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États-Unis

L'enquête contre Trump monte en puissance dans un Congrès divisé

Le président américain Donald Trump lors d'une réunion du Cabinet dans la salle du Cabinet à la Maison Blanche à Washington, DC, 20 janvier 2018.

La procédure de destitution menaçant Donald Trump a pris une nouvelle ampleur jeudi, après un vote crucial autorisant des auditions publiques qui a suivi des lignes profondément partisanes au Congrès.

"C'est notre démocratie qui est en jeu", a affirmé dans l'hémicycle la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, tenant à donner à cet événement rare une tonalité solennelle.

Plus de vingt ans après le dernier vote ayant ouvert une telle procédure contre Bill Clinton, la Chambre, à majorité démocrate, a adopté une résolution donnant un cadre formel aux investigations par 232 voix favorables contre 196 voix.

Les élus se sont donc très largement conformés aux consignes de leurs partis, à l'exception de deux démocrates. Les républicains ont fait bloc autour de Donald Trump en dénonçant une "mascarade".

"Avec ces auditions publiques, nous rechercherons la vérité et nous ferons en sorte que les Américains puissent se faire leur propre idée" sur l'affaire ukrainienne, a expliqué Mme Pelosi.

"Nous assumons ce devoir avec le sérieux qu'il mérite", a ajouté Adam Schiff, chef démocrate de la commission du Renseignement qui co-dirige l'enquête.

- "Chasse aux sorcières" -

Suivant apparemment le vote de près, Donald Trump a très rapidement dénoncé "la plus grande chasse aux sorcières de l'Histoire américaine".

"C'est inique, anticonstitutionnel et fondamentalement anti-américain", a renchéri la Maison Blanche.

Le 24 septembre, Nancy Pelosi avait décidé d'engager son parti sur la voie périlleuse de l'"impeachment" --mise en accusation du président-- après des révélations sur un appel téléphonique entre Donald Trump et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky au coeur de l'été.

Lors de cet échange, le président républicain avait demandé à son interlocuteur de "se pencher" sur son rival démocrate Joe Biden et les affaires de son fils Hunter en Ukraine.

Les démocrates accusent M. Trump d'avoir abusé de son pouvoir à des fins personnelles, Joe Biden étant bien placé pour l'affronter lors de la présidentielle de 2020.

Condamnant "l'attaque de Donald Trump contre la Constitution", ce dernier, comme d'autres candidats démocrates à la Maison Blanche, a salué le vote.

Affirmant être visé par un "coup d'Etat", l'homme d'affaires martèle lui que cet appel était "irréprochable".

Le chef de l'Etat a envisagé de lire à la télévision le fameux échange avec son homologue ukrainien. "A un moment donné, je vais m'asseoir, peut-être au coin du feu en direct à la télévision, et je lirai la transcription de l'appel, parce que les gens doivent l'écouter. Quand vous l'écoutez, c'est un appel réglo", a dit M. Trump au média Washington Examiner.

- Auditions à huis clos -

Les démocrates ont déjà entendu une douzaine de diplomates et conseillers de la Maison Blanche à huis clos.

Selon les éléments qui ont fuité, des ambassadeurs et des hauts responsables ont livré des témoignages parfois accablants pour la Maison Blanche.

Ils ont notamment révélé les efforts déployés pendant des mois par des proches du président, dont son avocat personnel Rudy Giuliani, en marge des canaux de la diplomatie officielle, pour convaincre Kiev de fournir des informations embarrassantes sur Joe Biden.

Un conseiller à la Maison Blanche spécialiste de la Russie, Tim Morrison, était à son tour entendu jeudi.

D'après des médias américains, il a confirmé aux élus qu'en coulisses, Washington avait réclamé l'ouverture d'une enquête à Kiev sur l'entreprise employant Hunter Biden avant de débloquer une aide militaire destinée à l'Ukraine.

M. Morrison travaillait avec l'ex-conseiller à la sécurité nationale John Bolton, qui a été appelé à témoigner à son tour le 7 novembre mais pourrait refuser de le faire s'il n'est pas assigné à comparaître.

- Majorité républicaine au Sénat -

Le président et son entourage ont vivement critiqué le secret de ces auditions. Ils leur ont aussi reproché de violer les droits de Donald Trump à se défendre et d'avancer sans avoir jamais procédé à un vote.

La résolution approuvée jeudi vise à les priver de cette ligne de défense.

Outre l'organisation d'auditions publiques, elle autorise désormais les républicains à convoquer leurs propres témoins.

