le nombre de personnes à bord n'a été donnée.

L'appareil porté disparu est un Mi-17, un hélicoptère de transport russe, mis en service au début des années 1980.

L'armée tchadienne compte "une dizaine" d'hélicoptères, selon la source sécuritaire. En décembre 2005, un hélicoptère de l'armée s'était écrasé à Adré, dans l'est du pays.

Depuis plusieurs mois, l'armée est déployée dans l'extrême-nord du Tchad, dans le Tibesti, théâtre d'affrontements récurrents entre des orpailleurs et l'armée.

Des hélicoptères Mi-17 de l'armée ont été utilisés lors de ces affrontements, à Miski notamment.

Le nord du Tchad, frontalier du Soudan, de la Libye et du Niger, est une région volatile.

Cette région du Sahel est désertique et peu habitée. Plusieurs groupes rebelles tchadiens ont établi leur base dans le sud libyen.

Fin janvier, des rebelles tchadiens sont entrés depuis la Libye dans le nord-est du Tchad. Des frappes françaises ont stoppé l'avancée de la colonne, suscitant des critiques.

Avec AFP

Toutes les actualités

Le président tchadien Idriss Déby reçoit le grade de maréchal

Le président tchadien Idriss Déby reçoit le grade de maréchal
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:30 0:00

Les Tchadiens célèbrent le 60ème anniversaire de l’indépendance de leur pays

Les Tchadiens célèbrent le 60ème anniversaire de l’indépendance de leur pays
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:59 0:00

Le président Idriss Déby Itno devient maréchal pour les 60 ans de l'indépendance

Idriss Déby Itno, président de la république du Tchad, le 21 août 2019. (VOA/André Kodmadjingar).

Le Président Idriss Déby Itno a été officiellement élevé à la dignité de maréchal du Tchad au cours d'une cérémonie à l'Assemblée nationale mardi, jour du 60e anniversaire de l'indépendance du Tchad.

"Je continuerai d'être le premier garant de la liberté de mes concitoyens", a promis le président Déby, 68 ans dont 30 passés au pouvoir, lors d'une cérémonie au Palais de la démocratie, siège de l'Assemblée nationale à N'Djamena où l'anniversaire de l'indépendance a à peine été mentionné.

Le parlement tchadien où le parti présidentiel possède une large majorité absolue, avait voté en juin l'élévation du président au titre de maréchal, ce que ce dernier avait lui-même confirmé par un décret.

"Vous êtes une icône et un symbole pour le Tchad", a affirmé le président de l'Assemblée nationale, Haroun Kabadi.

Le parlement lui a accordé le titre de maréchal après une vaste opération contre le groupe jihadiste Boko Haram en avril qu'il a lui même dirigée.

"C'est le mérite des faits d'arme qui me vaut cette distinction, que je dédie à tous mes frères d'armes", a indiqué le président, ajoutant: "la menace du terrorisme est toujours là et elle est implacable".

"Un titre mérité"

Par cette cérémonie, le Tchad rend la dignité que mérite le chef de guerre Idriss Deby Ino par le biais de ses représentants à l’assemblée nationale a déclaré à VOA Afrique le député de l’opposition Ousman Chérif Khamdjan, vice-président du groupe parlementaire "les démocrates".

"Cette consécration est un titre mérité compte tenu du rôle singulier et historique que le président de la république a joué pour la nation tchadienne en particulier et le continent africain en général a indiqué Ouman Chérif en ajoutant que cet homme qui est à la destinée de notre pays est capable de faire la paix, mais aussi de conduire une guerre salvatrice quand il est nécessaire. Il invite les académies militaires du monde entier se planche et étudient les faits et gestes et les parcours de ce grand militaire et stratège du continent africain".

Docteur Sitack Yombatina Béni rejette cette affirmation. Pour lui, cette distinction viole la loi fondamentale et détruit la fête de l’indépendance. Car précise-t-il le président Déby est dans un mandat civile où il s’est mis en disponibilité donc il n’est plus militaire.

