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Égypte

L'Egypte joue l'apaisement entre le Hamas et Israël avant un anniversaire à risque

Des soldats dans le nord du Sinaï, en Egypte, le 26 juillet 2018.

Le Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, soutient une proposition égyptienne pour contenir les manifestations de Palestiniens près de la frontière avec Israël, ont indiqué vendredi deux responsables du mouvement islamiste à la veille d'un anniversaire à risque.

Israël n'a pas réagi dans l'immédiat à cette annonce.

Des dizaines de milliers de Palestiniens devraient se rassembler samedi en différents points le long de la barrière israélienne pour marquer le premier anniversaire des "Marches du retour", mobilisation qui a contribué à de vives tensions depuis le 30 mars 2018.

Ils réclament outre la levée du blocus israélien de la bande de Gaza le droit de revenir sur les terres qu'eux-mêmes ou leurs parents ont fuies ou dont ils ont été chassés à la création d'Israël en 1948.

L'Egyte, traditionnelle intermédiaire entre le Hamas et Israël, ainsi que l'ONU tentent d'éviter une nouvelle escalade de la violence à la frontière.

Un délégation égyptienne a négocié avec le Hamas et d'autres groupes palestiniens jusqu'aux premières heures vendredi, selon les deux responsables du Hamas.

L'un d'entre eux, qui a pris part aux pourparlers avec les Egyptiens, a indiqué à l'AFP sous le couvert de l'anonymat que son mouvement appuyait une proposition égyptienne de maintenir les manifestants à plusieurs centaines de mètres de la frontière.

En échange, les Egyptiens "nous ont informés qu'Israël ne va pas faire un usage excessif de la force", a indiqué ce responsable du Hamas.

Les Israéliens ont ainsi promis de ne pas tirer sur les manifestants sauf s'ils s'approchent du mur de sécurité séparant le territoire israélien de l'enclave palestinienne, a-t-il dit.

Par ailleurs, l'Etat hébreu s'est aussi engagé à autoriser le Qatar à augmenter son aide financière à Gaza, selon la même source.

L'autre responsable du Hamas a confirmé ces déclarations.

Depuis le lancement de la "Grande marche du retour", le 30 mars 2018, au moins 258 Gazaouis ont été tués par des tirs israéliens. Deux soldats israéliens ont aussi trouvé la mort.

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CAN-2019: pour ou contre l'Algérie, le dilemme égyptien

Des supporters algériens, le 30 juin 2014.

"Viva l'Algérie" ou "tout sauf l'Algérie": les supporters égyptiens sont partagés entre ceux qui soutiennent leurs "frères arabes" pour la finale de la CAN-2019 au Caire, et les irréductibles qui perpétuent la rivalité historique entre les deux pays.

Dix ans après le caillassage du bus des joueurs algériens au Caire, la haine a-t-elle quitté les deux camps ? Dimanche lors de la demi-finale Algérie - Nigéria, le soutien ostentatoire de certains supporters égyptiens aux Super Eagles a déclenché quelques accrochages avec des Algériens.

"En termes de performance, ils méritent d'être en finale et de la gagner contrairement à notre propre équipe", concède Mohamed, alors que l'Egypte, pays-hôte, a été éliminée dès les huitièmes de finale.

"Mais j'espère qu'ils ne vont pas remporter la compétition", s'empresse d'ajouter ce comptable de 32 ans, en évoquant de vieilles "querelles".

L'origine de cette inimitié ? L'attaque du bus des joueurs algériens, faisant plusieurs blessés avant un match de qualification au Mondial-2010, qui avait dégénéré en violents affrontements entre supporters, puis en crise diplomatique.

A la suite de ces événements, qui se sont répétés à plusieurs reprises depuis, les appels aux calmes de part et d'autre n'ont pas empêché les accusations tous azimuts par voie de presse, convocations de diplomates et protestations formelles des deux pays.

- "Aucun problème sécuritaire" -

Depuis le début de la CAN-2019, la présence des forces de l'ordre s'est renforcée dans les rues et surtout autour des stades, dans un pays où l'enjeu sécuritaire restait le défi majeur de l'organisation de la compétition, notamment face à l'afflux progressif des supporters des "Fennecs".