Le texte prévoit ensuite le transfert des preuves à la commission judiciaire qui sera chargée de rédiger les articles de mise en accusation du président. C'est seulement à ce stade que "la participation du président et de ses avocats sera autorisée".

La Constitution américaine ne donne que les grandes lignes pour destituer un président: à la Chambre des représentants revient le soin de le mettre en accusation, au Sénat de le juger.

Compte tenu de la majorité républicaine à cette chambre haute qui aura le mot final, une destitution paraît peu probable.

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Des étudiants togolais analysent l’impeachment

Jennifer Williams, assistante du vice-président Mike Pence (g) et le lieutenant colonel Alexander Vindman, adjoint du Conseil de sécurité nationale devant le Comité du renseignement de la Chambre des représentants du Capitole à Washington, le 19 novembre 2019.

L’impeachment ou la procédure de destitution du président américain ne fait pas débat qu’aux Etats-Unis. Au Togo certains étudiants fascinés par la politique américaine suivent de près cette actualité.

Pendant que les uns se mettent dans la peau des démocrates, les autres sans pour autant se réclamer du camp républicain mettent en garde contre le fait que Donald Trump pourrait tirer avantage de cette procédure.

Trump/ Ukraine : l'enquête est très suivie au Togo
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A l’American Corner de l’université de Lomé, un groupe d’étudiants est en plein débat. Le sujet de discussion, la procédure de destitution du président américain Donald Trump.

Samuel Ana, Lomé, le 13 novembre 2019. (VOA/Kayi Lawson)
Samuel Ana, Lomé, le 13 novembre 2019. (VOA/Kayi Lawson)


"C’est une procédure qui est en train d’expulser le président Trump de telle manière qu’il ne puisse pas postuler pour le prochain mandat", analyse Samuel Ana.

"Si cette stratégie a été mise en place, c’est parce qu’ils (les Américains, ndlr) ont constaté qu’ils ont eu des problèmes diplomatiques. Et du coup, Donald Trump ne pourra pas les aider à pouvoir les arranger. C’est pourquoi cette procédure a été enclenchée pour que le président soit enlevé".

Faridah Esso Ouro-Doni, Lomé, le 13 novembre 2019. (VOA/Kayi Lawson)
Faridah Esso Ouro-Doni, Lomé, le 13 novembre 2019. (VOA/Kayi Lawson)


Donald Trump n’a pas sa place à tête d’une puissance comme les Etats-Unis, soutient Faridah Esso Ouro-Doni.

"​Depuis 2016, je crois qu’il y a plusieurs décisions prises par Trump et son gouvernement qui nuisent non seulement aux Etats-Unis mais aussi au monde entier. Et tout le racisme, le sexisme et la misogynie qu’il prône, donc une personne comme cela ne devrait pas être à la tête de la première puissance au monde", détaille Mlle Ouro-doni.

Marcel Amenkey, Lomé, le 13 novembre 2019. (VOA/Kayi Lawson)
Marcel Amenkey, Lomé, le 13 novembre 2019. (VOA/Kayi Lawson)


Pour l’étudiant Marcel Amenkey, cette procédure est l’œuvre du camp démocrate pour ternir l’image de Donald Trump.

"Le Parti démocrate a trouvé une opportunité pour décrédibiliser ce président. Les démocrates essaient de juger le président alors que nous n’avons pas de claire évidence qu’il a vraiment commis ces actes", a indiqué M. Amenkey.

"Je pense que les démocrates ont en tête les élections de 2020 et ils ont peut-être peur que monsieur Donald Trump soit encore réélu. Donc ils essaient de le discréditer devant son électorat", a-t-il conclu.

Yehuza Ahamed, Lomé, le 13 novembre 2019. (VOA/Kayi Lawson)
Yehuza Ahamed, Lomé, le 13 novembre 2019. (VOA/Kayi Lawson)


Un autre étudiant, Yehuza Ahamed, qui épouse la théorie avancée par Marcel, estime que la procédure pourrait tourner à l’avantage de Donald Trump.

"Si les démocrates agissent autrement pour le destituer, ils risquent aussi que le gars revienne. Parce qu’il va profiter de cela pour être réélu pour un deuxième mandat", prédit Yehuza Ahamed.

Benjamin Kogblé, un membre de l’American Corner de l’université de Lomé affirme ne guère être surpris par cette procédure, car selon lui, Donald Trump serait un président par défaut.

