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L'avenir du Sahara occidental en discussion à Genève

Le représentant de l'ONU Horst Koehler et le secrétaire général du Polisario Brahim Ghali, à Tindouf, en Algerie, le 19 octobre 2017.

Des discussions entre le Maroc, le Front Polisario, l'Algérie et la Mauritanie s'ouvrent mercredi à l'ONU à Genève pour tenter de relancer les négociations sur le territoire disputé du Sahara occidental, au point mort depuis 2012.

Présentée par l'ONU comme un "premier pas vers un processus renouvelé de négociations en vue de parvenir à une solution juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l'autodétermination du peuple du Sahara occidental", cette réunion sous forme de "table ronde" s'annonce difficile, alors que chaque partie campe sur ses positions.

Chargé du dossier depuis 2017, l'ex-président allemand Horst Kohler espère au moins "ouvrir un nouveau chapitre dans le processus politique" afin de trouver à terme une solution pour le dernier territoire du continent africain en attente d'un statut post-colonial.

Et dans une déclaration publiée mardi, le porte-parole du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres indique que ce dernier appelle toutes les parties à "s'engager dans les discussions (...) sans conditions préalables et dans un esprit constructif".

Le Polisario, qui a proclamé en 1976 une République arabe sahraouie démocratique (RASD), milite pour l'organisation d'un référendum d'autodétermination. Il doit régler selon lui le conflit né au moment du départ des colons espagnols.

Le Maroc contrôle dans les faits 80% de ce territoire désertique de 266.000 km2, et traite comme ses dix autres provinces cette région dotée d'un millier de kilomètres de littoral atlantique poissonneux, ainsi que d'un sous-sol riche en phosphates.

Rabat, dont la délégation à Genève est conduite par le ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita, rejette toute solution autre qu'une autonomie sous sa souveraineté, en invoquant la nécessité de préserver la stabilité régionale.

Dans l'attente d'un règlement, entre 100.000 et 200.000 réfugiés selon les sources, en l'absence de recensement officiel, vivent dans des conditions précaires dans des camps près de la ville algérienne de Tindouf, à 1.800 km au sud-ouest d'Alger, près de la frontière avec le Maroc.

Le dernier cycle de négociations directes mené lancé par l'ONU en mars 2007 s'est enlisé en mars 2012, en raison de désaccords continus entre le Maroc et le Polisario sur le statut du territoire et sur la composition du corps électoral pour le référendum d'autodétermination.

L'ordre du jour de la réunion à Genève reste très vague: "situation actuelle, intégration régionale, prochaines étapes du processus politique", selon l'ONU.

L'approche est de ne pas mettre "trop de pression et d'attentes" sur cette première rencontre, décrypte une source diplomatique proche du dossier, en soulignant les mauvaises relations entre Alger et Rabat.

"Nouvelle dynamique"

La récente réduction à six mois, contre douze auparavant, du mandat des casques bleus de la Minurso, notamment chargés de surveiller le cessez-le-feu, fait partie de la "nouvelle dynamique" créée par la nomination de M. Kohler, estime Mhamed Khadad, président de la Commission des Affaires extérieures du Polisario et membre de la délégation à Genève.

C'est sous la pression des États-Unis que ce mandat plus court a été voté au Conseil de Sécurité, en avril puis en octobre, avec en tête le coût du dispositif alors que le processus de paix n'avance pas.

"Il est positif que ces pourparlers aient lieu. Mais de réels progrès seront difficiles. À ce jour, les actions du Maroc ont clairement laissé l'impression qu'il ne se rend pas à Genève pour négocier", a indiqué à l'AFP Nour Bakr, consultant en diplomatie pour un groupe qui conseille le Front Polisario.

Partisan d'une solution politique "durable" marquée par un "esprit de compromis", le Maroc ne transigera pas sur son "intégrité territoriale" et sur la "marocanité du Sahara", comme l'a récemment répété le roi Mohammed VI.

Principal soutien du Polisario, l'Algérie, qui ira à Genève "en qualité d'État voisin", prône une "négociation directe, franche et loyale" entre le Maroc et le Polisario, pour aboutir à une "solution définitive".

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Plus d'une femme sur deux confrontée à la violence au Maroc

Marocaines des montagnes de l'Atlas préparant le pain dans des fours traditionnels.

Plus de la moitié des femmes au Maroc ont subi une forme de violence selon une enquête publiée mercredi, indiquant également que plus de 90% d'entre elles n'ont pas porté plainte contre leurs agresseurs.

L'enquête a été menée dans l'ensemble du pays de janvier à mars par le ministère marocain de la Famille. Sur plus de 13.500 femmes sondées, âgées entre 18 et 64 ans, 54,4% ont affirmé avoir été victimes d'une forme de violence.

Les violences psychologiques arrivent en tête, suivies des violences économiques, physiques et sexuelles. Les femmes âgées de 25 à 29 ans sont les plus exposées. Les violences conjugales sont les plus communes: 52,5% des femmes mariées ont affirmé en avoir été victime, selon les résultats de cette enquête, diffusés par le ministère.

