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L'armée a mis en garde Mugabe contre un "lynchage" à la Kadhafi


Le président zimbabwéen Robert Mugabe, au centre, avec son épouse Grace à Tsholotsho, son village natal, Zimbabwe, 23 mars 2005.

Les militaires zimbabwéens ont fait pression sur l'ex-président Robert Mugabe pour qu'il se retire en lui indiquant qu'il risquait d'être "lynché", comme l'ancien dirigeant libyen Muammar Kadhafi, s'il s'y refusait, a raconté un de ses proches.

Au pouvoir depuis 1980, M. Mugabe, 93 ans, a quitté le pouvoir en novembre dernier après un coup de force de l'armée et d'importantes manifestations de rue.

"Les généraux nous ont envoyé un message assez effrayant en nous disant 'allez voir le président et dites-lui de bien prendre conscience de la situation'", a raconté à la presse son ancien porte-parole George Charamba.

"La possibilité existait d'un scénario à la libyenne, où le président aurait été arraché de sa résidence et lynché", a précisé M. Charamba dans un entretien publié dimanche par l'hebdomadaire local Daily News Sunday.

>> Lire aussi : Un ex-ministre de Mugabe affirme que le nouveau régime zimbabwéen est "illégal"

Le colonel Kadhafi a été renversé en août 2011 par un soulèvement populaire conjugué à une intervention militaire aérienne des Etats-Unis, de la France et de la Grande-Bretagne.

En fuite, il a été tué deux mois plus tard par une foule en colère.

L'armée est intervenue au Zimbabwe après la destitution, sur injonction de la Première dame Grace Mugabe, du vice-président Emmerson Mnangagwa, favori pour succéder à M. Mugabe.

M. Mnangagwa a depuis été nommé président par intérim du pays, jusqu'aux élections générales prévues cette année.

M. Charamba, devenu le porte-parole du nouveau chef de l'Etat, a raconté au Daily News Sunday que Robert Mugabe avait tenté de sauver sa présidence en renommant M. Mnangagwa à son poste de vice-président.

Qui est Mnangagwa, le nouveau président zimbabwéen ?
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A la fin de la crise, même Mme Mugabe a approuvé la décision de son mari de démissionner, a raconté M. Charamba.

"Même la Première dame y était favorable", a-t-il rapporté. "Quand un président ne contrôle plus les institutions qu'il est censé diriger, il y a un problème. Mais il faut noter que Mugabe n'a jamais refusé de démissionner, il voulait simplement le faire à sa façon", a précisé son conseiller.

Avec AFP

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