Benjamin Kogblé, Lomé, le 13 novembre 2019. (VOA/Kayi Lawson)
Benjamin Kogblé, Lomé, le 13 novembre 2019. (VOA/Kayi Lawson)


"C’est un président qui n’était pas vraiment accueilli par la majorité de la population du monde. On ne s’attendait pas à voir Trump comme président", fait-il remarquer.

Le président américain, Donald Trump est visé par une procédure de destitution, lancée par les démocrates qui l’accusent d'avoir abusé de son pouvoir en demandant à l'Ukraine d'enquêter sur le candidat démocrate Joe Biden, en vue de la présidentielle de 2020.

Impeachment: audition de témoin clés, ouverte au public
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Trump/ Ukraine : l'enquête est très suivie au Togo

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Nouveau débat démocrate, une poignée de favoris à l'épreuve

Le cinquième débat télévisé des démocrates est prévu ce mercredi soir à Atlanta, en Géorgie, et seuls dix candidats ont été sélectionnés.

A moins de trois mois du premier vote de la primaire démocrate, la pression s'accroît sur les prétendants à la Maison Blanche qui s'affronteront mercredi lors d'un débat télévisé, avec le trio de tête, Joe Biden, Elizabeth Warren et Bernie Sanders, menacé par le jeune maire Pete Buttigieg.

Les plus petits candidats, dont certains joueront ce soir-là leur survie dans la course, pourraient faire de ces grands concurrents la cible d'attaques féroces.

Tous portés par la volonté brûlante de battre le président républicain Donald Trump en novembre 2020, un nombre inédit de candidats s'est lancé dans la course pour défendre les couleurs du parti démocrate à la présidentielle américaine.

Dix-huit sont toujours en lice, avec l'arrivée toute récente de l'ex-gouverneur Deval Patrick, tandis qu'un autre grand nom pourrait encore se lancer très tardivement, bouleversant potentiellement la course: le milliardaire Michael Bloomberg.

Ces deux derniers ne seront pas sur le plateau du cinquième débat démocrate, organisé mercredi soir à Atlanta, en Géorgie, où seuls dix candidats ont été sélectionnés.

Le trio de tête s'est consolidé ces derniers mois avec derrière le favori, l'ancien vice-président de Barack Obama, Joe Biden, un modéré, deux candidats nettement marqués à gauche: les sénateurs Elizabeth Warren et Bernie Sanders.

Mais le benjamin de la course, Pete Buttigieg, 37 ans, connaît depuis fin octobre une ascension fulgurante dans les sondages de l'Iowa, un Etat clé puisqu'il votera le premier le 3 février, et dans le New Hampshire, qui suivra juste après (11 février).

- La "révélation" Buttigieg -

Cet ex-militaire occupe, comme Joe Biden, la voie modérée dans la primaire. Maire d'une ville de 100.000 habitants dans le Midwest, il était encore inconnu du grand public il y a un an.

"C'est lui la révélation de cette primaire", a jugé Jim Messina, ancien directeur de campagne Barack Obama en 2012, sur CNN cette semaine.

Mais, a mis en garde le conseiller politique, "tout reste encore incertain".

Car "le facteur le plus important pour les démocrates c'est: +qui peut battre Donald Trump?+ et (...) ils s'inquiètent de savoir si (M. Buttigeg) pourrait gagner l'élection" contre le président républicain sortant.

L'homme d'affaires pourrait d'ailleurs encore figurer haut parmi les sujets abordés lors du débat, avec la réforme de la santé qui divise progressistes et modérés, l'immigration ou les armes à feu.

A l'échelle nationale, M. Buttigieg arrive quatrième dans les sondages mais très loin derrière --avec 8%-- les trois premiers, tous septuagénaires: Joe Biden (27%) qui fêtera ses 77 ans justement mercredi, Elizabeth Warren, 70 ans (20%) et Bernie Sanders, 78 ans (19%), selon la moyenne établie par le site RealClearPolitics.

Compte tenu de sa récente poussée dans les sondages, le jeune maire pourrait être particulièrement visé par ses rivaux. D'autant qu'il arrive dans cet Etat de Géorgie, à forte population noire, plombé par son soutien très faible chez cet électorat clé.

D'autres pourraient lui reprocher ses positions centristes dans un parti qui a mis cap à gauche depuis la dernière campagne de 2016.

Un angle d'attaque qui pourrait aussi viser Joe Biden, sur qui pèsent en plus les doutes concernant son âge et sa viabilité dans la course alors qu'il a été happé dans le scandale ukrainien qui vaut à Donald Trump une menace de destitution.