"Jusqu'à présent, il n'y a ni problèmes, ni différends, ni crises d'ordre sécuritaire", assure un fonctionnaire du ministère de l'Intérieur qui a requis l'anonymat.

"Les célébrations (des supporters algériens) dans les rues se sont déroulées en présence d'Egyptiens sans mécontentement ou problème", a-t-il assuré.

Car, en dépit des anciennes tensions footballistiques entre les deux pays, de nombreux Egyptiens se tiennent derrière les Algériens, dans les stades ou dans les rues, au nom de l'unité arabe.

"Je vais les supporter car nous sommes tous arabes mais en temps normal je ne les soutiens pas vraiment après ce qu'il s'est passé", confie sans grand engouement Ali, un étudiant de 23 ans.

"A l'époque j'avais 13 ans. Je m'en souviens à peine, beaucoup de choses se sont passées", raconte ce fan du club d'Al-Ahly, qui refuse de tourner complètement la page des affrontements.

- "Débat nouveau et positif" -

"Après les événements de 2009, les gens soutenaient n'importe qui contre l'Algérie", se souvient Hatem Maher, journaliste sportif. Mais, selon lui, le fait que la question se pose désormais de supporter ou non les Fennecs est "un débat nouveau et positif".\

"La tension a diminué de manière notable", observe-t-il, mettant en avant l'absence de matches à enjeu au cours de la dernière décennie, l'émergence d'une nouvelle génération de fans mais aussi les "changements politiques".

"Après la révolution de janvier 2011, beaucoup de gens ont commencé à revenir sur ce qui s'était passé et ont accusé Hosni Moubarak (l'ex-président déchu lors de ce soulèvement populaire, ndlr), ses fils et ses médias, d'être les vrais responsables des tensions entre les deux pays et leurs supporters", observe-t-il.

"Entre l'Algérie et l'Egypte, à l'époque, il y avait aussi une rivalité politique pour savoir qui historiquement était le leader du monde arabe", ajoute Pascal Boniface, directeur de l'Institut de relations internationales et stratégiques et auteur de "Géopolitique du sport".

"Les deux régimes étaient en difficulté et comptaient un peu sur l'équipe nationale pour redorer leur blason", explique-t-il.

Aujourd'hui, pour certains Egyptiens, les Fennecs doivent l'emporter. "Les Algériens sont en fête. Pourquoi ne serions-nous pas heureux pour eux ?", se demande Mohamed, ancien entraîneur de foot à la retraite.

Le journal de la CAN-2019 du 11 juillet avec Yacouba Ouédraogo

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CAN 2019: les Egyptiens célèbrent leur première victoire

L'équipe du Zimbabwe à l'entrainement avant le match contre l'Egypte le 21 juin 2019.

A la 41e minute, une bruyante euphorie s'empare de supporters égyptiens jusqu'alors très circonspects. Dans un quartier de Guizeh, des jeunes et des familles célèbrent la première victoire des Pharaons lors du match d'ouverture de la Coupe d'Afrique des Nations vendredi.

Le but de Mahmoud Trezeguet a redonné de l'espoir à des supporters qui semblaient craindre le match nul face au Zimbabwe. Au coup de sifflet final, trompettes et drapeaux en mains, le sentiment de joie est décuplé: 1-0 pour l'Egypte.

L'Egypte de Mohamed Salah, champion d'Europe avec Liverpool, fait figure de grande favorite de son groupe A et plus généralement de la CAN que le pays accueille à partir de vendredi jusqu'au 19 juillet.

"C'est un très beau but, d'une grande habileté", se réjouit Fateh Mohamed, un étudiant de 19 ans, un drapeau noué autour du cou.

"Je suis très content de ce but mais j'aurais aimé qu'il y en ait un autre ou deux de plus. J'ai tellement envie que l'on remporte la compétition", espère le jeune homme aux lunettes rondes.

"J'espère que les prochains matches seront meilleurs mais le plus important c'est la victoire au match d'ouverture, pour donner envie aux joueurs de poursuivre sur cette voie", analyse ce passionné venu regarder le match avec ses amis.

