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RDC

L'eau du lac Kivu cruciale dans la lutte contre Ebola à Goma

Des hommes et des femmes puisent l’eau du lac Kivu, à Goma, pour aller la vendre dans des quartiers non ou mal desservis par la Régie de distribution et traitement d’eau du Nord-kivu.

La lutte contre Ebola à Goma, carrefour commercial en proie à de graves pénuries d'eau dans l'est de la République démocratique du Congo, dépend de la générosité du lac Kivu qui alimente en eau les équipes sanitaires.

Une règle d'or pour éviter la propagation d'Ebola: se laver les mains régulièrement. A Goma, l'équipe de la riposte à Ebola a besoin de 33 m3 d'eau par jour pour ravitailler une dizaine de points de contrôle de la maladie, indique Léon Salibaya, un responsable de l'équipe chargée de la prévention et contrôle des infections.

"L'eau du lac nous aide particulièrement dans la prévention, car elle est abondante", explique Jean Nepo, superviseur de la riposte contre Ebola au port public de Goma.

Trouver de l'eau est pourtant un casse-tête à Goma. Le réseau de distribution géré par l'opérateur public, la Regideso, est vétuste et ne couvre pas l'ensemble des quartiers de cette ville d'environ deux millions d'habitants.

"L'opérateur public ne couvre que la moitié des besoins en eau des habitants de la ville", selon Mutete Mwenyemali, un responsable administratif local.

Tous les jours de nombreuses personnes vont s'approvisionner au lac, au bord duquel s'alignent les camions citernes dans l'attente du pompage.

- Lavage obligatoire -

Les responsables de la riposte organisent plusieurs rotations de camions-citernes au quotidien. Une fois récupérée, l'eau du lac est traitée au chlore, puis distribuée dans les réservoirs situés aux différents points de contrôle.

Placés en hauteur, ces réservoirs - estampillés OIM (Organisation internationale pour les migrations) ou Unicef (Fonds des Nations unies pour l'enfance) - sont visibles dans la ville au niveau des points de contrôle. Des membres des équipes de la riposte y puisent de l'eau chlorée qui sert au lavage des mains des passants.

Mobiles, certains agents vont vers des passants munis des carafes à pression, les obligeant à se laver les mains pour les désinfecter avant de poursuivre leur chemin.

Depuis une année, la RDC lutte contre la dixième épidémie d'Ebola sur son sol. La maladie qui se transmet par contact humains directs et étroit a déjà tué plus de 1.930 personnes. Cette épidémie a longtemps été cantonnée aux régions rurales du Nord-Kivu (essentiellement Beni et Butembo) et en Ituri voisine.

Mais quatre cas, dont deux mortels, sont récemment apparus à Goma, avec les risques de propagation propres à une grande ville densément peuplée, du surcroit plate-forme de transport régionale. Cette évolution a amené l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a élevé l'épidémie au rang d'urgence sanitaire mondiale.

Les points de contrôle publics où les lavages des mains sont obligatoires sont notamment situés au port, à la frontière avec le Rwanda et dans quelques artères très fréquentés de Goma.

Le lac Kivu est un élément essentiel de l'arrêt de la propagation de la maladie mais aussi une ressource précieuse pour la population locale. Ici tout le monde récupère cette eau: les particuliers, les hôtels, les écoles, les centres de santé, les débits de boisson.

Les foyers ne sont pas en reste. Des femmes, des jeunes, filles et garçons, portant des bidons jaunes convergent toute la journée en petits groupes vers le lac pour y puiser de l'eau. Ils en profitent aussi pour prendre un bain. Pendant ce temps, des femmes font la lessive ou la vaisselle.

"Si le lac n'était pas là, ça serait catastrophique. Peut être que les équipes de la riposte iraient prendre l'eau ailleurs, peut être au Rwanda, mais ça serait terrible. Le lac, c'est notre seule source de vie en eau potable", soupire Jacques Sinzahera, un activiste pro-démocratie.