Les femmes sondées sont 12,4% à avoir subi un acte de violence dans les lieux publics, et 13,4% d'entre elles ont été harcelées sur Internet. Seulement 6,6% des victimes sondées ont porté plainte contre leur agresseur, selon l'enquête qui vise à cerner le profil des agresseurs pour "développer une nouvelle stratégie de lutte contre la violence", selon le ministère.

Après plusieurs années de débats, une loi contre les violences faites aux femmes est entrée en vigueur en septembre dernier. Pour la première fois, elle rend passible de peines de prison des actes "considérés comme des formes de harcèlement, d'agression, d'exploitation sexuelle ou de mauvais traitement". Le texte durcit les sanctions dans certains cas et prévoit des mécanismes de prise en charge des femmes victimes de violences, mais il est jugé insuffisant par les groupes féministes.

Au Maroc, médias et ONG tirent régulièrement la sonnette d'alarme sur les violences subies par les femmes, en particulier le harcèlement de rue, alors que plusieurs cas d'agressions ont défrayé la chronique ces dernières années.

Six personnes devant la justice pour des avortements clandestins

Le tribunal de première instance de Rabat, au Maroc, le 11 août 2006.

Six personnes, dont deux médecins, seront jugées fin mai au Maroc pour avoir pratiqué clandestinement des avortements, alors que le débat sur l'IVG, passible de prison, refait surface dans le royaume.

Ce "réseau d'avortement clandestin" a été démantelé fin avril dans la ville touristique de Marrakech, ont rapporté mardi des médias marocains, précisant que le procès du groupe aura lieu le 24 mai.

Deux internes en médecine, un étudiant en médecine et un pilote qui importait d'Espagne un anti-inflammatoire souvent utilisé au Maroc par des femmes souhaitant avorter, font notamment partie des personnes jugées, a dit mardi Omar Arbib, membre de l'Association marocaine des droits de l'Homme (AMDH), section-Marrakech.

Ils sont poursuivis pour avoir pratiqué illégalement des avortements et pour importation illégale de médicaments, a-t-il ajouté.

Les opérations étaient pratiquées dans un appartement à Marrakech et chaque intervention était facturée environ 3.000 dirhams (280 euros), selon la presse locale.

Le Maroc s'était engagé en 2015 dans un profond débat sur "l'urgence" d'un assouplissement de sa législation face au fléau des centaines d'avortements clandestins pratiqués chaque jour.

Une commission officielle avait dans la foulée recommandé que l'avortement dans "quelques cas de force majeure" devienne autorisé, notamment en cas de viol ou de graves malformations. Mais aucune loi n'est depuis venue entériner ces recommandations.

"Le Maroc doit rouvrir le débat sur l'avortement et faire en sorte que chaque femme puisse disposer de son corps", a estimé M. Arbib.

L'interruption volontaire de grossesse (IVG) reste passible de six mois à cinq ans de prison. Le code pénal sanctionne aussi bien la femme qui avorte (de 6 mois à deux ans de prison) que les personnes qui pratiquent l'acte (de 1 à 5 ans de prison).

Bien qu'aucun chiffre officiel n'existe, les associations estiment qu'entre 600 et 800 avortements clandestins sont pratiqués chaque jour, dans des conditions sanitaires parfois désastreuses. Certaines femmes ont recours à des médicaments ou à des plantes présumées abortives.

Les grossesses non désirées renforcent le phénomène des "mères célibataires" et l'abandon d'enfants, jusqu'à 150 par jour affirment des ONG, alors que les enfants nés hors mariage sont considérés comme "illégitimes" par la loi.

Démantèlement d'une cellule pro-EI préparant des "opérations d'envergure" à Tanger

Un douanier marocain regarde un camion circuler dans un scanner qui détecte des drogues cachées 15 février 2008.

Une "cellule terroriste" composée de huit membres qui tentaient de "perpétrer des opérations terroristes d'envergure" au Maroc a été démantelée vendredi à Tanger, dans le nord du pays, ont annoncé les autorités marocaines.

Les membres de la cellule, âgés de 20 à 31 ans, ont "adhéré à la propagande" du groupe jihadiste Etat islamique (EI)et à ses "discours extrémistes", a indiqué vendredi le Bureau central d'investigations judiciaires (BCIJ, unité antiterroriste), dans un communiqué.

L'opération a permis la saisie d'"appareils électroniques, d'armes blanches, d'un morceau de tissu noir symbole de 'Daech', d'uniformes paramilitaires, en plus de deux arcs de tir subaquatique", a ajouté cette source, en précisant que le frère d'un des suspects est un "combattant" de l'EI en Irak et en Syrie.

L'opération intervient quatre mois et demi après l'assassinat de deux jeunes touristes scandinaves dans le sud du Maroc, décapitées par des partisans de l'EI. Vingt-quatre hommes, dont des Marocains issus de milieux très populaires et un converti hispano-suisse résidant à Marrakech, ont été arrêtés en lien avec la tuerie et leur procès s'est ouvert jeudi.

Epargné jusqu'à l'an dernier par les violences liées à l'EI, le royaume avait été meurtri par des attaques à Casablanca (33 morts en 2003) et à Marrakech (17 morts en 2011).

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