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L'armée algérienne se dit "garante" de la stabilité du pays


La police algérienne monte la garde lors d'une manifestation à Alger contre la candidature du président Abdelaziz Bouteflika, le 4 mars 2019.

L'armée algérienne demeurera "le garant" de la stabilité et la sécurité face à ceux "qui veulent ramener" l'Algérie aux années de guerre civile, a déclaré mardi son chef d'état-major, en pleine contestation contre la 5e candidature du président Abdelaziz Bouteflika à l'élection présidentielle.

"Le fait que l'Algérie ait pu réunir les facteurs de sa stabilité, à travers l'éradication du terrorisme et la mise en échec de ses objectifs (...) a déplu à certaines parties qui sont dérangées de voir l'Algérie stable et sûre", a affirmé le général Ahmed Gaïd Salah lors d'une visite à l'académie militaire de Cherchell, à environ 80 km d'Alger.

Sans donner plus de détails sur ces "parties", le général Gaïd Salah a assuré dans son discours, publié sur le site du ministère de la Défense, qu'elles voulaient ramener l'Algérie "aux douloureuses années de braise, lors desquelles le peuple algérien a vécu toute forme de souffrances et payé un lourd tribut".

Les "années de braise" font référence à la "décennie noire" (1992-2002) de guerre civile entre le gouvernement algérien et des groupes armés islamistes, déclenchée par l'annulation des premières législatives multipartites du pays qui étaient issues du mouvement de contestation d'octobre 1988.

"Le peuple continuera de jouir" de "cette sécurité et cette stabilité retrouvée" et l'armée "demeurera la garante de cet acquis si cher", a affirmé le général Gaïd Salah, également vice-ministre de la Défense et considéré comme l'un des personnages les plus puissants du pouvoir algérien.

Le peuple algérien "qui a vécu ces dures épreuves et subi leurs affres, ne pourra, en aucun cas, mettre en péril sa sécurité et sa quiétude", a-t-il ajouté, appelant les Algériens "à savoir s'ériger en rempart contre tout ce qui pourrait exposer l'Algérie à des menaces aux retombées imprévisibles".

Face à la montée de la contestation contre un possible nouveau mandat de M. Bouteflika, inédite depuis qu'il a été élu à la tête de l'Etat il y a 20 ans, le camp présidentiel agite le spectre d'un retour du pays aux "années noires" qui ont fait officiellement 200.000 morts.

Largement crédité du retour à la paix, M. Bouteflika a mis en oeuvre deux lois accordant l'amnistie aux membres des groupes armés n'ayant ni tué ni violé, qui ont convaincu nombre d'entre eux de déposer les armes.

Mardi, plusieurs milliers d'étudiants ont à nouveau manifesté à Alger et dans d'autres villes du pays.

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