Avec AFP

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Félix Tshisekedi en Belgique pour sa première visite officielle

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L'ONU appelle à la paix les communautés des Hauts plateaux du Sud-Kivu

La responsable de la Mission des Nations unies en République démocratique du Congo (Monusco), Leila Zerrougui, aux côtés du gouverneur de la province de l’Ituri, à Bunia, 10 avril 2018. (Twitter/ Leila Zerrougui)

La patronne de la Monusco (Mission des Nations unies en RDC) Leila Zerrougui a lancé un appel à la paix aux communautés des Hauts plateaux de la province du Sud-Kivu qui s’entretuent depuis quelques temps dans la région.

Elle a, dans le même temps, annoncé que la mission renforçait ses moyens de protection des civils dans cette zone pour soutenir les autorités congolaises. La Monusco appelle les acteurs de ce conflit à mettre fin à la violence, dit-elle dans un communiqué parvenu à VOA Afrique.

"Nous appelons tous les leaders nationaux et provinciaux originaires des territoires de Fizi, Mwenga et Uvira, à dénoncer les attaques ciblées sur les communautés ou sur leurs représentants et chefs coutumiers, dépasser leurs différences partisanes et exercer leur influence pour mettre fin à ses violences," a-t-elle écrit.

Des affrontements interethniques se sont intensifiés dans les Hauts plateaux entre les Banyamulenge (venus du Rwanda ou dont les arrières-parents en sont originaires) et les Nyindu, les Fuliro et les Bembe pour le contrôle de ces terres très convoitées.

Les Nyindu, les Fuliro et les Bembe sont particulièrement opposés à la récente création d'une commune (Mulenge) attribuée aux Banyamulenge.

La semaine passée, le chef de la milice Gumino de Banyamulenge a été assassiné par ceux que l’armée congolaise (FARDC) pense être des Maï Maï, des miliciens adversaires, provoquant plus de combats.

Selon la Monusco, entre 500 et 600 personnes vont chaque jour chercher la protection et l’assistance humanitaire dans les bases temporaires de la mission à Minembwe et à Mikenge.

34.000 déplacés seraient directement affectés par ces nouveaux affrontements et des multiples villages auraient été brûlés, selon OCHA (Bureau de la coordination des affaires humanitaires).

Kidnappings, viols et des vols massifs de bétail auraient aussi été perpétrés, soutient OCHA.

La Monusco annonce avoir déployé des hélicoptères d’attaque en soutien aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), intensifié ses patrouilles de dissuasion.

Tensions dans le Sud-Kivu : l'ONU renforce sa présence

Les armes ont été saisies, au Sud-Kivu, RDC, le 5 novembre 2017. (VOA/Ernest Muhero)

Les Nations unies ont annoncé lundi un renforcement de leur présence militaire dans une zone de l'est de la République démocratique du Congo en proie à des violences communautaires et où s'est récemment rendu un de leurs hauts responsables.

Les violences agitent le territoire de Minembwe (Sud-Kivu), dans une région de hauts plateaux. Le 4 septembre, le secrétaire général adjoint de l'ONU chargé des opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix, avait plaidé sur place en faveur de "la prévention et la résolution des conflits intercommunautaires".

"Les Nations unies n'abandonneront pas le peuple congolais", avait lui-même déclaré le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres le 2 septembre à Kinshasa.

Quelques jours plus tard, le 7, des rebelles de la communauté bembe ont lancé une attaque contre un village de "Banyamulenge", ces Congolais éleveurs aux très lointaines ascendances rwandaises.

"Les miliciens ont incendié toutes les maisons, les populations ont fui vers le centre de Minembwe", a rapporté à l'AFP Gadi Mukiza, bourgmestre de la commune rurale de Minembwe.

La Mission des Nations unies au Congo (Monusco) "renforce ses moyens de protection des civils dans cette zone pour soutenir les autorités congolaises et appelle les acteurs de ce conflit à mettre fin à la violence", a déclaré sa cheffe, Leila Zerrougui, dans un communiqué.

