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Droits humains

L'armée nigérienne ne "reconnaît pas" avoir exécuté des civils

Patrouille de l'armée nigérienne dans le camp d'Assaga près de Diffa, au Niger, le 29 février 2016. (VOA/Nicolas Pinault)

L'armée nigérienne "ne se reconnaît nullement" dans le rapport de la Commission nationale des droits de l'Homme (CNDH) sur l'exécution de dizaines de civils dans la région de Tillabéri (ouest), indique le ministère de la Défense.

Le ministère "est au regret d'informer les populations nigériennes que l'armée ne se reconnaît nullement à travers les conclusions de la CNDH", selon un communiqué daté du 11 septembre et signé par le ministre de la Défense Issoufou Katambé.

"Vu la gravité d'une telle affirmation qui au demeurant pourrait être de nature à saper le moral des troupes, discréditer leurs actions, leur combat contre les groupes armés terroristes (...) le ministre tient à informer l'opinion (...) que les FDS ont toujours fait montre de professionnalisme en respectant les droits humains dans l'exécution de leurs missions", insiste-t-il.

Selon le communiqué, "les personnels des Forces armées nigériennes reçoivent dès leur formation initiale un enseignement sur le droit de la guerre", et sur le terrain, "les troupes n'agissent donc pas en électron libre hors du contrôle de leur hiérarchie".

Le ministre "réitère sa confiance aux Forces de défense et de sécurité (FDS)".

Selon le rapport publié début septembre par la CNDH, rendant compte d'une enquête menée du 20 mai au 6 juillet, des soldats nigériens engagés dans la lutte contre les jihadistes sont "responsables d'exécutions sommaires" de dizaines de civils dans la région de Tillabéri.

Cette région est en proie à des attaques jihadistes ayant coûté la vie à des centaines de soldats.

"La mission a découvert au moins 71 personnes qui ont été tuées", avait affirmé Abdoulaye Seydou, responsable d'une ONG ayant participé à l'enquête, imputant ces "exécutions sommaires et extrajudiciaires" à des membres des FDS.

"Ce n'est pas l'ensemble des corps constitués de l'armée qui a fait ça, c'est quelques groupuscules", avait affirmé Alichina Amadou Koulguéni, secrétaire général de la CNDH, un organe public composé de représentants du gouvernement, du Parlement, d'ONG, de syndicats et de juristes.

Le 5 septembre, le ministre Issoufou Katambé, avait dit : "Nous avons transmis le rapport aux juridictions compétentes", sans préciser la nature de la juridiction.

En avril, la Mission de l'ONU au Mali (Minusma) avait dénoncé la "multiplication" des méfaits imputés aux armées nationales au Sahel. L'ONU avait dénombré 101 exécutions extrajudiciaires par l'armée malienne entre janvier et mars, et une trentaine d'autres par l'armée nigérienne au Mali.

En juin, Amnesty International avait accusé des soldats de trois pays du Sahel (Mali, Niger, Burkina) engagés dans la lutte contre les jihadistes de la disparition de près de 200 personnes en quelques mois.

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la dépouille de la juge Ginsburg sera exposée à la Cour suprême et au Capitole

La juge de la Cour suprême Ruth Bader Ginsburg à l'Université de Californie à Berkeley, le 21 octobre 2019. La magistrate est décédée le 18 septembre 2020 à l'âge de 87 ans. (Photo AP)

La dépouille de la juge Ruth Bader Ginsburg sera exposée mercredi et jeudi à la Cour suprême des Etats-Unis, et recevra un hommage national vendredi au Capitole, ont annoncé lundi les deux institutions.

La magistrate, une icône féministe et progressiste dont la succession fait l'objet d'une intense bataille politique, sera inhumée dans l'intimité la semaine prochaine au cimetière national d'Arlington. Les hommages débuteront mercredi, avec l'arrivée du cercueil à la Cour suprême à Washington, où elle a siégé pendant 27 ans.