Pour Sitack, "quand on prend la mise en disponibilité on n’a pas de salaire, à un grade, et à un avancement. Hors poursuit le juriste, le président triche avec les textes civiles et militaires et il viole même la Constitution de la République dont il est lui-même garant. Non seulement il se fait célébrer mais il détruit la fête du 11 août qui est une histoire du Tchad qu’on ne peut pas effacer. Dorénavant qu’est ce qu’on veut que la génération célèbre s’interroge-t-il ? L’avènement du tout 1er maréchal au Tchad ou on célèbre la fête de l’indépendance du Tchad?"

Mahamat Zene Bada, secrétaire général du MPS, parti au pouvoir, a un avis contraire. Pour lui, vu son parcours militaire, le général Deby mérite mieux que cet hommage national.

"Je l’affirme avec force que le fait Idriss Déby Itno pour moi c’est même peu, parce qu’il n’y a pas un autre grade que le Maréchalat et l’Assemblée nationale a muri cela avant de le faire. Idriss Deby Itno n’est pas Maréchal pour lui, il est Maréchal du Tchad", a martelé le secrétaire général du MPS.

Menace sécuritaire

Fin mars, le groupe Boko Haram avait tué près de cent militaires tchadiens dans une base militaire à Bohoma, dans la région du Lac.

La zone du lac Tchad, à la frontière du Nigeria, du Tchad, du Cameroun et du Niger, est devenue le repère de jihadistes qui profitent des abris constitués par les nombreux îlots éparpillés sur cette vaste étendue marécageuse.

Venu lui-même sur le terrain pour organiser la contre-attaque, baptisée "Colère de Bohoma", le président Déby avait affirmé avoir chassé les jihadistes du territoire national, même s'il a reconnu le 8 août que "Boko Haram fera encore beaucoup de dégâts" au Tchad à partir des pays frontaliers.

"La lutte contre le terrorisme est un imperatif vital et demeurera au centre de nos préoccupations", a souligné le Président Déby lors de la cérémonie.

A l'occasion de l'indépendance, il a par ailleurs signé lundi un décret graciant 538 prisonniers.

Parmi eux, le général Abdelkader Baba Laddé, condamné en décembre 2018 à huit ans de prison ferme pour "détention illégale d'armes", "association de malfaiteurs", "incendie volontaire" ou encore "viol".

Chef rebelle tchadien, Baba Laddé, actif en Centrafrique, avait été arrêté en décembre 2014 par les Casques bleus de la mission de l'ONU dans ce pays, puis extradé vers le Tchad en janvier 2015.

Détenus tchadiens retrouvés morts: la thèse de l'empoisonnement écartée

Les soldats tchadiens gardent des prisonniers dans la cour d'une prison de gendarmerie, Ndjamena, 13 février 2008.

Les 44 prisonniers morts en détention au Tchad en avril n'ont pas été empoisonnés mais ont succombé à de mauvaises conditions de détention, selon une enquête de la Commission nationale des droits de l'Homme rendue vendredi.

"Ce sont les conditions de détention (cellule exiguë, chaleur, la soif et la faim) qui sont à l'origine du décès des 44 détenus", souligne le rapport de cette institution nationale indépendante.

Selon le rapport de la Commission, qui écarte cette thèse, les geôlier "n'ont daigné porter dans ces conditions assistance à personne en danger malgré les cris de détresse et les prières récitées par les détenus toute la nuit de 20H00 à 06H00 du matin".

Le ministre de la Justice tchadien, Djimet Arabi a déclaré prendre acte des conclusions du rapport et précisé qu'une enquête judiciaire est ouverte. "Au moment venu s'il y a de sanctions à prendre contre des personnes à qui les responsabilités sont imputées, ces personnes seront sanctionnées", a-t-il assuré

Mi-avril, les autorités avaient annoncé avoir retrouvé les corps de 44 détenus dans un centre de détention de la gendarmerie de la capitale N'Djamena, sur 58 "membres de Boko Haram" faits prisonniers au cours d'une vaste opération militaire sur le lac Tchad.

Le parquet de N'Djamena avait alors assuré qu'une autopsie avait décelé une substance "létale" dans le corps des victimes. Le ministre de la Justice tchadien, Djimet Arabi, avait évoqué un possible "suicide collectif" par empoisonnement.