La Monusco a déployé ses hélicoptères d'attaque en soutien à l'armée congolaise, a-t-elle détaillé.

La Monusco note par ailleurs qu’entre 500 et 600 personnes se rassemblent chaque jour autour de ses bases à Minembwe et à Mikenge pour recevoir assistance et protection.

La région est le théâtre de violences depuis début mai après la mort d'un notable des Banyamulenge, tués par des membres d'une communauté rivale.

Les rumeurs d'intervention du Burundi et surtout du Rwanda (deux pays voisins de la RDC) dans ce conflit n'ont jamais été démontrées.

Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha), 34.000 déplacés seraient directement affectés par ces nouveaux affrontements et de multiples villages auraient été brûlés.

Le Dr Ilunga n'a jamais tenté de fuir selon son avocat Me Guy Kabeya

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Félix Tshisekedi en Belgique pour sa 1ère visite officielle en Europe

Félix Tshisekedi à Kinshasa, en RDC, le 6 septembre 2019.

Le président congolais Félix Tshisekedi était attendu en Belgique lundi pour sa première visite officielle dans l'ex-puissance coloniale, avec l'intention de normaliser une relation bilatérale particulièrement éprouvée lors des dernières années de la présidence Kabila.

M. Tshisekedi avait effectué un déplacement en avril à Washington, où il avait été reçu par le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo.

Mais c'est la première fois qu'il se rend en Europe depuis qu'il a été proclamé vainqueur de l'élection présidentielle du 30 décembre 2018 en République démocratique du Congo.

La visite officielle en Belgique doit durer 24 heures, avec notamment au programme une invitation à déjeuner mardi chez le couple royal, Philippe et Mathilde, avant un discours devant le patronat de la Fédération des entreprises belges (FEB) à Bruxelles.

Mercredi, le président congolais sera en "visite de travail", à Anvers, en Flandre, et à Gembloux, en Wallonie, pour soigner le lien avec les deux communautés linguistiques, néerlandophone et francophone. Un rendez-vous est prévu à Anvers avec l'industrie diamantaire.

Il doit aussi être reçu jeudi par le président sortant de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

Pour le chef de la diplomatie belge Didier Reynders, qui doit accueillir M. Tshisekedi à l'aéroport lundi en fin d'après-midi, la visite vise à rétablir "progressivement" une relation qui a souffert depuis 2015 et la volonté affichée par l'ex-président Joseph Kabila de briguer un troisième mandat.

Ce dernier avait finalement renoncé en août 2018, un geste salué par la Belgique.

Mais il a fallu plusieurs mois, jusqu'en avril, pour que l'ancienne puissance coloniale accepte le résultat contesté des élections, alors que M. Kabila a gardé la majorité au Parlement et que ses partisans occupent des postes-clés au gouvernement.

"On sait que les relations entre nos deux Etats ont connu beaucoup de hauts et de bas, nous venons de très bas sous l'ancienne présidence, on va essayer de remonter étage par étage, sans brusquer les choses", a affirmé M. Reynders au quotidien La Libre Belgique.

De son côté, Félix Tshisekedi dit attendre de cette visite une reprise de la coopération militaire belgo-congolaise et la promesse d'aides pour "renforcer" les systèmes de santé et d'éducation dans son pays, parmi les plus pauvres du monde.

"Cependant, compte tenu d'un passé récent, la Belgique demeure assez frileuse et ma crainte, c'est que le capital de sympathie disparaisse", met-il en garde dans le journal belge Le Soir.

Les engagements de la Belgique, actuellement sans gouvernement de plein exercice, devraient se limiter à des protocoles d'accord ou lettres d'intention dans la défense, les finances et le développement.

Est notamment prévue la reprise du versement direct à Kinshasa des fonds de la coopération qui avaient été gelés par Bruxelles début 2018.

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