Sa dépouille sera déposée sur le catafalque de l'ancien président Abraham Lincoln dans le hall de la haute Cour, juste en haut de marches monumentales de marbre blanc. Les Américains pourront venir lui faire leurs adieux mercredi ou jeudi, mais devront rester à l'extérieur, en raison de la pandémie de Covid-19.

Vendredi, la juge sera transportée au Capitole, le siège du Congrès américain qui fait face à la Cour suprême, où une cérémonie aura lieu, a précisé la cheffe de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi. "La juge Ginsburg incarnait la justice, l'intelligence et la bonté, et son décès est une perte inestimable pour la démocratie", a commenté l'élue démocrate.

La magistrate est décédée vendredi à 87 ans des suites d'un cancer du pancréas, et des milliers de personnes se sont déjà rendues spontanément à la Cour suprême pour rendre hommage à ses combats pour le droit des femmes et des minorités.

Le président Donald Trump, en lice pour sa réélection en novembre, a annoncé qu'il désignerait vendredi ou samedi une autre femme pour la remplacer.

L'arrivé d'une magistrate conservatrice ancrerait solidement la Cour à droite, ce qui pourrait avoir d'énormes conséquences pour la société américaine. Mais, Constitution oblige, il faut que le Sénat donne son feu vert, ce qui a ouvert un nouveau front dans une campagne déjà rude pour la présidentielle.

Les féministes américaines pleurent la juge Ginsburg de la Cour suprême

Une femme allumant une bougie sur les marches de la Cour suprême à Washington, en hommage à la juge Ruth Bader Ginsburg, décédée le 18 septembre 2020. (Reiters/Joshua Roberts)

Dès l'annonce de son décès, vendredi à l'âge de 87 ans des suites d'un cancer du pancréas, les associations de défense des droits des femmes ont pleuré la perte de leur idole, une source d'inspiration pour des millions de femmes.

Devant le siège de la Cour suprême à Washington, où les deux drapeaux américains situés de chaque côté du batiment étaient en berne, des centaines de personnes, dont de très nombreux jeunes, sont venues lui rendre hommage en y déposant des fleurs et des bougies.

"Ce soir nous honorons son héritage, mais demain nous allons devoir nous battre pour préserver les idéaux qu'elle a défendus toute sa vie", a mis en garde Alexis McGill Johnson, présidente de l'organisation Planned Parenthood.

"Ruth Bader Ginsburg était une icône, une pionnière, une héroïne, une légende", son exemple "doit nous inspirer dans les dures journées qui s'annoncent", a renchéri Shaunna Thomas, directrice du groupe féministe UltraViolet.

Cette juriste brillante à la détermination inébranlable fut la seconde femme à entrer à la Cour suprême quand le président Bill Clinton l'a nommée en 1993, mais elle n'avait pas attendu cet honneur pour faire avancer la cause des femmes.

Échaudée par l'exemple de sa mère, empêchée de faire des études parce qu'elle était une fille, Ruth Bader Ginsburg avait été snobée par les cabinets d'avocats new-yorkais quand elle est sortie en 1959 de la prestigieuse université Columbia, pourtant major ex-aequo de sa promotion.

"J'avais trois choses contre moi. Un, j'étais juive. Deux, j'étais une femme. Mais, le plus grave, c'était que j'étais la mère d'un enfant de 4 ans", expliquera-t-elle plus tard, sans illusion.

Elle s'engage alors dans la lutte contre les lois qui, à l'époque, autorisent les discriminations "sur le fondement du sexe", aussi bien en matière salariale que de bénéfices sociaux ou de recrutement.

-Hommages de la classe politique-

Le président Donald Trump, en lice pour sa réélection, a été informé à la fin d'un meeting de campagne dans le Minnesota. Il a salué une "vie exceptionnelle", avant de la qualifier quelques heures plus tard de "colosse du Droit".

"Ruth Bader Ginsburg s'est battue pour nous tous, et elle était très aimée", a souligné son rival démocrate, Joe Biden, en appelant à ne pas se précipiter pour la remplacer. elle "s'est battue jusqu'au bout", "avec une foi inébranlable en notre démocratie et ses idéaux", a déclaré l'ancien président Barack Obama.