- "Dieu et Salah" -

Dans un quartier familial de Guizeh, le grand gouvernorat voisin du Caire, plusieurs cafés ont installé des écrans pour leur clientèle autour d'une grande place "rouge, blanche et noire" de monde. Des groupes de jeunes filles, de jeunes garçons ou des familles avec enfants sont aux couleurs de l'Egypte.

Certains portent des maillots, des chapeaux, d'autres soufflent dans des trompettes en plastique achetées à des vendeurs à la sauvette, qui ont déambulé toute la journée dans les rues de la capitale pour écouler leur marchandise.

Au milieu de la foule assise, un enfant debout sur une chaise, portant fièrement le maillot de Mohamed Salah, tente de faire flotter un petit drapeau du bout de ses bras.

De jeunes filles portent des voiles noirs, rouges ou blanc, pour se mettre au diapason. D'autres ont peint le drapeau national sur leurs joues et se prennent en selfies "pour partager avec leurs amis ou comme souvenir", dit l'une d'entre elles. "Je soutiens toute équipe où il y a Mohamed Salah", lance son amie.

Si tous les supporters encensent le but de Mahmoud Trezeguet, la plupart n'ont d'yeux que pour Mohamed Salah.

"C'est un immense honneur de l'avoir parmi nous aujourd'hui", lance Yasser Ahmed, un drapeau peint sur la joue droite, qui regrette toutefois un match "beau mais sans actions".

Adulé en Egypte, Mohamed Salah a encore gagné en popularité en permettant le mois dernier à son club britannique de Liverpool de rafler le titre de champion d'Europe.

"Je suis heureuse pour l'Egypte, ça fait 10 ans qu'on attend cela", se félicite Nourhan Fouad, 23 ans, en référence à la dernière fois où l'Egypte a remporté la compétition en 2010.

"Ce n'est que le premier match mais nous avons avec nous Dieu et Salah pour remporter" la CAN, lance-t-elle avant de crier son amour pour la star de Premier League.

Finalistes de la dernière édition en 2017, remportée par le Cameroun (2-1), les Pharaons ont déjà sept trophées africains au compteur.

Le Journal de la CAN du 21 juin avec Yacouba Ouédrago

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CAN-2019: liesse populaire et double verrou de sécurité pour le match d'ouverture

Vente de masques du joueur égyptien Mohammed Salah avant le match d'ouverture entre la Egypte et le Zimbabwe de la Coupe d'Afrique des Nations au Caire, en Egypte, vendredi 21 juin 2019.

Un très imposant dispositif de sécurité a encadré des dizaines de milliers de supporters durant les heures précédant le match d'ouverture de la CAN entre l'Egypte et le Zimbabwe vendredi au Caire, dans une ambiance populaire mais verrouilée à double tour.

Dès le début de l'après-midi, de longues queues de fans habillés en rouge se sont dessinées devant les portes d'entrée du Stade international, sous la chaleur, bien avant le coup d'envoi de la rencontre prévu à 22h00, une fois la nuit tombée.

Les tribunes de l'enceinte, pouvant contenir 75.000 personnes, étaient déjà pleines aux alentours de 18h00, quand s'est lancée une "ola" qui traduisait bien l'impatience des spectateurs de voir les Pharaons de Mohamed Salah.

Pour atteindre leur siège, les supporters, tous dotés d'une "Fan ID", un document officiel permettant leur identification rapide, ont dû franchir un important dispositif de police.

Selon des médias locaux, citant des sources sécuritaires, 15.000 personnes ont été affectées pour assurer la sécurité de la compétition, à travers les six stades et quatre villes où auront lieu la CAN jusqu'au 19 juillet.

Ces derniers jours, la télévision égyptienne a diffusé des images des forces de l'ordre verrouillant l'accès au stade, avec des véhicules blindés et du personnel lourdement armé.

De fortes tensions, après notamment des attentats récents ayant visé des touristes étrangers et la communauté copte orthodoxe, ainsi que le décès lundi de l'ancien président Mohamed Morsi issu de l'organisation interdite des Frères musulmans, ont précédé la tenue de la plus grande CAN de l'histoire, à 24 pays.

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