Son nom revient en effet sans cesse dans cette procédure explosive, les démocrates accusant le président républicain d'avoir abusé de ses pouvoirs présidentiels en demandant aux Ukrainiens une enquête sur les Biden.

A l'inverse, les progressistes Elizabeth Warren et Bernie Sanders risquent d'être assaillis par les modérés pour leurs positions jugées irréalistes... et toxiques dans les urnes.

Discret jusqu'ici, l'ex-président démocrate Barack Obama a d'ailleurs clairement mis en garde, sans les nommer, contre ces candidats qui prônent une refonte du système, en soulignant récemment devant des donateurs que les Etats-Unis n'étaient pas un pays "révolutionnaire".

Les six autres candidats sélectionnés sont, selon leur ordre dans les sondages: la sénatrice Kamala Harris (5%), l'homme d'affaires novice en politique Andrew Yang (3%), la sénatrice Amy Klobuchar (2%), le sénateur Cory Booker (2%), l'élue de la Chambre des représentants Tulsi Gabbard (1%) et le milliardaire Tom Steyer (1%).

Avec AFP

La Chambre adopte un projet de loi de finances pour éviter un "shutdown"

L'administration de Donald Trump a signalé que le président républicain était prêt à signer cette loi budgétaire temporaire.

La chambre basse du Congrès américain a approuvé mardi un projet de loi budgétaire temporaire, courant jusqu'au 20 décembre, afin d'éviter la paralysie des administrations américaines, ou "shutdown".

Le Sénat devrait à son tour approuver ce texte dans la semaine puis l'envoyer à la Maison Blanche pour qu'il soit promulgué avant jeudi soir, minuit, lorsque les budgets actuellement alloués arriveront à leur terme.

L'administration de Donald Trump a signalé que le président républicain était prêt à signer cette loi budgétaire temporaire.

Malgré des mois de négociations, l'opposition démocrate et les républicains ne sont pas parvenus à s'accorder sur un budget à plus long terme, à cause de différends, notamment sur le financement du mur à la frontière avec le Mexique, grande promesse de campagne de M. Trump pour lutter contre l'immigration clandestine.

Divisés par l'enquête en destitution lancée contre M. Trump par les démocrates à la Chambre, des élus s'inquiètent de leur capacité à parvenir à un accord budgétaire à long terme d'ici la prochaine date butoir du 20 décembre.

La mesure provisoire votée à la Chambre des représentants, mardi, inclut une augmentation de salaire de 3,1% pour l'armée américaine, finance le fonctionnement du grand recensement prévu en 2020 ainsi que d'importants programmes dans le secteur de la santé.

"Si les mesures à court terme ne sont jamais idéales, cette prolongation budgétaire est nécessaire afin de nous assurer que la Chambre et le Sénat puissent continuer à négocier pour parvenir à un accord complet pour l'année fiscale 2020", a déclaré un élu républicain, Tom Cole.

Le texte a été approuvé à la Chambre, contrôlée par les démocrates, par 231 voix contre 192, dont 12 soutiens républicains.

Le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, s'est montré favorable à l'adoption du texte à la chambre haute.

"Echouer à garantir les financements pour le gouvernement fédéral d'ici la fin de l'année n'est pas une option", a-t-il ajouté.

Depuis l'arrivée à la Maison Blanche de Donald Trump, en janvier 2017, les Etats-Unis ont été partiellement paralysés par deux "shutdowns", dont le plus long de l'histoire américaine, lorsque certains budgets avaient été asséchés durant 35 jours entre fin 2018 et début 2019.

Avec AFP

Destitution: Gordon Sondland, l'ambassadeur au centre des accusations contre Trump

Gordon Sondland,ambassadeur des États-Unis auprès de l'Union européenne.

Généreux donateur, diplomate et désormais personnage central dans l'enquête visant Donald Trump: Gordon Sondland va livrer mercredi au Congrès un témoignage public qui pourrait être accablant pour le président américain menacé de destitution, dont il est pourtant un fervent partisan.

C'est un chèque d'un million de dollars pour financer l'investiture de Donald Trump qui a amené en juillet 2018 ce propriétaire d'un groupe hôtelier au poste très convoité d'ambassadeur auprès de l'Union européenne (UE).

Mais son passage à Bruxelles a été "une très mauvaise expérience", a-t-il admis mi-octobre lors d'une première audition à huis clos devant la commission d'enquête de la Chambre des représentants, à majorité démocrate.