"Chaque femme, chaque fille, chaque famille en Amérique a bénéficié de son intelligence éclatante", a déclaré la chef des démocrates au Congrès Nancy Pelosi. "On a perdu une géante dans l'histoire du pays", a renchéri la benjamine de la Chambre et représentante de l'aile gauche du parti, Alexandria Ocasio-Cortez.

Mêmes louanges à l'autre bout de l’échiquier politique. C'était "une championne du Droit" pour le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, une juriste "brillante", "admirée" et "influente" selon le ministre de la Justice Bill Barr. Le sénateur républicain Lindsey Graham, un proche du président, s'est même dit "triste" de son décès.

Le président Donald Trump, chargé de nommer les juges de la Cour suprême, a prévenu samedi qu'il comptait user de son pouvoir "sans délai", sans doute avant l'élection du 3 novembre où il brigue un second mandat. Il a déjà publié une sélection de candidats, des magistrats très conservateurs.

Selon la Constitution, une fois qu'il aura arrêté son choix, il reviendra au Sénat de l'avaliser. Son chef, le républicain Mitch McConnell a déjà fait savoir qu'il organiserait un vote, même s'il avait refusé d'auditionner un juge choisi pour ce poste par Barack Obama en 2016, au prétexte qu'il s'agissait d'une année électorale.

Selon la radio NPR, la juge "RBG" avait elle-même confié ses dernières volontés à sa petite fille, Clara Spera. "Mon voeu le plus cher est de ne pas être remplacée tant qu'un nouveau président n'aura pas prêté serment", lui a-t-elle dicté quelques jours avant sa mort.

Un tribunal camerounais valide la prison à perpétuité pour 10 sécessionistes anglophones

Les avocats et l’assistance dans la cour du tribunal militaire lors de l'audience criminelle spéciale de deux leaders de la contestation anglophone, à Yaoundé, Cameroun, 7 juin 2017. (VOA / Emmanuel Jules Ntap)

Une cour d’appel camerounaise a confirmé jeudi la condamnation à la prison a perpétuité pour dix dirigeants séparatistes anglophones, rapporte la presse locale.

D’après le quotidien d’expression anglophone The Guardian Post, le juge Mindjimba Mindjimba, qui préside la Cour d’appel de la région du Centre, s’est empressé de rejeter l’appel des 10 condamnés.

Le jugement de jeudi confirme le verdict d’un tribunal militaire de Yaoundé qui avait condamné le leader des séparatistes, Sisiku Ayuk Tabe, et 9 autres personnes, à la prison à vie. Ils avaient été reconnus coupables de terrorisme et de rébellion contre le Cameroun.

Le juge a rendu sa décision sans donner aux avocats de la défense la possibilité de faire valoir leurs arguments, a déploré Amungwa Tanyi, porte-parole de l'équipe juridique des séparatistes emprisonnés, lors d'un entretien avec James Butty de la VOA.

Dénonçant ce qu’il considère comme un jugement "scandaleux", le juriste a précisé que les accusés n’ont jamais eu l’opportunité de rencontrer leurs avocats. Par ailleurs, a-t-il ajouté, le juge s'est exprimé entièrement en français, malgré le fait que les prévenus maitrisent plutôt l’anglais.

Se réclamant citoyens de la république autoproclamée d'Ambazonie, les séparatistes se battent pour l'indépendance des deux régions anglophones du Cameroun.

Ils avaient été arrêtés en 2018 au Nigeria et déportés au Cameroun. Leur transfert aux autorités camerounaises avait suscité beaucoup d'indignation au sein du mouvement, qui avait vu en cet acte une violation du droit international protégeant les demandeurs d'asile. Même le HCR, l’agence pour les réfugiés des Nations Unies, avait dénoncé leur déportation.

Selon Amungwa Tanyi, l’équipe de défense des dirigeants séparatistes prévoit de faire appel devant la Cour suprême du Cameroun.

"Nous allons continuer à leur enseigner le droit", a-t-il déclaré.