"Au moment venu s'il y a de sanctions à prendre contre des personnes à qui les responsabilités sont imputées, ces personnes seront sanctionnées", a-t-il assuré.

Fin juin, l'une des principales associations tchadiennes de défense des droits de l'Homme avait affirmé que les 44 détenus n'étaient pas des membres du groupe jihadiste Boko Haram mais de simples civils.

Le rapport rendu vendredi confirme que "les détenus ont été arrêtés bien après l'opération de l'armée".

Selon des proches des victimes interrogés par la Commission, les détenus étaient "pour la plupart des chefs de famille partis à la recherche de la pitance quotidienne" ou en visite chez des membres de leur famille.

Les quatorze détenus survivants ont aussi été interrogés. La plupart disent avoir été arrêtés pour avoir violé l'état d'urgence et notamment l'interdiction de déplacement instaurés dans la région du lac Tchad avant l'opération militaire.

En cellule, ils racontent avoir été quelques-uns à recevoir des dates pour manger mais "certains tombaient". Ils disent avoir alors "commencé à réciter la prière de la mort (chahada) pendant que d'autres criaient et frappaient pour attirer l'attention des geôliers".

Quatre ans après les promesses faites à leur égard, les Tchadiennes et les jeunes attendent toujours

Lors d'une réunion civile à N'Djamena au Tchad, le 13 février 2016. (VOA/André Kodmadjingar)

Le parti au pouvoir au Tchad célèbre, ce 8 août, le 4e anniversaire du 5e mandat consécutif du président Idriss Déby Itno, au pouvoir depuis 30 ans.

Lors de son investiture le 8 août 2016, le président Idriss Déby Itno avait promis aux femmes et aux jeunes qu’il allait créer des conditions propices pour leur épanouissement.

"La promotion et la protection de tous les droits de la femme seront au centre de mes préoccupions", avait déclaré le président.

Il s’engageait à construire une société harmonieuse où la femme ne serait pas considérée comme une citoyenne de seconde zone, mais aurait sa place dans tous les segments de la société. Quatre ans après, le bilan est plutôt mitigé.

"Nous constituons environ 54% de la population, mais nous étions écartées dans l’administration à cause des pesanteurs sociales et le président à bien réfléchi", indique à VOA Afrique Epaïnette Djimina Acyl, députée du parti au pouvoir, le Mouvement patriotique du salut (MPS).

Mais elle ajoute toutefois que beaucoup reste à faire.

"Pourquoi au Rwanda les femmes sont représentés dans le gouvernement à 75%? En France, elles sont à 60% à l’Assemblée nationale?", s'interroge la députée. "Nous également, c’est ce que nous souhaitons", précise-t-elle.

Elle précise que sur les dix arrondissements que compte la ville de N’Djamena, les femmes ne sont maires titulaires que dans trois. Au sein du gouvernement, les femmes sont représentées à 24%, et 26% à l’Assemblée nationale. L'honorable Epaïnette Djimina Acyl demande donc "à ses sœurs" de se battre pour revendiquer leurs droits.

Tout en mesurant pleinement les angoisses et incertitudes des jeunes, Idriss Déby Itno se dit également déterminé à apporter les réponses à leurs préoccupations.

Des fonds ont été mis en place pour soutenir l’entrepreneuriat des jeunes dans les différentes provinces du pays à travers la création de l’Office national d’appui à la jeunesse.

Cette instance a récemment mis au profit de la jeunesse tchadienne un fonds de 30 milliards de francs CFA qui a permis à cette jeunesse de se prendre en charge, soutient Louweh-Adoum Ngardomti Blanchard, président de l’Union des jeunes nationalistes. "Ces fonds ont contribué à la réduction de la pauvreté et du banditisme parmi les jeunes", affirme-t-il.

Mahamat Tchalet, président national des Jeunes patriotes, donne un avis contraire. Pour lui, la promesse n'a été tenue qu'à moitié.

"Il y a eu des jeunes Tchadiens qui sont sortis des écoles professionnelles. Pourquoi on ne les intègre pas?", déplore-t-il. "Il n’y aura pas d’impact", estime Mahamat Tchalé.

Voir plus

XS
SM
MD
LG