Et le pire est peut-être à venir au vu des différents témoignages obtenus par les parlementaires, qui pourraient valoir au président une mise en accusation ("impeachment") devant le Sénat.

Ils dépeignent un ambassadeur au centre d'une diplomatie parallèle avec l'Ukraine, mise en place par l'avocat personnel de Donald Trump, Rudy Giuliani, et qui ne répond qu'au milliardaire républicain.

Avec l'envoyé américain pour l'Ukraine, Kurt Volker, et le ministre américain de l'Energie Rick Perry, Gordon Sondland forme un trio qui se surnomme les "Three Amigos", du nom d'une comédie potache des années 1980.

Leur mission: pousser l'Ukraine à enquêter sur des soupçons de corruption visant une grande société gazière locale, Burisma, et indirectement sur Joe Biden, possible adversaire démocrate de Donald Trump lors de la présidentielle de 2020.

- Pressions -

Dans un appel téléphonique controversé le 25 juillet, le président américain a demandé à son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky de se "pencher" sur le cas de l'ancien vice-président et de son fils Hunter Biden, alors membre du conseil d'administration du groupe Burisma.

Cette conversation, et la décision de la Maison Blanche de geler une aide militaire à l'Ukraine, sont au centre de la procédure d'"impeachment" visant le président.

Visiblement mal à l'aise lors de son premier témoignage sous serment à huis clos, Gordon Sondland avait esquivé de nombreuses questions, expliquant ne plus se rappeler de réunions ou d'échanges téléphoniques pourtant rapportés par d'autres témoins.

Il avait par exemple assuré n'avoir "pas participé" à des actions visant à "geler de l'aide afin de faire pression" sur Kiev. Selon lui, une telle attitude serait "inappropriée", voire "illégale", si elle avait comme but "d'influencer une élection américaine".

Mais face aux contradictions, il s'est subitement souvenu d'une conversation avec Andreï Yermak, un conseiller du président ukrainien.

M. Sondland a dit que "la reprise de l'aide américaine n'arriverait sans doute pas jusqu'à ce que l'Ukraine fournisse une déclaration publique contre la corruption dont nous parlions depuis de nombreuses semaines", a-t-il indiqué dans une déposition écrite complémentaire.

Le plus haut diplomate américain à Kiev, William Taylor, a enfoncé le clou la semaine dernière en évoquant des propos rapportés de M. Sondland, selon qui Donald Trump "s'intéressait" davantage à l'ouverture d'une enquête sur les Biden en Ukraine qu'à la situation dans ce pays aux prises avec une rébellion séparatiste pro-russe.

Plusieurs témoins ont aussi fait part de leur incompréhension face à l'implication de cet ambassadeur hors de sa zone.

- "Un peu inhabituel" -

"C'est un peu inhabituel que l'ambassadeur américain auprès de l'UE joue un rôle dans la politique vis-à-vis de l'Ukraine", qui n'est pas un Etat membre de l'Union, a expliqué William Taylor.

"Ce n'est pas un diplomate professionnel", a souligné Alexander Vindman, membre de l'influent Conseil de sécurité nationale, en rappelant que M. Sondland avait été brièvement évincé d'une délégation parce qu'il avait tendance à "improviser" et à "sortir du consensus".

Aux élus, M. Sondland a assuré que son rôle était "d'offrir (s)on opinion si cela pouvait aider" ses collègues au département d'Etat. Il a assuré avoir été missionné par le secrétaire d'Etat Mike Pompeo et John Bolton, alors conseiller présidentiel pour la sécurité nationale, présumant qu'ils agissaient sous l'autorité de Donald Trump.

Mais il a été plus direct avec la collaboratrice de M. Bolton, Fiona Hill, en lui annonçant en juin qu'il chapeautait le dossier ukrainien. "Je lui ai demandé sous quelle autorité? Il a répondu +le président+", a-t-elle dit à la commission menant l'enquête.

Originaire de Seattle, Gordon Sondland est à 62 ans le patron du groupe Provenance Hotels, qui compte 19 hôtels dans le nord-ouest des Etats-Unis.

Se décrivant comme un "républicain de toujours", il avait d'abord soutenu l'ex-gouverneur de Floride Jeb Bush pour la primaire républicaine de 2016, avant de se rallier à Donald Trump. Le président, qui avait récompensé sa loyauté et saluait un "grand Américain" début octobre, assurait un mois plus tard "à peine" le connaître.

Avec AFP

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