Des hommes armés massacrent une trentaine de civils en Ethiopie

Un militaire éthiopien monte la garde dans la périphérie de Badme, une ville entre l'Érythrée et l'Éthiopie, le 8 juin 2018. (Photo: REUTERS/Tiksa Negeri)

Des hommes armés ont tué plus de 30 personnes dans la zone de Metakal, dans la région de Benishangul-Gumuz en Ethiopie, a déclaré jeudi un haut responsable de l'opposition.

"Des fermiers et des membres de leurs familles ont été kidnappés et amenés dans une école primaire de la région où ils ont été menottés et abattus un par un", a déclaré Desalegn Chane, un membre important du nouveau parti politique, le Mouvement national d'Amhara (NAMA).

Benishangul-Gumuz est une région frontalière du Soudan.

Ce massacre constitue le dernier casse-tête en matière de sécurité pour le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed.

Les attaques, dont les victimes étaient des femmes et des enfants, ont eu lieu du 6 au 13 septembre, selon Desalegn Chane.

"Il y a eu au moins deux séries de meurtres de civils, et des centaines de civils ont également été déplacés", a déploré la commission dans un communiqué.

Sitotaw Aweke, un agriculteur et homme d'affaires, a déclaré que des survivants lui ont dit que toute sa famille avait été tuée dans une attaque alors qu'il était au marché pour acheter des vêtements à ses trois enfants pour le nouvel an éthiopien, qui est célébré le 11 septembre.

"Je n'ai même pas pu les enterrer... chaque fois que je regarde les vêtements que je leur ai achetés, je pleure", a-t-il déclaré à Reuters par téléphone.

Selon le Premier ministre Abiy Ahmed les assaillants sont des groupes visant à renverser le processus de réformes initié par son gouvernement.

La Commission éthiopienne des droits de l'homme a déclaré que des centaines de civils ont été déplacés à la suite des violences et a demandé aux autorités régionales d'ouvrir une enquête.

En juin dernier, des hommes en uniforme ont tué plus de 50 personnes et en ont blessé 23 dans la même région.

20 ans de prison pour avoir violé deux infirmières

Une infirmière préparant un vaccin contre Ebola à Goma dans le Nord-Kivu en RDC, le 7 août 2019. (AFP)

Trois hommes, accusés d'avoir violé deux infirmières et dépouillé des malades dans un centre de santé, ont été condamnés à 20 ans de prison à Kinshasa, où la hausse de l'insécurité inquiète les autorités.

Un tribunal a condamné les trois prévenus pour "viol de deux infirmières, vol qualifié, extorsion et association des malfaiteurs", a indiqué Me Luse Muzembe, avocat de la défense, à la fin du procès dans la nuit de mardi à mercredi.

Le ministère public avait requis la peine capitale, qui n'est plus appliquée depuis 2003. Deux autres prévenus ont été acquittés et trois autres, mineurs, renvoyés devant un tribunal pour enfants, selon l'avocat.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, un groupe d'individus armés de machettes et d'objets tranchants a fait irruption au centre de Santé Révolution de Kisenso, une commune enclavée de la mégapole africaine, d'après les témoins et les autorités.

Ils ont violé deux jeunes infirmières qui étaient de garde, sous le regard des malades qu'ils ont dépouillés de leurs téléphones, argent, habits, a expliqué Willy Khonde, l'un des responsables de la Mutuelle de santé de Kisenso.

Le procès en procédure de flagrant délit devant le tribunal de grande instance de Matete avait débuté lundi. L'avocat a indiqué qu'il ferait appel du verdict de ce procès qui s'est tenu trois jours après les faits. "Le parquet n'a pas pu prouver l'implication de nos clients. Les vrais coupables courent encore les rues, il faut les retrouver", a estimé l'avocat.

La hausse de l'insécurité inquiète les autorités. A Kinshasa, la police a mis en place des barrages la nuit pour contrôler les taxis, après des cas d'enlèvements avec violences de jeunes passagères pour lesquelles les ravisseurs demandent une rançon à la famille.

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